N° 58 – Et si on inventait le Serment du bibliothécaire 2

Comme le titre de ce billet l’indique, je me suis mis à imaginer ce qu’aurait pu être un Serment du Bibliothécaire. Pour faire comme médecins et pharmaciens entre autres, qui ont ce texte identitaire que tout nouveau praticien est fier de déclamer solennellement devant ses maîtres. Plus qu’un acte astreignant il s’agit d’un geste symbolique et militant, manifestant un sentiment d’appartenance à une corporation.

M’inspirant donc des serments d’Hippocrate et de Gallien, j’ai composé celui que je pense pouvoir définir, ce que doit être ou faire un bibliothécaire, une fois qu’il a les qualifications requises pour pratiquer la bibliothéconomie.

Alors découvrons ce texte 🙂

Au moment d’être admis à exercer la bibliothéconomie, je promets et je jure d’être fidèle aux lois de l’honneur et de la probité.

Mon premier souci sera d’organiser, de conserver, de préserver, de promouvoir et de diffuser les documents à ma charge, support du Savoir indispensable au progrès humain.

Je respecterai toutes les œuvres produites par les hommes sans aucune discrimination selon leur nature, leur état ou les convictions qu’elles véhiculent, je les traiterai avec le même égard rendant hommage à la créativité, à la liberté de pensée et à la volonté des auteurs. J’interviendrai pour les protéger si elles sont menacées dans leur intégrité, mettant en péril le savoir qu’elles renferment.

Je veillerai aussi à la pleine satisfaction des usagers que je servirai, leur pourvoyant des outils d’accès aux œuvres de l’esprit dont j’aurai la charge, ou leur prodiguant conseils et orientations pour trouver des documents qui ne seront pas dans mon fonds. Je me rendrai toujours disponible pour le service, afin que quiconque franchira la porte d’entrée de ma bibliothèque en ressorte comblé d’aise et riche de nouvelles connaissances.

Je n’exploiterai pas le pouvoir hérité de ma position de détenteur d’information, qui pourrait attiser la soif du gain ou la recherche de la gloire.

Je respecterai les normes établies et en ferai usage tout au long de l’accomplissement de la chaîne documentaire, en évitant tout autant d’entreprendre des actions qui dépasseraient mes compétences. Toutefois je les entretiendrai et les perfectionnerai en m’adaptant aux changements technologiques, m’appropriant les nouveaux outils qui en découleront, pour assurer au mieux les services qui me seront demandés.

Je collaborerai avec tous mes confrères et cultiverai avec la plus grande énergie la solidarité de corps. J’aurai le sens du partage, pour leur faire profiter de mes découvertes, nouvelles connaissances et toute information intéressante pour la profession.

Que les usagers et mes confrères m’accordent leur estime si je suis fidèle à mes promesses ; que je sois couvert d’opprobre et méprisé si j’y manque.

Ceci est ma perception de ce que pourrait être un Serment du bibliothécaire. Pour être en phase avec ce qui se fait en la matière concernant l’appellation, je pourrai bien le nommer « Serment de Callimaque » en hommage au bibliothécaire d’Alexandrie, auteur du premier catalogue raisonné de la littérature grecque les Pinakes.

 

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