N° 59 – Les Manifestes de l’IFLA Réponse

En m’adonnant ces jours-ci au périlleux exercice de traduction de l’anglais au français, d’une communication présentée lors du congrès 2010 de l’IFLA à Göteborg et qui fait référence à un des manifestes de l’IFLA,  l’inspiration m’est venue de revoir, relire tous ces manifestes, les rappeler à nos bons souvenirs et réaffirmer ainsi la noblesse de notre métier. En effet leur  dénominateur commun n’est-il pas l’objectif d’édifier un monde meilleur où chaque homme, grâce au savoir partagé et acquis, vivrait la plénitude (au sens le plus noble du terme) de sa condition ?

Ces proclamations émanant de l’organisation bibliothéconomique suprême, font référence aux bibliothèques plus particulièrement, mais aussi à ce que j’appellerais les sources d’information ou documentaires connexes, comme Internet et le Web. Un coup d’œil sur la liste les exposant ci-dessous est déjà informatif sur leur nature. Ces professions de foi sont autant de chapelets de principes qui, respectés, font de nous de parfaits bibliothécaires et bibliothèques tout en réalisant l’idéal qui les sous-tend.

  • Le Manifeste sur la bibliothèque publique : celui-ci date de 1994 et a été rédigé en collaboration avec l’UNESCO. Il souligne l’importance de «la capacité des citoyens bien informés d’exercer leurs droits démocratiques et de jouer un rôle actif dans la société»
  • Le Manifeste de la bibliothèque scolaire : adopté en 1999 et rédigé en collaboration avec l’UNESCO. Il affirme l’objectif de « définir et de développer le rôle que les bibliothèques scolaires et les centres de documentation jouent pour permettre aux élèves d’acquérir les outils d’apprentissage et les contenus éducatifs dont ils ont besoin pour survivre, pour développer toutes leurs facultés, pour continuer à apprendre tout au long de leur vie et pour prendre des décisions éclairées »
  • Le Manifeste pour Internet : préparé par IFLA/FAIFE et proclamé en 2002. Il affirme entre autres que « L’accès libre à l’Internet dans les bibliothèques et les services d’information garantit la liberté de l’individu et du groupe, sa prospérité et son développement » et que ces « bibliothèques et sources d’information sont les meilleurs points d’accès à Internet »
  • Manifeste d’Alexandrie sur les bibliothèques, la société de l’information en action : publié en 2005, il réaffirme le principe que «les bibliothèques et services d’information [sont] vitaux pour une société démocratique et une société de l’information ouverte» ; et ajoute que «les bibliothèques sont essentielles pour avoir une population bien informée et une gouvernance transparente».
  • Le Manifeste sur la bibliothèque multiculturelle : approuvé par l’IFLA en 2006. Il se veut  le complément des Manifestes sur la bibliothèque publique, celui sur la bibliothèque scolaire et celui sur Internet. Sous-titrée : « La bibliothèque multiculturelle – une porte d’entrée vers une société culturelle diversifiée en Dialogue ». Il définit très bien que «Diversité culturelle» ou «Multiculturalisme» renvoient tous deux  à la coexistence harmonieuse et l’interaction entre différentes cultures.
  • Le Manifeste pour les bibliothèques numériques : adopté en 2007. Il affirme la nécessité de créer et de favoriser la création de bibliothèques numériques, qui dépassent les frontières géographiques et sociales, pour « combler le fossé numérique et rendre l’héritage culturel et scientifique de l’humanité accessible à tous ». Cet héritage étant « le droit de tout individu et qui aide à l’avancement de la connaissance et de la compréhension de la richesse et de la diversité du monde, non seulement pour la génération actuelle, mais aussi pour les générations futures ».
  • Le Manifeste sur la transparence, la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption : proclamé en 2008. Il affirme que  « les bibliothèques sont des institutions transparentes par essence, dédiées à la mise à disposition, de la manière la plus exacte et la plus impartiale, de l’information à caractère éducatif, scientifique et technique et socialement utiles à tout un chacun. Les outils d’information et d’accès fournis par les bibliothèques et les services d’information contribuent à la bonne gouvernance, en élargissant les connaissances des citoyens et enrichissant ainsi leurs discussions et débats ».

Cette liste aurait pu aussi faire de la place aux autres déclarations du même type comme celle de Glasgow sur Les bibliothèques, les services d’information et la liberté intellectuelle faite par IFLA/FAIFE. On pourrait aussi y adjoindre celles de l’UNESCO comme la Déclaration universelle sur la diversité culturelle et celle sur la Pluralité de l’alphabétisation et ses implications en termes de politiques et programmes qui sont autant de sources d’inspiration pour les manifestes de l’IFLA. Ceci ne ferait que renforcer l’idée que la Bibliothèque, s’inscrivant dans le mouvement mondial de conscience, est un passage obligé pour l’épanouissement intellectuel et social de l’humain. D’ailleurs, est-ce un hasard si là où la démocratie est absente ou commence à s’effondrer, les mesures de censure sont souvent dirigées contre les bibliothèques et les sources d’information ? Ou encore, est-ce un hasard si les parties du globe les moins prospères sont celles qui comptent le moins de bibliothèques et de sources d’information accessibles, s’enfermant dans un cercle vicieux qui fait du savoir un accessoire pourtant indispensable au progrès ?

Alors, faisons plus de bibliothèque pour être plus heureux, là est leitmotiv résumé de tous ces manifestes.

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