N° 90 – De la bibliothéconomie à la « Webibliothéconomie » : évolution ou révolution professionnelle ? 2

Voilà une question à poser à tous les « vieux » professionnels des bibliothèques qui ont passé en moyenne ou plus d’un quart de siècle à arpenter et arranger les rayonnages et autres espaces de conservation qui caractérisent la bibliothèque classique. Ces preux chevaliers d’un « moyen-âge » professionnel qui ont fait vivre les fichiers manuels qui décrivaient et donnaient accès aux trésors cachés dans les méandres rectilignes des magasins de conservation. Ceux-là qui ont donné à la Bibliothéconomie ses lettres de noblesse en la pratiquant aux seules force de leurs mains et de leur esprit, tout en satisfaisant tant bien que mal, et ce depuis l’Antiquité de Callimaque de Cyrène, des générations d’utilisateurs en quête d’informations, de connaissances mais aussi de loisirs pour l’esprit. Ils se sont appliqués la définition de la bibliothéconomie, telle qu’apprise à l’école du métier, et déclinée en ces termes : « Discipline groupant l’ensemble des connaissances et des techniques qu’exige la gestion d’une bibliothèque » (Ortolang : portail lexical /du CNRTL) et dont les bases ont été jetées dès 1627 par Gabriel Naudé et son « Advis pour dresser une bibliothèque« . Cette définition traverse l’histoire et s’applique partout où l’on trouve des collections organisées de livres sous toutes leurs formes. C’est donc un ensemble de pratiques, d’attitudes, mais aussi de réflexions théoriques qui ont fini de rendre la discipline bibliothéconomique digeste scientifiquement s’entend, à tel point qu’elle s’adapte naturellement aux mutations du monde, notamment technologiques. L’ordinateur sera passé par là, modifiant les compétences des bibliothécaires et leur rapport aux documents qu’ils gèrent et aux utilisateurs qu’ils servent. Ce passage à une bibliothéconomie technologique est devenu tellement banal pour les « jeunes » bibliothécaires qu’il leur est sans doute difficile de mesurer le cap franchi dans la praxis bibliothéconomique dont la figure principale est ce que j’appelle la « Webibliothéconomie ».

Catalogue manuel/Gabon.Bibliothèque nationale

Catalogue manuel/Gabon.Bibliothèque nationale

Qu’entends-je par-là ?

Une Bibliothéconomie adaptée, intégrée, appliquée au Web ou plus simplement utilisant et s’appropriant les usages et technologies du Web. Le Web est une émanation de l’informatique proprement dite qui est, elle, présente depuis assez longtemps dans les bibliothèques où on parlait déjà dans les années soixante  de l’informatique documentaire axée principalement sur la recherche de documents et évoluant au fil des ans vers leur gestion, leur organisation, leur production et leur diffusion.  Cette dernière tâche a été rendue optimale avec l’utilisation du Web, génialement inventé au début des années 90 dans un bureau situé sous la bibliothèque du CERN à Genève (lieu ne pouvait être mieux choisi). Du génie dans le Web c’est une lapalissade que de l’affirmer, ne serait-ce qu’en faisant référence à son déterminant essentiel qu’est l’HYPERTEXTE qui, bien que caractérisée par de la volatilité et de l’immatérialité, est pourvoyeur de spontanéité et de malléabilité dans la préhension des documents. Une aubaine qu’a saisie la bibliothéconomie pour se transformer en discipline plus attractive élargissant ses champs du possible et les frontières de sa réalité. Il y a donc une bibliothéconomie d’avant le Web, une avec le Web que nous vivons et peut-être en existera-t-il une autre « post-Web » mais nous n’en sommes pas encore là.

Ordinateur de création du Web

Ordinateur de création du Web

En quoi consiste ma vision de la Webibliothéconomie ?

L’exercice est plus simple à faire quand on compare les fondamentaux de la bibliothéconomie tels qu’appliqués SANS et AVEC le Web.

Une bibliothèque c’est avant tout des documents qu’il faut acquérir après les avoir repérés. Avant le Web, il fallait consulter des répertoires, des catalogues d’éditeurs imprimés et établir ses listes de commandes, ensuite les envoyer par courrier postal au fournisseur pour recevoir en retour et par le même canal une facture pro-forma indiquant les coûts des documents. Avec le Web le repérage se fait en consultant des sites Web d’éditeurs ou de fournisseurs qui proposent des formulaires de commandes au format feuille de calcul où on peut soi-même composer sa commande, avoir au fur et à mesure les coûts d’acquisition en temps réel et enfin passer commande par un simple clic.

Après acquisition et livraison de la commande vient l’étape du traitement matériel et intellectuel. S’il y a encore un bunker de l’activité bibliothéconomique non encore colonisé par le Web, c’est bien celui du traitement matériel ou équipement physique des documents. Il n’en est pas de même pour la description bibliographique, le bulletinage des périodiques et l’indexation qui ont fini de voir jetées aux oubliettes toutes les manifestations du traitement documentaire manuel (fiches en bristol dactylographiées avec ou sans vedettes et cotes, bordereaux de saisie manuelle des premiers logiciels documentaires, fiches Kardex, etc.). Avec le Web, les logiciels documentaires entretemps ayant évolué en SIGB, sont devenus des applications accessibles via les navigateurs. Le catalogage se fait désormais en ligne, il peut être partagé et génère des catalogues en ligne consultables à distance (OPAC), où la magie de l’hypertexte permet des parcours de recherches fluides et extensibles grâce aux liens existant entre les documents qu’ils soient du même catalogue ou de catalogues différents. Des catalogues qu’on peut fédérer à l’échelle d’un pays (Sudoc) ou à l’échelle d’une planète (Worldcat) permettant même par la même occasion l’automatisation des dispositifs d’échange de documents entre structures documentaires, exemple du prêt entre bibliothèques. Des catalogues où les notices peuvent s’enrichir de la version intégrale des documents qu’ils décrivent générant des bibliothèques numériques. Le document devenant téléchargeable et consultable à distance, annihile ainsi des barrières physiques qui ont sans doute causé plein de frustrations à des générations d’usagers des bibliothèques.  Des bibliothèques numériques qui donnent naissance au concept de l’accès libre accroissant notablement le taux de démocratisation du savoir. L’échange de données érigé en vœu pieux aux balbutiements de l’informatique documentaire avec les formats MARC, devient une réalité « palpable » avec des protocoles automatisés qui instaurent un système de vases communicants ou les bibliothèques deviennent en même temps fournisseurs et moissonneurs de données. L’exemple achevé est le protocole OAI-PMH dont l’épine dorsale est sans nul doute le protocole HTTP pour le transfert de l’hypertexte (niveau technique), auquel il faut associer deux autres standards du Web que sont le XML (niveau syntaxique) et le DUBLIN CORE (niveau sémantique). Cet échange de données préfigure l’évolution du Web de documents vers un Web de données (Web sémantique) où ces dernières sont liées entre elles. Une liaison rendant possible la confluence entre bibliothèques et autres disciplines proches dont la matérialisation serait l’intégration des notices bibliographiques avec celles produites par  ces autres disciplines qui créent également des métadonnées sur le Web. Une évolution du web qui impacte aussi la bibliothéconomie classique qui se met en conformité avec cette donne nouvelle en adoptant de nouvelles règles de catalogage (RDA) adaptées au numérique et cela après avoir anticipé par la modélisation conceptuelle dès le début des années 90 (FRBR)

Avec le Web est apparue une nouvelle manière de gérer les usagers et de leur rendre service. Les services de référence virtuels ont fini de prendre leur marque, venant compléter l’offre présentielle faite à ce niveau, avec en plus la possibilité de constituer au fur et à mesure des bases de connaissances (pouvant être collaboratives) alimentées par les réponses fournies aux requêtes adressées et interrogeables via le site Web de la bibliothèque. Vitrine de la bibliothèque, le site Web ou portail documentaire est l’outil de marketing par excellence que les bibliothécaires ont su adapter avec brio pour interagir avec des usagers anonymes ou inscrits à la bibliothèque. Mieux que ne le ferait une brochure classique, un guide de l’utilisateur, un avis placardé sur le tableau d’affichage de la bibliothèque, etc., cet outil Web permet d’atteindre des cibles insoupçonnées. On peut y partager tout un ensemble de services qui concourent à l’animation de la bibliothèque : formation des utilisateurs avec des tutoriels mis à disposition via des applications Web (YouTube, Vimeo,…), actualités de la bibliothèque (fil Twitter), promotion d’évènements (Facebook), liste de nouvelles acquisitions avec vignettes des couvertures des documents (Pinterest), espaces de blog interactifs (biblioblog), etc.. Plusieurs de ces services font référence au Web 2.0 et à la Bibliothèque 2.0 dont il en est l’adaptation au niveau des bibliothèques, un glissement subtil vers cette réalité professionnelle qui est aussi une composante de la Webibliothéconomie.

Alors évolution ou révolution ?

Cela dépend des aptitudes du professionnel selon qu’il soit de la génération dite des « Digital natives » ou celle des « Digital immigrants », car tout dépend de son rapport à l’outil informatique qui véhicule le Web. S’il en est un utilisateur averti et habituel, le passage à la Webibliothéconomie n’aura rien de « dérangeant », vu qu’il s’adaptera naturellement à une nouvelle manière de faire son travail. Une évolution en douceur qui ne serait pas forcément le cas d’un « ancien » de la profession qui tiendrait à ses fondamentaux professionnels teintés d’un certain immobilisme et qui éviterait les manifestations de l’évolution technologique même si celle qui nous concerne est marquée de l’irréversibilité.

“Souvent une évolution est une révolution sans en avoir l’R.” (Pierre-Henri Cami).

 

N° 87 – Waterbear : un SIGB libre dans le Cloud 2

logoCe logiciel est sûrement fait pour tous les gestionnaires ou responsables de bibliothèque ou centre documentation souhaitant  l’informatiser mais ne disposant pas des ressources aussi bien financières que matérielles (équipements informatiques) pour y parvenir. Il est vrai que depuis une dizaine d’années les Systèmes Intégrés de Gestion de Bibliothèque (SIGB) libres ont fini de s’imposer et d’être accessibles pour le plus grand bonheur des actifs de la profession, mais certains en sont encore à la gestion analogique de leur fonds documentaire, nonobstant la possibilité offerte à eux d’investir dans le Libre. En effet il n’est pas toujours donné à tout le monde de disposer d’un serveur et de le mettre en ligne avec toutes les exigences de gestion requises notamment en ce qui concerne la maintenance, la sécurité de l’application et des données, entre autres.

Waterbear vient à la rescousse en se posant comme alternative notable qui peut faire le bonheur de n’importe quel bibliothécaire et documentaliste disposant un appareil informatique (PC, Tablette, Laptop,…) connecté à Internet. Un investissement minimum à la portée de toute structure quelle que soit sa taille et son portefeuille budgétaire.

Le principe est tout simple : le logiciel qui remplit suffisamment les fonctions d’un SIGB classique est totalement libre, gratuit et…accessible en ligne. Cela veut dire qu’il suffit d’un ordinateur connecté au Web pour s’inscrire et disposer en quelques minutes d’un logiciel de bibliothèque proposant toutes les fonctionnalités dont on a besoin : catalogage, prêt, retours, réservations, import/export unimarc, gestion des revues (périodiques), acquisitions, statistiques, etc.. Selon moi cela constitue une autre évolution, en termes de valeur ajoutée, des logiciels libres et gratuits de bibliothèque. Il n’y a rien à télécharger, rien à installer… tout se passe en ligne. Il n’y a pas non plus besoin de gérer des sauvegardes et des mises à jour.

Au premier contact on peut être pessimiste à la lecture de toutes ces affirmations, mais une fois franchi le seuil de l’inscription, étape préalable et facile à gérer, on mesure à sa juste valeur tout ce que promet le logiciel en terme de simplicité dans la pratique des opérations bibliothéconomiques courantes (catalogage, gestion des prêts, acquisitions, etc.). Par exemple pour le catalogage, il se fait en UNIMARC avec des masques de saisie libellés et combinant les numéros de zones et leur équivalent dans le langage humain, pas besoin donc de maîtriser à priori la nomenclature chiffrée d’UNIMARC qui s’acquièrera forcément au fur et à mesure que le catalogage se fera (très pratique pour apprendre et se familiariser avec le MARC universel).

catalogage

Cerise sur ce gâteau documentaire : la possibilité offerte gratuitement d’avoir un OPAC (interface utilisateur) pour sa bibliothèque créée avec Waterbear.

Imaginons quels avantages peuvent en tirer toutes les bibliothèques pauvres en ressources comme il y en a en nombre sous nos tropiques. Elles peuvent adopter l’outil pour gérer et rendre visibles leurs ressources documentaires. Même si la conception du logiciel s’inspire de l’environnement de la France, il est parfaitement adaptable au contexte sénégalais, voire africain. La preuve j’y ai créé ma propre bibliothèque (virtuelle 🙂 ) en guise de test et dans l’optique d’en partager les subtilités par ce canal-ci et une présentation à venir avec pas mal de printscreens.En attendant il est possible d’en savoir un peu plus sur Waterbear grâce à la documentation sous forme de vidéos explicatives.

Alors, pour tous ceux que ça intéresse, tous ceux qui sont déçus par l’anonymat de leur œuvre professionnelle au quotidien, ceux qui sont angoissés par les processus d’installation des SIGB classiques, etc., découvrez Waterbear et forgez-vous un une armure de « bibliothécaire-documentaliste dans les nuages » qui fait pleuvoir un peu plus de connaissances sur Terre surtout d’Afrique.

N° 63 – Caraïbibliothéconomies : Puerto Rico II Réponse

Comme je l’ai dit dans mon billet précédent, je me suis intéressé à la session organisée par le groupe d’intérêt particulier ATINA le 16 août 2011. Le titre en était : Accès à l’information : parallèles entre l’Afrique et les Antilles. Elle était entre autres consacrée à l’accès à l’information gouvernementale en Afrique et dans les Caraïbes/Antilles, les communications faites ont démontré de grandes similitudes entre les deux aires géographiques. Nous avons aussi eu droit à une présentation de l’accès aux archives coloniales sur l’esclavage en Jamaïque et j’ai aussi beaucoup apprécié la communication faite sur l’Open Access et les différentes initiatives entreprises en Afrique dans ce domaine. Les communications sont accessibles à partir de ce lien.

J’ai aussi, le même jour, suivi avec intérêt la session 149 organisée par la section « Classification et Indexation » et plus particulièrement la communication intitulée « Convergence et interopérabilité : l’apport du Web de données » faite par E. Bermès (accessible ici)

Cette journée s’est clôturée par une soirée culturelle « Cultural Event » dans le jargon de l’IFLA, où 2000 bibliothécaires se sont éclatés au son d’une musique  plus internationale que Porto-ricaine, sûrement pour correspondre à la diversité des nationalités et cultures qui rivalisaient d’ardeur sur la piste de danse au décor grandiose du « Centro de convenciones« .

La journée du Mercredi a déjà annoncé la fin de la grand-messe annuelle de la bibliothéconomie mondiale, avec les tenues des deuxièmes et dernières réunions des comités permanents des sections. Ces dernières sont l’occasion, la plupart du temps, de tirer un bilan du congrès pour chaque section mais aussi de définir les activités et préparer les prochaines manifestations de la section en responsabilisant les uns et les autres sur des projets bien identifiés. Concernant la section « Maîtrise de l’information » je voudrais juste rappeler l’une des conférences satellites de IFLA 2012 en Finlande, qu’elle co-organisera avec le groupe ATINA à Riga en Lettonie. Le thème et l’appel à communications seront très probablement disponibles dès le mois d’octobre 2011. Etant un des organisateurs désignés au niveau de la section, je promets de disséminer toute information relative à cette manifestation, surtout en direction de la communauté professionnelle africaine qui est particulièrement ciblée pour partager des expériences et points de vue sur le thème qui sera définitivement adopté.

La suivante session sur UNIMARC et FRBR était l’occasion pour moi de développer mes connaissances, même si je n’ai pas senti trop de nouveautés révolutionnaires en la matière. J’ai cependant plus particulièrement apprécié les communications : « Les FRBR en UNIMARC : Yes we can! » et « UNIMARC et Linked Data« .

Cette journée s’est achevée par l’Assemblée générale de l’IFLA dont vous pouvait lire l’ordre du jour. Elle a été surtout marquée par le discours de fin de mandat de la sud-africaine Elllen Tise, présidente sortante de l’IFLA. Les signes perceptibles de fin de congrès sont déjà là comme tantôt stipulé, pour preuve la fermeture aussi en cette journée, de l’espace exposition occupée par les éditeurs et autres fournisseurs de produits. En attendant la clôture officielle le jeudi 18 août, l’heure était venue de faire un détour vers Old San Juan, le coeur historique de la capitale de Puerto Rico peu distante, mais bien plus vivante que le Quartier des conventions qui abrite les travaux du Congrès. Je compte bien répéter l’opération mais avec, cette fois-ci, un objectif « emplettes » dans les boutiques de souvenirs. Mais comme le dit l’adage « à chaque jour suffit sa peine » et « demain est un autre jour ».

N° 62 – Caraïbibliothéconomies : Puerto Rico I 1

La deuxième étape du périple caribéen après Sainte Luce en Martinique, se situe à San Juan, capitale de l’Etat de Puerto Rico qui accueille le 77ème Congrès mondial des bibliothèques et de l’information (WLIC) de l’IFLA. Le thème retenu cette année est : « Les bibliothèques au-delà des bibliothèques : Intégration, innovation et information pour tous« . Le Convention center de Puerto Rico a refusé du monde lors de la cérémonie officielle d’ouverture tenue le 14  août 2011 devant plus de 2000 délégués de 200 nationalités différentes. Tour à tour la Présidente du comité local d’organisation et des notables de la ville de San Juan ont pris la parole pour souhaiter la bienvenue à tous les participants présents avant que la présidente de l’IFLA ne procède à l’ouverture officielle du congrès après son discours d’usage. Il revenait ensuite au Dr. Fernando Picó, SJ, historien portoricain reconnu, humaniste et professeur à l’Université de Puerto Rico, Campus Río Piedras, de prononcer le discours d’ouverture en guise de leçon inaugurale intitulée : « Les textes après leur mort : lorsque le paradis est un site Internet. »

L’autre fait important de cette journée a été l’inauguration de l’exposition dans le grand hall prévu à cet effet. Cette exposition est un de moments importants de chaque congrès, car il concerne l’espace aménagé pour les partenaires, les fournisseurs et autres structures travaillant pour, par ou dans les bibliothèques. On y retrouve pèle-mêle des éditeurs, des bibliothèques et autres services d’information, des prestataires de bureautique et d’informatique, etc.. C’est donc l’occasion de se renseigner sur les nouvelles offres technologiques intéressant les bibliothèques, de négocier des contrats avec les éditeurs surtout concernant les ressources électroniques, etc.. Ce même espace accueille aussi les posters proposés et sélectionnés pour le congrès et qui font l’objet d’un concours dont le but est d’élire le meilleur poster à la fin de celui-ci.

La journée du 15 août a été pour moi l’occasion de suivre la session 94 organisée conjointement par les sections « Maîtrise de l’Information » et « Bibliothèques pour populations multiculturelles » et le groupe d’intérêt particulier sur les problèmes indigènes. Cette session intitulée : « Importance de la maîtrise de l’information pour les besoins des populations multiculturelles, stratégies, programmes et le rôle des bibliothèques » était composée de huit (8) communications qui se sont étalés sur trois tours d’horloge devant un auditoire enthousiaste au vu des débats suscités par la quasi-totalité des présentations. Les communications sont disponibles sur le site du congrès (cliquer sur la session 94). Deux communications traduites en français sont disponibles sur le site de l’AIFBD, ce sont les suivantes en attendant que les autres soient faites par les volontaires qui se sont manifestés pour :

  • « Usted y Su Biblioteca (Vous et votre bibliothèque) : un programme d’aide a la maîtrise de l’information pour adultes en anglais langue seconde » (disponible ici) ;
  • « La maîtrise de l’information dans une société multiculturelle : le rôle des bibliothèques en Bulgarie actuelle«    (disponible ici)

Ces traductions sont faites par des bénévoles volontaires et sont précieuses pour la communauté professionnelle francophone qui peut ainsi avoir une idée des communications qui sont faites lors des congrès de l’IFLA et qui sont majoritairement en langue anglaise. C’est le lieu de lancer un appel à tous ceux qui liront ce billet et qui pensent pouvoir participer à l’effort de traduction de se manifester auprès de l’AIFBD, après avoir repéré une communication qu’ils désirent traduire, sur la page consacrée aux traductions.

Je souligne l’excellente organisation de cette session, avec un choix de communications pertinentes, un timing bien géré. Tout ceci a été orchestré par l’organisatrice désignée au niveau de la section « Maîtrise de l’information », notre collègue Zuza Wiorogorska et tous les autres qui ont aidé à la bonne réussite de ce forum.

Voilà le résumé que j’ai voulu faire pour les trois premiers jours du congrès, trois parce que le mien a débuté plus précisément le Samedi 13 août par les réunions des comités permanents des sections « Maîtrise de l’information » et « Technologies de l’information » dont je suis membre. J’entame cette année, avec la première, un mandat électif de  04 ans comme membre plein et poursuit celui de membre correspondant pour la deuxième section. Ma prochaine session dès le 16 août est consacrée à des questions purement africaines et est organisée par le Groupe d’intérêt particulier « Réseau d’accès à l’information en Afrique » (RAIA) ou Access to Information Network-Africa (ATINA) en anglais. Session d’autant plus importante qu’elle sera suivie par une rencontre de préparation d’un prochain congrès satellite à organiser en 2012, conjointement entre ce groupe et la section « Maîtrise de l’information » où je suis désigné pour être un des organisateurs de cette manifestation, mais ceci est une autre histoire…A suivre ! 🙂

N° 61 – Caraïbibliothéconomies : Martinique Réponse

Cela fait une semaine que les Caraïbes sont la capitale de bibliothéconomie mondiale, ce qui explique le choix du titre pour illustrer ce billet-ci, mais aussi tous les autres que j’aurais la possibilité et la joie d’écrire pour relater, comme de coutume, mon vécu de ces événements particuliers pour les bibliothécaires. En avant-première du Congrès mondial de l’information et des bibliothèques de l’IFLA, les bibliodocumentalistes francophones étaient à Sainte-Luce en Martinique pour débattre et échanger sur le thème du développement durable. Ce furent près de 33 pays représentés et une centaine de participants réunis pour communier lors du deuxième congrès de l’Association internationale francophone des bibliothécaires et des documentalistes. Ce congrès satellite de l’IFLA, étape charnière de l’association, a été l’occasion de renouveler son bureau et de proposer un programme riche et varié de communications sur tous les aspects relatifs au Développement durable. Thème ne pouvait être mieux choisi que celui-ci, tant les enjeux sont importants pour notre planète, d’où la pertinence de proposer au monde, la vision des acteurs de l’infodoc concernant cette question. En 9 sessions, deux tables rondes et une conférence inaugurale de très haute facture sur la « Francophonie à géométrie variable » proposée par l’éminent professeur Jean Bernabé de l’Université des Antilles et de la Guyane, des acteurs de la profession ont présenté leurs expériences, leurs visions, leurs réflexions visant toutes à une meilleure gestion des ressources de la planète pour que celle-ci puisse toujours servir aux générations futures. Voici les différents thèmes qui ont été abordés :

  • La place du papier face au développement durable

Cette session a permis de mettre en exergue et avec originalité, des stratégies de communication alternatives à une communication papier en bibliothèques universitaires et leurs effets bénéfiques pour un développement durable.

  • Santé, documentation et information dans le contexte du développement durable

Je voudrais particulièrement mettre l’accent sur la présentation ayant trait au programme TRAMIL et son prolongement documentaire, sous forme de base de données dédiée à l’ethnopharmacologie régionale des Caraïbes et développée par le SCD des Antilles et de la Guyane et dénommée Tramilothèque. Dans cette même session nous avons eu droit à un exposé concernant la base de données ROADIS et sa mise en place pour le développement durable de l’information de la santé dans l’espace CEDEAO.

  • Stratégies informationnelles pour le développement durable

Outre une présentation des bibliothèques dans le développement durable en Algérie, une sur les droits de l’homme a retenu mon attention, en s’attachant à démontrer que le développement durable n’est pas seulement une question d’environnement, mais qu’il a aussi pour socle le respect des droits de l’homme.

  • Les bibliothèques universitaires et le développement durable

J’y ai retenu une importante présentation dont l’objet était l’intégration des ressources électroniques de la bibliothèque dans l’environnement numérique d’apprentissage, avec notamment la mise en œuvre des cours sans papier dans une Haute Ecole de Montréal.

  • Lecture publique et développement durable dans les pays du sud

J’ai particulièrement suivi les exposés sur le développement durable basé sur l’intergénérationnel dans les bibliothèques et sur l’approche originale d’une promotion de la lecture publique en milieu rural en Africain à partir de documents récupérés.

  • La conservation en milieux extrêmes dans le contexte de développement durable

La communication à laquelle j’ai assisté a porté sur les impacts écologiques de Tombouctou et ses bibliothèques

  • Architecture et développement durable

Là aussi une communication a été privilégiée par rapport aux autres et concernait la dimension écologique dans les bibliothèques universitaires de l’Afrique noire francophone avec comme exemple la bibliothèque de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD).

  • Outils numériques et développement durable

Les bibliothèques numériques étant omniprésentes actuellement dans le paysage bibliothéconomique, il était naturel que ce sujet soit débattu avec comme exemple la bibliothèque numérique Manioc et son partenariat avec la BNF. Beau cas de coopération pour le développement durable entre cette dernière et l’université des Antilles et de  la Guyane (UAG). Aussi comment passer sous silence le sujet relatif au Cloud computing et l’autre présentation sur l’informatique durable et les bibliothèques.

  • Comment faire place au développement durable en bibliothèques ?

Cette session a tour à tour vu la présentation sur une initiative de mise en place d’un Centre de Lecture et d’Animation Culturelle (CLAC) à Yaoundé, sur des idées de stratégies de promotion de la culture environnementale pour le développement durable dans les bibliothèques francophones animées par votre serviteur (Article complet et Présentation ppt) et de BiblioVallais Excellence qui est une expérience suisse mettant la qualité au service de la durabilité.

  • Nouveaux outils pour les professionnels francophones

Le programme francophone d’échanges professionnels en bibliothéconomie et sciences de l’information Vice-Versa a été mis sur pied par l’AIFBD et présenté au cours de cette session, qui a vu aussi la présentation du nouveau site du CFIBD.

A ces thèmes  ont été adjointes deux tables-rondes sur les enjeux et perspectives des professionnels de la documentation scolaire et sa « durabilité » en tant que métier dans une société numérique et le développement durable et la documentation francophone avec l’exemple des livres et revues diffusés par CAIRN.

La totalité et les détails des communications sont disponibles sur le site de l’AIFBD.

Me voici donc arrivé à la fin de la narration de la première étape du périple bibliothéconomique caribéen agrémenté de découverte de paysages sublimes que les simples mots ne peuvent décrire. Cap maintenant sur Puerto Rico une autre perle des caraïbes

N° 59 – Les Manifestes de l’IFLA Réponse

En m’adonnant ces jours-ci au périlleux exercice de traduction de l’anglais au français, d’une communication présentée lors du congrès 2010 de l’IFLA à Göteborg et qui fait référence à un des manifestes de l’IFLA,  l’inspiration m’est venue de revoir, relire tous ces manifestes, les rappeler à nos bons souvenirs et réaffirmer ainsi la noblesse de notre métier. En effet leur  dénominateur commun n’est-il pas l’objectif d’édifier un monde meilleur où chaque homme, grâce au savoir partagé et acquis, vivrait la plénitude (au sens le plus noble du terme) de sa condition ?

Ces proclamations émanant de l’organisation bibliothéconomique suprême, font référence aux bibliothèques plus particulièrement, mais aussi à ce que j’appellerais les sources d’information ou documentaires connexes, comme Internet et le Web. Un coup d’œil sur la liste les exposant ci-dessous est déjà informatif sur leur nature. Ces professions de foi sont autant de chapelets de principes qui, respectés, font de nous de parfaits bibliothécaires et bibliothèques tout en réalisant l’idéal qui les sous-tend.

  • Le Manifeste sur la bibliothèque publique : celui-ci date de 1994 et a été rédigé en collaboration avec l’UNESCO. Il souligne l’importance de «la capacité des citoyens bien informés d’exercer leurs droits démocratiques et de jouer un rôle actif dans la société»
  • Le Manifeste de la bibliothèque scolaire : adopté en 1999 et rédigé en collaboration avec l’UNESCO. Il affirme l’objectif de « définir et de développer le rôle que les bibliothèques scolaires et les centres de documentation jouent pour permettre aux élèves d’acquérir les outils d’apprentissage et les contenus éducatifs dont ils ont besoin pour survivre, pour développer toutes leurs facultés, pour continuer à apprendre tout au long de leur vie et pour prendre des décisions éclairées »
  • Le Manifeste pour Internet : préparé par IFLA/FAIFE et proclamé en 2002. Il affirme entre autres que « L’accès libre à l’Internet dans les bibliothèques et les services d’information garantit la liberté de l’individu et du groupe, sa prospérité et son développement » et que ces « bibliothèques et sources d’information sont les meilleurs points d’accès à Internet »
  • Manifeste d’Alexandrie sur les bibliothèques, la société de l’information en action : publié en 2005, il réaffirme le principe que «les bibliothèques et services d’information [sont] vitaux pour une société démocratique et une société de l’information ouverte» ; et ajoute que «les bibliothèques sont essentielles pour avoir une population bien informée et une gouvernance transparente».
  • Le Manifeste sur la bibliothèque multiculturelle : approuvé par l’IFLA en 2006. Il se veut  le complément des Manifestes sur la bibliothèque publique, celui sur la bibliothèque scolaire et celui sur Internet. Sous-titrée : « La bibliothèque multiculturelle – une porte d’entrée vers une société culturelle diversifiée en Dialogue ». Il définit très bien que «Diversité culturelle» ou «Multiculturalisme» renvoient tous deux  à la coexistence harmonieuse et l’interaction entre différentes cultures.
  • Le Manifeste pour les bibliothèques numériques : adopté en 2007. Il affirme la nécessité de créer et de favoriser la création de bibliothèques numériques, qui dépassent les frontières géographiques et sociales, pour « combler le fossé numérique et rendre l’héritage culturel et scientifique de l’humanité accessible à tous ». Cet héritage étant « le droit de tout individu et qui aide à l’avancement de la connaissance et de la compréhension de la richesse et de la diversité du monde, non seulement pour la génération actuelle, mais aussi pour les générations futures ».
  • Le Manifeste sur la transparence, la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption : proclamé en 2008. Il affirme que  « les bibliothèques sont des institutions transparentes par essence, dédiées à la mise à disposition, de la manière la plus exacte et la plus impartiale, de l’information à caractère éducatif, scientifique et technique et socialement utiles à tout un chacun. Les outils d’information et d’accès fournis par les bibliothèques et les services d’information contribuent à la bonne gouvernance, en élargissant les connaissances des citoyens et enrichissant ainsi leurs discussions et débats ».

Cette liste aurait pu aussi faire de la place aux autres déclarations du même type comme celle de Glasgow sur Les bibliothèques, les services d’information et la liberté intellectuelle faite par IFLA/FAIFE. On pourrait aussi y adjoindre celles de l’UNESCO comme la Déclaration universelle sur la diversité culturelle et celle sur la Pluralité de l’alphabétisation et ses implications en termes de politiques et programmes qui sont autant de sources d’inspiration pour les manifestes de l’IFLA. Ceci ne ferait que renforcer l’idée que la Bibliothèque, s’inscrivant dans le mouvement mondial de conscience, est un passage obligé pour l’épanouissement intellectuel et social de l’humain. D’ailleurs, est-ce un hasard si là où la démocratie est absente ou commence à s’effondrer, les mesures de censure sont souvent dirigées contre les bibliothèques et les sources d’information ? Ou encore, est-ce un hasard si les parties du globe les moins prospères sont celles qui comptent le moins de bibliothèques et de sources d’information accessibles, s’enfermant dans un cercle vicieux qui fait du savoir un accessoire pourtant indispensable au progrès ?

Alors, faisons plus de bibliothèque pour être plus heureux, là est leitmotiv résumé de tous ces manifestes.

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N° 58 – Et si on inventait le Serment du bibliothécaire 2

Comme le titre de ce billet l’indique, je me suis mis à imaginer ce qu’aurait pu être un Serment du Bibliothécaire. Pour faire comme médecins et pharmaciens entre autres, qui ont ce texte identitaire que tout nouveau praticien est fier de déclamer solennellement devant ses maîtres. Plus qu’un acte astreignant il s’agit d’un geste symbolique et militant, manifestant un sentiment d’appartenance à une corporation.

M’inspirant donc des serments d’Hippocrate et de Gallien, j’ai composé celui que je pense pouvoir définir, ce que doit être ou faire un bibliothécaire, une fois qu’il a les qualifications requises pour pratiquer la bibliothéconomie.

Alors découvrons ce texte 🙂

Au moment d’être admis à exercer la bibliothéconomie, je promets et je jure d’être fidèle aux lois de l’honneur et de la probité.

Mon premier souci sera d’organiser, de conserver, de préserver, de promouvoir et de diffuser les documents à ma charge, support du Savoir indispensable au progrès humain.

Je respecterai toutes les œuvres produites par les hommes sans aucune discrimination selon leur nature, leur état ou les convictions qu’elles véhiculent, je les traiterai avec le même égard rendant hommage à la créativité, à la liberté de pensée et à la volonté des auteurs. J’interviendrai pour les protéger si elles sont menacées dans leur intégrité, mettant en péril le savoir qu’elles renferment.

Je veillerai aussi à la pleine satisfaction des usagers que je servirai, leur pourvoyant des outils d’accès aux œuvres de l’esprit dont j’aurai la charge, ou leur prodiguant conseils et orientations pour trouver des documents qui ne seront pas dans mon fonds. Je me rendrai toujours disponible pour le service, afin que quiconque franchira la porte d’entrée de ma bibliothèque en ressorte comblé d’aise et riche de nouvelles connaissances.

Je n’exploiterai pas le pouvoir hérité de ma position de détenteur d’information, qui pourrait attiser la soif du gain ou la recherche de la gloire.

Je respecterai les normes établies et en ferai usage tout au long de l’accomplissement de la chaîne documentaire, en évitant tout autant d’entreprendre des actions qui dépasseraient mes compétences. Toutefois je les entretiendrai et les perfectionnerai en m’adaptant aux changements technologiques, m’appropriant les nouveaux outils qui en découleront, pour assurer au mieux les services qui me seront demandés.

Je collaborerai avec tous mes confrères et cultiverai avec la plus grande énergie la solidarité de corps. J’aurai le sens du partage, pour leur faire profiter de mes découvertes, nouvelles connaissances et toute information intéressante pour la profession.

Que les usagers et mes confrères m’accordent leur estime si je suis fidèle à mes promesses ; que je sois couvert d’opprobre et méprisé si j’y manque.

Ceci est ma perception de ce que pourrait être un Serment du bibliothécaire. Pour être en phase avec ce qui se fait en la matière concernant l’appellation, je pourrai bien le nommer « Serment de Callimaque » en hommage au bibliothécaire d’Alexandrie, auteur du premier catalogue raisonné de la littérature grecque les Pinakes.

 

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N° 19 – Métavers & pratiques documentaires Réponse

La navigation continue au sein des univers virtuels à la recherche des îles où sont déclamées les notions qui nous sont familières. Cette quête s’est limitée à Second life seulement et le premier constat est la part infime de structures francophones ayant investi ce milieu. Il va donc falloir se coltiner toute une bonne dose de vocabulaire et syntaxe anglaise. L’endroit le plus « important » pour voir la présence de bibliothèques dans Second life est «Info island» qui fédère une quinzaine d’îles virtuelles regroupant plus de 500 bibliothécaires publics et universitaires. Quoi de plus parlant que l’image ? Je vous invite donc à parcourir cet archipel grâce à la magie « Youtubique ».

Si vous ne vous êtes pas ennuyés et que cette vidéo ait donc aiguisé votre appétit pour plus de découvertes, je vous invite à intégrer le réseau social des bibliothécaires de Second life et voir un exemple de job qui y est mené par une « collègue-avatar » dont voici l’interview en français).

Au cours de mon périple volant dans ce métavers j’ai atterri (presque amerri 🙂 ) sur l’île Riviera, où se trouve la Bibliothèque francophone de Second life (eh oui !) qui n’a rien (selon moi) d’une bibliothèque classique avec rayonnages de bouquins (fussent-ils virtuels) et classification systématique, mais un espace d’échanges. La consultation du blog qui lui est dédié vous en dira davantage. Quoiqu’il en soit on y organise de belles conférences à ce qu’il paraît (la Bibliothèque n’est-elle pas aussi lieu d’animation ?)

Si l’envie vous prend de vous inscrire à Second life et d’y venir vous promener (librarians area), vous rencontrerez peut-être un Tonyben Benoir, n’hésitez pas à lui parler Wolof ou Sereer et à débattre de la profession documentaire de Sunugal, de l’ASBAD (une île virtuelle à créer et à modeler parfaitement, comme on le ferait en rêve, dans Second life ?) et plein d’autres petites choses si affinités… 🙂 .

Ma navigation ne m’a pas fait découvrir des espaces archivistiques dans Second life (cependant je vous propose un slideshow d’archiviste sur la question, avec un titre assez évocateur). Quant aux espaces muséologiques, voir ce Google group sur l’usage de Second life pour les musées (en anglais).

Ressources pour toujours mieux s’imprégner (liste non exhaustive)

Fil RSS de Info Island, présentation Powerpoint sur Second life et Bibliothèques, présentation de la Bibliothèque francophone de Second life

A sous peu, pour un retour aux « affres » du monde réel


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N° 13 – RSS : usages documentaires Réponse

L’usage des flux RSS dans le monde de l’information-documentation est plus facile à comprendre lorsqu’il est confronté à la mission essentielle qui est la nôtre, c’est-à-dire, la diffusion de l’information sous toutes ses formes. Depuis longtemps nous nous sommes appropriés les technologies informatiques pour donner une « nouvelle » identité à nos métiers, refondant nos manières d’être, d’agir et de SERVIR.

Il y a vingt ans, au moment de mes premiers « atomes crochus » avec l’ordinateur personnel (dans l’embryon de salle informatique d’alors à l’EBAD), m’amusant à créer de petits programmes en BASIC, beaucoup de bibliothécaires n’osaient même pas penser un jour, ranger le sacro- saint catalogue manuel aux oubliettes du château bibliothéconomique. Eh bien c’est fait (et bien fait ?), plus encore le « servir de la documentation » ne se fait plus seulement in Situ (rayons des bibliothèques et dépôts d’archives) mais « urbi et orbi » (pour reprendre une expression chère à un certain milieu). Dans tous les cas, qu’il se situât dans ou hors-les-murs du service d’information documentaire, l’utilisateur demeurait et demeure encore dans le schéma classique de la recherche d’informations (consultation des catalogues, même de l’OPAC à distance). Là nous lui proposons la méthode la plus courante pour accéder à nos trésors, celle du PULL.

Cependant avec les flux RSS la méthode change (radicalement ?) et se mue en PUSH où l’information est « poussée » vers l’utilisateur qui passe ainsi de consommateur actif à consommateur passif. L’enjeu pour nous est alors d’imaginer ce que nous pouvons faire de cette technologie RSS pour accroître la visibilité de nos produits et par ricochet leur valeur ajoutée, mais aussi de nous positionner dans le vaste bazar de l’infosphère virtuelle dont la majeure partie des éléments qui la constituent (masse documentaire) échappent au contrôle de nos structures. Cela ne remet-il pas en cause notre exclusivité en matière de diffusion de l’information-documentation ? Imaginons être à la place des usagers qui doivent certainement se poser la question de l’utilité d’une bibliothèque ou d’un centre de documentation au Sénégal, quand le Web hypertextuel foisonne de documents. Nous avons le devoir de leur répondre que oui, une bibliothèque, un centre d’archives… c’est toujours utile, voire indispensable dans les processus d’acquisition de Savoir. Que nous aussi, savons et pouvons user de RSS et autres technologies « nouvelles » pour les satisfaire et les aider à se retrouver dans le labyrinthe virtuel qu’ils investissent si souvent. 

Des utilisations possibles du RSS (liste non exhaustive) en voilà : veille sur les parutions pour booster la politique d’acquisition (Fils RSS des librairies, des éditeurs, des revues électroniques, des archives ouvertes, etc.) ; alerte sur les nouvelles acquisitions d’une bibliothèque (celles-ci pouvant être personnalisées selon le profil d’un utilisateur) ; informations événementielles ; bulletins de sommaires avec les fils RSS de chaque revue, etc..

Et voici un « florilège » de quelques usages réels pêchés dans les eaux pas troubles des espaces documentaires du Web.

  • Hennepin county library qui propose un large choix de fils RSS 
  • Pubmed : base de données de la National Library of Medicine dont l’interface Hubmed permet à l’usager d’y effectuer des recherches et de souscrire des abonnements aux fils RSS proposant des nouveautés issues des différents termes de recherche utilisés. Adaptée à un OPAC cette technologie permet de générer des flux RSS issus des termes de recherche entrés dans le catalogue.
  • University of Saskatchewan Library : propose la liste de toutes les revues électroniques auxquelles elle s’est abonnée et particulièrement celles qui ont des fils RSS. En s’abonnant aux flux qui l’intéressent, l’usager accède à la table des matières de chaque nouveau numéro reçu.
  • SCD de l’université Jean Moulin Lyon3 : RSS de nouvelles acquisitions
  • University of Warsaw Library : RSS d’actualités

 Le RSS s’est imposé dans les usages au point d’être incontournable pour qui veut s’informer, se documenter. C’est une technologie facile à mettre en place dès lors que l’on possède le « Know-how » de base en XML. Alors « XMLisons » nos espaces professionnels pour être plus performants dans nos missions, en alliant mimétisme technologique et utilitarisme professionnel.

Escale continue pour d’autres méthodes d’appropriation du RSS

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N° 02 – De la Bibliothèque 2.0 . : définitions et enjeux 9

La semaine dernière, après une vue d’ensemble de ce qu’est le Web 2.0, j’annonçais un accostage au quai de la Bibliothèque 2.0 qui n’est autre que l’un des corollaires de cette nouvelle réalité du monde de l’Internet. Le constat premier est que tout ce qui touche aux  technologies de l’information et de la communication (TIC) ou bien tout ce que touchent ces TIC se décline, indubitablement, en terme de version et donc d’évolution technologique. Eh bien ne soyons pas surpris par ce terme « Bibliothèque 2.0 », concept né dans la sphère anglo-saxonne et forgé par Michael Casey sur son blog Library Crunch en septembre 2005. Il peut être compris comme étant donc, la dernière « version » de la Bibliothèque dans ses rapports avec les dynamiques technologiques ou plus simplement défini par l’appropriation, par celle-ci, des pratiques Web 2.0.

 

De nouveaux usages qui impliquent une nouvelle conception du paradigme bibliothéconomique et documentaire en général. En effet, ce nouveau modèle théorique et pratique est renversant, car il suppose une ouverture de brèches dans nos « espaces-bunkers » où des pratiques « ésotériques » sont réservées aux seuls initiés. Eh bien, chers collègues, il va falloir remettre en cause moult manières de faire qui sont notre lot quotidien de professionnels.

 

Quelle sera l’attitude de l’indexeur à qui il sera suggéré de prendre en compte des avis, commentaires et critiques d’utilisateurs sur le choix de ses mots-clefs ? Que sera devenu le sacro-saint catalogueur qui, en outre d’importer des notices via le port 210 du protocole Z39.50, se verra proposer, par l’utilisateur lambda via une interface publique, des éléments de description bibliographique et de localisation directement issus d’Amazon.com et/ou de Google maps ? Voici deux exemples de logiques bibliothèque 2.0, qui ne sont pas du domaine du rêve ou de l’utopie, mais une réalité bien palpable qu’il va falloir nécessairement, d’une manière ou d’une autre, prendre en compte dans l’environnement documentaire du Sénégal.

 

Je suis conscient que parler de dynamiques Web 2 et Bibliothèque 2.0 peut paraître inapproprié, car elles sont peu nombreuses, nos structures documentaires disposant de sites web ayant rempli les conditions requises pour l’obtention du label Web 1.0. Mais un leitmotiv, parmi tant d’autres, est là pour une réflexion d’ensemble en vue d’une politique globale, claire, prospective et stratégique de ce que doit être notre documentation dans un environnement mondial technologiquement évolutif. Il est heureux de voir que les cousins journalistes sénégalais se sont penchés sur les incidences du 2.0 sur leur métier, je salue cette initiative, souhaite qu’elle soit des plus contagieuses et qu’elle nous « infecte » plus particulièrement. Cogiter et donc être, l’affirmation cartésienne s’impose à nous et interpelle nos structures associatives professionnelles (ASBAD, COBESS,…) pour mener le débat.

 

Les nouveautés sont là, évidentes et nos pratiques doivent évoluer. De plus en plus, nous nous confronterons à des « digital natives » expression empruntée à   Marc Prensky, c’est-à-dire la génération des « indigènes techno » qui sont nés avec les ordinateurs, les jeux en ligne, le courriel, Internet, la téléphonie cellulaire et la messagerie instantanée. Contrairement à la majorité d’entre-nous « digital immigrants » qui sommes à cheval sur les deux ères « pré-TICS » et TICS, ils auront besoin d’offres de services en adéquation avec leur vécu technologique. Ils créent des blogs, font de l’indexation sociale, créent  des taxinomies populaires (folksonomies) avec les tags, se partagent l’information sur la toile d’une façon naturelle et se forgent ainsi des expertises spontanées en la matière. Alors il faudra nous adapter et proposer des services adéquats dans nos bibliothèques, centres de documentation, archives, musées, etc.

 

Ne ratons pas le train 2.0 qui est toujours à quai, surtout qu’il est encore là pour un bon bout de temps, parce que n’ayant pas encore fait le plein de passagers (loin de là). Il y a encore de la place ! Il suffit d’y mettre le prix du voyage : bonne volonté, réflexion et action, un triptyque qu’il est impératif de nous faire nôtre, en ce 21ème  siècle, pour simplement continuer d’être et répondre, nous aussi, à Hamlet, héros Shakespearien.

 

Escale prolongée pour charger, l’année prochaine, « Les pratiques Bibliothèque 2.0 : exemples ». SDV.

 Bonnes fêtes de fin d’année à tous !