N° 90 – De la bibliothéconomie à la « Webibliothéconomie » : évolution ou révolution professionnelle ? 2

Voilà une question à poser à tous les « vieux » professionnels des bibliothèques qui ont passé en moyenne ou plus d’un quart de siècle à arpenter et arranger les rayonnages et autres espaces de conservation qui caractérisent la bibliothèque classique. Ces preux chevaliers d’un « moyen-âge » professionnel qui ont fait vivre les fichiers manuels qui décrivaient et donnaient accès aux trésors cachés dans les méandres rectilignes des magasins de conservation. Ceux-là qui ont donné à la Bibliothéconomie ses lettres de noblesse en la pratiquant aux seules force de leurs mains et de leur esprit, tout en satisfaisant tant bien que mal, et ce depuis l’Antiquité de Callimaque de Cyrène, des générations d’utilisateurs en quête d’informations, de connaissances mais aussi de loisirs pour l’esprit. Ils se sont appliqués la définition de la bibliothéconomie, telle qu’apprise à l’école du métier, et déclinée en ces termes : « Discipline groupant l’ensemble des connaissances et des techniques qu’exige la gestion d’une bibliothèque » (Ortolang : portail lexical /du CNRTL) et dont les bases ont été jetées dès 1627 par Gabriel Naudé et son « Advis pour dresser une bibliothèque« . Cette définition traverse l’histoire et s’applique partout où l’on trouve des collections organisées de livres sous toutes leurs formes. C’est donc un ensemble de pratiques, d’attitudes, mais aussi de réflexions théoriques qui ont fini de rendre la discipline bibliothéconomique digeste scientifiquement s’entend, à tel point qu’elle s’adapte naturellement aux mutations du monde, notamment technologiques. L’ordinateur sera passé par là, modifiant les compétences des bibliothécaires et leur rapport aux documents qu’ils gèrent et aux utilisateurs qu’ils servent. Ce passage à une bibliothéconomie technologique est devenu tellement banal pour les « jeunes » bibliothécaires qu’il leur est sans doute difficile de mesurer le cap franchi dans la praxis bibliothéconomique dont la figure principale est ce que j’appelle la « Webibliothéconomie ».

Catalogue manuel/Gabon.Bibliothèque nationale

Catalogue manuel/Gabon.Bibliothèque nationale

Qu’entends-je par-là ?

Une Bibliothéconomie adaptée, intégrée, appliquée au Web ou plus simplement utilisant et s’appropriant les usages et technologies du Web. Le Web est une émanation de l’informatique proprement dite qui est, elle, présente depuis assez longtemps dans les bibliothèques où on parlait déjà dans les années soixante  de l’informatique documentaire axée principalement sur la recherche de documents et évoluant au fil des ans vers leur gestion, leur organisation, leur production et leur diffusion.  Cette dernière tâche a été rendue optimale avec l’utilisation du Web, génialement inventé au début des années 90 dans un bureau situé sous la bibliothèque du CERN à Genève (lieu ne pouvait être mieux choisi). Du génie dans le Web c’est une lapalissade que de l’affirmer, ne serait-ce qu’en faisant référence à son déterminant essentiel qu’est l’HYPERTEXTE qui, bien que caractérisée par de la volatilité et de l’immatérialité, est pourvoyeur de spontanéité et de malléabilité dans la préhension des documents. Une aubaine qu’a saisie la bibliothéconomie pour se transformer en discipline plus attractive élargissant ses champs du possible et les frontières de sa réalité. Il y a donc une bibliothéconomie d’avant le Web, une avec le Web que nous vivons et peut-être en existera-t-il une autre « post-Web » mais nous n’en sommes pas encore là.

Ordinateur de création du Web

Ordinateur de création du Web

En quoi consiste ma vision de la Webibliothéconomie ?

L’exercice est plus simple à faire quand on compare les fondamentaux de la bibliothéconomie tels qu’appliqués SANS et AVEC le Web.

Une bibliothèque c’est avant tout des documents qu’il faut acquérir après les avoir repérés. Avant le Web, il fallait consulter des répertoires, des catalogues d’éditeurs imprimés et établir ses listes de commandes, ensuite les envoyer par courrier postal au fournisseur pour recevoir en retour et par le même canal une facture pro-forma indiquant les coûts des documents. Avec le Web le repérage se fait en consultant des sites Web d’éditeurs ou de fournisseurs qui proposent des formulaires de commandes au format feuille de calcul où on peut soi-même composer sa commande, avoir au fur et à mesure les coûts d’acquisition en temps réel et enfin passer commande par un simple clic.

Après acquisition et livraison de la commande vient l’étape du traitement matériel et intellectuel. S’il y a encore un bunker de l’activité bibliothéconomique non encore colonisé par le Web, c’est bien celui du traitement matériel ou équipement physique des documents. Il n’en est pas de même pour la description bibliographique, le bulletinage des périodiques et l’indexation qui ont fini de voir jetées aux oubliettes toutes les manifestations du traitement documentaire manuel (fiches en bristol dactylographiées avec ou sans vedettes et cotes, bordereaux de saisie manuelle des premiers logiciels documentaires, fiches Kardex, etc.). Avec le Web, les logiciels documentaires entretemps ayant évolué en SIGB, sont devenus des applications accessibles via les navigateurs. Le catalogage se fait désormais en ligne, il peut être partagé et génère des catalogues en ligne consultables à distance (OPAC), où la magie de l’hypertexte permet des parcours de recherches fluides et extensibles grâce aux liens existant entre les documents qu’ils soient du même catalogue ou de catalogues différents. Des catalogues qu’on peut fédérer à l’échelle d’un pays (Sudoc) ou à l’échelle d’une planète (Worldcat) permettant même par la même occasion l’automatisation des dispositifs d’échange de documents entre structures documentaires, exemple du prêt entre bibliothèques. Des catalogues où les notices peuvent s’enrichir de la version intégrale des documents qu’ils décrivent générant des bibliothèques numériques. Le document devenant téléchargeable et consultable à distance, annihile ainsi des barrières physiques qui ont sans doute causé plein de frustrations à des générations d’usagers des bibliothèques.  Des bibliothèques numériques qui donnent naissance au concept de l’accès libre accroissant notablement le taux de démocratisation du savoir. L’échange de données érigé en vœu pieux aux balbutiements de l’informatique documentaire avec les formats MARC, devient une réalité « palpable » avec des protocoles automatisés qui instaurent un système de vases communicants ou les bibliothèques deviennent en même temps fournisseurs et moissonneurs de données. L’exemple achevé est le protocole OAI-PMH dont l’épine dorsale est sans nul doute le protocole HTTP pour le transfert de l’hypertexte (niveau technique), auquel il faut associer deux autres standards du Web que sont le XML (niveau syntaxique) et le DUBLIN CORE (niveau sémantique). Cet échange de données préfigure l’évolution du Web de documents vers un Web de données (Web sémantique) où ces dernières sont liées entre elles. Une liaison rendant possible la confluence entre bibliothèques et autres disciplines proches dont la matérialisation serait l’intégration des notices bibliographiques avec celles produites par  ces autres disciplines qui créent également des métadonnées sur le Web. Une évolution du web qui impacte aussi la bibliothéconomie classique qui se met en conformité avec cette donne nouvelle en adoptant de nouvelles règles de catalogage (RDA) adaptées au numérique et cela après avoir anticipé par la modélisation conceptuelle dès le début des années 90 (FRBR)

Avec le Web est apparue une nouvelle manière de gérer les usagers et de leur rendre service. Les services de référence virtuels ont fini de prendre leur marque, venant compléter l’offre présentielle faite à ce niveau, avec en plus la possibilité de constituer au fur et à mesure des bases de connaissances (pouvant être collaboratives) alimentées par les réponses fournies aux requêtes adressées et interrogeables via le site Web de la bibliothèque. Vitrine de la bibliothèque, le site Web ou portail documentaire est l’outil de marketing par excellence que les bibliothécaires ont su adapter avec brio pour interagir avec des usagers anonymes ou inscrits à la bibliothèque. Mieux que ne le ferait une brochure classique, un guide de l’utilisateur, un avis placardé sur le tableau d’affichage de la bibliothèque, etc., cet outil Web permet d’atteindre des cibles insoupçonnées. On peut y partager tout un ensemble de services qui concourent à l’animation de la bibliothèque : formation des utilisateurs avec des tutoriels mis à disposition via des applications Web (YouTube, Vimeo,…), actualités de la bibliothèque (fil Twitter), promotion d’évènements (Facebook), liste de nouvelles acquisitions avec vignettes des couvertures des documents (Pinterest), espaces de blog interactifs (biblioblog), etc.. Plusieurs de ces services font référence au Web 2.0 et à la Bibliothèque 2.0 dont il en est l’adaptation au niveau des bibliothèques, un glissement subtil vers cette réalité professionnelle qui est aussi une composante de la Webibliothéconomie.

Alors évolution ou révolution ?

Cela dépend des aptitudes du professionnel selon qu’il soit de la génération dite des « Digital natives » ou celle des « Digital immigrants », car tout dépend de son rapport à l’outil informatique qui véhicule le Web. S’il en est un utilisateur averti et habituel, le passage à la Webibliothéconomie n’aura rien de « dérangeant », vu qu’il s’adaptera naturellement à une nouvelle manière de faire son travail. Une évolution en douceur qui ne serait pas forcément le cas d’un « ancien » de la profession qui tiendrait à ses fondamentaux professionnels teintés d’un certain immobilisme et qui éviterait les manifestations de l’évolution technologique même si celle qui nous concerne est marquée de l’irréversibilité.

“Souvent une évolution est une révolution sans en avoir l’R.” (Pierre-Henri Cami).

 

N° 88 – Librarika est aussi dans le Cloud 1

librarika_logo Nous restons dans le même sillage que le post précédent, c’est-à-dire le domaine des SIGB en ligne. Je présente cette fois-ci un autre logiciel dénommé Librarika qui, à l’image de WaterBear, est aussi un système intégré de gestion de bibliothèque disponible dans le Cloud et qui offre quasiment les mêmes fonctionnalités.

Librarika peut être utilisé par tous les types de bibliothèques : bibliothèques universitaires, scolaires, publiques ou privées (familiale, personnelle, etc.). Le souci de la simplicité et de la convivialité dans la gestion de l’application en mode administrateur (backend) est vraiment pris en compte par les développeurs, ce qui rend ladite gestion accessible à tous indépendamment d’une qualification bibliothéconomique poussée. Il en est de même de la partie utilisateur en référence à l’OPAC intégré au produit. Un OPAC pouvant être fédérateur si l’utilisation de Librarika est faite dans le cadre d’un réseau de bibliothèques même géographiquement dispersées. Les utilisateurs peuvent être inscrits sans limite de nombre et leur gestion se fait de façon intuitive alliant intelligence et facilité.

Côté coûts, Librarika est certes gratuit mais seulement pour une collection de moins de dix mille (10.000) notices. Au-delà de ce chiffre, des frais sont requis en fonction de fourchettes quantitatives de notices supplémentaires voulues et aussi en cas de projet de gestion bibliothéconomique d’Ebooks. C’est un outil parfait donc pour les petites et moyennes bibliothèques pas très riches et qui ne disposent pas de collections gargantuesques.

Librarika donne la possibilité d’établir divers types de rapports de l’activité quotidienne de la bibliothèque : mouvement des documents, statistiques concernant les utilisateurs etc.. ces derniers une fois inscrits peuvent accéder aux informations les concernant, recevoir des notifications et alertes entre autres..

Enfin durant le processus de création des notices et de traitement des données en mode « Smart », certains éléments provenant d’autres sources sont intégrées automatiquement, notamment des métadonnées descriptives, des vignettes de livres tirées du projet Open Library, grâce à son API des photos de couverture des ouvrages qui y sont catalogués, etc..

Pour créer sa bibliothèque il faut d’abord s’’inscrire en remplissant au moins 8 des champs proposés et allant du nom de la bibliothèque au numéro de téléphone personnel ou institutionnel, en passant par une description de l’objet de la bibliothèque etc. Ensuite il vous sera envoyé un email de validation de l’inscription pour activer la création de la bibliothèque et commencer à saisir les données. Le mail de validation comprend un Identifiant (adresse email) et mot de passe temporaire à changer une fois la connexion faite (Onglet : SETTINGS). A ce niveau j’ai eu des problèmes de connexion avec Internet Explorer mais en utilisant Firefox ça a marché. Toutefois je n’ai pas testé la connexion avec les autres navigateurs que sont : Chrome, Safari ou Opera. Une fois que la connexion établie l’écran d’accueil s’affiche avec toutes les fonctionnalités proposées par le logiciel et qui sont presque communs à tous les SIGB :

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Le catalogage se fait de deux manières, soit par une « Saisie intelligente ou Smart Add » ou par saisie manuelle. Pour la saisie intelligente elle se fait en recourant à l’ISBN de l’ouvrage. Cependant concernant ce type de saisie, il sera toujours requis un enrichissement manuel des notices pour les métadonnées qui ne pourront pas être automatiquement aspirées d’autres sources. Au contraire de WaterBear, il n’est pas proposé de champs de saisie en MARC (Unimarc). Ceci, du point de vue du bibliothécaire, peut être une faiblesse, mais du point de vue du profane qui veut créer et mettre en ligne sa bibliothèque, cela peut être pertinent d’avoir des masques de saisie où les champs sont libellés en langage naturel fut-il de… l’anglais, car c’est là aussi une particularité de Librarika qui est exclusivement en Anglais.

librarika_catalogage

A titre d’illustration, j’ai utilisé la bibliothèque-test spécialisée dans l’écologie et l’environnement que j’ai dénommée « bibliothèque verte » accessible ici. Imaginons toutes les possibilités offertes par ce type de SIGB, déjà en partageant l’adresse URL de son OPAC, on donne à des utilisateurs l’accès à un catalogue bien fait de ressources générales ou spécialisées en fonction de leurs centres d’intérêt. C’est déjà possible avec les sites de partage de livres en ligne (LibraryThing, Babelio,…) ou même les OPAC des SIGB « hors-cloud », sauf que pour les exemples de WaterBear et Librarika, il n’y a rien à installer, l’OPAC est en ligne…et on peut gérer des utilisateurs en même temps qu’un système de prêt de documents avec toutes ses spécificités. Il faudrait juste que les propriétaires garantissent une pérennisation de leur plateforme, mais cela est une toute autre histoire. librarika_logo1

N° 87 – Waterbear : un SIGB libre dans le Cloud 2

logoCe logiciel est sûrement fait pour tous les gestionnaires ou responsables de bibliothèque ou centre documentation souhaitant  l’informatiser mais ne disposant pas des ressources aussi bien financières que matérielles (équipements informatiques) pour y parvenir. Il est vrai que depuis une dizaine d’années les Systèmes Intégrés de Gestion de Bibliothèque (SIGB) libres ont fini de s’imposer et d’être accessibles pour le plus grand bonheur des actifs de la profession, mais certains en sont encore à la gestion analogique de leur fonds documentaire, nonobstant la possibilité offerte à eux d’investir dans le Libre. En effet il n’est pas toujours donné à tout le monde de disposer d’un serveur et de le mettre en ligne avec toutes les exigences de gestion requises notamment en ce qui concerne la maintenance, la sécurité de l’application et des données, entre autres.

Waterbear vient à la rescousse en se posant comme alternative notable qui peut faire le bonheur de n’importe quel bibliothécaire et documentaliste disposant un appareil informatique (PC, Tablette, Laptop,…) connecté à Internet. Un investissement minimum à la portée de toute structure quelle que soit sa taille et son portefeuille budgétaire.

Le principe est tout simple : le logiciel qui remplit suffisamment les fonctions d’un SIGB classique est totalement libre, gratuit et…accessible en ligne. Cela veut dire qu’il suffit d’un ordinateur connecté au Web pour s’inscrire et disposer en quelques minutes d’un logiciel de bibliothèque proposant toutes les fonctionnalités dont on a besoin : catalogage, prêt, retours, réservations, import/export unimarc, gestion des revues (périodiques), acquisitions, statistiques, etc.. Selon moi cela constitue une autre évolution, en termes de valeur ajoutée, des logiciels libres et gratuits de bibliothèque. Il n’y a rien à télécharger, rien à installer… tout se passe en ligne. Il n’y a pas non plus besoin de gérer des sauvegardes et des mises à jour.

Au premier contact on peut être pessimiste à la lecture de toutes ces affirmations, mais une fois franchi le seuil de l’inscription, étape préalable et facile à gérer, on mesure à sa juste valeur tout ce que promet le logiciel en terme de simplicité dans la pratique des opérations bibliothéconomiques courantes (catalogage, gestion des prêts, acquisitions, etc.). Par exemple pour le catalogage, il se fait en UNIMARC avec des masques de saisie libellés et combinant les numéros de zones et leur équivalent dans le langage humain, pas besoin donc de maîtriser à priori la nomenclature chiffrée d’UNIMARC qui s’acquièrera forcément au fur et à mesure que le catalogage se fera (très pratique pour apprendre et se familiariser avec le MARC universel).

catalogage

Cerise sur ce gâteau documentaire : la possibilité offerte gratuitement d’avoir un OPAC (interface utilisateur) pour sa bibliothèque créée avec Waterbear.

Imaginons quels avantages peuvent en tirer toutes les bibliothèques pauvres en ressources comme il y en a en nombre sous nos tropiques. Elles peuvent adopter l’outil pour gérer et rendre visibles leurs ressources documentaires. Même si la conception du logiciel s’inspire de l’environnement de la France, il est parfaitement adaptable au contexte sénégalais, voire africain. La preuve j’y ai créé ma propre bibliothèque (virtuelle 🙂 ) en guise de test et dans l’optique d’en partager les subtilités par ce canal-ci et une présentation à venir avec pas mal de printscreens.En attendant il est possible d’en savoir un peu plus sur Waterbear grâce à la documentation sous forme de vidéos explicatives.

Alors, pour tous ceux que ça intéresse, tous ceux qui sont déçus par l’anonymat de leur œuvre professionnelle au quotidien, ceux qui sont angoissés par les processus d’installation des SIGB classiques, etc., découvrez Waterbear et forgez-vous un une armure de « bibliothécaire-documentaliste dans les nuages » qui fait pleuvoir un peu plus de connaissances sur Terre surtout d’Afrique.

N° 77 – CollectiveAccess : un outil pour gérer des collections patrimoniales 2

Comme le suggère le titre de ce billet, mon but est de présenter le logiciel CollectiveAccess, qui est un outil est un « outil de catalogage et une application web pour les musées, les archives et les collections numériques ». Il est développé par la société Whirl-i-Gig et est disponible gratuitement sous licence Opensource GPL. Pour une fois in ne sera pas nécessaire de trop s’épancher sur les fonctionnalités proposées par le logiciel tant le site qui lui est dédié en français est tout particulièrement exhaustif en la matière. Il suffit juste d’y accéder et découvrir déjà sur la page « A propos  » ou « Découvrir » une description détaillée de l’application.

CAlogo

Je me permettrai seulement d’exprimer mon enthousiasme en découvrant cet outil (qui est là depuis un certain moment soit-dit en passant) qui établit un vrai pont entre gestion informatisée des objets muséographiques et informatique documentaire (archives surtout). Car si l’application répond bien à ce qu’il prétend être et pouvoir faire, cela voudrait simplement dire que le vœu pieux de rendre interopérable les standards de description muséographique à celle documentaire, se trouverait ainsi exaucé (enfin pour certains) et de la plus simple des manières. Il serait donc tout à fait possible d’avoir accès, sur et à partir  d’un même espace en ligne, à des contenus que rien, de par les nombreux standards de description qui leur sont propres, ne destinait à se côtoyer ainsi. Le « rêve parfait » de tout professionnel actif dans la valorisation des patrimoines documentaires et un outil de gestion à proposer dans tous les processus éducatifs relatifs à ce domaine. Car la valorisation des patrimoines documentaires ne saurait se passer du formidable médium qu’est le web, qui se nourrit lui-même des produits issus des applications métiers, tel que CollectiveAccess qui propose une interface Web de consultation. CollectiveAccess est ainsi composé actuellement de deux applications, une application centrale et de gestion des données appelée Providence (nécessaire pour créer une collection) et d’une application pour l’accès public web (optionnelle) appelée Pawtucket. Si vous désirez installer CollectiveAccess sur un serveur de production,  il vous faut installer ces deux applications séparément.

Sur mon installation locale de découverte, j’ai aimé la simplicité de la saisie des données grâce à un bordereau de saisie qui reprend, dans le libellé de ces champs, les éléments du Dublin Core. J’aime tout autant l’intégration des vedettes-matières de la Bibliothèque du Congrès (LCSH), proposées pendant l’indexation des documents et qui garantit une cohérence des termes dans le schéma général de l’indexation. Comment passer sous silence les options d’utilisation de GoogleMaps, GoogleEarth ou Geonames pour le géoréférencement et la localisation du lieu de conservation de l’objet ou du document ?

Pour cette installation en local (localhost), il est préférable de choisir l’option des packages QuickStart. « Ces packages incluent les prérequis basiques et une installation pré-configurée basée sur DublinCore. Ceci inclut à la fois Providence l’application de catalogage, Pawtucket l’interface de publication et XAMPP qui fait office de serveur Web. Téléchargez le package sur votre ordinateur, décompressez, copiez le dossier XAMPP sur votre votre disque dur C et ouvrez l’application « START COLLECTIVEACCESS » dans XAMPP et démarrez les services Apache et MySQL. Ensuite saisissez l’adresse http://localhost/providence sur votre navigateur et commencez à découvrir l’outil et saisir vos données (à cette étape un login et un mot de passe vous sont fournis pour démarrer). Simple comme Bonjour 🙂 ! Toutefois, XAMPP utilisant le même que port que certaines applications comme Skype, vous ne pouvez le lancer que quand Skype est fermé, démarrez donc d’abord XAMPP et ses services Apache et MySQL avant de vous connecter à Skype.

Note : Les packages QuickStart sont destinés à l’évaluation en monoposte, pour un seul utilisateur. Si vous prévoyez d’utiliser CollectiveAccess pour un vrai projet, il est recommandé voire impératif d’installer les packages d’installation standard sur un serveur adéquat. 

Voir ci-dessous le petit tutoriel que j’ai élaboré expliquant l’installation et présentant certaines fonctionnalités.

N° 65 – Calibre : logiciel de gestion de collection d’e-books 3

Une bibliothèque sans murs en béton, complètement numérique, c’est simple à réaliser de nos jours pour peu qu’on connaisse les solutions logicielles existantes et surtout qu’on puisse les installer et maîtriser leurs fonctionnalités. Il en existe actuellement une belle brochette de perles qui font le bonheur de tous les passionnés en la matière comme moi, mais dont le déploiement (ou l’installation) peut-être un vrai casse-tête et un facteur anesthésiant toute entreprise en ce sens. Eh bien ! voici un autre joyau qui permet de créer une bibliothèque d’e-books.

CALIBRE, c’est son nom, est une solution Open source multilingue qui s’installe facilement sur une machine Windows, Mac ou Linux. Pour mon installation Windows elle s’est faite aisément et j’ai pu aussitôt prendre l’outil en main.

Calibre offre une multitude de fonctions pour gérer, trier, visionner une collection. On peut convertir les formats de fichiers par lots, éditer les métadonnées, récupérer des informations complètes via Internet, synchroniser sa bibliothèque avec les lecteur populaires (Sony PRS, Cybook Gen, Kindle, iPhone, etc).

Une fois l’installation terminée, la langue de travail choisie (parmi une dizaine), on obtient au démarrage une interface en trois colonnes que surplombe un espace de navigation horizontale avec des icônes d’administration de l’application, voir figure ci-dessous.

Page d’accueil d’une collection

Le menu horizontal qui comporte 13 icônes (dans la version 0.8.21 que j’ai installée) avec lesquelles on peut administrer l’outil. Ce menu permet de créer une bibliothèque, d’ajouter/supprimer des livres, de les convertir en format EPUB (par exemple), de les sauvegarder sur un disque, d’éditer et/ou enrichir les métadonnées (manuellement ou par téléchargement), etc..

La colonne de gauche permet de faire des recherches sur les auteurs, éditeurs, types de format, collections, mots-clés (tags), langues de publications et notes. Celle du milieu affiche les livres présents dans la collection avec tous les champs de métadonnées prévues (Titre, Auteurs, Date d’enregistrement, Taille, Note, Tags, Collection, Editeur,  Date d’édition). Enfin la colonne de droite affiche la couverture cliquable de l’e-book et donc permet sa lecture (ça marche avec du PDF aussi 🙂 )

La démo explicative (en anglais) est disponible à partir de ce lien. Après l’avoir visionné et si l’envie d’installer l’application devient une nécessité alors je conseille de la télécharger et d’avoir à portée de clic une bibliothèque électronique où on pourra stocker ses propres livres et les lire selon ses envies.

N° 60 – Invenio 2, Part two 3

Le temps est venu de reprendre mon activité normale de blogueur, (trop ?) laissé en suspens, absorbé que je suis par des activités non moins reluisantes et parmi lesquelles, la satisfaction de nouveaux challenges professionnels. Mais là n’est pas l’objet de ce post par lequel je veux seulement partager, les choses professionnellement vécues lors d’un récent séjour au pays de Guillaume Tell. En effet pendant trois semaines, sur invitation du CERN, l’occasion nous a été donnée, avec trois autres collègues africains, de parfaire notre connaissance du Logiciel Invenio, mais aussi de partager nos impressions et avis sur cet outil de création de bibliothèque numérique après que nous l’ayons découvert en novembre 2010 à Rabat et pratiqué ensuite dans nos structures respectives. Nul besoin de revenir sur la présentation de l’outil et ses performances remarquables comme je l’avais déjà d’ailleurs fait dans un billet antérieur (voir le 3eme hyperlien de ce texte), mais insister sur les améliorations en matière de développement qui sont entrain d’être faites par la géniale équipe des informaticiens du CERN et dont l’aboutissement est pour bientôt. Ce fut un bonheur d’être au coeur de ce travail en tant que collaborateur, avec notre vision de bibliothécaire pour les uns et de pur informaticien pour les autres, venant en plus d’un contexte africain forcément différent du berceau d’Invenio. Initialement développé pour le domaine de la physique et  plus spécialement celui des hautes énergies l’outil, d’une remarquable souplesse, s’adapte de plus en plus parfaitement à des secteurs qui sont aux antipodes des exigences de la Physique des particules, du moins dans sa composante Open Access (Dépôt institutionnel) et (Auto-archivage). D’aucuns diront peut-être que c’est un outil de plus qui vient rejoindre DSpace, Fedora, E-Prints voire Greenstone, ce qui est d’ailleurs vrai, mais adjoignez-y des modules purement bibliothéconomiques (catalogage MARC 21, exemplarisation des documents pour leur circulation, un OPAC personnalisable, etc.), ajoutez la possibilité de créer et gérer une base de documents multimedia, vous obtenez un véritable couteau Suisse (tiens, tiens) pour accomplir un maximum d’exigences et besoins documentaires.

Voici quelques captures d’écran tirées du catalogue du CERN (CDS), illustrant un tant soit peu tout cela.

OPAC avec Notices de livres abrégées

Notice détaillée

Notice en MARC 21

Gestion de Prêts

Notices de Vidéos

Comme autres exemples prouvant toutes les adaptations que l’on peut faire avec le logiciel, je peux citer INSPIRE la base de données de référence en Physique des hautes énergies et INFOSCIENCE élaborée par l’Ecole Polytechnique  Fédérale de Lausanne et son magnifique Rolex Learning Center qui abrite la Bibliothèque.

Pour terminer rappelons que le logiciel est téléchargeable gratuitement, il n’est déployable que sous Linux et que la 3e école sur les bibliothèques numériques organisée par le CERN et l’UNESCO et axée sur Invenio est prévue en Novembre 2011 à Dakar (après Kigali et Rabat).

Mon séjour Suisse m’a aussi permis de participer à l’atelier OAI7 « CERN Workshop on Innovations in Scholarly Communication » à l’Université de Genève, mais cela est une autre histoire… A suivre !

N° 50 – Découverte d’OpenFlora, SIGB libre 2

J’ai découvert il y a quelques jours un nouveau SIGB libre au doux nom d’OpenFlora, une « fleur ouverte » qui vient enrichir le beau décor du logiciel libre dans les bibliothèques. Eh oui les fleurs ont l’apanage de la beauté aussi bien visuelle qu’olfactive et la nature serait vraiment triste à vivre sans elles. La fleur que je vous propose et qui éclos dans la « nature virtuelle » ne déroge pas à cette règle.

J’en suis toujours au processus de découverte et il va sans dire que je ne prétends aucunement proposer un diagnostic exhaustif du logiciel, me concentrant pour le moment uniquement sur quelques taches bibliothéconomiques qu’il propose.

Toutes les étapes de la chaîne documentaire sont prises en compte, de l’acquisition des documents à leur communication sous forme de prêt ou autre (DSI, par exemple). En mode catalogage, il y est proposé pas moins de 20 grilles de saisie élaborées selon les types de document pris en compte (monographies, périodiques, documents cartographiques, etc.), avec possibilité de faire du pré-catalogage dès l’étape de création des listes de commande.

Choix d’une grille de saisie

Prise en compte d’UNIMARC pour tous les types de documents à cataloguer.

UNIMARC

Il est déployable dans tous les types de bibliothèques. Mon intérêt en tant que bibliothécaire universitaire se situe là. En effet, j’ai remarqué qu’OpenFlora prend en compte la procédure de catalogage du SU français (SUDOC), avec la possibilité pour une bibliothèque qui participe à ce système, d’alléger le temps de catalogage en allant puiser dans le réservoir de notices du SU et d’insérer le ppn (N° de la notice) dans le champ prévu à cet effet dans la grille de saisie d’OpenFlora.

PPN

Il reste à revoir et améliorer le format d’affichage dans l’interface utilisateur (OPAC), notamment pour l’ISBD où quelques ponctuations sont omises.

Voilà donc un premier compte rendu de mes observations en attendant des développements plus larges. Dans l’ensemble, l’appréciation est positive pour cette première version, qui avec la prise en compte d’UNIMARC apporte un plus par rapport à d’autres SIGB libres qui lui sont antérieurs. Encore une formidable opportunité pour les bibliothèques qui ont peu de sous (mon éternelle ritournelle). Un autre intérêt que je vois concerne ceux qui sont en phase d’apprentissage du catalogage (étudiants en bibliothéconomie) ou de renforcement de capacités dans ce domaine (formation continue de professionnels). OpenFlora est ainsi une excellente opportunité de toucher du doigt et/ou de comprendre ce qu’est UNIMARC (format pivot en matière d’échanges bibliographiques) et de voir comment il se présente en mode « description bibliographique ». D’autant plus qu’une fois téléchargée et installée sur un poste local, l’application peut être utilisée en mode Web via un navigateur (IE, Firefox, etc.) parce que tournant sur une machine virtuelle JAVA version 1.5 et un serveur d’applications Tomcat 5.0.28.

Voir ici le document d’installation, ensuite Télécharger et installer le produit, ou pendant le téléchargement qui peut être long en cas de connexion lente, voir la démo en ligne, et enfin prendre connaissance de l’importante documentation qui vous permettra de bien butiner OpenFlora et vous délecter de l’excellent nectar de cette « Fleur ouverte ».

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N° 35 – Greenstone, logiciel de bibliothèques numériques 3

J’ai toujours eu envie d’écrire un billet sur la gestion des documents numériques. L’occasion se présente suite à l’atelier de formation sur l’utilisation du logiciel Greenstone dédié à la création de collections électroniques, organisé conjointement par l’IRD, l’ASBAD, le COBESS (Consortium des bibliothèques de l’enseignement supérieur du Sénégal) et l’EBAD. Animée par M. Pier Luigi Rossi, cette manifestation, tenue les 5 et 6 février 2009 à Dakar, a pu permettre à une trentaine de collègues nationaux de renforcer leurs capacités professionnelles en se familiarisant avec cet outil, à tout point de vue, remarquable. Je trouve un autre leitmotiv à parler de Greenstone, parce que cela me permet d’être toujours dans la logique de promotion des logiciels libres que je trouve salutaires (et je ne dirai jamais assez) pour tous ceux qui ont des budgets modiques et qui ont envie de toujours demeurer dans les wagons des TIC, fussent-ils les « derniers ».

Que dire de cet outil libre et gratuit produit par le New Zealand Digital Library Project à l’Université de Waikato développé distribué par l’UNESCO et l’ONG Human info ?

Beaucoup de choses qui ont trait à ces performances remarquables et… remarqués par ceux qui ont eu  à travailler avec. Une visite du site dédié aux utilisateurs francophones permettra de connaître tout ce qui tourne autour de l’outil plus et mieux que ne pourrai le faire.

Mon propos s’oriente plus vers les enjeux de notre utilisation de Greenstone, en ce sens qu’il peut nous permettre de satisfaire un souhait qui est celui de renforcer la présence de  nos contenus documentaires sur le Web. Cela est d’autant plus possible que l’investissement financier pour un tel projet se trouve amoindri, eu égard à la gratuité de Greenstone. Hormis les frais d’acquisition d’un serveur, d’hébergement de la collection numérique, rien d’onéreux ne viendra alourdir la facture, mis à part peut-être à part les coûts d’électricité (rien d’extraordinaire que nous ne sachions faire 🙂 ). Pensons aussi et surtout, au gigantesque réseau de données numériques national qui peut résulter de l’agrégation de bibliothèques électroniques locales (Universités, Instituts de recherche, institutions de service public, etc.). Peut-être que pourrions-nous nous inspirer du Réseau francophone des bibliothèques nationales numériques.

Je voudrai aussi préciser que Greenstone ne s’occupe pas de numérisation de documents, son rôle est de rassembler des documents déjà numérisés (par scanner) ou natifs (déjà sur support numérique) pour en faire des collections et les diffuser. Ce qui veut dire qu’on peut se passer de numérisation si on peut acquérir les versions électroniques des documents à traiter (par exemple pour une bibliothèque universitaire il est impératif de réclamer les versions électroniques des mémoires et thèses au moment du dépôt des versions en papier, pour éviter à cette bibliothèque de recourir à une éventuelle et coûteuse numérisation ultérieure).

Voici enfin une présentation montrant la démarche de création d’une collection électronique avec Greenstone, réalisée pour les collègues de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis (Sénégal).

Vous pouvez accéder à la version originale de la présentation pour une meilleure lisibilité.

Et plus de liens sur le sujet notamment, le guide d’utilisation et le guide du développeur de Greenstone.

Une petite explication du choix de cette nouvelle image d’entête. Il s’agit de greniers sur pilotis jouxtant l’île de Fadiouth au Sénégal (visible sur Google Earth 🙂), en hommage à toutes les générations de travailleurs de la terre dont la sueur a nourri les plus grands scientifiques.


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N° 08 – Modèles conceptuels : FRBR Réponse

Aujourd’hui nous accostons au quai des modèles conceptuels créés pour la gestion de l’information. Brièvement présentés les modèles conceptuels sont : des outils de dialogue et d’intercompréhension entre des personnes d’horizons différents (par exemple : spécialistes d’un domaine et informaticiens) ; des outils de dialogue entre réservoirs de données hétérogènes ; des outils d’aide à la conception des systèmes ; des outils de comparaison, d’échange et de stockage de données ; des outils d’intégration au Web sémantique. Ils se situent au-dessus des schémas de métadonnées (voir posts précédents), donnant une vue d’ensemble abstraite de l’information fournie et fixent un idéal à atteindre quant à la gestion de cette information.

Mon propos, pour ce post, consiste en une introduction sur le modèle FRBR (Fundamental Requirements for Bibliographic Records ou en français, spécifications fonctionnelles des notices bibliographiques). C’est un modèle conceptuel développé par l’IFLA entre 1992 et 1998, sur la base de 9 résolutions adoptées en 1990 suite au séminaire de Stockholm sur les notices bibliographiques. Ce cadre conceptuel a pour but d’atteindre une compréhension commune et partagée des finalités des notices bibliographiques. Plus précisément il s’agit, de définir un niveau de catalogage minimal mais efficace pour les agences bibliographiques nationales et de mettre en adéquation les données bibliographiques avec les besoins des utilisateurs.

Ainsi les champs de l’étude sont : 1) les données (ensemble des données constutitives des notices bibliographiques, c’est-à-dire les données associées aux différents champs décrits dans les catalogues de bibliothèque et les bibliographies nationales); 2) les utilisateurs (tous les utilisateurs potentiels des notices : usagers des bibliothèques, personnels des bibliothèques, éditeurs, distributeurs, gestionnaires de droits d’auteur, etc.) ; 3) les besoins de ces utilisateurs (besoins relatifs aux buts recherchés dans le processus de consultation des catalogues : trouver des références en fonction de critères de recherche, identifier une ressource, la sélectionner en fonction de ses modalités d’utilisation et enfin y accéder).

La méthode repose sur une analyse des données bibliographiques selon le modèle Entité-Relation qui définit : un regroupement d’éléments de données en « entités » qui sont organisés en 3 groupes dans le FRBR, une identification des « relations » existant entres ces différentes entités et une identification d' »attributs » susceptibles de les affecter. Pour le détail concernant les entités je vous renvoie à cet article.

Les avantages pour les bibliothécaires se résument à : un catalogage facilité, une oeuvre est cataloguée une fois pour toutes pour toutes ses formes d’expression (traductions notamment), ces expressions elles-mêmes cataloguées une seule fois pour toutes les manifestations liées (éditeur, lieu d’édition, date, etc.), d’où enfin une organisation logique du catalogue. Pour l’utilisateur, la recherche est facilitée, car une seule recherche permet de trouver tous les types de matériel d’une oeuvre sans doublons, toutes les expressions sont affichées en une seule opération et sa navigation dans le catalogue est plus naturelle.

Pour l’intégration du modèle dans sa bibliothèque, il faut choisir un fournisseur de logiciel intégrant le modèle (voir VTLS inc). Désolé je n’ai pas trouvé de SIGB libre intégrant cet outil, néanmoins une consultation du lien précédent vous permettra d’en savoir plus sur le mécanisme de fonctionnement du modèle avec le tutoriel en ligne qui y est proposé.

Les FRBR restent cependant un modèle théorique dont l’application n’est pas aisée. La masse des données structurées en ISBD ou MARC est énorme et l’élaboration de programmes de conversion vers le FRBR est problématique (notamment du fait aussi de la « babelisation » du MARC). Aussi comment ne pas prendre en compte l’ingérence du Web 2.0 dans l’espace bibliothéconomique qui propose toute une nouvelle démarche qui va plus loin dans la prise en compte des besoins des utilisateurs (Opac social, folksonomie, métamoteur à affichage cartographique comme Kartoo …). Toutes ces remarques (parmi tant d’autres) ne constituent-ils pas des facteurs de blocage qui font que le modèle soit toujours confiné à des projets limités aujourd’hui ? 

Pour de plus amples informations sur le sujet voir les liens ci-après, la brochure de Barabara Tillett, le rapport final du groupe de travail de l’IFLA.

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