N° 48 – Mendeley : gestion bibliographique et réseautage social (fin) 6

Dans cette suite de la présentation de Mendeley je vais exposer  les autres fonctionnalités de l’application.

  • Synchronisation  de Zotero et CiteULike

Mendeley s’intègre entièrement  avec Zotero (une autre application gratuite de gestion bibliographique) et CiteULike (site 2.0 de partage de ressources pour scientifiques). Si vous utilisez déjà l’une ou l’autre de ces deux applications pour gérer vos références, vous pouvez configurer Mendeley afin d’y importer en permanence tous les documents que vous ajoutez à Zotero ou CiteULike,  économisant ainsi temps et effort. Cette synchronisation permet de gérer toutes vos données bibliographiques en un seul endroit. Sur la barre des menus cliquez sur « Tools » ensuite « Options » pour afficher l’écran de configuration de la synchronisation.

  • Importation à partir d’EndNote et RefWorks

Si vous utilisez  EndNote ™ ou RefWorks pour la gestion de vos références, vous pouvez facilement importer votre bibliothèque dans Mendeley utilisant  le Format XML  d’EndNote ou le format RIS disponible dans RefWorks.

  • Construire votre réseau de collègues chercheurs

Mendeley agit aussi comme un réseau social pour connecter des gens. Le réseau est composé de tous les autres utilisateurs de Mendeley. Vous constaterez sans doute que beaucoup ont des centres  d’intérêts similaires ou proches des vôtres. Vous pouvez vous connecter et partager des idées, des documents, des expériences. Avec un moteur de recherche dédié, vous pouvez effectuer une recherche sur des personnes et  trouver (à partir de votre carnet d’adresses e-mail) d’autres utilisateurs spécialisés dans votre domaine déjà inscrits dans Mendeley. Le cas échéant vous pouvez également inviter vos collègues et amis qui travaillent dans le même domaine que vous. Cette invitation peut se faire via l’application en ligne ou par le menu « Tools » du Mendeley Desktop.

  • Collaborer, partager et découvrir

En invitant vos amis ou même un groupe de recherche, vous pouvez utiliser l’outil « Shared Collections » pour disposer d’une plateforme permettant de partager facilement des informations. Après avoir créé la collection avec « Create collection » et invité des collègues ou amis (pas plus de 10 cependant pour la version de base 😦 ), vous pouvez y « glisser-déposer » tous les documents ayant un intérêt et ainsi les rendre disponibles pour la visualisation ou l’annotation collective de tous les membres de votre groupe.

Le réseau offre aussi l’accès à une vaste base de documents de recherche. Beaucoup d’entre eux sont téléchargeables librement de sorte que vous pourrez les ajouter à votre bibliothèque facilement. Enfin les documents trouvés dans les bibliothèques de vos collègues chercheurs peuvent être utiles pour vous. C’est un moyen formidable de connaître les nouvelles tendances et les évolutions de la recherche dans votre spécialité.

  • Explorer les tendances de recherche et élaborer des statistiques

A partir de son application en ligne, Mendeley permet enfin de découvrir et de compiler des statistiques générales sur les tendances de la recherche. Vous pouvez afficher les auteurs, les articles, les revues et les mots-clefs les plus populaires dans votre discipline et découvrir des statistiques intéressantes au sujet de votre propre bibliothèque de documents. Vous pouvez notamment afficher le nombre d’articles signés par des auteurs en particulier, les mots-clefs les plus souvent utilisés, le nombre d’articles dans votre bibliothèque, le nombre d’auteurs et le nombre de références cités par ces documents, etc. Ces statistiques vous permettent d’avoir un bon aperçu de l’état, à un moment donné, de ce que sont vos habitudes et priorités de recherche.

Dans un retweet (sur Twitter) du billet précédent n° 47, l’auteur du tweet en question posait la question à savoir si Mendeley était mieux que Zotero. Je réponds OUI à cette question et le principal argument pour justifier cette affirmation réside dans le fait qu’avec son option de réseautage social, Mendeley apporte un plus à la gestion des références bibliographiques, en outre il propose une interface en ligne synchronisable avec l’application installée en local…et avec Zotero lui-même. Aussi et enfin il est utilisable indépendamment d’un quelconque navigateur Web alors que Zotero ne s’arrime qu’avec Firefox et ses dérivés comme Flock. Un bémol tout de même, la taille maximale des fichiers PDF synchronisables est de 500 MB (largement suffisant pour moi cependant) pour la version de base, prévoir donc une souscription premium si vous voulez gérer un volume de documents plus gros.

Outre ces considérations purement personnelles je pense que la meilleure façon de comparer les deux applications, c’est justement de les essayer… et de les adopter 🙂 . A coup sûr.

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N° 33 – Formation de nos praticiens documentaires Réponse

Depuis quelques semaines on débat intensément sur la liste de discussion de la Fondation pour une bibliothèque globale, sous l’instigation d’un collègue qui se plaignait du peu de considération accordée à notre profession quant aux offres de stage proposées par certains organismes ou pays développés.

La majorité des discussions a tourné autour du constat du retard que nous avons par rapport aux développements actuels de nos métiers et de la nécessaire revue de la formation des bibliothécaires, archivistes et documentalistes des pays d’Afrique. Je me propose de transposer ce débat ici, espérant recueillir un maximum d’avis.

Pour bien poser le problème rappelons les constats soulevés par les différents confrères

  • stagnation du niveau des connaissances des professionnels pratiquants
  • insuffisance des structures formelles de formation de niveau académique
  • problèmes de débouchés pour pour les diplômés en sciences de l’information documentaire
  • etc.

Ces problèmes ont assurément des effets induits dont j’énumère quelques-uns ci-dessous.

  • les professionnels non recyclés sont confinés dans des pratiques professionnelles classiques qui sont un frein à tout esprit d’innovation et de changement. Ils restent perçus par les autres comme des garde-documents sans plus.
  • les étudiants qui choisissent ce métier ne se sentent pas prêts à s’insérer dans un monde du travail qui a  cependant besoin d’eux. Ils doivent être assurés sur le fait qu’ils sont incontournables dans la société de l’information actuelle.
  • les programmes des écoles ou départements de sciences de l’information ne suivent pas toujours l’évolution mondiale de nos métiers,  qui s’oriente vers de nouveaux paradigmes.
  • notre relation par rapport à notre matière-première qu’est l’information n’est pas repensée.  Cette dernière devant être bien maîtrisée pour bien gouverner, promouvoir la citoyenneté, mieux vendre et acheter, mieux produire, prendre les bonnes décisions dans l’entreprise, mieux se soigner, mieux se loger, etc.

Il est nécessaire donc, d’avoir des professionnels bien formés et constamment renforcés en capacité, pour s’approprier  cette  maîtrise de l’information au moment où cette dernière est la denrée la plus répandue sur terre. Il apparaîtra alors, par exemple, que :

  • ce sont les archivistes (records managers) qui peuvent dire aux gouvernants que moderniser un Etat ce n’est pas seulement de l’informatiser, mais de bien gérer les documents administratifs pour une meilleure célérité dans la conduite des affaires de la Cité (dossiers de justice, d’état-civil et autres).
  • ce sont les documentalistes (knowledge managers) qui peuvent dire à un chef d’entreprise que la première richesse de sa structure est la somme des expériences, des connaissances internes et externes accumulée par ses employés, que réduire l’espace de stockage des dossiers de l’entreprise par une bonne politique de gestion de ces dossiers, c’est aussi réduire les coûts d’entretien de cet espace et donc accroître la positivité du bilan de fin d’exercice
  • ce sont les bibliothécaires qui peuvent dérouler le fil d’Ariane au bout duquel est accroché l’aiguille à trouver dans la botte de foin qu’est le Web et sa partie « invisible ».

Voilà quelques arguments, parmi tant d’autres, à prendre en compte dans nos processus de formation initiale et continue. Cela revient à dire qu’enseigner ou vivre notre métier aujourd’hui, c’est dépasser nos attitudes et aptitudes traditionnelles, c’est nous muer en »cyborg documentaire », mais c’est surtout abolir nos limites d’action et de pensée pour prévoir l’imprévisible qui est déjà en cours.


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