N° 82 – Comparatif de logiciels de dépôts institutionnels Réponse

L’UNESCO vient de publier un guide de comparaison des cinq logiciels de dépôt institutionnels les plus couramment utilisés que sont : Digital InstitutionalRep_comparisonCommons, Dspace, Eprints, Fedora et Islandora. Ce guide est un des éléments de la stratégie d’Accès ouvert de l’organisation.

Depuis 2000, un certain nombre de plateformes dédiées aux dépôts institutionnels ont été développées, chacune avec son propre ensemble d’avantages et de caractéristiques techniques. Ce guide aidera sûrement les gestionnaires de projets de dépôts et les dirigeants d’institutions dans leur choix de logiciel à utiliser. De même, ce guide permet aux bibliothécaires d’être vraiment autonomes en termes de possibilités de comparaison des plateformes, en mettant l’accent sur ​​les caractéristiques essentielles qui permettront de répondre à leurs besoins et ainsi faire de leur dépôt des réussites en la matière.

Les catégories de comparaison.

Onze catégories comparatives ont été choisies pour aider les pilotes de projet de dépôt institutionnel dans leur choix, en leur permettant notamment d’identifier les caractéristiques les plus importantes dans l’élaboration d’un programme de dépôt institutionnel réussi au sein de leur établissement. Ces catégories sont :

  • l’infrastructure : où sont énumérées les caractéristiques fondamentales des plateformes. La section concernant l’infrastructure englobe l’installation, l’hébergement et les options de support à la clientèle.
  • la conception en mode utilisateur : il s’agit de l’interface lecteur qui reflète l’image de marque institutionnelle ainsi que la façon dont le lecteur interagit avec le dépôt. Les formats personnalisables, les pages mobiles optimisés doivent permettre de garantir une expérience de navigation optimale (HTML 5,..)
  • le contrôle et l’organisation de contenu : les bibliothécaires intéressés par la façon dont chaque plateforme prend en charge le contenu, les contrôles d’accès, et la structure du dépôt trouveront dans cette catégorie des informations pertinentes. (Outils de visualisation PDF, Galerie d’images, Licences Creative Commons, etc.)
  • la découverte de contenu : concerne les principales caractéristiques qui augmentent la visibilité du contenu du dépôt (recherche avancée, par facettes, navigation graphique, géolocalisation, PURL, indexation dans Google Scholar, etc.)
  • les outils de publication : les bibliothécaires et les rédacteurs en évaluant des options d’édition pourront découvrir et comparer des outils nécessaires à la publication, tels que la revue par les pairs, l’importation par lots, les options de métadonnées et les flux de travail rédactionnels. Ceci dans le but de publier un savoir de haute qualité directement dans le dépôt (par exemple, dans le cas de soumission volontaire d’articles ou autres travaux par des auteurs)
  • les rapports: fournir un feedback aux administrateurs rédacteurs, auteurs et parties prenantes est un aspect crucial dans la mesure du succès d’un programme de dépôt institutionnel. Cette catégorie décrit les rapports disponibles sur chaque plateforme (statistiques, Google analytics, etc.)
  • le multimédia : une caractéristique moderne du dépôt, la catégorie Multimédia compare la façon dont chaque plateforme gère les images, la vidéo et les services de streaming qui ajoutent une plus grande profondeur aux collections (vidéo, audio, diaporama, etc.)
  • les caractéristiques sociales et notifications : s’appuyant sur la possibilité de découvrir et l’optimisation des moteurs de recherche, les caractéristiques sociales du dépôt favorisent une approche moderne d’engagement des lecteurs en fournissant des outils pour suivre, partager et mettre en favori une ressource savante dans le dépôt (utilisation des médias sociaux, des flux RSS, etc.)
  • l’interopérabilité : s’appuyant sur l’initiative des archives ouvertes-protocole de moissonnage de métadonnées (OAI-PMH), tout dépôt se construit dans un but de diffusion. La catégorie interopérabilité examine comment chaque plateforme s’intègre avec les services de recherche, les profils de chercheurs et d’autres dépôts hébergés sur la même plateforme installée.
  • l’authentification : bien que la majorité du contenu d’un dépôt soit en accès libre, les identifiants de connexion institutionnels demeurent un aspect important dans la façon dont les lecteurs et les chercheurs accèdent à des contenus à travers les systèmes informatiques du  campus et le dépôt (annuaire LDAP, Shibboleth, etc.)
  • l’accessibilité : la capacité d’offrir l’accès à un plus grand nombre de lecteurs et chercheurs possibles, y compris surtout ceux qui ont des handicaps, est un élément fondamental du dépôt. (Conformité aux modèles VPAT, à l’article 508 et les normes du gouvernement américain en matière d’accessibilité)
  • la préservation : la capacité de pouvoir préserver à long terme des ressources savantes numériques pour les générations futures est une donnée fondamentale à prendre en compte. Pouvoir rendre des contenus disponibles dans le futur même si les formats changent, permettre leur émulation et leur migration d’un format à un autre si nécessaire. (Sauvegarde de contenu, Export XML, Conformité avec LOCKSS, etc.)

Bien que le guide soit en anglais sa lecture est aisée même si vous n’êtes pas érudit dans la langue de Shakespeare. La subdivision en catégories, elles-mêmes présentant les éléments de comparaison sous forme de tableaux, rend très facile la compréhension des données.

Le guide est accessible ici ou en cliquant sur l’image illustrative en haut à droite. Bonne lecture !

N° 80 – MyScienceWork, un réseau social pour la Science 2

Une fois n’est pas coutume, je me propose d’être le relais de MyScienceWork, une plateforme d’accès aux articles scientifiques et fonctionnant aussi comme un réseau social. Un exercice qui s’inscrit cependant en droite ligne de ce que ce blog a toujours fait, c’est-à-dire faire l’apologie du Web 2.0 sous toutes ses formes. Il est donc tout à fait naturel d’y intégrer une petite lucarne, reprenant pour l’essentiel un communiqué de presse du réseau et expliquant comment les chercheurs peuvent s’inscrire, consulter plus de 26 millions d’articles gratuitement et améliorer leur visibilité internationale pour trouver de nouveaux contacts et des annonces d’emplois scientifiques.

mysciencework_bandeau

MyScienceWork, start-up créée par une ancienne doctorante en biologie, lance une nouvelle version de votre réseau social professionnel dédié à la recherche.

1/ Collaborez, partagez

Rejoignez les 300 000 membres de notre communauté et les 30 000 chercheurs, doctorants et ingénieurs inscrits ces 3 derniers mois. Gagnez en visibilité en partageant vos articles, découvrez de nouvelles publications, engagez des discussions avec d’autres experts du domaine.

2/ Accédez gratuitement à 26 millions de publications scientifiques

La philosophie de MyScienceWork est de renforcer la diffusion des articles en open access. Accédez gratuitement à plus de 26 millions d’articles en accès libre et gratuits issus de Plos ONE, Pubmed, REPEC, HAL et bien d’autres sources.

3/ Renforcez votre réseau professionnel

Déposez votre CV sur un site professionnel dédié aux scientifiques en remplissant votre profil professionnel incluant votre bibliothèque personnelle de publications, les conférences auxquelles vous avez participées etc. MyScienceWork vous propose un grand nombre d’offres d’emploi internationales myscienceworkainsi que des événements scientifiques en rapport avec vos travaux.

4/ Nos avantages face à la concurrence

Multidisciplinaire : MyScienceWork est un réseau social connectant biologistes, médecins, physiciens mais aussi des chercheurs en sciences humaines et sociales, des ingénieurs, des juristes etc
International : Une interface en 7 langues et des articles disponibles en 101 langues ! Une ouverture totale vers l’accès libre aux connaissances scientifiques.
Vulgarisation scientifique : News (français/anglais) est le média de votre actualité scientifique.

Découvrez des portraits de chercheurs, des événements et l’annonce des derniers résultats scientifiques. Contribuez en vulgarisant vos travaux qui seront relus par des journalistes et diffusés sur News. Suivez en continue les actualités du mouvement pour l’Open Access, pour une science accessible à tous, plus collaborative et plus transparente.

Voilà ! Il ne vous reste plus qu’à vous y inscrire comme moi, si vous êtes intéressé 🙂

N° 64 – L’Open Access en bref Réponse

S’il est un domaine qui n’a pas fait l’objet d’un traitement particulier dans ce blog, c’est bien celui relatif au libre accès aux publications scientifiques, plus connu sous le vocable anglais « Open Access ». En lieu et place d’une description détaillée du mouvement (le stade de concept ayant été dépassé depuis longtemps) qui est en pleine expansion avec des réalisations concrètes, je propose quelques tutoriels en ligne et autres liens facilitant sa compréhension. Pour les détails un détour par ce lien sera fort utile.

Tutoriels

  • Une vidéo réalisée par SPARC (Scholarly Publishing & Academic Resources Coalition) présentant le mouvement du libre accès à l’Information Scientifique et Technique (IST) et les avantages de cette démarche.

  • Un tutoriel qui présente l’outil en ligne Roméo conçu par Sherpa (Securing a Hybrid Environment for Research Preservation and Access). L’objectif est d’apprendre à interroger cet outil pour connaître et comprendre les politiques des éditeurs scientifiques vis-à-vis du libre accès à l’information scientifique et technique. Accéder au tutoriel

Ces deux tutoriels sont aussi disponibles à partir du site Web de l’Université Bordeaux-Segalen, plus précisément sur l’espace « Autoformation ».

Quelques liens

Pour ce qui concerne plus particulièrement l’Afrique, pour une fois elle n’est pas en reste, même si beaucoup reste encore à faire pour intéresser la globalité du continent à cette question. Pour illustrer cette implication dans le mouvement, je vous propose de découvrir la communication faite par Denise Rosemary Nicholson durant le dernier congrès de l’IFLA à Puerto Rico et intitulée « Open Access: benefits for Africa ». Avec en fin d’article une liste par pays des initiatives de Libre accès en cours (à partir de la page 19). Elle affirme dans cette communication que l’Open Access est la seule voie pour l’Afrique, assertion que je partage pleinement. Ce mouvement permet au continent d’avoir un raccourci vers la production scientifique externe nécessaire à son développement. De plus il se donne les moyens de diffuser, promouvoir et préserver à long terme sa propre production scientifique, ce qu’elle n’a pu vraiment réaliser tout au long de siècles  marqués par une oralité dominante. Voilà où se situe l’enjeu stratégique de l’Open Access et qui doit pousser le monde scientifique africain, les médiateurs de l’IST que nous sommes, à nous investir pleinement dedans pour que, par exemple, le modèle économique en cours concernant l’accès payant à la production scientifique africaine, soit plus empreint du sceau de la justice. En effet, est-il normal que les éditeurs qui publient les travaux de nos chercheurs formés par nos pays avec leurs maigres ressources, fassent payer à ces mêmes pays, l’accès aux résultats de recherches qu’ils ont contribué à mener par l’investissement sur l’éducation de ces « élites » ou même le financement direct de ces recherches ?

Investir dans le Libre accès pour la recherche scientifique africaine, c’est donc quelque part casser ce modèle d’échange inégal qui nous appauvrit plus qu’il ne nous enrichit. Grâce à ce mouvement il est possible de penser et de mettre en place un « Marché commun » de la production scientifique africaine, où les fruits de nos travaux de recherche seront d’abord partagés entre nous, favorisant ainsi le décloisonnement de notre recherche qui reste confinée, le plus souvent, dans les frontières terrestres de nos pays respectifs.