N° 78 – Mots sur la veille informationnelle, l’agrégation et la curation de contenus Réponse

Ce billet est le substitut d’un exercice plus vivant, et donc plus interactif, qui aurait dû se faire dans le cadre d’une séance d’échanges avec des étudiants en documentation. Une initiative que j’avais fortement voulu voir aboutir, dans le but de partager avec ces jeunes apprentis de la discipline Infodoc, des réalités professionnelles en cours, qu’il est important pour eux de pouvoir déjà mieux appréhender et d’avoir un peu plus de matière à faire valoir au seuil de leur entrée dans la vie active. Voici en substance ce que je disais dans la note introductive de cette conférence avortée pour cause d’indisponibilités dues au calendrier.

Titre : Veille informationnelle : agrégation et curation, autres tendances de la fonction Info-Doc

Note introductive

C’est une tautologie que d’affirmer l’ancrage du monde actuel dans la société de l’information, cette information qui est devenue, par la force des choses et depuis plusieurs années déjà, la matière première la plus universelle et la plus utilisée qui soit. La révolution numérique qui l’a rendue exponentielle, productivement parlant, en est aussi l’environnement de transformation, de diffusion et de partage sans lequel, toute tentative de sa gestion serait utopique. Aussi, faudrait-il donc avoir les moyens de maîtriser les sources de production des flux informationnels, savoir les filtrer pour recueillir l’information et les connaissances nécessaires et en faire l’usage adéquat. Une question qui interpelle particulièrement les acteurs des métiers de l’information documentaire classiques que sont la bibliothéconomie, la documentation et l’archivistique, tant leur activité se trouve ainsi résumée. Cette situation actuelle requiert de ces acteurs, et plus que jamais, une appropriation fonctionnelle de la réalité numérique. Une adaptation aux relents de métamorphoses qui définissent de nouveaux contours et entrelacs professionnels et élargissent les imaginaires de l’activité documentaire. En effet l’émergence de nouvelles manières d’agir et de penser concernant l’information présente sur les réseaux numériques, parmi lesquelles, l’autonomisation des internautes permise par le Web 2.0, et la multiplication de dispositifs logiciels permettant à ceux-ci de décrire, commenter, analyser, évaluer, critiquer les ressources documentaires du Web, rend vitale leur présence dans cet espace. Cette conférence se propose justement, d’exposer des pratiques du web devenues courantes et dont les professionnels que nous sommes, sont mieux outillés pour délivrer les meilleurs produits y résultant. Ces pratiques orientées vers le repérage, la capture et la diffusion de l’information peuvent être qualifiées de tendancielles, vu qu’au départ elles ne sont pas des tâches documentaires proprement dites, mais néanmoins en épousent parfaitement l’esprit et ouvrent des perspectives professionnelles, dont peuvent bénéficier aussi bien les professionnels en activité que ceux en devenir. Ma conviction est qu’une bonne maîtrise de ces pratiques, maintiendra et renforcera la place du professionnel de l’info-doc dans l’architecture fonctionnelle de son secteur d’activités et fournira aux futurs diplômés un surplus argumentatif en vue de leur insertion professionnelle.

Je partage donc ci-dessous la présentation qui était prévue à cet effet, mais sans les commentaires qui auraient mieux pu faire comprendre le fond de ma pensée sur ces fonctions et tendances de la fonction Infodoc. Ayant consacré beaucoup de temps et d’énergie à préparer cela, il m’est paru évident de la partager, d’autant plus que les pratiques et outils décrits et présentés ici connaissent une évolution continuelle. L’évitement du risque d’obsolescence est ainsi aussi une raison objective de vulgarisation de cette réflexion.

N° 74 – Ressources mondiales en Maîtrise de l’information 3

infolit-logoL’UNESCO vient de publier un Panorama des ressources en Maîtrise de l’information dans le monde. Ce guide à l’intention des étudiants, professionnels de l’information, enseignants, chercheurs, etc., a nécessité la collaboration de pas moins de 93 spécialistes du domaine et locuteurs de 42 langues dans lesquelles sont déclinées les différentes ressources proposées. L’intégralité du document est accessible ici avec possibilité de le lire en PDF ou en ePub pour les détenteurs de d’appareils mobiles ou de Logiciels de lecture pour PC tel que Calibre.

Cet outil vient compléter tout le travail accompli depuis plus d’une décennie pour promouvoir le concept de « Maîtrise de l’information » en vue de son adoption et opérationnalisation dans les différents contextes éducationnels de la planète. En effet le guide a pour but de fournir une approche inclusive et multilingue, en rassemblant les contributions de ces spécialistes d’origine diverse, permettant ainsi aux potentiels utilisateurs de divers horizons et nationalités d’accéder à des informations pertinentes dans leur langue maternelle. Il se veut être un outil didactique de base à l’intention des enseignants et bibliothécaires des cycles d’enseignement primaire, secondaire et supérieur, pour formater des plans de cours et autres tutoriels dédiés à la formation à la maîtrise de l’information, en direction des élèves et étudiants. Il va sans dire que la pertinence de ce guide multilingue réside surtout dans le fait que les communautés, quelles qu’elles soient, sont mieux en mesure d’identifier leurs besoins d’information, d’accéder à cette information, l’évaluer, l’utiliser, ou la créer et la partager, si elles sont aidées en cela, par des outils propres à leur langue maternelle. Ceci entre en droite de ligne avec l’idéal poursuivi par l’UNESCO (Déclaration de Moscou de juin 2012) ou encore l’IFLA (Recommandations de décembre 2011), qui reconnaissent le rôle primordial de l’information et des médias dans nos vies de tous les jours, car il se trouve au cœur de la liberté d’expression et l’accès à l’information, nécessaires pour la construction et l’application de nouvelles connaissances,  qui elles-mêmes font progresser le monde et par conséquent le bien-être de chaque individu.

Pour la partie purement francophone du document, il fait un focus sur trois pays : la France, le Canada et la Belgique. Une liste de ressources très appréciable pour qui les connaît et les a déjà utilisées D’ailleurs, je recommande vivement l’outil de formation InfoSphère développé par l’UQAM (Québec) qui a été adopté et adapté par les services de bibliothèque d’autres universités francophones du Canada (Montréal et Laval) et de Belgique (Louvain). Je l’utilisais moi-même comme source d’inspiration, lorsque j’enseignais la maîtrise de l’information aux étudiants en Sciences de la santé de l’UGB durant une vie professionnelle antérieure.

Il est aussi louable de noter la prise en compte de deux langues typiquement africaines dans le guide : l’Amharique d’Ethiopie et le Shona du Zimbabwe, mais tout aussi déplorable l’absence de langues comme le Swahili et pourquoi pas le Wolof (un peu de chauvinisme 🙂 ) dont la présence sur Internet et le Web est de plus en plus visible depuis quelques années avec, par exemple, des versions « wolofisées » de Google ; Wikipédia  et même du navigateur Mozilla Aurora. Il ne reste qu’à produire des contenus et des ressources en maîtrise de l’information pour les intégrer dans le guide, d’autant plus que celui-ci est évolutif selon les mots même de l’auteur, ce qui est une excellente chose pour la prise en  compte future de toutes les autres langues qui ne manqueront pas de  se manifester en vue d’être partie intégrante de ce document de référence.

Je voudrai pour terminer, féliciter mes quelques collègues du Comité permanent de la Section Maîtrise de l’information de l’IFLA qui ont eu collaborer dans le cadre de cette publication, pour le compte de leur propre pays et/ou groupe linguistique dans lequel s’exerce leur activité professionnelle.

N° 62 – Caraïbibliothéconomies : Puerto Rico I 1

La deuxième étape du périple caribéen après Sainte Luce en Martinique, se situe à San Juan, capitale de l’Etat de Puerto Rico qui accueille le 77ème Congrès mondial des bibliothèques et de l’information (WLIC) de l’IFLA. Le thème retenu cette année est : « Les bibliothèques au-delà des bibliothèques : Intégration, innovation et information pour tous« . Le Convention center de Puerto Rico a refusé du monde lors de la cérémonie officielle d’ouverture tenue le 14  août 2011 devant plus de 2000 délégués de 200 nationalités différentes. Tour à tour la Présidente du comité local d’organisation et des notables de la ville de San Juan ont pris la parole pour souhaiter la bienvenue à tous les participants présents avant que la présidente de l’IFLA ne procède à l’ouverture officielle du congrès après son discours d’usage. Il revenait ensuite au Dr. Fernando Picó, SJ, historien portoricain reconnu, humaniste et professeur à l’Université de Puerto Rico, Campus Río Piedras, de prononcer le discours d’ouverture en guise de leçon inaugurale intitulée : « Les textes après leur mort : lorsque le paradis est un site Internet. »

L’autre fait important de cette journée a été l’inauguration de l’exposition dans le grand hall prévu à cet effet. Cette exposition est un de moments importants de chaque congrès, car il concerne l’espace aménagé pour les partenaires, les fournisseurs et autres structures travaillant pour, par ou dans les bibliothèques. On y retrouve pèle-mêle des éditeurs, des bibliothèques et autres services d’information, des prestataires de bureautique et d’informatique, etc.. C’est donc l’occasion de se renseigner sur les nouvelles offres technologiques intéressant les bibliothèques, de négocier des contrats avec les éditeurs surtout concernant les ressources électroniques, etc.. Ce même espace accueille aussi les posters proposés et sélectionnés pour le congrès et qui font l’objet d’un concours dont le but est d’élire le meilleur poster à la fin de celui-ci.

La journée du 15 août a été pour moi l’occasion de suivre la session 94 organisée conjointement par les sections « Maîtrise de l’Information » et « Bibliothèques pour populations multiculturelles » et le groupe d’intérêt particulier sur les problèmes indigènes. Cette session intitulée : « Importance de la maîtrise de l’information pour les besoins des populations multiculturelles, stratégies, programmes et le rôle des bibliothèques » était composée de huit (8) communications qui se sont étalés sur trois tours d’horloge devant un auditoire enthousiaste au vu des débats suscités par la quasi-totalité des présentations. Les communications sont disponibles sur le site du congrès (cliquer sur la session 94). Deux communications traduites en français sont disponibles sur le site de l’AIFBD, ce sont les suivantes en attendant que les autres soient faites par les volontaires qui se sont manifestés pour :

  • « Usted y Su Biblioteca (Vous et votre bibliothèque) : un programme d’aide a la maîtrise de l’information pour adultes en anglais langue seconde » (disponible ici) ;
  • « La maîtrise de l’information dans une société multiculturelle : le rôle des bibliothèques en Bulgarie actuelle«    (disponible ici)

Ces traductions sont faites par des bénévoles volontaires et sont précieuses pour la communauté professionnelle francophone qui peut ainsi avoir une idée des communications qui sont faites lors des congrès de l’IFLA et qui sont majoritairement en langue anglaise. C’est le lieu de lancer un appel à tous ceux qui liront ce billet et qui pensent pouvoir participer à l’effort de traduction de se manifester auprès de l’AIFBD, après avoir repéré une communication qu’ils désirent traduire, sur la page consacrée aux traductions.

Je souligne l’excellente organisation de cette session, avec un choix de communications pertinentes, un timing bien géré. Tout ceci a été orchestré par l’organisatrice désignée au niveau de la section « Maîtrise de l’information », notre collègue Zuza Wiorogorska et tous les autres qui ont aidé à la bonne réussite de ce forum.

Voilà le résumé que j’ai voulu faire pour les trois premiers jours du congrès, trois parce que le mien a débuté plus précisément le Samedi 13 août par les réunions des comités permanents des sections « Maîtrise de l’information » et « Technologies de l’information » dont je suis membre. J’entame cette année, avec la première, un mandat électif de  04 ans comme membre plein et poursuit celui de membre correspondant pour la deuxième section. Ma prochaine session dès le 16 août est consacrée à des questions purement africaines et est organisée par le Groupe d’intérêt particulier « Réseau d’accès à l’information en Afrique » (RAIA) ou Access to Information Network-Africa (ATINA) en anglais. Session d’autant plus importante qu’elle sera suivie par une rencontre de préparation d’un prochain congrès satellite à organiser en 2012, conjointement entre ce groupe et la section « Maîtrise de l’information » où je suis désigné pour être un des organisateurs de cette manifestation, mais ceci est une autre histoire…A suivre ! 🙂

N° 53 – Echos de Göteborg : un congrès qui promet 1

C’est sous le soleil (une vraie éclaircie-miracle dans la grisaille froide qui m’a accueilli à Göteborg) qu’a débuté ce 76e Congrès et Assemblée générale de l’IFLA. Autant dire que les organismes tropicaux sont soumis à rude épreuve avec ce changement brusque dans l’échelle des températures. Mais les différents documents reçus et relatifs au programme de ce congrès, prévoient plusieurs occasions de s’échauffer et de se réchauffer, sans compter l’usage intempestif qu’il est prévu de faire du Sauna, cette autre particularité purement scandinave.

Concernant le Congrès proprement dit, une innovation m’a profondément plu avec l’initiative d’officialiser encore plus le « Blogging » effectué au cours de la manifestation. A l’initiative du New Professionals Special  Interest Group qui a créé un espace de blog collectif avec WordPress, avec un pool de 16 rédacteurs, dont l’auteur de cet article. Dans ce même prolongement, tous les biblioblogueurs du congrès ont droit à un ruban spécial distinctif sur leur badge de délégué et enfin la possibilité d’ajouter le logo de « IFLA Blogger » sur leur blog personnel. Quoi de plus pour être heureux suis-je tenté de dire.

En attendant l’ouverture officielle du Congrès ce 11 août, hier  10 août était réservé aux réunions des comités permanents des sections, l’occasion qu’il ne fallait pas manquer pour être au cœur du dispositif d’actions de l’IFLA. C’est l’un des moments importants de tout boursier du CFI et je n’ai pas dérogé à la règle bien au contraire. Et c’est tout naturellement que j’ai participé respectivement aux sessions de mes deux sections favorites : Technologie de l’information (Information Technology) et Maîtrise de l’information (Information Literacy). Ces premières réunions de comités permanents présentent la plupart du temps un ordre du jour identique, mis à part quelques points toujours particuliers à chaque comité.

Ainsi pour la section IT je tiens à souligner la part particulière accordée : à la promotion de l’usage des logiciels libres dans les bibliothèques, à la réflexion sur l’appropriation des concepts Web sémantique et Linked Data et le développement d’applications mobiles dans l’univers bibliothéconomique. Je reviendrai plus en détail au moment de relater les prochaines sessions et les présentations qui seront faites autour de ces questions.

Pour la section IL, il nous a été présenté un compte-rendu de la satellite tenue les 08 et 09 août qui a présenté 39 communications avec 17 pays représentés, un compendium de cette manifestation est disponible sur le blog qui lui est dédié. L’autre grand moment a été la présentation du programme UNESCO/IFAP (PIPT en français) qui a suscité l’intérêt du comité permanent de part la pertinence de sa mission qui rejoint foncièrement la vision de la section. Enfin l’autre fait important a trait à la présentation des communications choisies pour la session 74 organisée conjointement avec la section « Référence et Services d’information » et dont j’ai fait partie du comité d’évaluation des résumés desdites communications. Un compte-rendu de cette session est prévu dans cet espace prochainement.

Cette journée inaugurale, qui a d’ailleurs débuté par une surprise personnelle de taille (qu’aime bien faire une certaine bibliothécaire « scénariste » varsovienne) s’est terminée par la rencontre du Caucus francophone qui regroupe tous les délégués parlant cette langue. Et qui a été l’occasion de nous fournir un certain nombre d’informations importantes, nécessaires pour mieux comprendre ce Congrès 2010 et réussir notre participation.

Mon sentiment après cette journée est que ce Congrès 2010 débute sous de bons auspices et promet un enrichissement professionnel certain et en ajoutant au programme certaines festivités comme le premier IFLA Night Spot d’hier, il y a des raisons d’espérer que l’ennui ne sera pas de la partie.

N° 42 – Echos de Milan : IFLA 2009 (III) 2

Ite missa est !

poland_iflaVoilà Milan c’est fini, l’heure est au bilan de 5 jours bibliothéconomiques les plus importants de l’année. Avant de tirer les conclusions de ces joutes auxquelles ont participé des bibliothécaires venus des quatre coins du monde, voyons les dernières activités vécues. Je finissais mon post précédent par l’annonce de la tenue d’une session sur les bibliothèques et le Web 2.0 et manifestais un enthousiasme non feint. Côté résultat tout a été positif dans le sens où, les présentations et discussions qui en ont découlées m’ont réconforté dans mes certitudes d’avoir pris le bon wagon du Web 2.0 en y embarquant mon âme de bibliothécaire. Sachant que j’avais des expériences à faire partager je ne me suis pas privé de l’occasion pour les exposer au coordonnateur du groupe d’intérêt spécial « Libraries and Web 2.0 » (émanation de la section « Information technology ») et participer ensuite à la réunion des administrateurs du groupe pour réfléchir sur les contenus de ses sessions prochaines lors des deux prochains congrès de l’IFLA. Je me suis aussi intéressé à la section « Périodiques et autres ressources continues » avec des présentations intéressantes. J’ai surtout retenu pour cette session, les ressources gratuites disponibles et qui ont été signalées par quelques orateurs. En voici quelques unes, qui sans doute seront d’un certain apport dans l’enrichissement de nos ressources électroniques en ligne et permettront d’avoir une vue d’ensemble, mise à jour, des archives ouvertes en service dans le monde : les projets OpenDOAR et ROAR (Registry of Open Access Repositories). Il a été   aussi question au cours de cette session des « Overlay journals » (si vous n’avez toujours pas compris…cliquez ici) et accédez à quelques exemples : Naboj, SIGMA (Symmetry, Integrability and Geometry: Methods and Applications), Interjournal et Philica.

La section « Information Literacy » a organisé un atelier sur l’utilisation et la promotion du logo dédié à cette discipline avec invitation faite à tous de le vulgariser. Pour se familiariser avec ce dernier je vous le présente ci-dessous et vous laisse admirer sa simplicité artistique et les nombreuses interprétations qu’il est susceptible de susciter (encore un bon exemple d’analyse pour étudiants en bibliothéconomie ?)

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Pour de plus amples informations sur cette session vous pouvez consulter le blog dédié à l’Information Literacy animé par Sheila Webber de l’Université de Sheffield et aussi visiter le site Web du logo pour le télécharger éventuellement.

Après un petit détour par la section Afrique, j’ai fini mon parcours IFLA 2009 par les ultimes réunions des comités permanents des sections « Information Literacy » et « Information Technology » où ont été tirés leurs bilans respectifs  et posés les jalons pour les congrès à venir, notamment en réfléchissant et adoptant les topics pour les réunions satellites préludes à la conférence de Göteborg en 2010.

Le bilan a donc été largement positif pour moi-même, j’ai pu enfin comprendre comment fonctionne réellement un congrès de l’IFLA et surtout comment en tirer largement et efficacement profit. J’ai pu rencontrer des personnes ressources sur différents domaines qui m’intéressent et ai surtout pu nouer contact avec eux. duomo

Un grand merci encore une fois au CFI qui nous a permis d’assister aux réunions des comités permanents des sections avant l’ouverture officielle du congrès, cela m’a permis de me faire connaître et même de déposer des candidatures pour être membre correspondant et/ou associé des deux sections ciblées et enfin de prendre langue avec le groupe d’intérêt spécial « Bibliothèques et Web 2.0 ».

A bientôt pour d’autres suites éventuelles de ce 75e congrès et assemblée générale de l’IFLA.

ADDIO Italia,

HEJ Sverige !

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N° 33 – Formation de nos praticiens documentaires Réponse

Depuis quelques semaines on débat intensément sur la liste de discussion de la Fondation pour une bibliothèque globale, sous l’instigation d’un collègue qui se plaignait du peu de considération accordée à notre profession quant aux offres de stage proposées par certains organismes ou pays développés.

La majorité des discussions a tourné autour du constat du retard que nous avons par rapport aux développements actuels de nos métiers et de la nécessaire revue de la formation des bibliothécaires, archivistes et documentalistes des pays d’Afrique. Je me propose de transposer ce débat ici, espérant recueillir un maximum d’avis.

Pour bien poser le problème rappelons les constats soulevés par les différents confrères

  • stagnation du niveau des connaissances des professionnels pratiquants
  • insuffisance des structures formelles de formation de niveau académique
  • problèmes de débouchés pour pour les diplômés en sciences de l’information documentaire
  • etc.

Ces problèmes ont assurément des effets induits dont j’énumère quelques-uns ci-dessous.

  • les professionnels non recyclés sont confinés dans des pratiques professionnelles classiques qui sont un frein à tout esprit d’innovation et de changement. Ils restent perçus par les autres comme des garde-documents sans plus.
  • les étudiants qui choisissent ce métier ne se sentent pas prêts à s’insérer dans un monde du travail qui a  cependant besoin d’eux. Ils doivent être assurés sur le fait qu’ils sont incontournables dans la société de l’information actuelle.
  • les programmes des écoles ou départements de sciences de l’information ne suivent pas toujours l’évolution mondiale de nos métiers,  qui s’oriente vers de nouveaux paradigmes.
  • notre relation par rapport à notre matière-première qu’est l’information n’est pas repensée.  Cette dernière devant être bien maîtrisée pour bien gouverner, promouvoir la citoyenneté, mieux vendre et acheter, mieux produire, prendre les bonnes décisions dans l’entreprise, mieux se soigner, mieux se loger, etc.

Il est nécessaire donc, d’avoir des professionnels bien formés et constamment renforcés en capacité, pour s’approprier  cette  maîtrise de l’information au moment où cette dernière est la denrée la plus répandue sur terre. Il apparaîtra alors, par exemple, que :

  • ce sont les archivistes (records managers) qui peuvent dire aux gouvernants que moderniser un Etat ce n’est pas seulement de l’informatiser, mais de bien gérer les documents administratifs pour une meilleure célérité dans la conduite des affaires de la Cité (dossiers de justice, d’état-civil et autres).
  • ce sont les documentalistes (knowledge managers) qui peuvent dire à un chef d’entreprise que la première richesse de sa structure est la somme des expériences, des connaissances internes et externes accumulée par ses employés, que réduire l’espace de stockage des dossiers de l’entreprise par une bonne politique de gestion de ces dossiers, c’est aussi réduire les coûts d’entretien de cet espace et donc accroître la positivité du bilan de fin d’exercice
  • ce sont les bibliothécaires qui peuvent dérouler le fil d’Ariane au bout duquel est accroché l’aiguille à trouver dans la botte de foin qu’est le Web et sa partie « invisible ».

Voilà quelques arguments, parmi tant d’autres, à prendre en compte dans nos processus de formation initiale et continue. Cela revient à dire qu’enseigner ou vivre notre métier aujourd’hui, c’est dépasser nos attitudes et aptitudes traditionnelles, c’est nous muer en »cyborg documentaire », mais c’est surtout abolir nos limites d’action et de pensée pour prévoir l’imprévisible qui est déjà en cours.


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N° 30 – Information literacy, un concept pour nous Réponse

Qui sommes-nous ?

Des spécialistes de l’information, d’autres diront professionnels de l’information dans un acte d’affirmation qui ne doit souffrir d’aucune contestation, ni même d’aucun doute. Cependant pour qu’un tel acte soit protégé de toute remise en cause, il nous faut nécessairement nous donner les moyens d’être de vrais spécialistes. En d’autres termes notre devoir est de tout connaître concernant la dynamique de l’information.

L’Information literacy (IL) figure en bonne place dans cette dynamique est n’est pas un concept nouveau, car dès 1974, il a été mentionné par Paul Zurkowski. Je ne vais pas revenir sur la dizaine de définitions qui concerne le concept, là n’est pas mon propos, mais sur ce qu’il induit, à savoir que tout homme, tout au long de sa vie, doit arriver à une réelle maîtrise de l’information dans un but de développement personnel et cela par l’acquisition de compétences informationnelles. Celles-ci peuvent se résumer à :

  • savoir identifier ses besoins en information
  • savoir formuler les bonnes requêtes ou équations de recherche
  • connaître les sources d’information et les moyens de les interroger
  • savoir évaluer ou critiquer l’information acquise
  • savoir l’organiser pour mieux l’utiliser dans la vie quotidienne

Rien d’extraordinaire pour les spécialistes que nous-sommes, ce qui explique le titre choisi pour ce billet, alors faisons-en un concept-nôtre comme le suggère cette étude sur la maîtrise de l’information publiée par l’UNESCO sur le sujet. Cependant il ne s’agit plus pour nous d’être des pourvoyeurs au sens classique du terme, où nous allions chercher l’information et la communiquer à l’usager, mais bien de donner à ce dernier les moyens d’être autonome dans sa quête informationnelle. Changement radical de cap donc et nouvelle vision de nos rapports avec l’usager, celui-ci devenant de fait un élève à éduquer (nous ne lui donnons plus l’information, nous lui apprenons à l’acquérir). Peut-être que spontanément ou ponctuellement, au cours de nos pérégrinations professionnelles, avons-nous appris à quelques carabins comment faire une recherche dans un catalogue matières ou auteurs ? Eh bien il s’agit de dépasser ces gestes conjoncturels pour mettre en place des canaux structurels par lesquels, l’accès à la maîtrise de l’information sera une réalité au sein de nos espaces documentaires.

Mais quels espaces documentaires ?

Tous sont concernés, du plus petit centre de documentation à la plus grande bibliothèque qui puisse exister, en fait partout où nous rencontrerons des individus intéressés par une quête de savoir. Les structures les plus évidentes pour remarquer cette quête de savoir sont, sans aucun doute, les espaces d’éducation (écoles, lycées, universités,…) et les efforts de mise en pratique du concept de l’IL s’y rencontrent le plus souvent (dans l’hémisphère nord notamment). Pour ce qui est des possibilités d’application dans l’espace universitaire, je vous propose ci-dessous (en fin d’article) une présentation faite à l’EBAD en octobre 2008, par Zuza Wiorogorska, une collègue de l’Université de Varsovie. Je voudrai par contre suggérer quelques comportements en direction des parents pauvres de la bibliothéconomie sénégalaise (ou africaine généralement) que sont les bibliothèques publiques et scolaires. On pourrait faire évoluer ces espaces en des lieux d’apprentissage à la maîtrise de l’information, où les usagers (pour la plupart des élèves) seraient initiés au processus de recherche d’information : quelles sont les principales sources d’information (y inclus pour le numérique), comment les utiliser, quelle attitude adopter devant la quête d’information, comment éviter « bruit » et « silence », comment exploiter des résultats de recherche, etc. ? Au bout du compte, ils seront très tôt familiarisés aux techniques d’acquisition du savoir qui leur seront utiles pour l’avenir. D’un autre côté la visibilité sera accrue du côté des collègues qui interviennent dans ces environnements documentaires, espaces qui cesseront d’être uniquement des dépôt de manuels scolaires ou autres lieux de stockage de romans à l’eau de rose. Ces espaces seront perçus comme des lieux d’éducation en même temps les salles de classe et leurs animateurs  comme des éducateurs au même titre que les enseignants et professeurs. Cela supposera cependant que les moyens soient mis à disposition (parmi autres, une connexion Internet et les PC qui vont avec, un minimum), que les objectifs et programmes de formation soient bien pensés et définis, mais surtout que les spécialistes de l’information ainsi ciblés soient eux aussi capables de maîtriser l’information par l’acquisition des compétences informationnelles (on ne peut transmettre que ce que l’on a parfaitement maîtrisé) et affirmer ainsi leur professionnalisme. Nous rejoindrions ainsi les préoccupations de l’IFLA qui, en 2004 à Buenos Aires, avait choisi l’IL comme un des thèmes du congrès et a créé une « section IL » dès 2002.

Il ne s’agit pas ici de révolution mais d’évolution qui fait de nous, non plus les derniers maillons du processus d’accès au savoir, mais les pourvoyeurs des clés qui ouvrent les portes de la connaissance. Evolution nécessaire pour faire de nous des acteurs essentiels de la Société de l’information qui présuppose, pour « boucler la boucle », que nous soyons nous aussi inscrit à l’école de l’apprentissage tout au long de la vie.

Je suggère la lecture de cet article très bien fait et un rappel du dossier de l’UNESCO sur la maîtrise de l’information.

Enfin, ci-dessous, la présentation tantôt évoquée et disponible en téléchargement sur slideshare.


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