N° 56 – Nouvelles du Southern African Greenstone Support Network Réponse

J’aurais dû écrire cet article depuis quelques semaines déjà, car il vient rapporter les actes d’une réunion tenue à la fin de juillet de cette année. En effet du 26 au 28 juillet j’étais au Kenya, à Nairobi plus précisément (mais pas pour un safari :-)). Il s’agissait d’une réunion d’évaluation de la deuxième phase 2009-2010 (finissant ce mois d’Août) du projet SAGSN initialement créé pour promouvoir l’utilisation du Logiciel libre Greenstone en Afrique, avec comme méthodologie, l’implantation de centres nationaux dans les pays concernés. J’ai partagé ces quelques jours avec des collègues du Kenya, Lesotho, Malawi, Nigeria, Tanzanie, Zimbabwe et le coordonnateur du projet. L’ordre du jour se résumait à une présentation de la situation dans les différents centres existant et les perspectives à imaginer pour pérenniser le réseau d’autant plus que la phase 2 est arrivée à terme. Je vous fais l’économie de la présentation des différents centres nationaux, dont il était surtout demandé de faire un état des lieux de l’utilisation de Greenstone dans leur pays : nombre de bibliothèques numériques créées, mode de diffusion des ces collections (en ligne et/ou sur support physique : CD-ROM, DVD), problèmes et autres particularités, etc.. Mon sentiment est que dans l’ensemble, la majorité des centres tournent à plein régime et la problématique de la création de contenus numériques africains est bien compris et pris en compte au sein du réseau.

Mais le point le plus important de cette réunion a été sans nul doute la partie liée à la réflexion sur l’évolution et la pérennisation de notre action. L’apport d’un consultant, très au fait des questions de durabilité de projet, nous a été bénéfique à cette phase de réflexion. Son aide a été plus qu’appréciable au stade de redéfinition de la vision, des objectifs et des missions du réseau. En effet celui-ci initialement confiné à la sous-région Afrique australe s’est étendu à l’Afrique de l’Est (Kenya) et de l’Ouest (Nigeria et Sénégal), il fallait donc revoir le nom du réseau pour prendre en compte cette nouvelle donne géographique et même anticiper sur des extensions possibles et souhaitables vers d’autres parties du continent. L’autre donnée prise en compte dans cette question liée au nom est relative au logiciel Greenstone qui était la pierre angulaire de l’édification du réseau. En effet il est apparu au cours de nos discussions que d’autres systèmes étaient utilisés en Afrique pour la création ou la mise en oeuvre de collections numériques, par exemple DSpace pour les dépôts institutionnels. La conclusion concernant cette question est d’aller au-delà de la promotion du logiciel Greenstone est de sous-entendre dans notre action, la promotion de tout outil pouvant favoriser la création de bibliothèque numérique. En pensant cela nous faisons de notre pierre angulaire, non plus un logiciel à promouvoir, mais bien le concept de « Bibliothèque numérique » ce qui est plus en adéquation avec la nouvelle définition de nos vision, objectifs et missions qui se résument à favoriser la création de contenus numériques en Afrique et à les vulgariser. Cette nouvelle orientation nous permettra de créer des ponts avec les différentes initiatives existantes pour à la fin réaliser un maillage à l’échelle continentale. C’est une voie importante, voire indispensable pour résorber le gap numérique dans sa dimension production de contenus. Après avoir redéfini nos perspectives d’action visant donc à la durabilité de notre existence en tant que réseau, il faut penser au financement de tout cela. Il a été ainsi convenu de cogiter sur un plan stratégique triennal qui prendra en compte toutes les résolutions prises au cours de cette réunion, avec le choix définitif d’une nouvelle dénomination, la définition d’un statut plus légal, etc. et de le soumettre à notre bailleur de fonds traditionnel qu’est eIFL via son programme eIFL-FOSS, sans exclure la possibilité d’intéresser d’autres bailleurs potentiels.

Sur un plan plus personnel, j’étais très heureux de découvrir le Kenya même s’il a fallu traverser l’Afrique d’Ouest en Est. Félicitations et chapeau au comité local d’organisation logé à la (très belle) bibliothèque de l’Université de Nairobi, pour nous avoir mis dans d’excellentes conditions de séjour et de travail. Les mêmes compliments à tous les collègues rencontrés et (enfin) connus là-bas qui ont un haut degré de professionnalisme et de conscience dans leur mission pour l’Afrique en participant à ce réseau très opérationnel. J’ai apprécié l’esprit de franche camaraderie, de collaboration, de solidarité et de partage qui a prévalu lors de notre rencontre, autant de choses qui me confortent dans l’idée que les africains peuvent et doivent oeuvrer ensemble pour accomplir notre idéal commun de développement, qui passe aussi par l’échange de connaissances et d’expériences par le biais des bibliothèques numériques.

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N° 49 – Un centre national Greenstone au Sénégal 3

Dakar a abrité du 22 au 25 février 2010 un atelier de formation à Greenstone. Cet événement marque le lancement du Centre national Greenstone et premier nœud francophone du SAGSN, un réseau de centres déjà fonctionnels au niveau de l’Afrique australe et orientale. Ce centre est abrité par la bibliothèque centrale de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis et placé sous la responsabilité conjointe de cette institution et de l’Institut Sénégalais de Recherches Agricoles (ISRA). Organisé en partenariat avec le COBESS et eIFL-FOSS, il a regroupé une vingtaine de spécialistes de l’information documentaire nationaux et un du Mali, celui-ci intervenant dans le projet de création d’une « bibliothèque numérique pour la jeunesse francophone du sud » initiée par la Fondation pour une bibliothèque globale basée au Canada.

Bref historique du SAGSN

En 2007-2008, un projet pilote d’eIFL.net sur l’utilisation de Greenstone financé par la Koha Foundation forma des bibliothécaires et archivistes de 10 pays de l’Afrique australe (Botswana, Lesotho, Malawi, Ile Maurice, Mozambique, Namibie, Swaziland, Tanzanie, Zambie, Zimbabwe). A la suite de cela fut lancé un réseau régional de soutien (Southern African Greenstone Support Network) composé de cinq centres nationaux logés dans des bibliothèques d’universités ou d’organismes situées au Lesotho, au Malawi, en Namibie, en Tanzanie et au Zimbabwe. À son tour, ce réseau de soutien a, en 2008, appuyé l’UNESCO dans l’organisation d’ateliers de formation sur le logiciel Greenstone aux Seychelles (Madagascar, Ile Maurice comme invités) et au Kenya. Ces différentes formations ont eu comme principal résultat, une prise de conscience de l’importance des collections de documents numérisés, stockés et diffusés dans des bibliothèques numériques élaborées par le biais du logiciel Greenstone. Les premières applications ont beaucoup bénéficié aux utilisateurs, aidés en cela par les centres nationaux dont l’appui et le suivi ont abouti sur des expériences positives.

Période 2009-2010 : extension du réseau et accroissement du nombre de collections opérationnelles.

Pour cette période eIFL-FOSS, programme d’eIFL.Net pour la promotion et l’utilisation des logiciels libres, appuie le projet  SAGSN, généreusement soutenu au début par la Koha Foundation, avec comme autres objectifs de :

* renforcer les centres et les réseaux nationaux existants en Afrique australe par des investissements et des appuis aux activités spécifiques de ces centres

* appuyer dans le long terme l’utilisation de Greenstone dans d’autres pays africains par la création de centres nationaux fournissant une expertise locale. Ces centres nationaux disposent d’un champ d’action totalement autonome pouvant aller d’une simple aide à distance, à l’organisation de séances de formation en passant par des interventions sur site pour assister des structures utilisant ou voulant utiliser Greenstone.

* promouvoir activement l’expertise et l’appui du réseau pour accroître les nombres de collections numériques opérationnelles, au bénéfice exclusif de la création et l’accès au contenu local africain

* travailler vers un réseau indépendant et autosuffisant de centres nationaux couvrant le large paysage des bibliothèques, des archives et des musées avant fin 2010

Un centre pour le Sénégal

Premier du genre en Afrique francophone dans le cadre du réseau, ses ambitions se déclinent comme suit :

–          Elaborer un répertoire national des structures documentaires utilisant Greenstone,

–          Elaborer un répertoire d’experts ou spécialistes locaux du logiciel

–          Créer une plateforme en ligne collective des collections numériques de ces structures

A la suite de cela, il s’agira de rendre visible les réalisations sus-citées, de promouvoir le centre et de se positionner sur le terrain de la formation sur le logiciel, l’assistance à l’installation et la maintenance des collections déjà créées.

Au niveau sous-régional, le centre se positionne déjà comme une tête de pont pour l’Afrique occidentale francophone, voire au-delà, avec  l’ambition de développer des activités promotionnelles et de soutien à l’installation et à la maintenance de Greenstone.

Un grand merci à messieurs Repke de Vries et Amos Kujenga, respectivement coordonnateur d’eIFL.Net Greenstone pour l’Afrique australe et coordonnateur régional du projet, dont les efforts non ménagés ont permis de concrétiser la mise en place de centre au Sénégal.

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N° 35 – Greenstone, logiciel de bibliothèques numériques 3

J’ai toujours eu envie d’écrire un billet sur la gestion des documents numériques. L’occasion se présente suite à l’atelier de formation sur l’utilisation du logiciel Greenstone dédié à la création de collections électroniques, organisé conjointement par l’IRD, l’ASBAD, le COBESS (Consortium des bibliothèques de l’enseignement supérieur du Sénégal) et l’EBAD. Animée par M. Pier Luigi Rossi, cette manifestation, tenue les 5 et 6 février 2009 à Dakar, a pu permettre à une trentaine de collègues nationaux de renforcer leurs capacités professionnelles en se familiarisant avec cet outil, à tout point de vue, remarquable. Je trouve un autre leitmotiv à parler de Greenstone, parce que cela me permet d’être toujours dans la logique de promotion des logiciels libres que je trouve salutaires (et je ne dirai jamais assez) pour tous ceux qui ont des budgets modiques et qui ont envie de toujours demeurer dans les wagons des TIC, fussent-ils les « derniers ».

Que dire de cet outil libre et gratuit produit par le New Zealand Digital Library Project à l’Université de Waikato développé distribué par l’UNESCO et l’ONG Human info ?

Beaucoup de choses qui ont trait à ces performances remarquables et… remarqués par ceux qui ont eu  à travailler avec. Une visite du site dédié aux utilisateurs francophones permettra de connaître tout ce qui tourne autour de l’outil plus et mieux que ne pourrai le faire.

Mon propos s’oriente plus vers les enjeux de notre utilisation de Greenstone, en ce sens qu’il peut nous permettre de satisfaire un souhait qui est celui de renforcer la présence de  nos contenus documentaires sur le Web. Cela est d’autant plus possible que l’investissement financier pour un tel projet se trouve amoindri, eu égard à la gratuité de Greenstone. Hormis les frais d’acquisition d’un serveur, d’hébergement de la collection numérique, rien d’onéreux ne viendra alourdir la facture, mis à part peut-être à part les coûts d’électricité (rien d’extraordinaire que nous ne sachions faire 🙂 ). Pensons aussi et surtout, au gigantesque réseau de données numériques national qui peut résulter de l’agrégation de bibliothèques électroniques locales (Universités, Instituts de recherche, institutions de service public, etc.). Peut-être que pourrions-nous nous inspirer du Réseau francophone des bibliothèques nationales numériques.

Je voudrai aussi préciser que Greenstone ne s’occupe pas de numérisation de documents, son rôle est de rassembler des documents déjà numérisés (par scanner) ou natifs (déjà sur support numérique) pour en faire des collections et les diffuser. Ce qui veut dire qu’on peut se passer de numérisation si on peut acquérir les versions électroniques des documents à traiter (par exemple pour une bibliothèque universitaire il est impératif de réclamer les versions électroniques des mémoires et thèses au moment du dépôt des versions en papier, pour éviter à cette bibliothèque de recourir à une éventuelle et coûteuse numérisation ultérieure).

Voici enfin une présentation montrant la démarche de création d’une collection électronique avec Greenstone, réalisée pour les collègues de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis (Sénégal).

Vous pouvez accéder à la version originale de la présentation pour une meilleure lisibilité.

Et plus de liens sur le sujet notamment, le guide d’utilisation et le guide du développeur de Greenstone.

Une petite explication du choix de cette nouvelle image d’entête. Il s’agit de greniers sur pilotis jouxtant l’île de Fadiouth au Sénégal (visible sur Google Earth 🙂), en hommage à toutes les générations de travailleurs de la terre dont la sueur a nourri les plus grands scientifiques.


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