N° 04 – De l’Open Source pour espaces documentaires

Nous commençons cette année par une escale au port de l’Open Source, plus particulièrement du FOSS (Free and Open Source Software), véritable mine gratuite et libre de logiciels. L’espace documentaire en est pourvu en quantité et le défi est de pouvoir y trouver la qualité mais aussi d’adopter des méthodes de travail rationnelles pour une prise en main optimum de ces ressources (j’y reviendrai plus loin). J’aurai voulu que ce post soit une vaste recueil de   « Know-how » ou « Savoir-faire », c’est-à-dire comment gérer les différentes ressources qui seront exposées ici. Vous conviendrez avec moi que c’est une entreprise difficile à réaliser dans cet article qui doit répondre aux desiderata du format d’édition qu’est un blog. Je vous propose donc une liste de quelques ressources libres dédiées à l’environnement documentaire et exclusivement consacrée, pour cette semaine, aux systèmes intégrés de gestion de bibliothèque (SIGB ou ILS en anglais) ou d’archives.  

  • GNUTECA : logiciel de bibliothèque proposant une interface web et graphique GTK.
  • Koha Open Source Library System : je vous propose une présentation en ligne faite par un chef de projet Koha.
  • Archimede : Logiciel de dépôt institutionnel, qui permet de stocker et de gérer les archives électroniques. Il permet aussi de verser plusieurs documents à la fois, avec les formulaires pour entrer les métadonnées.
  • Museolog : logiciel de catalogage d’information muséologique

Les ressources citées ici ne sont pas les plus importantes, ni même les plus populaires, le débat que je veux soulever concerne le choix et la gestion de ces outils libres. Adopter de tels logiciels peut être pertinent pour nos structures sous-développées mais il faut savoir que ce n’est pas la panacée et qu’il faut beaucoup de choses pour accompagner un tel choix. Par exemple :

         prévoir un plan de formation initiale pour les utilisateurs en vue de prendre en compte les fonctionnalités du logiciel

         prévoir un plan de formation continue pour les versions futures qui ne sont pas aussi automatiques que dans le monde des logiciels payants. D’où la nécessité de faire une veille logicielle pour s’encquérir des nouveaux développements

         prévoir un service de maintenance physique et logique. En d’autres termes un Help desk qualifié pour résoudre les problèmes de fonctionnement et de développement. Cette dernière exigence montre la nécessité de la formation solide en informatique des bibliothécaires, archivistes et documentalistes. L’heure est venue de disposer de vrais informaticiens-bibliothécaires ou de documentalistes-informaticiens pour prendre en charge les enjeux et challenges des TIC dans nos structures et ne plus dépendre de « l’extérieur ». 

Semaine prochaine : Open Source suite et fin

N° 03 – De la bibliothèque 2.0 : exemples et pratiques

Mon propos d’aujourd’hui se veut plus orienté sur la pratique que les post précédents. En d’autres termes j’essaierai de vous proposer une liste, non exhaustive, de bibliothèques se servant de dynamiques 2.0, ou de sites orientés bibliothèque 2.0. 

Les exemples les plus nombreux et les plus accomplis se retrouvent dans l’univers anglo-saxon, c’est pourquoi ils seront les plus fréquents dans cet article. Eh oui ! Je crois que les francophones doivent se réveiller.

  • Westmont public library : Utilise Flickr pour montrer ses nouvelles acquisitions. Voir des exemples avec liens suivants : Jeux videos, Livres, etc.
  • Hennepin county library  : OPAC 2.0 (ou OPAC social, autre appellation), où on peut commenter un ouvrage et discuter avec d’autres utilisateurs.
  • Library thing : Permet a tout un chacun de cataloguer ses livres personnels en ligne, de partager ses collections avec les autres utilisateurs, et de faire des recommandations à la communauté d’utilisateurs (21 millions de livres catalogués à ce jour). Utilisation possible par une bibliothèque institutionnelle qui pourrait ainsi vulgariser ses collections sans même passer par son propre site web. Les notices sont importées automatiquement d’Amazon.com et de plus de 175 bibliothèques du monde entier y compris la Library of congress. On y retrouve :

  * Une indexation « standard » : notice au format MARC, indexation DEWEY, LC « subjects headings », visible via le lien « DETAILS » .

* Une indexation sociale : des tags associés, des fiches de lecture et revues de la communauté des utilisateurs, un système de suggestion de documents à lire, etc.

  • Lamson library : OPAC 2.0 de la bibliothèque de Plymouth State University, utilise la technologie des blogs pour permettre aux utilisateurs de ‘décrire’ avec leurs propres mots les documents de la bibliothèque, et ajouter des commentaires sur le livre ou la notice. Exemple de notice : http://www.plymouth.edu/library/read/212932    
  • MIT Libraries’ The Virtual Browsery (Beta) : OPAC a base de blog aussi comme le précédent.

  • Bibliopedia (site wiki collaboratif en français pour professionnels de l’information documentaire)
  • Babelio : même principe que dans Library thing. Créer une bibliothèque de livres et la partager sur le web. Pour une bibliothèque institutionnelle il est possible, par exemple, d’y partager ses nouvelles acquisitions et recueillir des commentaires de lecteurs et des tags (étiquettes ou mots-clefs) de ces mêmes lecteurs. (Site en français)
  • Bibliothèque & Catalogue : site qui donne accès aux documents et à leur contenu par un nuage de tags.
  • : propose un OPAC social où on peut commenter les livres

 Toute cette nouvelle tendance 2.0 pose aussi une problématique nouvelle pour nous et qui est la « bibliothéconomie-documentation de masse », dans laquelle on retrouve nécessairement des questions liées :

1- à « l’indexabilité » de la masse documentaire actuelle (présente sur le web notamment : peut-on et doit-on tout indexer ?).

2- aux « nouvelles » bornes de l’indexation, concernant sa régulation et son contrôle (qui a autorité pour indexer ?), son expertise (qui a compétence et maîtrise pour indexer ?) et son but final et son usage (qui a besoin d’indexer ?).

« Redoutons » que d’autres trouvent les réponses à notre place. 

Prochaine escale : « De l’Open Source pour espaces documentaires »  

 

N° 02 – De la Bibliothèque 2.0 . : définitions et enjeux

La semaine dernière, après une vue d’ensemble de ce qu’est le Web 2.0, j’annonçais un accostage au quai de la Bibliothèque 2.0 qui n’est autre que l’un des corollaires de cette nouvelle réalité du monde de l’Internet. Le constat premier est que tout ce qui touche aux  technologies de l’information et de la communication (TIC) ou bien tout ce que touchent ces TIC se décline, indubitablement, en terme de version et donc d’évolution technologique. Eh bien ne soyons pas surpris par ce terme « Bibliothèque 2.0 », concept né dans la sphère anglo-saxonne et forgé par Michael Casey sur son blog Library Crunch en septembre 2005. Il peut être compris comme étant donc, la dernière « version » de la Bibliothèque dans ses rapports avec les dynamiques technologiques ou plus simplement défini par l’appropriation, par celle-ci, des pratiques Web 2.0.

 

De nouveaux usages qui impliquent une nouvelle conception du paradigme bibliothéconomique et documentaire en général. En effet, ce nouveau modèle théorique et pratique est renversant, car il suppose une ouverture de brèches dans nos « espaces-bunkers » où des pratiques « ésotériques » sont réservées aux seuls initiés. Eh bien, chers collègues, il va falloir remettre en cause moult manières de faire qui sont notre lot quotidien de professionnels.

 

Quelle sera l’attitude de l’indexeur à qui il sera suggéré de prendre en compte des avis, commentaires et critiques d’utilisateurs sur le choix de ses mots-clefs ? Que sera devenu le sacro-saint catalogueur qui, en outre d’importer des notices via le port 210 du protocole Z39.50, se verra proposer, par l’utilisateur lambda via une interface publique, des éléments de description bibliographique et de localisation directement issus d’Amazon.com et/ou de Google maps ? Voici deux exemples de logiques bibliothèque 2.0, qui ne sont pas du domaine du rêve ou de l’utopie, mais une réalité bien palpable qu’il va falloir nécessairement, d’une manière ou d’une autre, prendre en compte dans l’environnement documentaire du Sénégal.

 

Je suis conscient que parler de dynamiques Web 2 et Bibliothèque 2.0 peut paraître inapproprié, car elles sont peu nombreuses, nos structures documentaires disposant de sites web ayant rempli les conditions requises pour l’obtention du label Web 1.0. Mais un leitmotiv, parmi tant d’autres, est là pour une réflexion d’ensemble en vue d’une politique globale, claire, prospective et stratégique de ce que doit être notre documentation dans un environnement mondial technologiquement évolutif. Il est heureux de voir que les cousins journalistes sénégalais se sont penchés sur les incidences du 2.0 sur leur métier, je salue cette initiative, souhaite qu’elle soit des plus contagieuses et qu’elle nous « infecte » plus particulièrement. Cogiter et donc être, l’affirmation cartésienne s’impose à nous et interpelle nos structures associatives professionnelles (ASBAD, COBESS,…) pour mener le débat.

 

Les nouveautés sont là, évidentes et nos pratiques doivent évoluer. De plus en plus, nous nous confronterons à des « digital natives » expression empruntée à   Marc Prensky, c’est-à-dire la génération des « indigènes techno » qui sont nés avec les ordinateurs, les jeux en ligne, le courriel, Internet, la téléphonie cellulaire et la messagerie instantanée. Contrairement à la majorité d’entre-nous « digital immigrants » qui sommes à cheval sur les deux ères « pré-TICS » et TICS, ils auront besoin d’offres de services en adéquation avec leur vécu technologique. Ils créent des blogs, font de l’indexation sociale, créent  des taxinomies populaires (folksonomies) avec les tags, se partagent l’information sur la toile d’une façon naturelle et se forgent ainsi des expertises spontanées en la matière. Alors il faudra nous adapter et proposer des services adéquats dans nos bibliothèques, centres de documentation, archives, musées, etc.

 

Ne ratons pas le train 2.0 qui est toujours à quai, surtout qu’il est encore là pour un bon bout de temps, parce que n’ayant pas encore fait le plein de passagers (loin de là). Il y a encore de la place ! Il suffit d’y mettre le prix du voyage : bonne volonté, réflexion et action, un triptyque qu’il est impératif de nous faire nôtre, en ce 21ème  siècle, pour simplement continuer d’être et répondre, nous aussi, à Hamlet, héros Shakespearien.

 

Escale prolongée pour charger, l’année prochaine, « Les pratiques Bibliothèque 2.0 : exemples ». SDV.

 Bonnes fêtes de fin d’année à tous !

N° 01 – Un peu de tout sur le Web 2.0

Jet d’ancre au premier port d’escale.

BONJOUR

C’est quoi ce Web 2.0 ?

C’est la question que je posai, pendant un stage international, à un de nos animateurs qui intervenait sur le sujet. Sa réponse ne vint pas automatiquement, après une brève hésitation il me dit : « monsieur, je vous renvoie à Google ». Sage précaution de sa part me dis-je après coup, car ayant appliqué son conseil, je me rendis compte de l’aporie d’une telle définition. Je suis tenté de vous donner le même conseil (et je ne m’en prive pas bien au contraire), même si cela me semble très simpliste comme démarche. Je vais donc, synthétiquement,  essayer de faire le tour de la question et dégager des pistes d’échanges qui viendront enrichir notre cargaison.

A l’origine fut Dale Dougherty suivi de John Battelle qui organisa la première conférence Web 2.0 en octobre 2004, suivie d’une deuxième en octobre 2005. Concrètement le Web 2.0 se démarque du web classique (Web 1.0, autre terminologie) par de nouvelles approches : un rapport modifié à l’écriture, à la lecture, au partage, au signalement, à la description de ressources (documentaires ou non). La chose la mieux partagée est la mise en commun d’informations où l’internaute n’est plus un consommateur mais un producteur d’information, jusqu’à en prendre le contrôle sur le Web classique grâce à des applications estampillées Web 2.0. Ce concept, qui se veut aussi « concept marketing », s’appuie ainsi sur des changements réels du web que sont : innovations techniques, modèle de participation sociale, changement dans les formes de valorisation économique, trois renouvellements dont  la conjonction fait le Web 2.0 (voir dossier dans Wikipédia pour lecture approfondie). Il ne s’agit pas ici d’investir le terrain technologique sur lequel s’appuient les applications du Web 2.0, la documentation en la matière foisonne sur le web pour tous ceux qui voudraient en savoir plus. Ma préoccupation est d’indiquer des services et ressources labélisés Web 2.0 (dont vous avez certainement connaissance) et les implications du concept sur l’environnement documentaire.

Commençons par un bref listing de quelques applications Web 2.0 assez familières : les alertes RSS, les blogs, les wikis, les tags, le mashup, etc. Toutes ces applications sont employables (et employées déjà), pour l’essentiel, en environnement documentaire (bibliothèques, centres de documentation) et impliquent pour nous une apparition de nouveaux concepts qui sont : « bibliothèque 2.0 », « OPAC 2.0 », « indexation sociale », « folksonomies » etc. que je vous propose de visiter lors de notre prochaine escale.

Quant aux ressources et aux services, la liste suivante (non exhaustive) en répertorie les plus courantes : Wikipédia (encyclopédie libre), YouTube (partage de vidéos), Picasa Web Album (partage de photos avec Google), Kartoo (métamoteur qui présente ses résultats sous forme de carte), Exalead (moteur de recherche nouvelle génération voir : http://fr.wikipedia.org/wiki/Exalead pour une description plus complète), Slideshare (partage de présentations powerpoint), Dailymotion (partage de vidéos), AdSense (gestion d’annonces sur le web avec Google), Del.icio.us (sauvegarde de favoris, propriété de Yahoo!), Flickr (partage de photos, propriété de Yahoo!), Pikeo (partage de photos), LinkedFeed (système de personnalisation de page d’accueil), Netvibes (portail personnalisable), StumbleUpon (outil de navigation et extension de Mozilla firefox, voir aussi : http://fr.wikipedia.org/wiki/StumbleUpon ),  Technorati (moteur de recherche spécialisé blogs), Last.fm (webradio), Wikio (moteur de recherche d’informations), AgoraVox (journalisme citoyen), Twitter (service de microblogging et sa version francophone Frazr), etc., etc..

Voilà en peu de mots (je l’espère) ce sur quoi je voulais discourir pour cette semaine et je voudrai terminer en vous donnant l’info suivante : les 11 et 12 décembre 2007, s’est tenu à Saint-Denis (Paris), le salon web 3.0 qui a réuni 2000 personnes (la crème du Net et du Web) provenant de 40 pays, pour réfléchir sur le web de demain. Comme quoi tout va très vite avec ces gens.

A huitaine pour la prochaine escale : Bibliothèque 2.0 ! Si Dieu le veut

N° 00 – Discours liminaire

Bonjour

SENBIBDOC : petite pirogue qui se veut devenir grand paquebot. 

Pourquoi ce blog ?

Voilà la première question que je serai tenté de poser à son auteur si, au détour de pérégrinations sur la toile, j’accostais sur le quai où il alimente de combustible, la pirogue qu’il a décidé de faire naviguer (non à destination de Barzakh, je l’espère) sur le “6e” et vaste “océan” qu’est le Web. La réponse n’en est que plus aisée si, en en effet, l’auteur de l’éventuelle question se trouve être, en même temps, le destinataire de ladite interrogation.

Alors pourquoi un blog de plus ? Parce que je crois, en toute modestie, que le besoin est réel pour le monde de la documentation sénégalaise. En effet, au regard des mutations importantes apparues dans l’espace métiers de “l’information-documentation”, la réflexion, devient sine qua non pour nous professionnels du Sénégal afin d’éviter de nous faire “larguer” et de nous maintenir dans un “tiers-monde documentaire”. Ce à quoi je vous appelle, chers collègues, c’est à la réflexion sur notre état actuel et notre devenir. Ce futur se fera impérativement avec les technologies de l’information et de la communication et il n’y a pas d’autres alternatives. Il est vrai que des acquis ont été et continuent à être enregistrés, mais en l’état, un très gros travail reste à faire, surtout en ce qui concerne la formation continue et la “veille-métier”. Ce blog veut aussi contribuer à cela en indiquant des ressources hors ou en ligne (tutoriels, conférences, manifestations, articles, publications, etc.). Et puis cela étant dit, continuerons-nous toujours, sous nos latitudes, à nous croiser les bras en l’attitude stérile du spectateur(Césaire dixit) devant l’immensité du web qui s’offre à nous gratuitement et toujours en être des consommateurs passifs? Je crois sincèrement et d’autres avant moi que NON.

Cette pirogue qui est la nôtre largue les amarres avec ses imperfections, ses défaillances certaines et il s’agira de corriger ces dysfonctionnements, de colmater les voies d’eau source de naufrage qui pourraient apparaître au fil de notre voyage. Et le meilleur moyen pour y arriver et de participer à cette mise à flot pérenne, sera de l’alimenter par vos commentaires, vos critiques, vos contributions, vos propositions thématiques, en somme votre EXPERTISE en la matière que je sais réelle.

Pour ce qui est du modus operandi d’affrétement de votre pirogue, j’essaierai de procéder à une mise en ligne hebdomadaire avec, à la fin, une annonce de la thématique à venir pour vous permettre de préparer des commentaires et/ou articles sur la question.

Cette pirogue étant très petite dans l’immense océan où il veut naviguer, j’espère qu’il s’en construiront d’autres, sans doute plus belles, plus vigoureuses, plus ambitieuses dans l’intérêt de notre profession et de notre pays. Et c’est avec plaisir que j’appréhende les futures probables régates qui découleront de cette abondance de biens qui, du reste, n’a jamais nui.

Permettez-moi enfin d’expliquer en peu de mots le nom de cette pirogue. SENBIBDOC : réunion des trois premières lettres des mots “SENégal” “BIBliothéconomie” ”DOCumentation”. “Wolofisé” cela donne “votre BIBDOC” où les cousins archivistes ont toute leur place. Un souci de perception phonique ”harmonieuse” m’a poussé à “occulter” la dimension archive de l’intitulé SENBIBDOC mais dans l’esprit il n’y a aucun doute quant à l’intégration des aspirations archivistiques dans cet espace.

Bonne collaboration et vive SUNUGAL.

Prochaine thématique : “Un peu de tout sur le web 2.0

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