N° 77 – CollectiveAccess : un outil pour gérer des collections patrimoniales 2

Comme le suggère le titre de ce billet, mon but est de présenter le logiciel CollectiveAccess, qui est un outil est un « outil de catalogage et une application web pour les musées, les archives et les collections numériques ». Il est développé par la société Whirl-i-Gig et est disponible gratuitement sous licence Opensource GPL. Pour une fois in ne sera pas nécessaire de trop s’épancher sur les fonctionnalités proposées par le logiciel tant le site qui lui est dédié en français est tout particulièrement exhaustif en la matière. Il suffit juste d’y accéder et découvrir déjà sur la page « A propos  » ou « Découvrir » une description détaillée de l’application.

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Je me permettrai seulement d’exprimer mon enthousiasme en découvrant cet outil (qui est là depuis un certain moment soit-dit en passant) qui établit un vrai pont entre gestion informatisée des objets muséographiques et informatique documentaire (archives surtout). Car si l’application répond bien à ce qu’il prétend être et pouvoir faire, cela voudrait simplement dire que le vœu pieux de rendre interopérable les standards de description muséographique à celle documentaire, se trouverait ainsi exaucé (enfin pour certains) et de la plus simple des manières. Il serait donc tout à fait possible d’avoir accès, sur et à partir  d’un même espace en ligne, à des contenus que rien, de par les nombreux standards de description qui leur sont propres, ne destinait à se côtoyer ainsi. Le « rêve parfait » de tout professionnel actif dans la valorisation des patrimoines documentaires et un outil de gestion à proposer dans tous les processus éducatifs relatifs à ce domaine. Car la valorisation des patrimoines documentaires ne saurait se passer du formidable médium qu’est le web, qui se nourrit lui-même des produits issus des applications métiers, tel que CollectiveAccess qui propose une interface Web de consultation. CollectiveAccess est ainsi composé actuellement de deux applications, une application centrale et de gestion des données appelée Providence (nécessaire pour créer une collection) et d’une application pour l’accès public web (optionnelle) appelée Pawtucket. Si vous désirez installer CollectiveAccess sur un serveur de production,  il vous faut installer ces deux applications séparément.

Sur mon installation locale de découverte, j’ai aimé la simplicité de la saisie des données grâce à un bordereau de saisie qui reprend, dans le libellé de ces champs, les éléments du Dublin Core. J’aime tout autant l’intégration des vedettes-matières de la Bibliothèque du Congrès (LCSH), proposées pendant l’indexation des documents et qui garantit une cohérence des termes dans le schéma général de l’indexation. Comment passer sous silence les options d’utilisation de GoogleMaps, GoogleEarth ou Geonames pour le géoréférencement et la localisation du lieu de conservation de l’objet ou du document ?

Pour cette installation en local (localhost), il est préférable de choisir l’option des packages QuickStart. « Ces packages incluent les prérequis basiques et une installation pré-configurée basée sur DublinCore. Ceci inclut à la fois Providence l’application de catalogage, Pawtucket l’interface de publication et XAMPP qui fait office de serveur Web. Téléchargez le package sur votre ordinateur, décompressez, copiez le dossier XAMPP sur votre votre disque dur C et ouvrez l’application « START COLLECTIVEACCESS » dans XAMPP et démarrez les services Apache et MySQL. Ensuite saisissez l’adresse http://localhost/providence sur votre navigateur et commencez à découvrir l’outil et saisir vos données (à cette étape un login et un mot de passe vous sont fournis pour démarrer). Simple comme Bonjour 🙂 ! Toutefois, XAMPP utilisant le même que port que certaines applications comme Skype, vous ne pouvez le lancer que quand Skype est fermé, démarrez donc d’abord XAMPP et ses services Apache et MySQL avant de vous connecter à Skype.

Note : Les packages QuickStart sont destinés à l’évaluation en monoposte, pour un seul utilisateur. Si vous prévoyez d’utiliser CollectiveAccess pour un vrai projet, il est recommandé voire impératif d’installer les packages d’installation standard sur un serveur adéquat. 

Voir ci-dessous le petit tutoriel que j’ai élaboré expliquant l’installation et présentant certaines fonctionnalités.

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N° 70 – ICA-AtoM, logiciel de gestion archivistique 4

Ayant découvert ce logiciel dès ses premières versions il y a 04 ans, je ne m’y suis pas trop intéressé depuis, peut-être parce qu’étant extérieur au corps de métier des archivistes et leurs règles de description spécifiques. Je ne sentais pas trop, en tant que bibliothécaire, la nécessité d’en faire un centre d’intérêt. Ajoutée à cela, une culture informatique très basique qui était un frein à toute initiative d’installation du logiciel (que je trouvais compliquée) et donc de découverte de ses potentialités. Alors qu’est-ce qui a bien pu changer fondamentalement pour que ce billet puisse voir le jour ?

  • Tout d’abord un intérêt professionnel, lorsqu’il m’a fallu trouver un outil capable de gérer un petit fonds d’archives institutionnelles et qui soit typiquement dédié à cela. Il est regrettable de constater la faiblesse de l’offre logicielle archivistique, comparée à celle bibliothéconomique qui foisonne de logiciels aussi bien libres que propriétaires.
  • Ensuite, un désir de partager avec des collègues archivistes ou assimilés, l’existence d’un outil capable d’améliorer le traitement descriptif de leurs fonds d’archives, avec la possibilité de les rendre accessibles en ligne à l’image des OPAC de bibliothèque.

Eh bien, ICA-AtoM, c’est exactement cela et c’est performant en plus.

En effet il permet d’informatiser un fond d’archives en prenant en charge toutes les opérations archivistiques traditionnellement effectuées en mode manuel et cela dans le strict respect des normes définies par le Conseil International des Archives (CIA), qui est partie prenante et partenaire dans son développement en cours. Avec une interface simple d’utilisation, où l’utilisateur final n’éprouve aucune difficulté à prendre l’outil en main, y saisir des données, personnaliser l’application, l’administrer, etc.. Un prérequis est peut-être de maîtriser effectivement, les règles normées  de la description archivistique (Le savoir-faire de base du métier). Cependant rien de vraiment compliqué, même pour un non-archiviste comme moi, étant donné que des infobulles indicatives sont prévues, pour beaucoup de zones et leurs formulaires de saisie respectifs, et renvoient aux normes à utiliser spécifiquement. Ces normes sont généralement accessibles et consultables en ligne (ISDA , ISAAR , ISDF, ISDIAH).

 L’autre bonne chose à souligner est l’intégration possible d’extensions (plugins) relatives aux standards de métadonnées. Cela permet l’interopérabilité d’une application ICA-AtoM avec d’autres applications utilisant des protocoles semblables. Concrètement, cela veut dire qui si un fonds d’archives est informatisé avec ICA-AtoM et que soit activé le plugin du Dublin Core (sfDcPlugin), il devient de ce fait moissonnable par un moissonneur OAI, tout en donnant la possibilité d’importer et exporter des données au format XML. D’autres standards de métadonnées sont également pris en compte comme EAD (format d’encodage des données archivistiques), MODS, mais aussi des standards de métadonnées issues des normes archivistiques du CIA citées supra. Cette possibilité d’interopérabilité offerte par les extensions de métadonnées crée par exemple, une passerelle entre les mondes archivistique et bibliothéconomique, qui peuvent ainsi communiquer en utilisant des protocoles d’échange de données, ce qui est impossible dans un environnement numérique inexistant ou classique.

L’objet de ce billet n’est pas de disserter sur les procédures d’installation et d’utilisation de l’application, je réserve cela à la présentation ci-dessous qui, je l’espère, pourra aider les intéressés à le faire. Néanmoins je voudrais juste dire quelques mots sur l’installation que j’ai faite. C’est une installation en local sous Windows 7 avec  Wampserver pour le serveur Web. A ce niveau je conseille de télécharger la version WampServer2.1e disponible dans Sourceforge. Mon installation initiale sur Wampserver2.2 n’ayant pas marché. La version téléchargée d’ICA-AtoM est la 1.2, la  version 1.3 étant prévue pour septembre prochain. Des ressources supplémentaires (démo en ligne, manuel d’utilisateur, lien de téléchargement,…) peuvent être eues sur le site du logiciel.

Ceci est juste une contribution qui vise à enrichir celles qui concernent l’informatisation des fonds d’archives et avec le souci de toujours inciter les collègues aux moyens limités, à découvrir pour certains, des solutions logicielles libres et les adopter pour mieux améliorer leur offre de services professionnels.

Au fait, vu que ICA-AtoM permet de disposer d’un instrument de recherche public accessible en ligne, quel pourrait être l’appellation consacrée pour faire OPAC à l’instar des bibliothèques, OPAF peut-être, pour Online Public Access Finding Aid ?

N° 33 – Formation de nos praticiens documentaires Réponse

Depuis quelques semaines on débat intensément sur la liste de discussion de la Fondation pour une bibliothèque globale, sous l’instigation d’un collègue qui se plaignait du peu de considération accordée à notre profession quant aux offres de stage proposées par certains organismes ou pays développés.

La majorité des discussions a tourné autour du constat du retard que nous avons par rapport aux développements actuels de nos métiers et de la nécessaire revue de la formation des bibliothécaires, archivistes et documentalistes des pays d’Afrique. Je me propose de transposer ce débat ici, espérant recueillir un maximum d’avis.

Pour bien poser le problème rappelons les constats soulevés par les différents confrères

  • stagnation du niveau des connaissances des professionnels pratiquants
  • insuffisance des structures formelles de formation de niveau académique
  • problèmes de débouchés pour pour les diplômés en sciences de l’information documentaire
  • etc.

Ces problèmes ont assurément des effets induits dont j’énumère quelques-uns ci-dessous.

  • les professionnels non recyclés sont confinés dans des pratiques professionnelles classiques qui sont un frein à tout esprit d’innovation et de changement. Ils restent perçus par les autres comme des garde-documents sans plus.
  • les étudiants qui choisissent ce métier ne se sentent pas prêts à s’insérer dans un monde du travail qui a  cependant besoin d’eux. Ils doivent être assurés sur le fait qu’ils sont incontournables dans la société de l’information actuelle.
  • les programmes des écoles ou départements de sciences de l’information ne suivent pas toujours l’évolution mondiale de nos métiers,  qui s’oriente vers de nouveaux paradigmes.
  • notre relation par rapport à notre matière-première qu’est l’information n’est pas repensée.  Cette dernière devant être bien maîtrisée pour bien gouverner, promouvoir la citoyenneté, mieux vendre et acheter, mieux produire, prendre les bonnes décisions dans l’entreprise, mieux se soigner, mieux se loger, etc.

Il est nécessaire donc, d’avoir des professionnels bien formés et constamment renforcés en capacité, pour s’approprier  cette  maîtrise de l’information au moment où cette dernière est la denrée la plus répandue sur terre. Il apparaîtra alors, par exemple, que :

  • ce sont les archivistes (records managers) qui peuvent dire aux gouvernants que moderniser un Etat ce n’est pas seulement de l’informatiser, mais de bien gérer les documents administratifs pour une meilleure célérité dans la conduite des affaires de la Cité (dossiers de justice, d’état-civil et autres).
  • ce sont les documentalistes (knowledge managers) qui peuvent dire à un chef d’entreprise que la première richesse de sa structure est la somme des expériences, des connaissances internes et externes accumulée par ses employés, que réduire l’espace de stockage des dossiers de l’entreprise par une bonne politique de gestion de ces dossiers, c’est aussi réduire les coûts d’entretien de cet espace et donc accroître la positivité du bilan de fin d’exercice
  • ce sont les bibliothécaires qui peuvent dérouler le fil d’Ariane au bout duquel est accroché l’aiguille à trouver dans la botte de foin qu’est le Web et sa partie « invisible ».

Voilà quelques arguments, parmi tant d’autres, à prendre en compte dans nos processus de formation initiale et continue. Cela revient à dire qu’enseigner ou vivre notre métier aujourd’hui, c’est dépasser nos attitudes et aptitudes traditionnelles, c’est nous muer en »cyborg documentaire », mais c’est surtout abolir nos limites d’action et de pensée pour prévoir l’imprévisible qui est déjà en cours.


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N° 09 – Modèle OAIS (archivage numérique) Réponse

Notre deuxième cargaison, au port des modèles conceptuels, concerne l’archivage des documents numériques, avec une vue d’ensemble (résumée) du modèle OAIS.  Pour mieux appréhender l’environnement qui entoure ce modèle, il me paraît judicieux de faire un bref rappel des enjeux liés à la préservation des objets numériques.

Nous sommes en présence d’une production exponentielle de documents numériques et cela n’est pas près de s’arrêter bien au contraire. Cette donnée implique un questionnement sur le devenir de toute cette masse documentaire produite, accessible et consultable par le seul biais de la technologie qui est elle-même évolutive. Donc tous les supports, les outils, les protocoles sont susceptibles « d’évoluer », voire de disparaître entraînant de facto, une possible inexploitabilité de tout ce qui a été produit (ou est produit maintenant). Il va sans dire que pareil scenario est inacceptable, voire inimaginable et  des outils ont été pensés et élaborés pour éviter un tel « cataclysme ».

Dans l’espace dédié à la préservation des documents numériques, l’OAIS a été élaboré comme modèle de référence pour un triple but : conserver le document numérique, le rendre accessible à une communauté d’utilisateurs ciblés et surtout en préserver l’intelligibilité (c’est-à-dire le rendre exploitable avec des outils »ouverts » et/ou documentés et non avec des outils propriétaires). Il est devenu Norme ISO 14721 et un résumé est disponible ici.

Concrètement l’OAIS n’est pas recueils de spécifications techniques destinées à être directement implementées, mais un modèle abstrait qui : définit des concepts et une terminologie, décrit les parties prenantes de l’organisation d’un tel système (acteurs, fonctions) et surtout indique un canevas par lequel on peut se poser toutes les questions pertinentes pour mettre en place un système d’archivage électronique. Je passerai sur les détails qui caractérisent le modèle et vous renvoie aux divers liens de ce billet (vive l’hypertexte). Je vais seulement exposer quelques fondamentaux.

  • Dans l’OAIS l’information se présente sous forme de paquets, qui ont des spécificités propres. On en dénombre trois types qui sont liées respectivement, à l’activité menée par les différents acteurs du modèle (production, management, utilisation).
  • L’OAIS définit ausi une organisation fonctionnelle du système d’archivage selon 6 entités qui s’articulent entre-elles. Chacun de ces domaines fonctionnels (Entités) détient des rôles qu’il remplit en communiquant et interagissant avec les autres domaines sous forme de flux de données. 
  • Enfin le modèle ne serait pas complet s’il n’indiquait pas des méthodes pouvant être mises en oeuvre pour garantir la pérennisation de l’information. Il en propose une qui est la Migration (en informatique le terme désigne, le passage d’un état existant d’un système d’information ou d’une application vers une cible définie dans un projet ou un programme, source Wikipedia) et en distingue 4 types : le rafraîchissement, la duplication, le ré-empaquetage et la transformation. Pour plus de détails  sur ces trois points, voir ce lien.

Ce modèle de référence s’est imposé au niveau international et son utilisation au niveau de nos structures documentaires ou sur des projets nationaux envisagés, peut-être le gage de réussite de tout projet d’archivage électronique. Cela nous permettra de « prévenir » et non pas essayer de « guérir » quand il sera peut-être trop tard. (Je ne peux m’empêcher de vous indiquer ce lien, qui montre l’urgence de définir des environnements normatifs de travail afin que chacun sache quelles sont ses prérogatives, ses limites d’action et de compétences. Je n’ai rien contre les gens qui gèrent ce projet, mais je crois qu’il y a des gens plus indiqués pour y intervenir et le prendre en charge, d’autant plus qu’il concerne une Université soucieuse de préserver sa renommée et donc devant être attentive à la professionnalisation des activités qui y ont cours.) 

Avec ce modèle apparaît aussi, et toujours, cette évidence tantôt évoquée dans un de mes billets précédents et qui est la nécessaire intégration des métiers de l’information documentaire et l’informatique. Car dans le cas de figure qu’est l’OAIS, bibliothécaires, archivistes et informaticiens sont embarqués dans le même bateau. L’archivage numérique est aujourd’hui, un carrefour (parmi d’autres) où nos routes se croisent naturellement, nos spécificités s’obligeant à une « fusion » inéluctable. Les bibliothèques numériques ne constituent-elles pas en même temps des dépôts de fichiers informatiques (donc des archives électroniques) ? Si oui, alors ces fonds électroniques peuvent être traitées en utilisant un même modèle (OAIS) dès lors qu’on décide mettre en place un système de préservation pérenne et quelque soit le type d’institution concernée (Bibliothèques ou Centre d’archives).

Pour rappel, le modèle OAIS est le résultat d’un travail du CCSDS (Consultative Committe for Space Data Systems – Organisme international de normalisation des agences spatiales) auquel ont été associés des représentants de bibliothèques et d’archives institutionnelles. Tout un symbole !

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