N° 76 – ICADLA3 : baisse de rideau Réponse

BHL Session

BHL Session

 Nous voilà arrivés au terme de deux jours de  cogitations sur les bibliothèques et archives numériques en Afrique. Deux jours intensifs d’échanges qui ont vu se succéder des panélistes aux expériences diverses, aux parcours et réalisations professionnelles différentes, mais qui ont tous contribué à la richesse des débats et la floraison des idées nécessaires à l’épanouissement des dispositifs d’accès aux contenus déjà fonctionnels. Parmi ce florilège de discours et présentations, j’ai retenu plus particulièrement ceux tenus par les représentants de la Biodiversity Heritage Library (BHL) et de la Bibliothèque nationale du royaume du Maroc.

Ils n’étaient pas moins de 06 représentants de la BHL à se succéder pour présenter cette œuvre ambitieuse de catalogage et diffusion en ligne de la faune et flore constitutive de notre bonne vielle planète terre. Ce consortium de bibliothèques d’histoire naturelle et de botanique, qui depuis 2005 coopèrent pour numériser le patrimoine littéraire sur la biodiversité présente dans leurs collections, a réussi cette ambition en partenariat avec l’Internet Archive. La documentation ainsi produite est disponible en accès libre. Ces 06 représentations de BHL en sont autant de déclinaisons géographiques, nativement et historiquement située à la fois aux USA (08 institutions) et en grande Bretagne (02 institutions) qui en sont les fondateurs, et actuellement présente en Chine, au Brésil, en Australie et en Afrique tout dernièrement depuis avril 2013. Il a été tout à fait intéressant de découvrir les différents portails créés au niveau de ces différentes réalités géographiques et donnant accès à la connaissance des diverses formes connues du vivant sur terre. A côté de celles-ci figure l’Encyclopedia of life dont la BHL constitue la pierre angulaire. Du point de vue technologique j’ai été principalement intéressé par l’outil de gestion de collection de métadonnées MACAW développé et utilisé par les bibliothèques du Simthonian Institution de Washington.

J’ai tout autant apprécié l’intervention éloquente et passionnée du directeur de la Bibliothèque nationale du royaume du Maroc, qui avec verve a exposé sur les réalisations et progrès accomplis par sa structure en terme de numérisation du fonds patrimonial national et de sa mise en ligne, mais aussi ceux accomplis dans l’acquisition de compétences en restauration de manuscrits, qui fait que ce pays dispose maintenant de professionnels aguerris en la matière, permettant ainsi au Maroc de pouvoir préserver ses manuscrits, voire proposer son assistance à toute autre nation qui en exprimerait le besoin en Afrique noire par exemple.

Concernant les sessions parallèles qui étaient au nombre de trois, je ne peux écrire que sur la session qui m’a concerné (désolé, défaut de don d’ubiquité 🙂 ), session qui concernait les expériences institutionnelles, où nous étions quatre « mousquetaires » à vouloir épater, à tour de rôle, l’auditoire par nos différentes réalisations en terme de mise à disposition de contenus numériques en ligne. Voire à ce propos mes slides en fin d’article.

Enfin je finis par les « breakout sessions » qui étaient aussi au nombre de trois et dont le but était de réfléchir sur le présent et le futur d’ICADLA qui en est à sa 4ème année d’existence. L’exercice de réflexion sur les possibles orientations futures de l’organisation et surtout la pérennisation de son action, a produit des éléments dont la prise en compte pourrait aider à accomplir bien des vœux.

Une chose est cependant sûre, pour qu’ICADLA se pérennise il faut que la mise en ligne de contenus africains aille grandissant et qu’il y ait à chaque fois beaucoup de pratiques et réalisations à partager et que cela vienne de toutes les régions géographiques du continent, sans limite linguistique aussi bien du point de vue des participants que des portails et contenus présentés. Personnellement, j’aurai bien aimé rencontrer des participants lusophones, hispanophones,… découvrir des bibliothèques numériques en Swahili, Amharique, Xhosa, Wolof, etc. à l’exemple du projet ASK-DL de l’Université de Harvard. Celles qui existent n’ont pas la visibilité souhaitée parce que n’ayant pas d’espace de vulgarisation pour se faire connaître. Ce qu’ICADLA pourrait bien être et devrait être : rendre réelle une diversité culturelle africaine…numérique, passage obligé aussi pour une résorption graduelle du fossé numérique.

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N° 75 – Des bibliothèques numériques en Afrique Réponse

alakhaywaynLa 3ème Conférence sur les bibliothèques numériques et archives africaines ICADLA3 se tient cette année au Maroc, plus précisément dans les locaux de la magnifique Université Al Akhawayn. Dans l’Atlas marocain où est située la ville d’Ifrane qui abrite cette université, des praticiens, et autres spécialistes de la production et de la misE en ligne de contenus numériques sont appelés à échanger leurs idées, leurs réalisations, leurs visions de ce que devrait être l’avenir des dispositifs d’accès à la documentation numérique en Afrique. Tel est résumé le credo d’ICADLA, qui avec ce cadre de réflexion et d’échanges intra-africain, vient quelque part combler un vide immense en la matière, c’est-à-dire une absence de contacts réguliers qui n’est pas pour favoriser les développements de projets africains, perpétuant ainsi l’enlisement du continent noir à la périphérie des « normalités » numériques depuis longtemps éprouvées dans les autres continents. Je suis donc ici pour partager une expérience institutionnelle, mais aussi rencontrer des acteurs avérés, provenant des différentes régions géographiques d’Afrique et d’autre parties du monde, un total de 26 pays représentés dont 16 africains. En attendant d’exposer ultérieurement les détails des activités de la conférence, je partage les motivations qui m’ont poussé à proposer une communication dans ce cadre et qui sont exposées dans le résumé que voici :

Il est maintenant établi que la mise à disposition et l’accès à des contenus numériques sont une réalité palpable de nos jours, à tel point qu’il paraît exceptionnel d’être en dehors de ce mouvement embrassant toutes les zones géographiques de la planète. L’Afrique, pour une fois, n’échappe pas à cela tant les exemples de bibliothèques numériques y « foisonnent » même s’il y a beaucoup à redire sur la fonctionnalité et la pérennité de certains dispositifs. Car construire une bibliothèque numérique est une chose, la maintenir et la rendre disponible en ligne en est une toute autre. Dans un contexte de pauvreté économique où les priorités semblent être ailleurs, il est tout à fait facile de comprendre de pareils dysfonctionnements qui cependant, n’enlèvent en rien le mérite des acteurs africains qui se sont lancés dans ces entreprises dantesques, souvent avec le soutien de partenaires de pays plus nantis. Cette coopération se matérialise à plusieurs niveaux : assistance technique à la numérisation, formation à la maîtrise logicielle, hébergement des collections, etc. A cela s’ajoute une disponibilité de logiciels libres qui n’attendent que d’être découverts et maîtrisés pour mettre en place ces bibliothèques numériques. Mon propos au travers de cette communication est de partager l’expérience de la bibliothèque de l’Institut africain de développement économique et de planification des Nations Unies (IDEP) avec l’utilisation du logiciel Invenio développé par l’organisation européenne de recherche nucléaire (CERN) et initialement dédié au domaine hautement scientifique de la physique des particules. Exponentiellement pourvoyeuse de documents issus de la recherche, ce domaine particulier de la physique, le CERN en est l’organisation la plus en vue au niveau mondial, a eu besoin d’un outil capable de rassembler, décrire, cataloguer, présenter et diffuser en ligne une documentation multiforme. Devant le succès du logiciel, un désir de le vulgariser a pris forme et avec comme principale cible l’Afrique où le besoin en la matière se fait le plus sentir. Avec l’appui financier de l’UNESCO, le CERN a organisé depuis 2009 une série d’ateliers de formation sur les bibliothèques numériques avec un focus sur la découverte, l’installation et la mise en route d’Invenio. Notre bibliothèque à la suite d’une de ces écoles organisée en novembre 2011 à Dakar, a décidé d’adopter le logiciel en tant que système intégré de gestion de bibliothèque (SIGB), donnant en même temps accès à sa documentation numérique. C’est cette expérience de déploiement que nous avons décidé de partager, en partant de toutes les procédures mises en œuvre pour rendre l’application fonctionnelle et en insistant sur fonctionnalités disponibles et que nous avons adaptées à notre propre environnement. Dans sa conception Invenio prend en compte et propose un certain nombre de choses, parmi lesquelles on peut citer pêle-mêle : l’utilisation du MARC 21, les formats d’exports de métadonnées du Dublin Core, BibTex, Endnote, etc., des fonctions d’OPAC social ou Web 2.0. entre autres. L’autre intérêt qui motive cet article est de partager nos réflexions sur un projet de création d’une bibliothèque numérique collective entre toutes les institutions africaines ayant bénéficié des formations du CERN, avec pour but à la longue de lui donner une dimension continentale.

Exposer de vive voix les détails suggérés dans ce résumé à été facilité par ma sponsorisation émanant du Goethe Institut de Johannesburg. Ce rappel est un exercice de gratitude auquel je devais me soumettre tout en appréciant à sa juste valeur ce geste, d’une institution qui, depuis quelques années déjà, soutient les échange et reseautage professionnels dans le domaine des sciences de l’information et des bibliothèques en Afrique.