N° 19 – Métavers & pratiques documentaires Réponse

La navigation continue au sein des univers virtuels à la recherche des îles où sont déclamées les notions qui nous sont familières. Cette quête s’est limitée à Second life seulement et le premier constat est la part infime de structures francophones ayant investi ce milieu. Il va donc falloir se coltiner toute une bonne dose de vocabulaire et syntaxe anglaise. L’endroit le plus « important » pour voir la présence de bibliothèques dans Second life est «Info island» qui fédère une quinzaine d’îles virtuelles regroupant plus de 500 bibliothécaires publics et universitaires. Quoi de plus parlant que l’image ? Je vous invite donc à parcourir cet archipel grâce à la magie « Youtubique ».

Si vous ne vous êtes pas ennuyés et que cette vidéo ait donc aiguisé votre appétit pour plus de découvertes, je vous invite à intégrer le réseau social des bibliothécaires de Second life et voir un exemple de job qui y est mené par une « collègue-avatar » dont voici l’interview en français).

Au cours de mon périple volant dans ce métavers j’ai atterri (presque amerri 🙂 ) sur l’île Riviera, où se trouve la Bibliothèque francophone de Second life (eh oui !) qui n’a rien (selon moi) d’une bibliothèque classique avec rayonnages de bouquins (fussent-ils virtuels) et classification systématique, mais un espace d’échanges. La consultation du blog qui lui est dédié vous en dira davantage. Quoiqu’il en soit on y organise de belles conférences à ce qu’il paraît (la Bibliothèque n’est-elle pas aussi lieu d’animation ?)

Si l’envie vous prend de vous inscrire à Second life et d’y venir vous promener (librarians area), vous rencontrerez peut-être un Tonyben Benoir, n’hésitez pas à lui parler Wolof ou Sereer et à débattre de la profession documentaire de Sunugal, de l’ASBAD (une île virtuelle à créer et à modeler parfaitement, comme on le ferait en rêve, dans Second life ?) et plein d’autres petites choses si affinités… 🙂 .

Ma navigation ne m’a pas fait découvrir des espaces archivistiques dans Second life (cependant je vous propose un slideshow d’archiviste sur la question, avec un titre assez évocateur). Quant aux espaces muséologiques, voir ce Google group sur l’usage de Second life pour les musées (en anglais).

Ressources pour toujours mieux s’imprégner (liste non exhaustive)

Fil RSS de Info Island, présentation Powerpoint sur Second life et Bibliothèques, présentation de la Bibliothèque francophone de Second life

A sous peu, pour un retour aux « affres » du monde réel


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N° 02 – De la Bibliothèque 2.0 . : définitions et enjeux 9

La semaine dernière, après une vue d’ensemble de ce qu’est le Web 2.0, j’annonçais un accostage au quai de la Bibliothèque 2.0 qui n’est autre que l’un des corollaires de cette nouvelle réalité du monde de l’Internet. Le constat premier est que tout ce qui touche aux  technologies de l’information et de la communication (TIC) ou bien tout ce que touchent ces TIC se décline, indubitablement, en terme de version et donc d’évolution technologique. Eh bien ne soyons pas surpris par ce terme « Bibliothèque 2.0 », concept né dans la sphère anglo-saxonne et forgé par Michael Casey sur son blog Library Crunch en septembre 2005. Il peut être compris comme étant donc, la dernière « version » de la Bibliothèque dans ses rapports avec les dynamiques technologiques ou plus simplement défini par l’appropriation, par celle-ci, des pratiques Web 2.0.

 

De nouveaux usages qui impliquent une nouvelle conception du paradigme bibliothéconomique et documentaire en général. En effet, ce nouveau modèle théorique et pratique est renversant, car il suppose une ouverture de brèches dans nos « espaces-bunkers » où des pratiques « ésotériques » sont réservées aux seuls initiés. Eh bien, chers collègues, il va falloir remettre en cause moult manières de faire qui sont notre lot quotidien de professionnels.

 

Quelle sera l’attitude de l’indexeur à qui il sera suggéré de prendre en compte des avis, commentaires et critiques d’utilisateurs sur le choix de ses mots-clefs ? Que sera devenu le sacro-saint catalogueur qui, en outre d’importer des notices via le port 210 du protocole Z39.50, se verra proposer, par l’utilisateur lambda via une interface publique, des éléments de description bibliographique et de localisation directement issus d’Amazon.com et/ou de Google maps ? Voici deux exemples de logiques bibliothèque 2.0, qui ne sont pas du domaine du rêve ou de l’utopie, mais une réalité bien palpable qu’il va falloir nécessairement, d’une manière ou d’une autre, prendre en compte dans l’environnement documentaire du Sénégal.

 

Je suis conscient que parler de dynamiques Web 2 et Bibliothèque 2.0 peut paraître inapproprié, car elles sont peu nombreuses, nos structures documentaires disposant de sites web ayant rempli les conditions requises pour l’obtention du label Web 1.0. Mais un leitmotiv, parmi tant d’autres, est là pour une réflexion d’ensemble en vue d’une politique globale, claire, prospective et stratégique de ce que doit être notre documentation dans un environnement mondial technologiquement évolutif. Il est heureux de voir que les cousins journalistes sénégalais se sont penchés sur les incidences du 2.0 sur leur métier, je salue cette initiative, souhaite qu’elle soit des plus contagieuses et qu’elle nous « infecte » plus particulièrement. Cogiter et donc être, l’affirmation cartésienne s’impose à nous et interpelle nos structures associatives professionnelles (ASBAD, COBESS,…) pour mener le débat.

 

Les nouveautés sont là, évidentes et nos pratiques doivent évoluer. De plus en plus, nous nous confronterons à des « digital natives » expression empruntée à   Marc Prensky, c’est-à-dire la génération des « indigènes techno » qui sont nés avec les ordinateurs, les jeux en ligne, le courriel, Internet, la téléphonie cellulaire et la messagerie instantanée. Contrairement à la majorité d’entre-nous « digital immigrants » qui sommes à cheval sur les deux ères « pré-TICS » et TICS, ils auront besoin d’offres de services en adéquation avec leur vécu technologique. Ils créent des blogs, font de l’indexation sociale, créent  des taxinomies populaires (folksonomies) avec les tags, se partagent l’information sur la toile d’une façon naturelle et se forgent ainsi des expertises spontanées en la matière. Alors il faudra nous adapter et proposer des services adéquats dans nos bibliothèques, centres de documentation, archives, musées, etc.

 

Ne ratons pas le train 2.0 qui est toujours à quai, surtout qu’il est encore là pour un bon bout de temps, parce que n’ayant pas encore fait le plein de passagers (loin de là). Il y a encore de la place ! Il suffit d’y mettre le prix du voyage : bonne volonté, réflexion et action, un triptyque qu’il est impératif de nous faire nôtre, en ce 21ème  siècle, pour simplement continuer d’être et répondre, nous aussi, à Hamlet, héros Shakespearien.

 

Escale prolongée pour charger, l’année prochaine, « Les pratiques Bibliothèque 2.0 : exemples ». SDV.

 Bonnes fêtes de fin d’année à tous !