N° 86 – BiblYonthéconomie 2014 : dans le vif du sujet Réponse

Ce dimanche 17 aIMG_2148[1]out est marqué par le départ réel du semi-marathon qu’est le congrès de l’IFLA, non pas que je veuille sous-estimer les rencontres formelles et restreintes qui ont marqué le jour d’avant (réunions des comités permanents de section notamment), mais parce que la séance officielle d’ouverture a eu lieu ce « jour du soleil » pour reprendre le terme anglophone qui désigne le dimanche. Une grand-messe laïque dont la leçon inaugurale offerte à nous par le philosophe français Bernard Stiegler fut tout simplement sublime. Traitant du « Futur de la lecture et des bibliothèques à  l’heure du World Wide Web », la profondeur de son analyse, la hauteur de son discours et la largeur des illustrations utilisées ont parfaitement épousé les contours tridimensionnels de la communication déjà perceptibles dans les trois idées motrices de l’intitulé (Lecture-Bibliothèques-Web). Je ne prétends pas d’essayer de résumer la totalité de son intervention, mais seulement partager une toute petite chose que j’ai retenue de son argumentaire et ayant trait à une nécessaire transformation du Web actuel en un Web herméneutique où des annotations seront possibles et se feront par les bibliothèques, comme elles les permettent déjà dans le monde analogique. Un Web ou sera de mise la lecture hybride, le partage des notes de lecture via un protocole de réseau social. Je passe sur les jeux de mots subtils qui ont aussi participé à me le rendre captivant dont voici quelques morceaux choisis : l’allusion faite aux frères Lumière (cinéma) en invoquant les « Lumières numériques » qui sont attendues par les créateurs et militants du Web ; le bal des « nombres » comme des « ombres » dans le sérail informatique, etc. Ajoutons-y les concepts de haute portée philosophique que sont la « néguentropie » ou la « transindividuation« , le tout mariné à la sauce bibliothéconomique, produisant ainsi un cocktail de saveurs intellectuelles dont on se délecta assurément.

Malheureusement, j’ai dû quitter avant terme le grand amphithéâtre, théâtre de ce show de la Pensée pour déférer à ma tâche de traducteur pour l’IFLA Express, le journal multilingue du congrès. Ensuite cap sur la réunion 1 du comité permanent de la section « Afrique » marquée par une assistance record, preuve que la cause bibliothéconomique semble prise encore plus au sérieux au niveau du continent africain. J’ose espérer que cela n’est pas un épiphénomène, sinon ce serait vraiment désolant à une année du congrès prévu au Cap en Afrique du sud, congrès qui devra être l’occasion de consolider le sentiment d’enthousiasme général que j’ai remarqué et que je n’avais jamais vu en 5 participations.

La journée s’est achevée par ma visite de l’exposition-explication du projet Ideas-Box lancé par « Bibliothèques sans frontières » en faveur des populations réfugiées du Burundi (première phase). Une géniale initiative qui permet à des populations complètement déconnectées des sources de connaissance de pouvoir accéder a cette dernière par un procédé de « bibliothèque portable », composée de livres imprimés, électroniques, de matériel ludique et didactique et d’appareils connectables  à Internet. Un surplus d’informations peut être obtenu sur le site du projet.

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Le Lundi fut d’un réveil très matinal pour aller participer à la réunion du Groupe d’intérêt particulier ATINA/RAIA (Access To Information Network in Arica / Réseau d’Accès à l’information en Afrique) parrainé par la Section « Afrique ». Là aussi un enthousiasme réel s’est manifesté vu le nombre de participants et les engagements pris par la majorité des collègues pour assurer la durabilité et pérennité de ce groupe qui connait une relative léthargie depuis la retraite de son initiateur et animateur en 2012. L’organisateur de la réunion, à ce moment du congrès, a certainement été bien inspiré parce qu’elle coïncidait avec la Déclaration de Lyon sur l’accès à l’information et au développement qui se faisait officiellement lors de la deuxième séance plénière du congrès. L’opportunité de cette déclaration a été saisie pour penser à repositionner le Groupe d’intérêt et lui faire jouer un rôle encore plus palpable et plus visible dans ce vaste projet relatif à l’accès à l’information pour le développement.

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La suite fut marquée par un saut dans le bain de la session 86 organisée par la section « Catalogage » en collaboration avec le « Programme stratégique sur la Bibliographie, la Classification & Indexation et UNIMARC ». Un plongeon dans le bassin de mes premières et toujours amours professionnelles à savoir le Catalogage et la Description bibliographique. Une session constituée de sept (7) présentations de très haute facture sur les développements récents en la matière. Il a été ainsi question de modélisation (FRBR, FRAD), de Web sémantique, de données liées (Linked Data), de contrôle bibliographique universel (CBU), d’ontologies, etc., un certain nombre de notions constitutifs d’une prochaine communication que je devrai présenter, mais cela est une autre histoire… à raconter peut-être .

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