N° 45 – Les Thésaurus sont aussi utiles pour le tagging 9

A l’heure de la taxonomie populaire, composante centrale du Web 2.0, les systèmes normalisés de description des ressources documentaires et d’organisation des connaissances restent toujours de vigueur.  C’est un moindre mal pour un spécialiste de l’info-doc que de faire un round-up de quelques outils de ce type, afin de rappeler que l’indexation sociale décrite comme « sagesse des foules », ne saurait être notre ultime état d’indexeurs formés à la dure école de l’analyse de contenu et de la classification des documents d’information. Voici donc mon choix de 10 thésaurus en ligne, pour ceux qui seraient tentés d’oublier que ces outils existent toujours.

  • Macrothésaurus de l’OCDE : Il fournit un ensemble de descripteurs (mots clés) pour l’indexation d’ouvrages et de documents traitant de questions relatives au développement économique et social. Il constitue également un outil d’aide en recherche documentaire pour les centres de documentation, les bibliothèques et les banques de données
  • Thésaurus Eurovoc : il est multilingue et couvre tous les domaines de l’activité de l’Union européenne, il permet d’indexer les documents dans les systèmes documentaires des institutions européennes et de leurs utilisateurs. Ce produit documentaire est actuellement utilisé par le Parlement européen, l’Office des publications des Communautés européennes, les parlements nationaux et régionaux en Europe, des administrations nationales et par certaines organisations européennes. Disponible en téléchargement au format PDF  et voir ici la liste alphabétique permutée de la version PDF en français
  • Thésaurus AGROVOC : thésaurus agricole multilingue de la FAO. AGROVOC comporte 16607 descripteurs et de nombreux non-descripteurs (synonymes). Il y a 9976 non-descripteurs en français. Le site web de la FAO peut être consulté en anglais, français, espagnol, arabe et portugais. Un grand nombre de versions, en d’autres langues, sont utilisées dans le monde entier. Liste alphabétique du Thésaurus.
  • Thésaurus UNESCO : Le Thésaurus de l’UNESCO est une liste de termes contrôlés et structurés pour l’analyse thématique et la recherche de documents et publications dans les domaines de l’éducation, la culture, les sciences naturelles, les sciences sociales et humaines, la communication et l’information. Continuellement enrichie et mise à jour, sa terminologie reflète l’évolution des programmes et des activités de l’Organisation. Le Thésaurus de l’UNESCO contient 7.000 termes en anglais et en russe et 8.600 en français et en espagnol.
  • Thésaurus UNBIS : UNBIS est élaboré, au sein du Département de l’information, par la Bibliothèque Dag Hammarskjöld. Il contient la terminologie utile pour l’analyse thématique des documents et autres publications relatifs aux programmes et activités de l’Organisation des Nations Unies. Il est utilisé comme le fichier d’autorité du Système d’information bibliographique de l’ONU (UNBIS) et a été incorporé en tant que liste de sujets du Système de diffusion électronique des documents de l’ONU (SEDOC). Le Thésaurus UNBIS est un outil multidisciplinaire, abordant l’ensemble des domaines d’action de l’Organisation. Les termes intégrés dans le Thésaurus UNBIS ont pour objectif de refléter de manière précise, claire et concise, et à un niveau de spécificité adéquat, tous les domaines d’importance et d’intérêt des Nations Unies.

En plus de ces cinq « grands » thésaurus généralement bien connus, j’ai découvert les cinq suivants qui ne manquent pas non plus d’intérêt.

  • Thésaurus de Santé publique : édité par la Banque de données en Santé publique (BDSP) qui est un réseau français de coopération pour la mise en ligne de sources d’information en santé publique. La quatrième édition présentée ici est constituée de 12825 termes : soit 7144 descripteurs, répartis en 57 sous-domaines (appelés également « champs » ou « micro-thesaurus ») et 5681 synonymes, ou « non-descripteurs », qui renvoient vers un descripteur valide.
  • Thésaurus d’éthique des sciences de la vie : consultable de façon autonome (indépendamment de l’interrogation d’une banque de données) et téléchargeable en PDF. Il est produit par Deutsches Referenzzentrum für Ethik in den Biowissenschaften de Bonn (éditeur principal), le Centre de documentation en éthique des sciences de la vie et de la santé de l’ INSERM/CCNE de Paris, Informations- und Dokumentationsstelle Ethik in der Medizin de Göttingen, Interfakultäres Zentrum für Ethik in den Wissenschaften de Tübingen et Library and Information Services of the Kennedy Institute of Ethics de Washington DC.  En 2005 il comptait 2 844 descripteurs, 889 non-descripteurs. Disponible en 3 versions linguistiques (allemand, anglais, français).  (source : http://dossierdoc.typepad.com/descripteurs/2006/03/thsaurus_dthiqu.html)
  • Thésaurus du BIT : ce Thésaurus du Bureau international du travail (BIT) est une compilation de plus de 4000 termes relatifs au monde du travail. Il contient des termes englobant un large éventail de sujets liés au développement économique et social. La priorité est donnée aux domaines d’intérêt principaux du BIT: le travail, la main-d’oeuvre et l’emploi, les normes du travail, l’administration du travail et les relations de travail, la formation professionnelle, la protection sociale, les conditions de travail, les salaires, la sécurité et la santé au travail, petite entreprise, le secteur informel et les droits de l’homme sur le lieu de travail. Chaque terme est présenté en anglais, français, et espagnol.
  • Thésaurus URBAMET : URBAMET couvre les champs thématiques de l’urbanisme, l’aménagement, l’habitat, la construction, l’architecture et les équipements. Le thésaurus présente aujourd’hui 4250 descripteurs répartis en 24 tableaux. Les synonymes et les renvois (« voir aussi ») facilitent la recherche. Chaque descripteur n’appartient qu’à un seul tableau sémantique et son acception découle de la place qui lui a été assignée dans cette organisation.

Après ce bref aperçu de quelques outils de classification, je voudrais juste souligner qu’il ne s’agit pas pour moi de remettre en cause le tagging (d’ailleurs nul ne peut arrêter la mer avec ses bras, encore moins le tag dans le contexte du Web social), mais de l’adapter à notre état professionnel. Lorsque nous taggons sur les différentes plateformes Web 2.0 auxquelles nous avons souscrites, de façon individuelle ou institutionnelle, pourquoi n’utiliserions-nous pas des descripteurs issus de ces langages documentaires formels pour harmoniser nos pratiques indexatoires ? Cela nous détacherait de l’amateurisme qui se manifeste généralement dans la liberté de description de contenu permise par les médias sociaux. Une sorte de « folksonomie assistée » qui nous permettrait, par exemple, d’uniformiser l’indexation dans des réseaux sociaux, de partage ou de collaboration documentaires.  Pour que vivent et survivent les thésaurus et autres répertoires et listes de vedettes-matières dont l’utilité pourrait être remise en cause.

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Macrothésaurus de l’OCDE
Thésaurus AGROVOC
Thésaurus de Santé publique
Thésaurus d’éthique des sciences de la vie
Thésaurus du BIT
Thésaurus Eurovoc
Thésaurus InterWater
Thésaurus UNBIS
Thésaurus UNESCO
Thésaurus URBAMET

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N° 02 – De la Bibliothèque 2.0 . : définitions et enjeux 9

La semaine dernière, après une vue d’ensemble de ce qu’est le Web 2.0, j’annonçais un accostage au quai de la Bibliothèque 2.0 qui n’est autre que l’un des corollaires de cette nouvelle réalité du monde de l’Internet. Le constat premier est que tout ce qui touche aux  technologies de l’information et de la communication (TIC) ou bien tout ce que touchent ces TIC se décline, indubitablement, en terme de version et donc d’évolution technologique. Eh bien ne soyons pas surpris par ce terme « Bibliothèque 2.0 », concept né dans la sphère anglo-saxonne et forgé par Michael Casey sur son blog Library Crunch en septembre 2005. Il peut être compris comme étant donc, la dernière « version » de la Bibliothèque dans ses rapports avec les dynamiques technologiques ou plus simplement défini par l’appropriation, par celle-ci, des pratiques Web 2.0.

 

De nouveaux usages qui impliquent une nouvelle conception du paradigme bibliothéconomique et documentaire en général. En effet, ce nouveau modèle théorique et pratique est renversant, car il suppose une ouverture de brèches dans nos « espaces-bunkers » où des pratiques « ésotériques » sont réservées aux seuls initiés. Eh bien, chers collègues, il va falloir remettre en cause moult manières de faire qui sont notre lot quotidien de professionnels.

 

Quelle sera l’attitude de l’indexeur à qui il sera suggéré de prendre en compte des avis, commentaires et critiques d’utilisateurs sur le choix de ses mots-clefs ? Que sera devenu le sacro-saint catalogueur qui, en outre d’importer des notices via le port 210 du protocole Z39.50, se verra proposer, par l’utilisateur lambda via une interface publique, des éléments de description bibliographique et de localisation directement issus d’Amazon.com et/ou de Google maps ? Voici deux exemples de logiques bibliothèque 2.0, qui ne sont pas du domaine du rêve ou de l’utopie, mais une réalité bien palpable qu’il va falloir nécessairement, d’une manière ou d’une autre, prendre en compte dans l’environnement documentaire du Sénégal.

 

Je suis conscient que parler de dynamiques Web 2 et Bibliothèque 2.0 peut paraître inapproprié, car elles sont peu nombreuses, nos structures documentaires disposant de sites web ayant rempli les conditions requises pour l’obtention du label Web 1.0. Mais un leitmotiv, parmi tant d’autres, est là pour une réflexion d’ensemble en vue d’une politique globale, claire, prospective et stratégique de ce que doit être notre documentation dans un environnement mondial technologiquement évolutif. Il est heureux de voir que les cousins journalistes sénégalais se sont penchés sur les incidences du 2.0 sur leur métier, je salue cette initiative, souhaite qu’elle soit des plus contagieuses et qu’elle nous « infecte » plus particulièrement. Cogiter et donc être, l’affirmation cartésienne s’impose à nous et interpelle nos structures associatives professionnelles (ASBAD, COBESS,…) pour mener le débat.

 

Les nouveautés sont là, évidentes et nos pratiques doivent évoluer. De plus en plus, nous nous confronterons à des « digital natives » expression empruntée à   Marc Prensky, c’est-à-dire la génération des « indigènes techno » qui sont nés avec les ordinateurs, les jeux en ligne, le courriel, Internet, la téléphonie cellulaire et la messagerie instantanée. Contrairement à la majorité d’entre-nous « digital immigrants » qui sommes à cheval sur les deux ères « pré-TICS » et TICS, ils auront besoin d’offres de services en adéquation avec leur vécu technologique. Ils créent des blogs, font de l’indexation sociale, créent  des taxinomies populaires (folksonomies) avec les tags, se partagent l’information sur la toile d’une façon naturelle et se forgent ainsi des expertises spontanées en la matière. Alors il faudra nous adapter et proposer des services adéquats dans nos bibliothèques, centres de documentation, archives, musées, etc.

 

Ne ratons pas le train 2.0 qui est toujours à quai, surtout qu’il est encore là pour un bon bout de temps, parce que n’ayant pas encore fait le plein de passagers (loin de là). Il y a encore de la place ! Il suffit d’y mettre le prix du voyage : bonne volonté, réflexion et action, un triptyque qu’il est impératif de nous faire nôtre, en ce 21ème  siècle, pour simplement continuer d’être et répondre, nous aussi, à Hamlet, héros Shakespearien.

 

Escale prolongée pour charger, l’année prochaine, « Les pratiques Bibliothèque 2.0 : exemples ». SDV.

 Bonnes fêtes de fin d’année à tous !