N° 16 – RDA : quelques considérations générales Réponse

Dans le billet de la semaine dernière, mon intérêt s’est porté sur l’ISBD consolidé publié en août 2007. Parallèlement un autre travail est entrain d’être accompli dans la sphère bibliothéconomique nord-américaine, toujours dans le sillage des nouvelles orientations imaginées pour faire évoluer le catalogage. En terme plus précis, il s’agit de la mise en place d’un nouveau code de catalogage dénommé RDA (Resource Description and Access).

Historique

En 2003, l’organisme de maintenance des AACR (Anglo-American Cataloguing Rules), en l’occurrence le Joint Steering Committee for revision of AACR (JSC) décida de réviser profondément ces règles. La dernière publication officielle (AACR2) est la seconde édition révisée en 2002 et mise à jour en 2003, 2004 et 2005. A sa suite, le draft de la première partie des AACR3 fut publié en décembre 2004. En 2005 le JSC décida de changer l’intitulé des AACR en adoptant celui de RDA, dont le premier draft sera publié en décembre 2005, suivi de la publication d’autres moutures concernant ses différents chapitres en 2006 et 2007. Pour une présentation plus complète (sur les RDA et l’organisation fonctionnelle du JSC) ce site peut vous aider à y voir plus clair. Les travaux sont en cours et la publication définitive est prévue en 2009.

Présentation et objectifs

  • code de catalogage adapté au nouveau contexte des catalogues : publication des règles sous forme électronique, pour décrire tous les types de ressources (électroniques et autres) dans des notices utilisables dans l’environnement numérique (Internet, OPAC web…)
  • approche centrée sur l’utilisateur et l’information dont il a besoin : la « norme » est conçue pour être facilement utilisable et produire des notices dont les données seront appropriées et pertinentes pour l’utilisateur
  • les directives sont basées sur des principes et non sur des règles contraignantes ou restrictives, le but étant de faciliter le processus de description des ressources selon un plan logique.
  • référence aux modèles d’information bibliographique (FRBR et FRAD, je me propose de faire prochainement, un billet sur ce dernier modèle qui concerne les données d’autorité). Ces derniers étant les bases de la construction des directives des RDA. Le prochain post portera sur l’articulation entre les RDA et les FRBR.
  • vocation internationale
  • possibilité d’un contrôle bibliographique plus efficace
  • compatibilité avec des normes de description semblables
  • utilisation préconisée au-delà de la communauté des bibliothèques : compatibilité avec les normes nord-américaines d’archives et de gestion des objets muséographiques

RDA et les métadonnées

RDA est conçu pour être utilisable avec des schémas d’encodage de métadonnées. Les notices bibliographiques créées sous RDA peuvent être stockées et transmises sous format MARC et des formats de métadonnées, tels que le Dublin Core (Dublin Core working group for RDA) ou MODS (slide sur MODS et RDA). Parallèlement un travail de développement d’un profil d’application pour RDA est entrain d’être mené, ainsi que celui d’un vocabulaire d’éléments.

Pour finir

Parler de RDA en l’état actuel (travaux d’élaboration en cours) est un exercice difficile tant le deadline quant à sa finalisation (2009) est encore long. Ce que j’ai voulu faire ressortir dans ce mini-dossier, à compléter lors du prochain post, c’est son importance ultérieure dans la construction du Web sémantique où, nous bibliothécaires et autres acteurs de l’information documentaire, devront avoir le « beau rôle », avec les informations contenues dans nos catalogues et répertoires accessibles sur le Web. Pour permettre aux moteurs de recherche d’accéder à ces données, il faut revoir et continuer à améliorer les formats et structures des catalogues, mais aussi les règles de catalogage, c’est le souci des concepteurs des RDA. Souhaitons qu’ils atteignent les buts escomptés et que les espoirs pour la profession (annonce de l’IFLA) ne soient pas déçus.

Prochainement RDA et modèle FRBR


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N° 07 – Métadonnées (2) Réponse

Je vous propose pour ce post-ci un résumé sous forme de slides, de mes propos de l’article précédent. J’espère que cette forme de présentation permettra de mieux appréhender l’environnement complexe des métadonnées. Tour à tour j’y propose un compendium des trois types de métadonnées (description, structure et administration), précédé d’un essai de définition du document numérique et de ses formes de présentation. Ce slideshow s’inspire du cours « Métadonnées de préservation » dispensé par Mme Emmanuelle Bermès de la BNF et que j’ai suivi au cours du stage international «Ressources électroniques en bibliothèques» de 2006.

Voir ici

En conclusion, je voudrai rappeler ces quelques considérations concernant les métadonnées et leur gestion dans les structures documentaires. Ainsi elles (métadonnées) impliquent pour nous, acteurs de ces structures :

une évolution des besoins

plus seulement des métadonnées descriptives,

gestion de documents structurés ou à structurer (XML, une petite découverte de la syntaxe de ce langage de balisage me paraît utile, voir pour cela un dossier sur le web assez complet)

 

une évolution des compétences métier

augmentation des compétences techniques

gestion des compétences documentaires dans un environnement nouveau

 

un défi

continuer à remplir les missions de conservation et de communication dans un environnement nouveau

collaborer avec d’autres acteurs que les bibliothèques : Musées, Administration (pour ce dernier cas précis et pour montrer concrètement ce que nous pouvons apporter à la bonne gouvernance et à la modernisation de l’Etat, pensons à proposer l’utilisation des métadonnées pour décrire les ressources web du gouvernement du Sénégal. Une piste de réflexion de plus et à la fin une « utopie » réalisable, l’exemple du gouvernement du Canada le prouve, je vous propose ici les avantages et la pertinence identifiés quant à la mise en place d’une telle chose).

Semaine prochaine : Modèle FRBR : Functional Requirements for Bibliographic Records

N° 06 – Métadonnées (1) Réponse

Que sont les métadonnées ?

La documentation sur la question foisonne sur le web et l’article dans Wikipédia est très complet, je vous y renvoie volontiers. La définition communément admise fait d’une métadonnée, tout simplement, « une donnée sur une autre donnée » et quelque soit le type de support d’information. Même si le terme est apparu dans le cadre de la description de ressources sur Internet dans les années 1990, la définition suggère que les catalogueurs, par exemple, ont toujours créé des métadonnées comme Callimaque de Cyrène (bibliothécaire d’Alexandrie) qui rédigea le premier catalogue raisonné de la littérature grecque les Pinakes au IIIe siècle avant Jésus-Christ. Elles sont organisées et/ou présentées sous forme de schémas publiés par des organismes de standardisation avec des comités de gestion chargés de leur maintenance. On en distingue généralement trois types : les métadonnées de description, conçues en vue de la recherche, du repérage et de l’identification des ressources (titre, auteur, résumé, mots clefs, date de parution…) ; les métadonnées de structure, qui facilitent la navigation et la présentation des ressources électroniques, elles fournissent des informations sur la structure interne des ressources (table des matières, index, chapitre, section, page) ; les métadonnées d’administration qui facilitent la gestion, la validation, l’archivage des ressources, elles incluent des données techniques notamment, la gestion des droits, le contrôle d’accès et les conditions d’utilisation. Ces trois types sont complémentaires et souvent les frontières entre elles ne sont pas visibles dans la pratique. En d’autres termes pour ceux qui se posent la question sur leur utilité, elles permettent de localiser et d’accéder à un document surtout en ligne (les documents imprimés l’étant par le biais des données catalographiques informatisées ou non). En effet les documents en ligne ont été caractérisés, à leur apparition, par une difficulté d’accès à leur contenu par le biais des formats de description classiques (ISBD par exemple), il a fallu attendre l’avènement du Marc et de sa zone 856 pour y accéder via la saisie de l’URL. Face à l’explosion de ces ressources en ligne et l’apparition des moteurs de recherche et autres outils (moissonneurs d’entrepôts d’archives ouvertes, exemple : OAIHarvester2), il fallait structurer ces éléments de description et de localisation pour rendre ces moteurs de recherche (certains, pas tous) plus performants dans la recherche et la récupération desdites ressources. Le souci était aussi de permettre l’interopérabilité c’est-à-dire la capacité d’échanger des données entre systèmes multiples disposant de différentes caractéristiques en terme de matériels, logiciels, structures de données et interfaces, et avec le minimum de perte d’information et fonctionnalités. Les métadonnées participent ainsi à cela en complémentarité avec d’autres processus. Au niveau technique cette interopérabilité se réalise à trois niveaux complémentaires : une description des ressources avec des sémantiques communes issues de différents jeux de métadonnées standardisés (Dublin Core, Marc-XML, BiblioML, EAD pour les archives,…), un cadre d’implémentation de ces descriptions dans des langages structurés standardisés, interprétables par les machines (HTML, XHTML, XML, RDF…) et des protocoles informatiques d’échange de ces données normalisées (HTTP, OAI-PMH, SRU/SRW,…).Dans l’univers des métadonnées descriptives, le jeu de métadonnées plus populaire est sans nul doute le Dublin core passé de standard à norme ISO avec un statut officiel au sein du W3C (Consortium du World Wide Web, instance internationale permanente chargée de l’avenir du Web). Je vous invite à consulter en ligne sur Slideshare, la présentation que j’avais faite sur la question lors d’un atelier du COBESS (vous pouvez récupérer le fichier .ppt).

A huitaine !