N° 21 – RFID pour les bibliothèques : quelques pistes pour bien choisir Réponse

A la suite de l’article N° 20, je propose quelques éléments à prendre en compte lors de la mise en place d’un système RFID pour bibliothèques (et pourquoi pas pour les archives aussi ?)

Etiquettes

Deux types d’étiquettes : Etiquettes actives VS Etiquettes passives

Choisir des étiquettes passives (généralement utilisées dans les bibliothèques et grandes surfaces) qui n’ont pas de source d’énergie interne (pas de batterie) celle-ci étant fournie grâce aux signaux émis par l’appareil de lecture. Elles ont l’avantage d’être moins chères, de plus petite taille et moins épaisses. L’absence de batterie augmente la durée d’utilisation des étiquettes.

Pour ce qui est de la qualité, veiller à choisir des étiquettes résistant aux fluctuations de température et l’humidité. Faire attention aux adhésifs et autres couches de protection qui recouvrent le circuit électronique des étiquettes et qui en assurent la protection contre des dommages environnementaux voire physiques. De toute façon au moment de choisir, veiller à ce que les étiquettes aient une durée de vie plus ou moins longue égale aux supports auxquels ils seront associés (livres, Cd, etc…). Une durée moyenne de 5 à 10 ans est à privilégier. Cette précaution est importante pour la traçabilité, car les produits qu’on trouve en bibliothèque y durent relativement longuement d’où la nécessité de choisir des équipements (étiquettes et matériaux connexes pouvant garantir la longévité de ceux-ci en adéquation avec la durée de vie des documents).

Les étiquettes se distinguent aussi par leur capacité : 1024 bits pour les bibliothèques, par leur système de lecture, en effet les systèmes usités dans les bibliothèques privilégient les étiquettes munis d’un champ antivol réinscriptible qui permet de le désactiver lors d’un emprunt et de le réactiver à la restitution du document.

Fréquence

La fréquence est la distance à laquelle une étiquette peut être lue par un lecteur. Pour les étiquettes passives : BF (basse fréquence), HF (haute fréquence) et UHF (Ultra haute fréquence), les bibliothèques utilisent des HF. A chaque fréquence est associée un champ de lecture.

Fréquence Basse Haute Ultra haute
128 KHz 13,56 MHz 915 MHz
Champ de lecture 0-15 cm 0-91 cm 0-4,57 m

Normes

Choisir une Norme actuelle : ISO 18000-3 Mode 1 (pour les bibliothèques) une norme à l’échelon mondiale qui prend en compte les normes nationales en vigueur, de ce fait les fabricants de technologie RFID peuvent proposer des équipements programmés pour pouvoir être exploités dans lesdites entités territoriales. Car il faut savoir qu’au début les fabricants proposaient des modèle propriétaires, ensuite des pays ont introduit leurs propres normes pour garantir l’interopérabilité des différents équipements à l’intérieur de leurs frontières, appelées cependant à être supplantées par des normes mondiales (dans ce cadre on peut placer l’ISO 18000-3 Mode 1)

Pour ce qui concerne les normes, il faut prendre en compte trois choses avant d’adopter une solution RFID :

– le système choisi doit pouvoir mettre à jour des normes futures (inéluctablement ces normes seront mises en place, désir d’interopérabilité oblige)

– le fabricant devra nécessairement fournir un chemin de migration à partir de son propre modèle, prioritaire ou pas, vers la norme mondiale qui sera édictée.

– ce chemin de migration doit permettre à la bibliothèque d’utiliser deux formats de données. Situation qui résultera du fait que quand de nouvelles étiquettes apparaîtront la bibliothèque sera obligée d’utiliser de façon transitoire deux types d’étiquettes en même temps : celles qui seront en service et les nouvelles qui les remplaceront.

Conclusion : choisir un fabricant qui propose un produit flexible qui pourra intégrer de nouvelles normes.

Intégrité des documents

Tous les systèmes RFID intègrent une fonction antivol qui protège les documents. Trois méthodes sont utilisées pour assurer cette fonction :

– la méthode « Database look-up » ou modèle de recherche de données qui se déclenche dès qu’un document franchit le portique, celui-ci identifie le document par une recherche automatique sur la base de données pour voir si c document a été vraiment prêté et enregistré comme tel (inconvénient : lenteur possible dans la réponse du serveur et fiable que quand l’usager ne sort qu’un petit lot de documents permettant aux lecteurs de lire toutes les étiquettes.)

– la méthode « Application family identifier (AFI) » : qui consiste à attribuer un code AFI à toute étiquette RFID selon un environnement d’application (Bibliothèques, grandes surfaces, pharmacies,…) Cela empêche par exemple un document de bibliothèques de déclencher l’alarme dans une pharmacie disposant d’un système de surveillance par RFID.

– La méthode « Electronic article surveillance (EAS) ». Même principe que pour le modèle AFI dans lequel le système ne détecte que les documents qui n’ont pas été prêtés. Cependant ce dernier modèle (qui est un modèle propriétaire donc non défini par l’ISO), ne fait pas la distinction entre les champs d’application, ce qui veut dire qu’un produit pharmaceutique équipé d’une puce RFID peut déclencher l’alarme du portique de la bibliothèque alors que l’usager (porteur de ce produit) est parfaitement en règle avec les procédures d’emprunt de la bibliothèque.

Entre les trois, le choix est vite fait

Pour finir

La technologie RFID évolue rapidement et s’oriente inexorablement vers la définition de normes mondiales qui pourront nous permettre de l’utiliser. Il nous faudra cependant nous assurer que le système que nous choisirons, sera empreint de flexibilité et de souplesse pour permettre la prise en compte des développements ultérieurs. Il nous faudra donc choisir des fournisseurs ou fabricants prenant en compte cela. Des fabricants qui ont de l’expérience, qui proposent des produits robustes, qui se soucient de la garantie de leurs produits et qui suivent le chemin de l’innovation.


Creative Commons License
Ce document est mis en ligne sous Licence Creative Commons.

N° 20 – RFID pour les bibliothèques : identification et traçabilité 2

La cargaison que je vous propose d’embarquer cette semaine, à savoir la technologie RFID, en est à ses balbutiements au niveau des bibliothèques. La réflexion est donc en cours, concernant l’évolution des technologies de contrôle des documents (et des usagers) dont nous avons la charge. Cet article se veut juste une information de plus, sachant qu’elle intéresserait au plus, moins d’une dizaine de bibliothèques au Sénégal (optimisme exacerbé). Néanmoins même si l’affaire n’intéresserait qu’une entité, il ne serait pas inutile d’en discourir.

De quoi s’agit-il ?

Une technologie dénommée RFID (Radio Frequency IDentification) utilisée pour la traçabilité des documents de nos fonds (précieux pour nos modiques budgets sous-développés). Elle permet une autonomie accrue de l’usager dans l’espace documentaire, où le prêt s’automatise de plus en plus sans l’intervention d’un quelconque préposé à cette tâche de relation publique. Elle dépasse (technologiquement) le système magnétique actuellement en cours dans la quasi-totalité des bibliothèques et librairies.

Comment cela fonctionne-t-il ?

Pour ceux qui utilisent déjà le système magnétique, la compréhension du mécanisme est plus aisée, néanmoins (n’ayant pas l’ambition de réinventer la poudre) je vous conseille vivement l’article de ce confrère que je trouve assez complet (ne pas exclure de lire le 2e commentaire en bas de l’article ainsi cité et daté du 15 mai 2008, c’est-à-dire la date de publication du post que vous êtes entrain de lire).

Combien ça coûte ?

De l’implantation, qui passe d’abord par le choix d’un fournisseur ès-qualité, à l’exploitation proprement dite, les dépenses dépendront :

de la taille du fonds documentaire (représentative de la « grandeur » de la bibliothèque)

de la situation géographique (l’Outre-mer paye traditionnellement une facture plus lourde, du fait de son éloignement, même si les prix sont en HT)

du contrat de maintenance régulière (à assurer impérativement pour pérenniser pareil investissement). Je pense à nos environnements poussiéreux qui ont torturé et anéanti plus d’un équipement technologique.

Etc.

Pour en savoir plus sur les coûts de déploiement et à titre indicatif je vous propose ce slideshow, présentant matériels et coûts, gracieusement mis à disposition par l’ADDNB.

Dans cette même mouvance, je vous invite à consulter celui présentant les enjeux et démarches de la mise en œuvre d’un tel projet et enfin un cas pratique d’une bibliothèque de Rennes. Enfin, un survol de texte réglementaire français sur la question me semble important à faire, vu qu’il expose un certain nombre de recommandations pour mieux mettre en oeuvre un projet de cette nature.

A huitaine pour la prochaine escale


Creative Commons License
Ce document est mis en ligne sous Licence Creative Commons.