N° 76 – ICADLA3 : baisse de rideau Réponse

BHL Session

BHL Session

 Nous voilà arrivés au terme de deux jours de  cogitations sur les bibliothèques et archives numériques en Afrique. Deux jours intensifs d’échanges qui ont vu se succéder des panélistes aux expériences diverses, aux parcours et réalisations professionnelles différentes, mais qui ont tous contribué à la richesse des débats et la floraison des idées nécessaires à l’épanouissement des dispositifs d’accès aux contenus déjà fonctionnels. Parmi ce florilège de discours et présentations, j’ai retenu plus particulièrement ceux tenus par les représentants de la Biodiversity Heritage Library (BHL) et de la Bibliothèque nationale du royaume du Maroc.

Ils n’étaient pas moins de 06 représentants de la BHL à se succéder pour présenter cette œuvre ambitieuse de catalogage et diffusion en ligne de la faune et flore constitutive de notre bonne vielle planète terre. Ce consortium de bibliothèques d’histoire naturelle et de botanique, qui depuis 2005 coopèrent pour numériser le patrimoine littéraire sur la biodiversité présente dans leurs collections, a réussi cette ambition en partenariat avec l’Internet Archive. La documentation ainsi produite est disponible en accès libre. Ces 06 représentations de BHL en sont autant de déclinaisons géographiques, nativement et historiquement située à la fois aux USA (08 institutions) et en grande Bretagne (02 institutions) qui en sont les fondateurs, et actuellement présente en Chine, au Brésil, en Australie et en Afrique tout dernièrement depuis avril 2013. Il a été tout à fait intéressant de découvrir les différents portails créés au niveau de ces différentes réalités géographiques et donnant accès à la connaissance des diverses formes connues du vivant sur terre. A côté de celles-ci figure l’Encyclopedia of life dont la BHL constitue la pierre angulaire. Du point de vue technologique j’ai été principalement intéressé par l’outil de gestion de collection de métadonnées MACAW développé et utilisé par les bibliothèques du Simthonian Institution de Washington.

J’ai tout autant apprécié l’intervention éloquente et passionnée du directeur de la Bibliothèque nationale du royaume du Maroc, qui avec verve a exposé sur les réalisations et progrès accomplis par sa structure en terme de numérisation du fonds patrimonial national et de sa mise en ligne, mais aussi ceux accomplis dans l’acquisition de compétences en restauration de manuscrits, qui fait que ce pays dispose maintenant de professionnels aguerris en la matière, permettant ainsi au Maroc de pouvoir préserver ses manuscrits, voire proposer son assistance à toute autre nation qui en exprimerait le besoin en Afrique noire par exemple.

Concernant les sessions parallèles qui étaient au nombre de trois, je ne peux écrire que sur la session qui m’a concerné (désolé, défaut de don d’ubiquité 🙂 ), session qui concernait les expériences institutionnelles, où nous étions quatre « mousquetaires » à vouloir épater, à tour de rôle, l’auditoire par nos différentes réalisations en terme de mise à disposition de contenus numériques en ligne. Voire à ce propos mes slides en fin d’article.

Enfin je finis par les « breakout sessions » qui étaient aussi au nombre de trois et dont le but était de réfléchir sur le présent et le futur d’ICADLA qui en est à sa 4ème année d’existence. L’exercice de réflexion sur les possibles orientations futures de l’organisation et surtout la pérennisation de son action, a produit des éléments dont la prise en compte pourrait aider à accomplir bien des vœux.

Une chose est cependant sûre, pour qu’ICADLA se pérennise il faut que la mise en ligne de contenus africains aille grandissant et qu’il y ait à chaque fois beaucoup de pratiques et réalisations à partager et que cela vienne de toutes les régions géographiques du continent, sans limite linguistique aussi bien du point de vue des participants que des portails et contenus présentés. Personnellement, j’aurai bien aimé rencontrer des participants lusophones, hispanophones,… découvrir des bibliothèques numériques en Swahili, Amharique, Xhosa, Wolof, etc. à l’exemple du projet ASK-DL de l’Université de Harvard. Celles qui existent n’ont pas la visibilité souhaitée parce que n’ayant pas d’espace de vulgarisation pour se faire connaître. Ce qu’ICADLA pourrait bien être et devrait être : rendre réelle une diversité culturelle africaine…numérique, passage obligé aussi pour une résorption graduelle du fossé numérique.

N° 75 – Des bibliothèques numériques en Afrique Réponse

alakhaywaynLa 3ème Conférence sur les bibliothèques numériques et archives africaines ICADLA3 se tient cette année au Maroc, plus précisément dans les locaux de la magnifique Université Al Akhawayn. Dans l’Atlas marocain où est située la ville d’Ifrane qui abrite cette université, des praticiens, et autres spécialistes de la production et de la misE en ligne de contenus numériques sont appelés à échanger leurs idées, leurs réalisations, leurs visions de ce que devrait être l’avenir des dispositifs d’accès à la documentation numérique en Afrique. Tel est résumé le credo d’ICADLA, qui avec ce cadre de réflexion et d’échanges intra-africain, vient quelque part combler un vide immense en la matière, c’est-à-dire une absence de contacts réguliers qui n’est pas pour favoriser les développements de projets africains, perpétuant ainsi l’enlisement du continent noir à la périphérie des « normalités » numériques depuis longtemps éprouvées dans les autres continents. Je suis donc ici pour partager une expérience institutionnelle, mais aussi rencontrer des acteurs avérés, provenant des différentes régions géographiques d’Afrique et d’autre parties du monde, un total de 26 pays représentés dont 16 africains. En attendant d’exposer ultérieurement les détails des activités de la conférence, je partage les motivations qui m’ont poussé à proposer une communication dans ce cadre et qui sont exposées dans le résumé que voici :

Il est maintenant établi que la mise à disposition et l’accès à des contenus numériques sont une réalité palpable de nos jours, à tel point qu’il paraît exceptionnel d’être en dehors de ce mouvement embrassant toutes les zones géographiques de la planète. L’Afrique, pour une fois, n’échappe pas à cela tant les exemples de bibliothèques numériques y « foisonnent » même s’il y a beaucoup à redire sur la fonctionnalité et la pérennité de certains dispositifs. Car construire une bibliothèque numérique est une chose, la maintenir et la rendre disponible en ligne en est une toute autre. Dans un contexte de pauvreté économique où les priorités semblent être ailleurs, il est tout à fait facile de comprendre de pareils dysfonctionnements qui cependant, n’enlèvent en rien le mérite des acteurs africains qui se sont lancés dans ces entreprises dantesques, souvent avec le soutien de partenaires de pays plus nantis. Cette coopération se matérialise à plusieurs niveaux : assistance technique à la numérisation, formation à la maîtrise logicielle, hébergement des collections, etc. A cela s’ajoute une disponibilité de logiciels libres qui n’attendent que d’être découverts et maîtrisés pour mettre en place ces bibliothèques numériques. Mon propos au travers de cette communication est de partager l’expérience de la bibliothèque de l’Institut africain de développement économique et de planification des Nations Unies (IDEP) avec l’utilisation du logiciel Invenio développé par l’organisation européenne de recherche nucléaire (CERN) et initialement dédié au domaine hautement scientifique de la physique des particules. Exponentiellement pourvoyeuse de documents issus de la recherche, ce domaine particulier de la physique, le CERN en est l’organisation la plus en vue au niveau mondial, a eu besoin d’un outil capable de rassembler, décrire, cataloguer, présenter et diffuser en ligne une documentation multiforme. Devant le succès du logiciel, un désir de le vulgariser a pris forme et avec comme principale cible l’Afrique où le besoin en la matière se fait le plus sentir. Avec l’appui financier de l’UNESCO, le CERN a organisé depuis 2009 une série d’ateliers de formation sur les bibliothèques numériques avec un focus sur la découverte, l’installation et la mise en route d’Invenio. Notre bibliothèque à la suite d’une de ces écoles organisée en novembre 2011 à Dakar, a décidé d’adopter le logiciel en tant que système intégré de gestion de bibliothèque (SIGB), donnant en même temps accès à sa documentation numérique. C’est cette expérience de déploiement que nous avons décidé de partager, en partant de toutes les procédures mises en œuvre pour rendre l’application fonctionnelle et en insistant sur fonctionnalités disponibles et que nous avons adaptées à notre propre environnement. Dans sa conception Invenio prend en compte et propose un certain nombre de choses, parmi lesquelles on peut citer pêle-mêle : l’utilisation du MARC 21, les formats d’exports de métadonnées du Dublin Core, BibTex, Endnote, etc., des fonctions d’OPAC social ou Web 2.0. entre autres. L’autre intérêt qui motive cet article est de partager nos réflexions sur un projet de création d’une bibliothèque numérique collective entre toutes les institutions africaines ayant bénéficié des formations du CERN, avec pour but à la longue de lui donner une dimension continentale.

Exposer de vive voix les détails suggérés dans ce résumé à été facilité par ma sponsorisation émanant du Goethe Institut de Johannesburg. Ce rappel est un exercice de gratitude auquel je devais me soumettre tout en appréciant à sa juste valeur ce geste, d’une institution qui, depuis quelques années déjà, soutient les échange et reseautage professionnels dans le domaine des sciences de l’information et des bibliothèques en Afrique.

N° 72 – Il était une fois la « LibraryBox » Réponse

Tel pourrait être, dans un futur plus ou moins lointain, le titre de légende pour une « invention », qui de par ses promesses utilitaires, renforcera les mécanismes en cours et établis pour permettre un accès libre à l’information pour le plus grand nombre de personnes. Le projet LibraryBox repose sur une technologie Open Source permettant de stocker des fichiers numériques (ebooks, des œuvres musicales, etc.) sur un lecteur Flash (clef USB) et de les diffuser grâce à un routeur de poche. Dirigé par Jason Griffey, le projet a pris racine dans le département informatique de la bibliothèque de l’Université du Tennessee à Chattanooga et est utilisé depuis par des bibliothèques pour partager des ressources d’information, notamment des livres électroniques disponibles dans leur catalogue.

Le principe de fonctionnement emprunté au Projet PirateBox, repose sur la technologie Wi-Fi tout en étant indépendant du réseau Internet. En effet, LibraryBox ne permet pas de se connecter à Internet mais peut-être découvert et accessible comme un réseau sans fil standard, par n’importe quelle personne disposant d’un Smartphone ou tout autre appareil doté de la technologie Wi-Fi. De ce fait, toute bibliothèque disposant d’une LibraryBox peut stocker des documents électroniques et les rendre accessibles à des utilisateurs détenant des appareils dotés de cette technologie sans fil. Cela accroît et diversifie, sans nul doute, l’offre de services documentaires au public de la bibliothèque, où conceptuellement on passerait de la notion de catalogue (en ligne) à celle de serveur de documents (expression que j’emprunte à la bibliothèque du CERN qui présente son OPAC en ces termes et que nous avons-nous-mêmes repris pour le nôtre encore en cours de finalisation).

En reprenant la philosophie du projet PirateBox  du professeur David Darts de l’Université de New York et qui permet à quiconque, au sein de l’univers du sans fil, de télécharger des images, musiques, documents, vidéos, et autres types de fichiers et cela dans un anonymat total,  Griffey a cependant modifié le code source initial et modifié certains paramètres de l’application pour le rendre plus conforme aux réalités des bibliothèques, par exemple, celles liées aux droits de diffusion et distribution de certaines œuvres.

Pour ce qui est du matériel technique, il faut savoir que les LibraryBox pré-faites ne sont pas disponibles à l’achat, il faut acheter les composants qui sont peu coûteux et les assembler plus ou moins facilement. Les instructions sont disponibles sur le Web, notamment sur comment configurer le routeur étape par étape. Le modèle de Griffey utilise un routeur portable TP-Link TL-MR3020 dont le prix est d’environ 40 $, les autres composants sont le lecteur flash dont le prix dépend de la capacité de stockage et éventuellement une batterie USB pour l’autonomie électrique.

Rêvons et imaginons-nous dans quelques années en Afrique, avec une généralisation croissante de l’utilisation des Smartphones et des liseuses électroniques, couplée aux possibilités offertes par cette boîte de diffusion numérique, d’avoir la formidable opportunité de servir la documentation à des publics se trouvant dans les zones où la connectivité Internet est défaillante voire inexistante. En lieu et place d’un bibliobus par exemple, le bibliothécaire se déplacerait avec une toute petite boîte pleine de trésors,  une bibliothèque ambulante et discrète aussi fournie qu’une bibliothèque numérique classique, mais sans les pesanteurs d’accès inhérents au protocole Internet et ses adresses physiques, qui continuent d’exclure un très grand nombre de l’accès aux connaissances.

N° 68 – Réseaux et contenus documentaires africains dans le Web 2

En d’autres temps ce titre aurait sûrement plus étonné, voire suscité une curiosité légitime avec sans doute, en toile de fond, la quasi certitude de voir derrière cette pareille réalisation, l’idée et l’assistance de mains plus expertes provenues d’autres cieux. La réalité actuelle est toujours imprégnée de cet accompagnement émanant de l’extérieur, permettant au monde documentaire africain de prendre en marche le train des réseaux numériques et ses wagons de contenus qu’empruntent depuis quelques années ceux des pays développés ou émergents. Une des caractéristiques essentielles de ces réseaux documentaires numériques est la mutualisation des ressources et plus particulièrement, la collectivisation des catalogues en ligne et autres bibliothèques numériques. Le fait « nouveau » est qu’il n’y a aucun débat à l’heure actuelle, dans nos chaumières associatives professionnelles qui ne fasse l’apologie du réseautage, de la mutualisation des ressources et des pratiques pour profiter des formidables opportunités qu’offre l’infrastructure électronique. Seulement force est de constater qu’entre les bonnes intentions, les fortes résolutions et l’application effective, s’étend le plus souvent une crevasse aussi large que profonde, que beaucoup de téméraires n’arrivent pas à franchir. Le principal argument bloquant est toujours celui des moyens financiers et matériels à mobiliser par nos Etats, mais qui ne sont pas prioritairement destinés aux univers documentaires africains (il faut le rappeler, hélas !). Mais cela doit-il pour autant plomber les initiatives et innovations sachant que les alternatives existent et qu’il suffit souvent d’un peu plus de volonté pour que des projets aboutissent, fonctionnent et se pérennisent ?

Mon coup de coeur, qui est à la base de cet article, me vient de la République Démocratique du Congo (ex Zaïre 🙂 pour les nostalgiques) où j’ai découvert un réseau de bibliothèques apparemment très bien organisé à tel point qu’il a pu mettre en ligne un catalogue collectif d’une douzaine de bibliothèques et centres de documentation membres du réseau. L’option logicielle utilisée par le réseau Mikanda est la solution Open source PMB qui a fait l’objet de billets dans ce blog. Ledit catalogue est accessible en ligne depuis ce lien.

Une autre initiative et réalisation louable est localisée dans le même pays. Le projet BibAfrica se veut être, selon son responsable Filip Kabeya, « une Bibliothèque Africaine pour tous et partout ». Son leitmotiv principal est de faire le marketing des bibliothèques africaines par l’élaboration d’un annuaire, la diffusion de leurs ressources et d’actualités les concernant entre autres.

Toujours dans la même zone géographique s’étend le Réseau documentaire international sur la région des grands lacs africains qui, il faut le souligner, a pu se faire avec le soutien financier de bailleurs extérieurs, au contraire peut-être des deux exemples cités supra. Ce réseau regroupe 06 pays avec une bibliothèque numérique de documents de provenance diverse. Toutefois ce projet semble être en léthargie au vu de la dernière mise à jour du contenu de la base de données qui date de 2007 et la présence de plusieurs liens morts sur le site Web. Néanmoins celui-ci est toujours accessible et si vous avez des difficultés à accéder à certaines de ses parties ou rubriques vous pouvez prendre cet autre chemin.

Le Sénégal dispose d’un portail national d’accès à l’information scientifique et technique, avec un moteur de recherche fédérée permettant de chercher sur des sources d’information nationales et internationales et d’accéder à des données bibliographiques et textuelles. Cette réalisation est le fruit du Projet SIST du gouvernement français. Le projet SIST Sénégal donne aussi accès à une plateforme fédérative de collections numériques universitaires utilisant la solution logicielle gratuite Greenstone. Celle-ci gagnerait sûrement a être étoffée pour prendre en compte toutes les autres bibliothèques numériques existantes et aussi disponibles sur BEEP (Bibliothèques électroniques en partenariat), le site fourni et maintenu par le pôle Documentation de l’IRD dans le but d’héberger des collections émanant d’institutions documentaires africaines.

La situation décrite dans ce billet est loin d’être exhaustive et de refléter la situation générale africaine en matière de réseautage et de diffusion de contenu documentaires dans le Web. Si on y avait ajouté les réalités de l’Afrique anglophone (avec les exemples de l’Afrique du sud, du Nigeria ou encore du Kenya) et du Maghreb, on verrait sûrement que beaucoup de choses se font dans ce cadre et que l’Afrique n’est pas à la périphérie du Web de documents, bien au contraire il en est acteur, même si c’est dans des proportions infimes par rapport aux continents plus développés. Elle aura certes toujours besoin de l’assistance des plus nantis qu’elle, mais son déplacement vers le centre du Web se fera aussi par une prise en charge autogérée et volontariste de la production et de la diffusion de ses contenus sur la toile.

Nous professionnels de l’infodoc africaine, qui sommes imprégnés et comprenons des concepts en vogue comme l’Open Access, maîtrisons de plus en plus les technologies libres disponibles, assistons à une amélioration sensible de l’infrastructure électronique et télécommunicationnelle dans nos pays, devons donc avoir cette volonté pour bâtir des réseaux documentaires fiables et viables où nous pourront échanger nos idées et pratiques, unir nos efforts et bâtir un patrimoine documentaire numérique qui viendra plus enrichir le Web de documents actuel et celui des données en gestation.

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N° 67 – Copyright et bibliothèques (suite) Réponse

Dans le billet précédent je faisais état de la disponibilité du cours en ligne « Droits d’auteur pour bibliothécaires » et essayais d’en faire une description, la plus claire possible, de ses modules. Dans la même veine, je viens partager la présentation que j’en ai aussi faite lors de la 3e Ecole CERN-UNESCO sur les bibliothèques numériques qui vient de se tenir à Dakar, du 21au 26 novembre 2011, où 7 pays africains étaient représentés. Etant donné  l’extrême importance de la gestion des droits numériques, il était pertinent pour les organisateurs, de vulgariser cette ressource dans le cadre de l’Ecole en question.

Voici ci-dessous la présentation

Pour ce qui est de l’évènement proprement dit qui a motivé cette présentation, il est la suite des deux ateliers tenus successivement à Kigali en 2009 et Rabat en 2010 et dont j’ai fait état, pour ce dernier, dans ce blog. Une occasion de plus donc, pour accompagner les projets de bibliothèques numériques africaines en gestation et surtout poursuivre la vulgarisation du logiciel Invenio sur le continent. Pour de plus amples informations sur cet atelier consulter le site qui lui est consacré.

N° 65 – Calibre : logiciel de gestion de collection d’e-books 3

Une bibliothèque sans murs en béton, complètement numérique, c’est simple à réaliser de nos jours pour peu qu’on connaisse les solutions logicielles existantes et surtout qu’on puisse les installer et maîtriser leurs fonctionnalités. Il en existe actuellement une belle brochette de perles qui font le bonheur de tous les passionnés en la matière comme moi, mais dont le déploiement (ou l’installation) peut-être un vrai casse-tête et un facteur anesthésiant toute entreprise en ce sens. Eh bien ! voici un autre joyau qui permet de créer une bibliothèque d’e-books.

CALIBRE, c’est son nom, est une solution Open source multilingue qui s’installe facilement sur une machine Windows, Mac ou Linux. Pour mon installation Windows elle s’est faite aisément et j’ai pu aussitôt prendre l’outil en main.

Calibre offre une multitude de fonctions pour gérer, trier, visionner une collection. On peut convertir les formats de fichiers par lots, éditer les métadonnées, récupérer des informations complètes via Internet, synchroniser sa bibliothèque avec les lecteur populaires (Sony PRS, Cybook Gen, Kindle, iPhone, etc).

Une fois l’installation terminée, la langue de travail choisie (parmi une dizaine), on obtient au démarrage une interface en trois colonnes que surplombe un espace de navigation horizontale avec des icônes d’administration de l’application, voir figure ci-dessous.

Page d’accueil d’une collection

Le menu horizontal qui comporte 13 icônes (dans la version 0.8.21 que j’ai installée) avec lesquelles on peut administrer l’outil. Ce menu permet de créer une bibliothèque, d’ajouter/supprimer des livres, de les convertir en format EPUB (par exemple), de les sauvegarder sur un disque, d’éditer et/ou enrichir les métadonnées (manuellement ou par téléchargement), etc..

La colonne de gauche permet de faire des recherches sur les auteurs, éditeurs, types de format, collections, mots-clés (tags), langues de publications et notes. Celle du milieu affiche les livres présents dans la collection avec tous les champs de métadonnées prévues (Titre, Auteurs, Date d’enregistrement, Taille, Note, Tags, Collection, Editeur,  Date d’édition). Enfin la colonne de droite affiche la couverture cliquable de l’e-book et donc permet sa lecture (ça marche avec du PDF aussi 🙂 )

La démo explicative (en anglais) est disponible à partir de ce lien. Après l’avoir visionné et si l’envie d’installer l’application devient une nécessité alors je conseille de la télécharger et d’avoir à portée de clic une bibliothèque électronique où on pourra stocker ses propres livres et les lire selon ses envies.

N° 60 – Invenio 2, Part two 3

Le temps est venu de reprendre mon activité normale de blogueur, (trop ?) laissé en suspens, absorbé que je suis par des activités non moins reluisantes et parmi lesquelles, la satisfaction de nouveaux challenges professionnels. Mais là n’est pas l’objet de ce post par lequel je veux seulement partager, les choses professionnellement vécues lors d’un récent séjour au pays de Guillaume Tell. En effet pendant trois semaines, sur invitation du CERN, l’occasion nous a été donnée, avec trois autres collègues africains, de parfaire notre connaissance du Logiciel Invenio, mais aussi de partager nos impressions et avis sur cet outil de création de bibliothèque numérique après que nous l’ayons découvert en novembre 2010 à Rabat et pratiqué ensuite dans nos structures respectives. Nul besoin de revenir sur la présentation de l’outil et ses performances remarquables comme je l’avais déjà d’ailleurs fait dans un billet antérieur (voir le 3eme hyperlien de ce texte), mais insister sur les améliorations en matière de développement qui sont entrain d’être faites par la géniale équipe des informaticiens du CERN et dont l’aboutissement est pour bientôt. Ce fut un bonheur d’être au coeur de ce travail en tant que collaborateur, avec notre vision de bibliothécaire pour les uns et de pur informaticien pour les autres, venant en plus d’un contexte africain forcément différent du berceau d’Invenio. Initialement développé pour le domaine de la physique et  plus spécialement celui des hautes énergies l’outil, d’une remarquable souplesse, s’adapte de plus en plus parfaitement à des secteurs qui sont aux antipodes des exigences de la Physique des particules, du moins dans sa composante Open Access (Dépôt institutionnel) et (Auto-archivage). D’aucuns diront peut-être que c’est un outil de plus qui vient rejoindre DSpace, Fedora, E-Prints voire Greenstone, ce qui est d’ailleurs vrai, mais adjoignez-y des modules purement bibliothéconomiques (catalogage MARC 21, exemplarisation des documents pour leur circulation, un OPAC personnalisable, etc.), ajoutez la possibilité de créer et gérer une base de documents multimedia, vous obtenez un véritable couteau Suisse (tiens, tiens) pour accomplir un maximum d’exigences et besoins documentaires.

Voici quelques captures d’écran tirées du catalogue du CERN (CDS), illustrant un tant soit peu tout cela.

OPAC avec Notices de livres abrégées

Notice détaillée

Notice en MARC 21

Gestion de Prêts

Notices de Vidéos

Comme autres exemples prouvant toutes les adaptations que l’on peut faire avec le logiciel, je peux citer INSPIRE la base de données de référence en Physique des hautes énergies et INFOSCIENCE élaborée par l’Ecole Polytechnique  Fédérale de Lausanne et son magnifique Rolex Learning Center qui abrite la Bibliothèque.

Pour terminer rappelons que le logiciel est téléchargeable gratuitement, il n’est déployable que sous Linux et que la 3e école sur les bibliothèques numériques organisée par le CERN et l’UNESCO et axée sur Invenio est prévue en Novembre 2011 à Dakar (après Kigali et Rabat).

Mon séjour Suisse m’a aussi permis de participer à l’atelier OAI7 « CERN Workshop on Innovations in Scholarly Communication » à l’Université de Genève, mais cela est une autre histoire… A suivre !

N° 57 – Découverte d’Invenio, système de gestion de bibliothèque numérique 8

Du 22 au 26 novembre 2010 j’ai participé à Rabat au Maroc, à la deuxième école sur les bibliothèques numériques organisée conjointement par le CERN et l’UNESCO et avec comme maître d’oeuvre le CNRST du Maroc. Lors de cet atelier, j’ai pu découvrir le logiciel de bibliothèque numérique Invenio développé et utilisé au CERN. Nous étions une trentaine de participants provenant de 05 pays africains : Bénin, Cameroun, Maroc, Sénégal et Tunisie.  Le format de ce cours alliait des exposés théoriques sur les concepts de bibliothèque numérique et d’Open Access, sur les langages Web et formats de métadonnées et des travaux pratiques sur Invenio, à savoir : son installation, son paramétrage et son utilisation.
Invenio est une suite logicielle gratuite qui permet de gérer sa propre bibliothèque numérique ou des documents référencés sur le web. La technologie offerte par le logiciel couvre tous les aspects de la gestion d’une bibliothèque numérique, de l’acquisition du document à sa diffusion en passant par à la classification, l’indexation et la conservation. Invenio est compatible  avec les standards tel que  le protocole de collecte de de métadonnées Open Archives Initiative  (OAI-PMH) et utilise MARC 21 comme format de base des données bibliographiques. La flexibilité et la performance de Invenio en font une solution complète pour la gestion de dépôts de documents de taille modérée ou grande (pouvant aller jusqu’à plusieurs millions d’enregistrements).

Invenio a été initialement développé au CERN pour être le serveur de documents de l’institution, avec la gestion de plus de 1.000.000 notices bibliographiques en Physique des hautes énergies depuis 2002, couvrant articles, livres, revues, photos, vidéos, etc.. Invenio est co-développé grâce une collaboration internationale comprenant des instituts comme le CERN, DESY, EPFL, FNAL, SLAC et est utilisé par une trentaine d’institutions scientifiques du monde entier (voir ici).

Il offre plusieurs fonctionnalités comme : la navigation par collections hiérarchisées ; un puissant moteur de recherche interne ; une flexibilité dans l’utilisation des métadonnées ; la personnalisation possible de l’interface utilisateur et plusieurs formats d’export.
Autant de possibilités offertes par beaucoup d’outils actuels, mais ce qui fait encore plus l’originalité d’Invenio est qu’il remplit les fonctions d’un SIGB classique (comme la gestion des emprunts, des statistiques, etc.) en sus de son option principale qu’est la gestion d’une bibliothèque numérique, voire au-delà, car il est fait aussi d’archive ouverte où l’auto-archivage par l’utilisateur est possible. Nous sommes bien en présence d’un SIGBN (Système intégré de gestion de bibliothèque numérique). Plus besoin avec cet outil d’avoir deux ou trois systèmes distincts, c’est-à-dire un SIGB pour les opérations bibliothéconomiques et documentaires classiques (par exemple, PMB ou Koha), un système de gestion de bibliothèque numérique (exemple, Greenstone) et un système de gestion dépôt institutionnel (exemple, DSpace)
Pour plus de détails voir la documentation en anglais en attendant une probable traduction en français.
Voici donc un autre outil qui vient enrichir la grande famille des systèmes de bibliothèque Open Source mais qui n’est cependant déployable que dans un environnement Linux.

Voici une démo pour découvrir l’outil et se familiariser avec son interface et ensuite si l’envie de le télécharger vous tente, alors foncez. 🙂

Pour les supports du cours de Rabat et les autres ressources associées, les obtenir ici.

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N° 56 – Nouvelles du Southern African Greenstone Support Network Réponse

J’aurais dû écrire cet article depuis quelques semaines déjà, car il vient rapporter les actes d’une réunion tenue à la fin de juillet de cette année. En effet du 26 au 28 juillet j’étais au Kenya, à Nairobi plus précisément (mais pas pour un safari :-)). Il s’agissait d’une réunion d’évaluation de la deuxième phase 2009-2010 (finissant ce mois d’Août) du projet SAGSN initialement créé pour promouvoir l’utilisation du Logiciel libre Greenstone en Afrique, avec comme méthodologie, l’implantation de centres nationaux dans les pays concernés. J’ai partagé ces quelques jours avec des collègues du Kenya, Lesotho, Malawi, Nigeria, Tanzanie, Zimbabwe et le coordonnateur du projet. L’ordre du jour se résumait à une présentation de la situation dans les différents centres existant et les perspectives à imaginer pour pérenniser le réseau d’autant plus que la phase 2 est arrivée à terme. Je vous fais l’économie de la présentation des différents centres nationaux, dont il était surtout demandé de faire un état des lieux de l’utilisation de Greenstone dans leur pays : nombre de bibliothèques numériques créées, mode de diffusion des ces collections (en ligne et/ou sur support physique : CD-ROM, DVD), problèmes et autres particularités, etc.. Mon sentiment est que dans l’ensemble, la majorité des centres tournent à plein régime et la problématique de la création de contenus numériques africains est bien compris et pris en compte au sein du réseau.

Mais le point le plus important de cette réunion a été sans nul doute la partie liée à la réflexion sur l’évolution et la pérennisation de notre action. L’apport d’un consultant, très au fait des questions de durabilité de projet, nous a été bénéfique à cette phase de réflexion. Son aide a été plus qu’appréciable au stade de redéfinition de la vision, des objectifs et des missions du réseau. En effet celui-ci initialement confiné à la sous-région Afrique australe s’est étendu à l’Afrique de l’Est (Kenya) et de l’Ouest (Nigeria et Sénégal), il fallait donc revoir le nom du réseau pour prendre en compte cette nouvelle donne géographique et même anticiper sur des extensions possibles et souhaitables vers d’autres parties du continent. L’autre donnée prise en compte dans cette question liée au nom est relative au logiciel Greenstone qui était la pierre angulaire de l’édification du réseau. En effet il est apparu au cours de nos discussions que d’autres systèmes étaient utilisés en Afrique pour la création ou la mise en oeuvre de collections numériques, par exemple DSpace pour les dépôts institutionnels. La conclusion concernant cette question est d’aller au-delà de la promotion du logiciel Greenstone est de sous-entendre dans notre action, la promotion de tout outil pouvant favoriser la création de bibliothèque numérique. En pensant cela nous faisons de notre pierre angulaire, non plus un logiciel à promouvoir, mais bien le concept de « Bibliothèque numérique » ce qui est plus en adéquation avec la nouvelle définition de nos vision, objectifs et missions qui se résument à favoriser la création de contenus numériques en Afrique et à les vulgariser. Cette nouvelle orientation nous permettra de créer des ponts avec les différentes initiatives existantes pour à la fin réaliser un maillage à l’échelle continentale. C’est une voie importante, voire indispensable pour résorber le gap numérique dans sa dimension production de contenus. Après avoir redéfini nos perspectives d’action visant donc à la durabilité de notre existence en tant que réseau, il faut penser au financement de tout cela. Il a été ainsi convenu de cogiter sur un plan stratégique triennal qui prendra en compte toutes les résolutions prises au cours de cette réunion, avec le choix définitif d’une nouvelle dénomination, la définition d’un statut plus légal, etc. et de le soumettre à notre bailleur de fonds traditionnel qu’est eIFL via son programme eIFL-FOSS, sans exclure la possibilité d’intéresser d’autres bailleurs potentiels.

Sur un plan plus personnel, j’étais très heureux de découvrir le Kenya même s’il a fallu traverser l’Afrique d’Ouest en Est. Félicitations et chapeau au comité local d’organisation logé à la (très belle) bibliothèque de l’Université de Nairobi, pour nous avoir mis dans d’excellentes conditions de séjour et de travail. Les mêmes compliments à tous les collègues rencontrés et (enfin) connus là-bas qui ont un haut degré de professionnalisme et de conscience dans leur mission pour l’Afrique en participant à ce réseau très opérationnel. J’ai apprécié l’esprit de franche camaraderie, de collaboration, de solidarité et de partage qui a prévalu lors de notre rencontre, autant de choses qui me confortent dans l’idée que les africains peuvent et doivent oeuvrer ensemble pour accomplir notre idéal commun de développement, qui passe aussi par l’échange de connaissances et d’expériences par le biais des bibliothèques numériques.

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N° 51 – Quelques bibliothèques numériques sénégalaises Réponse

Depuis plusieurs années est posé le problème de la présence de contenus africains sur le Web. En effet, le constat a été  fait depuis que la toile a fini d’étendre ses ramifications à l’ensemble du globe terrestre, que le berceau de l’humanité est resté le parent pauvre de la production numérique. Et pourtant que de choses à dire, que d’expériences à faire partager, que de préjugés à revoir pour affirmer que cette Afrique n’est pas irrémédiablement exclue du monde de la publication électronique. Le but de ce billet d’exposer quelques réalisations, des bibliothèques numériques visibles et produites dans un petit espace territorial, le plus occidental de cette partie du monde dénommé Sénégal.

  • Collection de la BUCAD : bibliothèque numérique des travaux académiques de l’Université Cheikh Anta Diop Dakar créée et mise à jour par sa bibliothèque centrale
  • Collection de l’EISMV : bibliothèque numérique de l’Ecole Inter-Etats des Sciences et Médecine vétérinaire de Dakar, qui recense les travaux académiques de type thèse ou mémoire soutenus au niveau de cette Ecole démembrement de l’Université Cheikh Anta Diop.
  • Collection de l’IOS : bibliothèque numérique de l’Institut d’Odontolo-Stomatologie de l’Université Cheikh Anta Diop.
  • Collection de l’ISRA : bibliothèque numérique de l’Institut Sénégalais de Recherches Agricoles qui présente les publications de ses chercheurs
  • Collection de l’UGB : bibliothèque numérique des travaux académiques de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis créée et mise à jour par sa bibliothèque centrale
  • Collection du PTCI : bibliothèque numérique qui donne accès mémoires de D.E.A. du Programme de troisième cycle interuniversitaire d’Economie de Dakar.  Ce Programme (PTCI) en Economie est une initiative de la Conférence des Institutions d’Enseignement et de Recherche Economiques et de Gestion en Afrique (CIEREA), Organisation Non Gouvernementale internationale basée à Ouagadougou (Burkina Faso). Ce Programme concerne les Facultés, les Centres de recherches et les Instituts en Sciences Economiques et de Gestion de dix-huit pays francophone au Sud du Sahara. Plus d’informations.

Ces quelques bibliothèques numériques, qui il est vrai sont pour la plupart à l’état « juvénile », sont des sources inestimables d’information pour les communautés d’étudiants et de chercheurs sénégalais, voire au-delà. L’usage des logiciels libres pour les construire, en l’occurrence Greenstone et DSpace, est la preuve que la barrière financière est évitable pour peu qu’on ait la volonté d’agir. Il est vrai que les coûts de réalisation ne sont pas tout à fait nuls, en attestent la formation à effectuer en direction des acteurs et l’hébergement des collections sur des serveurs Web. Autant de choses qui entrent dans les cordes de nos structures, ou à défaut, activer des leviers de partenariat comme c’est le cas avec le concours décisif du Projet SIST,  mais aussi d’eIFL, de l’IRD et du COBESS, qui permettent aujourd’hui  d’accéder à ces collections.

Enfin la plupart de ces ressources son accessibles à partir du portail national de l’information scientifique et technique qui propose en sus, des données bibliographiques des structures universitaires et de recherche nationales et internationales.

Le train est en marche en attendant l’attelage d’autres wagons.

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