N° 90 – De la bibliothéconomie à la « Webibliothéconomie » : évolution ou révolution professionnelle ? 2

Voilà une question à poser à tous les « vieux » professionnels des bibliothèques qui ont passé en moyenne ou plus d’un quart de siècle à arpenter et arranger les rayonnages et autres espaces de conservation qui caractérisent la bibliothèque classique. Ces preux chevaliers d’un « moyen-âge » professionnel qui ont fait vivre les fichiers manuels qui décrivaient et donnaient accès aux trésors cachés dans les méandres rectilignes des magasins de conservation. Ceux-là qui ont donné à la Bibliothéconomie ses lettres de noblesse en la pratiquant aux seules force de leurs mains et de leur esprit, tout en satisfaisant tant bien que mal, et ce depuis l’Antiquité de Callimaque de Cyrène, des générations d’utilisateurs en quête d’informations, de connaissances mais aussi de loisirs pour l’esprit. Ils se sont appliqués la définition de la bibliothéconomie, telle qu’apprise à l’école du métier, et déclinée en ces termes : « Discipline groupant l’ensemble des connaissances et des techniques qu’exige la gestion d’une bibliothèque » (Ortolang : portail lexical /du CNRTL) et dont les bases ont été jetées dès 1627 par Gabriel Naudé et son « Advis pour dresser une bibliothèque« . Cette définition traverse l’histoire et s’applique partout où l’on trouve des collections organisées de livres sous toutes leurs formes. C’est donc un ensemble de pratiques, d’attitudes, mais aussi de réflexions théoriques qui ont fini de rendre la discipline bibliothéconomique digeste scientifiquement s’entend, à tel point qu’elle s’adapte naturellement aux mutations du monde, notamment technologiques. L’ordinateur sera passé par là, modifiant les compétences des bibliothécaires et leur rapport aux documents qu’ils gèrent et aux utilisateurs qu’ils servent. Ce passage à une bibliothéconomie technologique est devenu tellement banal pour les « jeunes » bibliothécaires qu’il leur est sans doute difficile de mesurer le cap franchi dans la praxis bibliothéconomique dont la figure principale est ce que j’appelle la « Webibliothéconomie ».

Catalogue manuel/Gabon.Bibliothèque nationale

Catalogue manuel/Gabon.Bibliothèque nationale

Qu’entends-je par-là ?

Une Bibliothéconomie adaptée, intégrée, appliquée au Web ou plus simplement utilisant et s’appropriant les usages et technologies du Web. Le Web est une émanation de l’informatique proprement dite qui est, elle, présente depuis assez longtemps dans les bibliothèques où on parlait déjà dans les années soixante  de l’informatique documentaire axée principalement sur la recherche de documents et évoluant au fil des ans vers leur gestion, leur organisation, leur production et leur diffusion.  Cette dernière tâche a été rendue optimale avec l’utilisation du Web, génialement inventé au début des années 90 dans un bureau situé sous la bibliothèque du CERN à Genève (lieu ne pouvait être mieux choisi). Du génie dans le Web c’est une lapalissade que de l’affirmer, ne serait-ce qu’en faisant référence à son déterminant essentiel qu’est l’HYPERTEXTE qui, bien que caractérisée par de la volatilité et de l’immatérialité, est pourvoyeur de spontanéité et de malléabilité dans la préhension des documents. Une aubaine qu’a saisie la bibliothéconomie pour se transformer en discipline plus attractive élargissant ses champs du possible et les frontières de sa réalité. Il y a donc une bibliothéconomie d’avant le Web, une avec le Web que nous vivons et peut-être en existera-t-il une autre « post-Web » mais nous n’en sommes pas encore là.

Ordinateur de création du Web

Ordinateur de création du Web

En quoi consiste ma vision de la Webibliothéconomie ?

L’exercice est plus simple à faire quand on compare les fondamentaux de la bibliothéconomie tels qu’appliqués SANS et AVEC le Web.

Une bibliothèque c’est avant tout des documents qu’il faut acquérir après les avoir repérés. Avant le Web, il fallait consulter des répertoires, des catalogues d’éditeurs imprimés et établir ses listes de commandes, ensuite les envoyer par courrier postal au fournisseur pour recevoir en retour et par le même canal une facture pro-forma indiquant les coûts des documents. Avec le Web le repérage se fait en consultant des sites Web d’éditeurs ou de fournisseurs qui proposent des formulaires de commandes au format feuille de calcul où on peut soi-même composer sa commande, avoir au fur et à mesure les coûts d’acquisition en temps réel et enfin passer commande par un simple clic.

Après acquisition et livraison de la commande vient l’étape du traitement matériel et intellectuel. S’il y a encore un bunker de l’activité bibliothéconomique non encore colonisé par le Web, c’est bien celui du traitement matériel ou équipement physique des documents. Il n’en est pas de même pour la description bibliographique, le bulletinage des périodiques et l’indexation qui ont fini de voir jetées aux oubliettes toutes les manifestations du traitement documentaire manuel (fiches en bristol dactylographiées avec ou sans vedettes et cotes, bordereaux de saisie manuelle des premiers logiciels documentaires, fiches Kardex, etc.). Avec le Web, les logiciels documentaires entretemps ayant évolué en SIGB, sont devenus des applications accessibles via les navigateurs. Le catalogage se fait désormais en ligne, il peut être partagé et génère des catalogues en ligne consultables à distance (OPAC), où la magie de l’hypertexte permet des parcours de recherches fluides et extensibles grâce aux liens existant entre les documents qu’ils soient du même catalogue ou de catalogues différents. Des catalogues qu’on peut fédérer à l’échelle d’un pays (Sudoc) ou à l’échelle d’une planète (Worldcat) permettant même par la même occasion l’automatisation des dispositifs d’échange de documents entre structures documentaires, exemple du prêt entre bibliothèques. Des catalogues où les notices peuvent s’enrichir de la version intégrale des documents qu’ils décrivent générant des bibliothèques numériques. Le document devenant téléchargeable et consultable à distance, annihile ainsi des barrières physiques qui ont sans doute causé plein de frustrations à des générations d’usagers des bibliothèques.  Des bibliothèques numériques qui donnent naissance au concept de l’accès libre accroissant notablement le taux de démocratisation du savoir. L’échange de données érigé en vœu pieux aux balbutiements de l’informatique documentaire avec les formats MARC, devient une réalité « palpable » avec des protocoles automatisés qui instaurent un système de vases communicants ou les bibliothèques deviennent en même temps fournisseurs et moissonneurs de données. L’exemple achevé est le protocole OAI-PMH dont l’épine dorsale est sans nul doute le protocole HTTP pour le transfert de l’hypertexte (niveau technique), auquel il faut associer deux autres standards du Web que sont le XML (niveau syntaxique) et le DUBLIN CORE (niveau sémantique). Cet échange de données préfigure l’évolution du Web de documents vers un Web de données (Web sémantique) où ces dernières sont liées entre elles. Une liaison rendant possible la confluence entre bibliothèques et autres disciplines proches dont la matérialisation serait l’intégration des notices bibliographiques avec celles produites par  ces autres disciplines qui créent également des métadonnées sur le Web. Une évolution du web qui impacte aussi la bibliothéconomie classique qui se met en conformité avec cette donne nouvelle en adoptant de nouvelles règles de catalogage (RDA) adaptées au numérique et cela après avoir anticipé par la modélisation conceptuelle dès le début des années 90 (FRBR)

Avec le Web est apparue une nouvelle manière de gérer les usagers et de leur rendre service. Les services de référence virtuels ont fini de prendre leur marque, venant compléter l’offre présentielle faite à ce niveau, avec en plus la possibilité de constituer au fur et à mesure des bases de connaissances (pouvant être collaboratives) alimentées par les réponses fournies aux requêtes adressées et interrogeables via le site Web de la bibliothèque. Vitrine de la bibliothèque, le site Web ou portail documentaire est l’outil de marketing par excellence que les bibliothécaires ont su adapter avec brio pour interagir avec des usagers anonymes ou inscrits à la bibliothèque. Mieux que ne le ferait une brochure classique, un guide de l’utilisateur, un avis placardé sur le tableau d’affichage de la bibliothèque, etc., cet outil Web permet d’atteindre des cibles insoupçonnées. On peut y partager tout un ensemble de services qui concourent à l’animation de la bibliothèque : formation des utilisateurs avec des tutoriels mis à disposition via des applications Web (YouTube, Vimeo,…), actualités de la bibliothèque (fil Twitter), promotion d’évènements (Facebook), liste de nouvelles acquisitions avec vignettes des couvertures des documents (Pinterest), espaces de blog interactifs (biblioblog), etc.. Plusieurs de ces services font référence au Web 2.0 et à la Bibliothèque 2.0 dont il en est l’adaptation au niveau des bibliothèques, un glissement subtil vers cette réalité professionnelle qui est aussi une composante de la Webibliothéconomie.

Alors évolution ou révolution ?

Cela dépend des aptitudes du professionnel selon qu’il soit de la génération dite des « Digital natives » ou celle des « Digital immigrants », car tout dépend de son rapport à l’outil informatique qui véhicule le Web. S’il en est un utilisateur averti et habituel, le passage à la Webibliothéconomie n’aura rien de « dérangeant », vu qu’il s’adaptera naturellement à une nouvelle manière de faire son travail. Une évolution en douceur qui ne serait pas forcément le cas d’un « ancien » de la profession qui tiendrait à ses fondamentaux professionnels teintés d’un certain immobilisme et qui éviterait les manifestations de l’évolution technologique même si celle qui nous concerne est marquée de l’irréversibilité.

“Souvent une évolution est une révolution sans en avoir l’R.” (Pierre-Henri Cami).

 

N° 89 – L’IFLA tient Le Cap Réponse

opening_wlic2015C’est parti pour la grand-messe des bibliothécaires et assimilés, 81e édition du nom qui se tient cette année en terre africaine d’Afrique du sud, plus précisément dans la partie la plus au sud du continent des origines. Ces premiers jours se passent sous un froid glacial accompagné souvent de fines averses qui parfois, suscitent en soi la question : que suis-je venu faire dans cette galère ? Mais instantanément, ce spleen s’estompe laissant place à l’excitation unique que procure la possibilité de vivre un peu plus sa passion professionnelle avec l’occasion annuelle unique de voir, revoir, découvrir, faire connaissance avec des collègues des cinq coins du monde qui partagent toujours les mêmes normes et standards de travail, souvent les mêmes soucis,  et parfois les mêmes problèmes liés à la gestion des documents de toute nature et sous tout support. Ces documents qui sont notre pâte à pétrir pour donner accès au pain quotidien de l’esprit que sont l’information et à la connaissance. Le congrès de l’IFLA se tient donc au Cap et les bibliothécaires tiennent le cap qu’ils se sont fixés depuis quelques années et qui est matérialisé cette année par le thème général de la conférence : « Des bibliothèques dynamiques : accès, développement et transformation » lui-même arrimé au thème choisi par l’actuelle présidente Sinikka Sipilä : « Bibliothèques fortes, sociétés fortes ». Car le cap dont il est question est bien celui-là, faire comprendre au monde que pour que les sociétés humaines se développent il leur faut un accès régulier et pérenne à l’information et à la connaissance et les bibliothèques sont un outil fondamental pour que cela puisse être, comme l’a d’ailleurs si bien dit la même présidente de l’IFLA : « les bibliothèques ont besoin de créer un lien avec la société civile afin de démontrer leur valeur ajoutée en matière de lutte contre la pauvreté, l’illettrisme, le chômage et l’ignorance,  en mettant un accent particulier sur le développement de la petite enfance, les services pour les jeunes,  la santé des femmes, et le développement économique local ». Déjà l’année dernière la déclaration de Lyon en faisait cas et cela s’est poursuivi cette année avec la déclaration du Cap qui vient d’être endossée par plusieurs officiels de haut rang originaires de treize (13) pays africains. Cela est d’autant plus marquant que le continent africain est celui ou le besoin de renforcer les bibliothèques et leur action se fait le plus sentir. Ce congrès est donc plus que symbolique ne serait-ce que pour cela, mais aussi parce qu’il coïncide avec les objectifs de l’agenda 2030 des Nations Unies dont un des points les plus importants est lié à l’accès a l’information pour le développement arrimé à l’inclusion de cet impératif dans les plans de développement des pays.

Le congrès a donc débuté hier avec les traditionnelles réunions des comités permanents des sections et les caucus géographiques et linguistiques qui sont les lieux pour débattre d’affaires concernant spécifiquement ces entités géographiques et linguistiques. Plus particulièrement je me suis logiquement intéressé aux caucus « Afrique, Asie & Océanie et Amérique latine et les Caraïbes » et « francophone » et par la section Afrique qui s’est elle réunit le lendemain sous la direction de la nouvelle présidente élue cette année et surtout à ma propre section « Maitrise de l’information » en tant que membre de son comité permanent. Cette réunion outre les traditionnels points qui sont débattus a eu un cachet particulier puisque j’y étais choisi par mes pairs pour occuper le poste de chargé de l’information aux cotés de la Présidente et de la secrétaire. Nul meilleur endroit ne pouvait être choisi pour moi que cette terre africaine pour occuper un premier poste « officiel »  à l’IFLA.

Le lendemain 16 août a eu lieu la cérémonie officielle d’ouverture du congrès rehaussée par la présence de plusieurs officiels africains auxquels on peut ajouter la présence de la deuxième dame du Ghana (épouse du vice-président), elle-même bibliothécaire, qui est par ailleurs très active en participant aux différentes réunions professionnelles se tenant sur le continent. Cette cérémonie a été marquée par le discours de la présidente et aussi par la fabuleuse et fascinante prestation de l’artiste sud-africaine Gcina Mhlophe qui, pendant plus d’un quart d’heure, a tenu en haleine l’assistance par une envolée lyrique dont le thème central était un souhait de bienvenue aux délégués faisant en même temps référence à l’Histoire de l’Afrique berceau de l’humanité.

L’autre fait marquant de la journée fut les quatre sessions consacrées au nouveau plan stratégique de l’IFLA 2016-2021 et plus particulièrement celui lié à l’engagement des sections dans la mise en œuvre de ce plan stratégique. Cette session particulière organisée sous forme d’atelier a permis d’acquérir des orientations et des pratiques sur l’élaboration de plan d’actions et plans de communication au niveau des sections pour que ces dernières puissent aligner leurs activités surs les desiderata exprimés dans le draft du plan stratégique qui sera finalisé courant septembre. Cette session a été particulièrement utile aux chargés de l’information qui sont les principales chevilles ouvrières des plans de communication à élaborer au niveau des sections.

Cette journée fut l’occasion d’inaugurer l’exposition consacrée aux différentes compagnies, sociétés, institutions commerciales ou non qui s’activent dans le secteur des bibliothèques et disciplines connexes. Comme chaque année c’est une centaine d’exposants qui sont venus présenter leurs produits et activités et c’est l’endroit idéal pour nouer des contacts, découvrir de nouveaux matériels, équipements, offres documentaires, etc. pouvant être intéressant professionnellement s’entend.

Enfin la journée du 16 août s’est terminée par la traditionnelle réunion des boursiers du Cfibd qui est l’occasion de mieux se connaitre entre boursiers, de discuter sur les activités du comité et de réfléchir sur des orientations futures visant à rendre la politique de celui-ci plus en adéquation avec les mutations et projets de l’IFLA qui impactent forcément sur ses programmes et projets.

Voilà en substance l’économie de ces deux premiers jours de congrès au pays de Mandela, dans une ville du Cap belle à souhait et porteuse de promesses enchanteresses pour la Bibliothèque, une bonne espérance qui sied à merveille au lieu, cette extrême partie méridionale de l’Afrique que découvrit et contourna en 1487 un certain Bartolomeu Dias sur sa route des Indes prometteuses.

N° 88 – Librarika est aussi dans le Cloud 1

librarika_logo Nous restons dans le même sillage que le post précédent, c’est-à-dire le domaine des SIGB en ligne. Je présente cette fois-ci un autre logiciel dénommé Librarika qui, à l’image de WaterBear, est aussi un système intégré de gestion de bibliothèque disponible dans le Cloud et qui offre quasiment les mêmes fonctionnalités.

Librarika peut être utilisé par tous les types de bibliothèques : bibliothèques universitaires, scolaires, publiques ou privées (familiale, personnelle, etc.). Le souci de la simplicité et de la convivialité dans la gestion de l’application en mode administrateur (backend) est vraiment pris en compte par les développeurs, ce qui rend ladite gestion accessible à tous indépendamment d’une qualification bibliothéconomique poussée. Il en est de même de la partie utilisateur en référence à l’OPAC intégré au produit. Un OPAC pouvant être fédérateur si l’utilisation de Librarika est faite dans le cadre d’un réseau de bibliothèques même géographiquement dispersées. Les utilisateurs peuvent être inscrits sans limite de nombre et leur gestion se fait de façon intuitive alliant intelligence et facilité.

Côté coûts, Librarika est certes gratuit mais seulement pour une collection de moins de dix mille (10.000) notices. Au-delà de ce chiffre, des frais sont requis en fonction de fourchettes quantitatives de notices supplémentaires voulues et aussi en cas de projet de gestion bibliothéconomique d’Ebooks. C’est un outil parfait donc pour les petites et moyennes bibliothèques pas très riches et qui ne disposent pas de collections gargantuesques.

Librarika donne la possibilité d’établir divers types de rapports de l’activité quotidienne de la bibliothèque : mouvement des documents, statistiques concernant les utilisateurs etc.. ces derniers une fois inscrits peuvent accéder aux informations les concernant, recevoir des notifications et alertes entre autres..

Enfin durant le processus de création des notices et de traitement des données en mode « Smart », certains éléments provenant d’autres sources sont intégrées automatiquement, notamment des métadonnées descriptives, des vignettes de livres tirées du projet Open Library, grâce à son API des photos de couverture des ouvrages qui y sont catalogués, etc..

Pour créer sa bibliothèque il faut d’abord s’’inscrire en remplissant au moins 8 des champs proposés et allant du nom de la bibliothèque au numéro de téléphone personnel ou institutionnel, en passant par une description de l’objet de la bibliothèque etc. Ensuite il vous sera envoyé un email de validation de l’inscription pour activer la création de la bibliothèque et commencer à saisir les données. Le mail de validation comprend un Identifiant (adresse email) et mot de passe temporaire à changer une fois la connexion faite (Onglet : SETTINGS). A ce niveau j’ai eu des problèmes de connexion avec Internet Explorer mais en utilisant Firefox ça a marché. Toutefois je n’ai pas testé la connexion avec les autres navigateurs que sont : Chrome, Safari ou Opera. Une fois que la connexion établie l’écran d’accueil s’affiche avec toutes les fonctionnalités proposées par le logiciel et qui sont presque communs à tous les SIGB :

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Le catalogage se fait de deux manières, soit par une « Saisie intelligente ou Smart Add » ou par saisie manuelle. Pour la saisie intelligente elle se fait en recourant à l’ISBN de l’ouvrage. Cependant concernant ce type de saisie, il sera toujours requis un enrichissement manuel des notices pour les métadonnées qui ne pourront pas être automatiquement aspirées d’autres sources. Au contraire de WaterBear, il n’est pas proposé de champs de saisie en MARC (Unimarc). Ceci, du point de vue du bibliothécaire, peut être une faiblesse, mais du point de vue du profane qui veut créer et mettre en ligne sa bibliothèque, cela peut être pertinent d’avoir des masques de saisie où les champs sont libellés en langage naturel fut-il de… l’anglais, car c’est là aussi une particularité de Librarika qui est exclusivement en Anglais.

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A titre d’illustration, j’ai utilisé la bibliothèque-test spécialisée dans l’écologie et l’environnement que j’ai dénommée « bibliothèque verte » accessible ici. Imaginons toutes les possibilités offertes par ce type de SIGB, déjà en partageant l’adresse URL de son OPAC, on donne à des utilisateurs l’accès à un catalogue bien fait de ressources générales ou spécialisées en fonction de leurs centres d’intérêt. C’est déjà possible avec les sites de partage de livres en ligne (LibraryThing, Babelio,…) ou même les OPAC des SIGB « hors-cloud », sauf que pour les exemples de WaterBear et Librarika, il n’y a rien à installer, l’OPAC est en ligne…et on peut gérer des utilisateurs en même temps qu’un système de prêt de documents avec toutes ses spécificités. Il faudrait juste que les propriétaires garantissent une pérennisation de leur plateforme, mais cela est une toute autre histoire. librarika_logo1

N° 87 – Waterbear : un SIGB libre dans le Cloud 2

logoCe logiciel est sûrement fait pour tous les gestionnaires ou responsables de bibliothèque ou centre documentation souhaitant  l’informatiser mais ne disposant pas des ressources aussi bien financières que matérielles (équipements informatiques) pour y parvenir. Il est vrai que depuis une dizaine d’années les Systèmes Intégrés de Gestion de Bibliothèque (SIGB) libres ont fini de s’imposer et d’être accessibles pour le plus grand bonheur des actifs de la profession, mais certains en sont encore à la gestion analogique de leur fonds documentaire, nonobstant la possibilité offerte à eux d’investir dans le Libre. En effet il n’est pas toujours donné à tout le monde de disposer d’un serveur et de le mettre en ligne avec toutes les exigences de gestion requises notamment en ce qui concerne la maintenance, la sécurité de l’application et des données, entre autres.

Waterbear vient à la rescousse en se posant comme alternative notable qui peut faire le bonheur de n’importe quel bibliothécaire et documentaliste disposant un appareil informatique (PC, Tablette, Laptop,…) connecté à Internet. Un investissement minimum à la portée de toute structure quelle que soit sa taille et son portefeuille budgétaire.

Le principe est tout simple : le logiciel qui remplit suffisamment les fonctions d’un SIGB classique est totalement libre, gratuit et…accessible en ligne. Cela veut dire qu’il suffit d’un ordinateur connecté au Web pour s’inscrire et disposer en quelques minutes d’un logiciel de bibliothèque proposant toutes les fonctionnalités dont on a besoin : catalogage, prêt, retours, réservations, import/export unimarc, gestion des revues (périodiques), acquisitions, statistiques, etc.. Selon moi cela constitue une autre évolution, en termes de valeur ajoutée, des logiciels libres et gratuits de bibliothèque. Il n’y a rien à télécharger, rien à installer… tout se passe en ligne. Il n’y a pas non plus besoin de gérer des sauvegardes et des mises à jour.

Au premier contact on peut être pessimiste à la lecture de toutes ces affirmations, mais une fois franchi le seuil de l’inscription, étape préalable et facile à gérer, on mesure à sa juste valeur tout ce que promet le logiciel en terme de simplicité dans la pratique des opérations bibliothéconomiques courantes (catalogage, gestion des prêts, acquisitions, etc.). Par exemple pour le catalogage, il se fait en UNIMARC avec des masques de saisie libellés et combinant les numéros de zones et leur équivalent dans le langage humain, pas besoin donc de maîtriser à priori la nomenclature chiffrée d’UNIMARC qui s’acquièrera forcément au fur et à mesure que le catalogage se fera (très pratique pour apprendre et se familiariser avec le MARC universel).

catalogage

Cerise sur ce gâteau documentaire : la possibilité offerte gratuitement d’avoir un OPAC (interface utilisateur) pour sa bibliothèque créée avec Waterbear.

Imaginons quels avantages peuvent en tirer toutes les bibliothèques pauvres en ressources comme il y en a en nombre sous nos tropiques. Elles peuvent adopter l’outil pour gérer et rendre visibles leurs ressources documentaires. Même si la conception du logiciel s’inspire de l’environnement de la France, il est parfaitement adaptable au contexte sénégalais, voire africain. La preuve j’y ai créé ma propre bibliothèque (virtuelle :) ) en guise de test et dans l’optique d’en partager les subtilités par ce canal-ci et une présentation à venir avec pas mal de printscreens.En attendant il est possible d’en savoir un peu plus sur Waterbear grâce à la documentation sous forme de vidéos explicatives.

Alors, pour tous ceux que ça intéresse, tous ceux qui sont déçus par l’anonymat de leur œuvre professionnelle au quotidien, ceux qui sont angoissés par les processus d’installation des SIGB classiques, etc., découvrez Waterbear et forgez-vous un une armure de « bibliothécaire-documentaliste dans les nuages » qui fait pleuvoir un peu plus de connaissances sur Terre surtout d’Afrique.

N° 86 – BiblYonthéconomie 2014 : dans le vif du sujet Réponse

Ce dimanche 17 aIMG_2148[1]out est marqué par le départ réel du semi-marathon qu’est le congrès de l’IFLA, non pas que je veuille sous-estimer les rencontres formelles et restreintes qui ont marqué le jour d’avant (réunions des comités permanents de section notamment), mais parce que la séance officielle d’ouverture a eu lieu ce « jour du soleil » pour reprendre le terme anglophone qui désigne le dimanche. Une grand-messe laïque dont la leçon inaugurale offerte à nous par le philosophe français Bernard Stiegler fut tout simplement sublime. Traitant du « Futur de la lecture et des bibliothèques à  l’heure du World Wide Web », la profondeur de son analyse, la hauteur de son discours et la largeur des illustrations utilisées ont parfaitement épousé les contours tridimensionnels de la communication déjà perceptibles dans les trois idées motrices de l’intitulé (Lecture-Bibliothèques-Web). Je ne prétends pas d’essayer de résumer la totalité de son intervention, mais seulement partager une toute petite chose que j’ai retenue de son argumentaire et ayant trait à une nécessaire transformation du Web actuel en un Web herméneutique où des annotations seront possibles et se feront par les bibliothèques, comme elles les permettent déjà dans le monde analogique. Un Web ou sera de mise la lecture hybride, le partage des notes de lecture via un protocole de réseau social. Je passe sur les jeux de mots subtils qui ont aussi participé à me le rendre captivant dont voici quelques morceaux choisis : l’allusion faite aux frères Lumière (cinéma) en invoquant les « Lumières numériques » qui sont attendues par les créateurs et militants du Web ; le bal des « nombres » comme des « ombres » dans le sérail informatique, etc. Ajoutons-y les concepts de haute portée philosophique que sont la « néguentropie » ou la « transindividuation« , le tout mariné à la sauce bibliothéconomique, produisant ainsi un cocktail de saveurs intellectuelles dont on se délecta assurément.

Malheureusement, j’ai dû quitter avant terme le grand amphithéâtre, théâtre de ce show de la Pensée pour déférer à ma tâche de traducteur pour l’IFLA Express, le journal multilingue du congrès. Ensuite cap sur la réunion 1 du comité permanent de la section « Afrique » marquée par une assistance record, preuve que la cause bibliothéconomique semble prise encore plus au sérieux au niveau du continent africain. J’ose espérer que cela n’est pas un épiphénomène, sinon ce serait vraiment désolant à une année du congrès prévu au Cap en Afrique du sud, congrès qui devra être l’occasion de consolider le sentiment d’enthousiasme général que j’ai remarqué et que je n’avais jamais vu en 5 participations.

La journée s’est achevée par ma visite de l’exposition-explication du projet Ideas-Box lancé par « Bibliothèques sans frontières » en faveur des populations réfugiées du Burundi (première phase). Une géniale initiative qui permet à des populations complètement déconnectées des sources de connaissance de pouvoir accéder a cette dernière par un procédé de « bibliothèque portable », composée de livres imprimés, électroniques, de matériel ludique et didactique et d’appareils connectables  à Internet. Un surplus d’informations peut être obtenu sur le site du projet.

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Le Lundi fut d’un réveil très matinal pour aller participer à la réunion du Groupe d’intérêt particulier ATINA/RAIA (Access To Information Network in Arica / Réseau d’Accès à l’information en Afrique) parrainé par la Section « Afrique ». Là aussi un enthousiasme réel s’est manifesté vu le nombre de participants et les engagements pris par la majorité des collègues pour assurer la durabilité et pérennité de ce groupe qui connait une relative léthargie depuis la retraite de son initiateur et animateur en 2012. L’organisateur de la réunion, à ce moment du congrès, a certainement été bien inspiré parce qu’elle coïncidait avec la Déclaration de Lyon sur l’accès à l’information et au développement qui se faisait officiellement lors de la deuxième séance plénière du congrès. L’opportunité de cette déclaration a été saisie pour penser à repositionner le Groupe d’intérêt et lui faire jouer un rôle encore plus palpable et plus visible dans ce vaste projet relatif à l’accès à l’information pour le développement.

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La suite fut marquée par un saut dans le bain de la session 86 organisée par la section « Catalogage » en collaboration avec le « Programme stratégique sur la Bibliographie, la Classification & Indexation et UNIMARC ». Un plongeon dans le bassin de mes premières et toujours amours professionnelles à savoir le Catalogage et la Description bibliographique. Une session constituée de sept (7) présentations de très haute facture sur les développements récents en la matière. Il a été ainsi question de modélisation (FRBR, FRAD), de Web sémantique, de données liées (Linked Data), de contrôle bibliographique universel (CBU), d’ontologies, etc., un certain nombre de notions constitutifs d’une prochaine communication que je devrai présenter, mais cela est une autre histoire… à raconter peut-être .

N° 85 – BiblYonthéconomie 2014 : prémices d’une conférence confluente Réponse

lyon2014C’est bel et bien parti pour le 80e congrès mondial de l’IFLA qui se déroule a la confluence du Rhône et de la Saône d’où s’inspire le thème choisi pour cette année, c’est-à-dire : « Bibliothèques, citoyenneté, société : une confluence vers la connaissance ». Un congrès qui est parti pour un battre un certain nombre de records en termes de participation et de propositions de communications reçues notamment, comme l’a affirmé Pascal Sanz Président du Comité d’organisation et par ailleurs président du Comité français international bibliothèques et documentation (Cfibd) qui a octroyé pas moins de 25 bourses a des délégués francophones non français. J’ai l’honneur de faire partie de cette cuvée 2014 remarquable en nombre (la aussi un record) et sans doute en qualité, M. Sanz intervenait lors du Caucus regroupant les pays d’Afrique, d’Océanie, d’Asie, des Caraïbes et d’Amérique latine. Une rencontre formelle où tour à tour, chaque section de cet espace géographique cité fait un bref rapport de ces activités de l’année en cours et renseigne sur les perspectives et projets à venir. Tribune mise à profit pour d’autres d’informer aussi sur des activités menées au niveau national voire local. Cette session qui fut la première à laquelle j’ai participé a été suivie par celle regroupant tous les francophones avec le même souci de rendre compte des activités et projets menés par certaines entités francophones du sérail bibliothéconomique, telles que : l’AIFBD, le Cfibd, le Réseau francophone numérique, le centre francophone de l’IFLA de Dakar, Bibliothèques sans frontières, etc. Cette rencontre est aussi mise a profit pour présenter les collègues francophones qui assurent des fonctions officielles dans les sections (Présidence, secrétariat, coordination de l’information) qui sont autant de points d’appui pour aider à comprendre le fonctionnement des sections pour ceux qui seraient intéressés a intégrer l’une d’entre elles.

Ce fut une demi-journée assez riche en informations glanées et surtout en contacts professionnels nouveaux, mais aussi anciens par les retrouvailles avec des collègues déjà connus ou/et avec qui je collabore a l’international. Cependant, dû à des problèmes d’ordre logistique (transport) je n’ai malheureusement pas eu la possibilité d’assister à la première réunion du comité permanent de ma section « Maitrise de l’information » qui vient de clôturer une conférence satellite organisée a Limerick en Irlande, à laquelle j’ai modestement contribué, notamment en ayant évalué pas moins de 30 propositions de communications qui devaient y être présentées. Dans la même veine j’ai aussi dû manquer la réunion du comité permanent de la section « Afrique ». Ces deux sessions se déroulaient en début d’après-midi à l’heure où j’arrivais à notre lieu de résidence à Lyon.

lyo_palaisVoilà en quelques mots le vécu de ce premier contact avec le centre des congrès de Lyon, ville que je retrouve avec plaisir après mon passage à l’ENSSIB d’il y a 3 ans ou j’étais invité par la « Mission Relations Internationales » (merci Raphaëlle) à venir faire une présentation devant des élèves conservateurs de l’école. A l’époque j’avais apprécié la beauté et le charme de la ville qui est le point de convergence de deux cours d’eau, ce qui en fait naturellement à partir d’aujourd’hui et pour une semaine, celui des meilleurs diffuseurs de la connaissance, c’est-à-dire ceux qui mettent en scène au jour le jour et sur des prosceniums en forme de travées ou d’écrans, les objets du savoir indispensables au public de la Cité.

N° 84 – Les catalogues de données 1

Je poursuis mon parcours dans l’univers des données après le billet précédent portant sur une revue listée et catégorisée des sources de données disponibles sur le Web. Parmi celle-ci, il était fait état de sources à caractère national, donc de données produites au niveau des pays, notamment africains. Une investigation accrue dans ce sens, doublée d’un désir de satisfaire une curiosité professionnelle, m’a amené à m’intéresser à la manière dont les données «africaines» pouvaient être décrites et accessibles, selon un procédé identique  à celui des documents présents dans les catalogues classiques des bibliothèques. J’ai ainsi pu dénicher quelques très belles perles, dont le catalogue des données de l’ANSD (Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie) du Sénégal. Il est produit dans le cadre du programme d’archivage national des données du Sénégal (ANADS) géré par l’ANSD elle-même.
L’archivage des données, arrimé à Internet, fait surtout référence au concept de microdonnée. Ces microdonnées, qui sont des ressources importantes pour les gouvernements, les institutions nationales et les chercheurs du monde académique, surtout ceux en sciences sociales, sont le plus souvent issues d’enquêtes et de recensements. Elles représentent des ressources indispensables et doivent être gérées de façon à encourager leur utilisation et réutilisation. La politique nationale d’archivage des données se décline généralement en 06 activités qui vont de l’acquisition des données à leur dissémination en passant par la conservation, la documentation, le catalogage et l’anonymisation. Parmi celles-ci se trouve une activité essentielle qui est celle de la documentation, qui permet la réexploitation des données d’enquête et donc de nouveaux traitements statistiques. En effet ceux-ci ne sont possibles que si les producteurs d’enquêtes fournissent tous les documents qu’ils ont élaborés durant leur activité de collecte de données (conception d’échantillon, méthodologies, questionnaires, dictionnaires de variables, nomenclatures, etc.). Les Archives de données ont donc élaboré des techniques adaptées pour donner accès à l’information sur les données disponibles, afin de faciliter l’accès aux données elles-mêmes, respectant ainsi les spécifications définies par l’Initiative de Documentation des Données (DDI en anglais) et même celles des métadonnées du Dublin Core.
DDI est un standard technique de documentation basé sur le format XML qui permet de décrire des enquêtes et sondages en sciences humaines et sociales allant de la description du projet à la description détaillée de chaque variable. Pour ce faire, il a été élaboré un dictionnaire de balises de la norme DDI en anglais, traduit également en français.

L’activité de catalogage des données proprement dite, suit des procédures établies pour que les utilisateurs puissent identifier et accéder facilement aux informations recherchées. Ces informations mises à jour continuellement sont relatives au titre, au contenu, au contexte géographique, à l’opportunité, à la disponibilité et l’accessibilité de chaque ressource. Cet accès s’appuie sur un travail d’indexation et la mise à disposition d’un moteur de recherche interne.

De prime abord, tout cela peut paraître confus et peut susciter certaines interrogations légitimes, comme, par exemple, la manière de mise en œuvre pratique. Cependant, en découvrant le catalogue de l’ANSD du Sénégal, j’ai pu vérifier la faisabilité de tout cela en parcourant différentes notices figurant dans ledit catalogue. En poussant mes investigations j’ai pu découvrir que les activités de documentation, de catalogage, de dissémination, entre autres, sont effectivement possibles en grâce à un logiciel Libre dénommé NADA.
NADA qui en est à sa version 4.2, requérant au minimum une version PHP 5.3 ou supérieure et MySQL 5.3 ou supérieure pour une installation sans couacs, est une application Web de catalogage de microdonnées servant de portail aux chercheurs pour parcourir, rechercher, comparer et télécharger des données de recensement pertinents ou des résultats d’enquête. Il a été développé à l’origine pour soutenir la création d’Archives nationales de données d’enquête. L’application est utilisée par un nombre varié et croissant d’organisations nationales, régionales et internationales. D’ailleurs à part le Sénégal d’autres pays africains comme l’Ethiopie et l’Ouganda, par le biais de leur bureau statistique national, ont élaboré des catalogues utilisant ce logiciel. Pour en savoir plus sur son fonctionnement, ses composantes techniques, son téléchargement mais aussi découvrir d’autres outils comme l’éditeur de métadonnées en DDI, vous pouvez toujours visiter le site dédié à NADA.

Avec ce modeste exposé j’espère que vous en savez un peu plus sur ce que pourrait être un DATA LIBRARIAN.

N° 83 – Un petit pas dans l’univers des données Réponse

Le principe de l’Open Data énoncé il y a quelques années déjà, poursuit son processus d’assimilation à l’échelle mondiale et beaucoup d’organisations internationales, de gouvernements nationaux et locaux, de compagnies privées, etc., ont mis à disposition publique les données qu’elles produisent, recueillent, maintiennent et utilisent dans le cadre de leurs activités. Ceci pour être en conformité avec cette philosophie qui veut que ces données soient disponibles pour accès et réutilisation par les citoyens et par les entreprises. Ces données qui ont fini d’être exponentiellement numériques, foisonnent dans les réseaux et autres entrepôts visibles ou « cachés » du Web, nécessitant tout un ensemble de procédés, de techniques et technologies, de normes, etc. pour les gérer en les rendant accessibles et donc utiles. Un impératif de gestion dont ne sauraient se départir les professionnels de l’info-doc, ne serait-ce que par leur activité de médiation entre ces données et les utilisateurs finaux. Ce billet se propose d’être un petit exemple de ce qu’est ce rôle, en fournissant un petit panorama de sources de données disponibles sur le Web. Des sources non exhaustives loin s’en faut, mais qui donnent une idée sur l’ampleur des données actuellement disponibles et qui doivent faire le bonheur de tout analyste engagé ou non dans une activité de recherche ou de production intellectuelle. Cette compilation pour les apprenants et chercheurs de notre institution, surtout ceux qui participent au cours sur l’analyse des données, est une contribution à notre politique interne de maîtrise de l’information (Information Literacy), dont la « maîtrise des données » (Data Literacy) et la « maîtrise statistique » (Statistical Literacy) sont des composantes importantes.

La liste est subdivisée en quatre catégories comprenant ce que j’appelle :

Les Concentrateurs de sources de données, identifiés comme étant des sites fédérant des données issues de diverses sources,

Les Sources de données d’organismes internationaux, grands producteurs de données couvrant tous les pays et toutes les disciplines

Les Sources de données gouvernementales et nationales, c’est-à-dire tout ce qui est produit et utilisé à l’échelle d’un pays par les organismes officiels publics. Il y a une cinquantaine de pays concernés, toutefois j’ai voulu juste m’intéresser aux quelques pays africains qui ont franchi le pas et rejoint le mouvement de l’Open Data.

Les Moteurs de recherche spécialisés, sans qui il serait très difficile de faire une recherche ciblant spécialement les données et se prémunir ainsi d’un « bruit » assourdissant si on utilisait les moteurs de recherche généralistes classiques

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Concentrateurs de données

DataMarket : Plusieurs données gratuites classées thématiquement

Infochimps : Robuste collection de jeux de données classés par catégorie. Cependant le processus de monétisation de leur Big data est en cours

Dataprovider : Exploration de millions de Pages Web et structuration des données brutes récoltées

DataHub : Plateforme gratuite de gestion de données de Open Knowledge Foundation. Des Milliers de jeux de données disponibles

Google Public Data Explorer : Collection de données publiques et leurs sources de Google

Freebase : Agrégateur de données de type communautaire où les membres partagent leurs données et visualisations, etc.

Data Publica: Catalogue français de données ouvertes qui propose en plus un lexique sur les données

Socrata : référentiel de différents types de jeux de données

Knoema: Fournit un atlas mondial de données exposant des profils statistiques et autres données par pays

Public Data Sets/Amazon Web Services : Amazon propose un petit nombre de jeux de données dû à leur taille plusieurs Gigabits et même Térabits

Index Mundi : Profils par pays très détaillés : Statistiques, graphiques, cartes, provenant de sources multiples

Sources de données d’organismes internationaux

Data Portal European Union : Hub de données ouvertes de l’Union Européenne

Eurostat Home : Agence Statistique de la Commission européenne

Open Data for Africa : Données fournies par la Division des statistiques de la Banque Africaine de Développement

Data and maps (EEA) : Données partagées par l’Agence Européenne pour l’environnement

UNdata : Hub de données ouvertes des Nations Unies

IMF Data and Statistics : Sources de données du FMI

Data World Bank : Données de la Banque mondiale

World Bank Projects Evaluations : Evaluation des projets financés par la Banque mondiale

OECD.Stat : Sources de Données de l’OCDE

ESPON Database Portal : Données de l’Observatoire en réseau de l’aménagement du territoire européen

MDG Indicators : Site des Nations Unies des indicateurs des OMD

Afristat : Observatoire Economique et Statistique d’Afrique Subsaharienne

ASTI : Données agricoles sur les pays en développement

WGI Project : Indicateurs sur la gouvernance mondiale (WGI) présente des indicateurs pour 215 économies sur la période 1996-2012 et sur 6 dimensions de la Gouvernance.

Sources de données gouvernementales et nationales

Un certain nombre de pays rendent publiquement accessibles leurs données gouvernementales, une trentaine identifiées dont 4 pays africains qui sont :

Ghana : Portail des Données ouvertes du Ghana

Kenya : Portail des données ouvertes du Kenya

Maroc : données publiques de l’administration marocaine :

Tunisie : Plateforme expérimentale d’ouverture des données publiques tunisiennes

Mais aussi les plages spéciales par pays dans la plateforme OpenData for Africa de la Banque africaine de développement, exemple de l’Afrique du Sud et du Projet de curation des données par pays pour toute l’Afrique.

Moteurs de recherche spécialisés

Quandl : Recherche sur plus de 3 millions de jeux de données financières, économiques et sociales

Zanran : moteur de Données numériques et Statistiques

Et ci-dessous une version sous forme de présentation téléchargeable.

N° 82 – Comparatif de logiciels de dépôts institutionnels Réponse

L’UNESCO vient de publier un guide de comparaison des cinq logiciels de dépôt institutionnels les plus couramment utilisés que sont : Digital InstitutionalRep_comparisonCommons, Dspace, Eprints, Fedora et Islandora. Ce guide est un des éléments de la stratégie d’Accès ouvert de l’organisation.

Depuis 2000, un certain nombre de plateformes dédiées aux dépôts institutionnels ont été développées, chacune avec son propre ensemble d’avantages et de caractéristiques techniques. Ce guide aidera sûrement les gestionnaires de projets de dépôts et les dirigeants d’institutions dans leur choix de logiciel à utiliser. De même, ce guide permet aux bibliothécaires d’être vraiment autonomes en termes de possibilités de comparaison des plateformes, en mettant l’accent sur ​​les caractéristiques essentielles qui permettront de répondre à leurs besoins et ainsi faire de leur dépôt des réussites en la matière.

Les catégories de comparaison.

Onze catégories comparatives ont été choisies pour aider les pilotes de projet de dépôt institutionnel dans leur choix, en leur permettant notamment d’identifier les caractéristiques les plus importantes dans l’élaboration d’un programme de dépôt institutionnel réussi au sein de leur établissement. Ces catégories sont :

  • l’infrastructure : où sont énumérées les caractéristiques fondamentales des plateformes. La section concernant l’infrastructure englobe l’installation, l’hébergement et les options de support à la clientèle.
  • la conception en mode utilisateur : il s’agit de l’interface lecteur qui reflète l’image de marque institutionnelle ainsi que la façon dont le lecteur interagit avec le dépôt. Les formats personnalisables, les pages mobiles optimisés doivent permettre de garantir une expérience de navigation optimale (HTML 5,..)
  • le contrôle et l’organisation de contenu : les bibliothécaires intéressés par la façon dont chaque plateforme prend en charge le contenu, les contrôles d’accès, et la structure du dépôt trouveront dans cette catégorie des informations pertinentes. (Outils de visualisation PDF, Galerie d’images, Licences Creative Commons, etc.)
  • la découverte de contenu : concerne les principales caractéristiques qui augmentent la visibilité du contenu du dépôt (recherche avancée, par facettes, navigation graphique, géolocalisation, PURL, indexation dans Google Scholar, etc.)
  • les outils de publication : les bibliothécaires et les rédacteurs en évaluant des options d’édition pourront découvrir et comparer des outils nécessaires à la publication, tels que la revue par les pairs, l’importation par lots, les options de métadonnées et les flux de travail rédactionnels. Ceci dans le but de publier un savoir de haute qualité directement dans le dépôt (par exemple, dans le cas de soumission volontaire d’articles ou autres travaux par des auteurs)
  • les rapports: fournir un feedback aux administrateurs rédacteurs, auteurs et parties prenantes est un aspect crucial dans la mesure du succès d’un programme de dépôt institutionnel. Cette catégorie décrit les rapports disponibles sur chaque plateforme (statistiques, Google analytics, etc.)
  • le multimédia : une caractéristique moderne du dépôt, la catégorie Multimédia compare la façon dont chaque plateforme gère les images, la vidéo et les services de streaming qui ajoutent une plus grande profondeur aux collections (vidéo, audio, diaporama, etc.)
  • les caractéristiques sociales et notifications : s’appuyant sur la possibilité de découvrir et l’optimisation des moteurs de recherche, les caractéristiques sociales du dépôt favorisent une approche moderne d’engagement des lecteurs en fournissant des outils pour suivre, partager et mettre en favori une ressource savante dans le dépôt (utilisation des médias sociaux, des flux RSS, etc.)
  • l’interopérabilité : s’appuyant sur l’initiative des archives ouvertes-protocole de moissonnage de métadonnées (OAI-PMH), tout dépôt se construit dans un but de diffusion. La catégorie interopérabilité examine comment chaque plateforme s’intègre avec les services de recherche, les profils de chercheurs et d’autres dépôts hébergés sur la même plateforme installée.
  • l’authentification : bien que la majorité du contenu d’un dépôt soit en accès libre, les identifiants de connexion institutionnels demeurent un aspect important dans la façon dont les lecteurs et les chercheurs accèdent à des contenus à travers les systèmes informatiques du  campus et le dépôt (annuaire LDAP, Shibboleth, etc.)
  • l’accessibilité : la capacité d’offrir l’accès à un plus grand nombre de lecteurs et chercheurs possibles, y compris surtout ceux qui ont des handicaps, est un élément fondamental du dépôt. (Conformité aux modèles VPAT, à l’article 508 et les normes du gouvernement américain en matière d’accessibilité)
  • la préservation : la capacité de pouvoir préserver à long terme des ressources savantes numériques pour les générations futures est une donnée fondamentale à prendre en compte. Pouvoir rendre des contenus disponibles dans le futur même si les formats changent, permettre leur émulation et leur migration d’un format à un autre si nécessaire. (Sauvegarde de contenu, Export XML, Conformité avec LOCKSS, etc.)

Bien que le guide soit en anglais sa lecture est aisée même si vous n’êtes pas érudit dans la langue de Shakespeare. La subdivision en catégories, elles-mêmes présentant les éléments de comparaison sous forme de tableaux, rend très facile la compréhension des données.

Le guide est accessible ici ou en cliquant sur l’image illustrative en haut à droite. Bonne lecture !

N° 81 – Gestion de l’information et Développement au Sénégal 2

50 années se sont écoulées depuis que nos pays d’Afrique ont défait leurs liens politiques avec les puissances colonisatrices d’Europe. Un âge d’adulte qui, ramené à dimension humaine, est une station de la vie où tout individu a le désir d’avoir comme bilan d’étape, une réussite de sa vie à défaut de réussite dans la vie. A l’aube de ces indépendances politiques, le leitmotiv général était de faire de nos villes, nos capitales tout au moins, des cités comme celles d’Europe, sachant que ces villes principales (les capitales) sont un baromètre parfait pour mesurer l’état d’avancement général d’un pays. Nul besoin de trop s’épancher sur la situation, la réalité étant là pour en attester. Sommes-nous devenus comme des parisiens en 2013 ? – Non !🙂

Les causes de la stagnation ou du recul sont multiples, mais toujours est-il qu’elles ne peuvent être identifiées que dans le constat de l’inertie et l’inefficacité des structures et secteurs qui composent ce grand système qu’est l’Etat, dont les interactions  si elles sont bien huilées sont gage d’avancement et de développement.

Quel est la part de responsabilité des gestionnaires de l’information documentaire dans ce cas particulier du Sénégal ?

A mon humble avis, nous avons plus péché tout au long de notre histoire, par une relative passivité, non dans le désir d’être de bons professionnels, ni celui de vouloir bâtir un corps de métier fort et des lieux documentaires normativement fonctionnels, mais dans le combat du lobbying pour montrer à tous les gouvernements successifs, la position centrale qu’occupe l’accès à l’information et au savoir dans le processus de développement. Il faut toutefois reconnaître l’engagement militant de quelques anciens en ce sens, à qui il manquait sans doute un soutien quantitatif, eu égard au nombre assez limité de professionnels formés jusqu’à une certaine époque.

Quel est en effet le secteur de la vie étatique qui peut se passer d’une bonne gestion documentaire dont le maillon principal est sa dimension source de connaissances, impliquant aussi bien des sources externes et internes à l’Etat. Ces dernières étant par excellence le vivier sans lequel les actions d’aujourd’hui et celles de demain ne pourraient être efficientes ni efficaces. Avons-nous pour ce cas précis des structures archivistiques dignes de ce nom ? – Oui, notamment grâce à des générations de professionnels bien formés. Ces structures sont-elles valorisées ? – Non et c’est là où le bât blesse, là où la mémoire d’une nation mérite toute considération et valorisation, elle est tout simplement réduite à un statut de faire-valoir quand elle n’est pas tout simplement ignorée. Un statut sous-prioritaire aussi bien injuste qu’incompréhensible, quand on sait la place qu’a occupé ce pays dans l’histoire coloniale de l’Afrique et qu’il a durant plusieurs décennies abrité les archives de toute l’Afrique occidentale française, qu’il a abrité la première école de bibliothécaires et d’archivistes de l’Afrique francophone où a été formée la presque-totalité des professionnels des pays de cette zone linguistique du continent.

Devons-nous continuer à laisser-faire et perdurer ce statuquo absurde et incompréhensible, d’un pays sans bibliothèque nationale, avec un centre national de documentation scientifique et technique qui est en train de mourir de sa belle mort ? – Il ne faut surtout pas, car un pays sans mémoire est un pays sans identité et sans identité il est difficile de se réaliser et parce que pour réaliser il faut d’abord exister. Il est temps que nous nous projetions dans l’avenir, qui à l’échelle d’un pays se conjugue aussi dans le court terme.

Quel héritage laisserons-nous à nos petits frères et sœurs, nos fils et filles, nos petit-fils sur lequel ils pourront continuer à bâtir un pays qui les feraient s’épanouir et vivre comme les autres habitants des cités développées que nos pères avaient rêvées pour nous ? – Cet héritage ce sont des savoirs que nos anciens ont produit, que nos contemporains ont enrichis, que nos suivants amélioreront. Comme la lutte contre la déforestation qui aura pour finalité de continuer à fournir de l’ombre à la majorité de nos concitoyens, nous devons dès-à-présent redoubler d’efforts pour barrer la route à la désertification documentaire, en disant aux gouvernants qu’il n’est pas encore tard de collecter, par exemple, toute la documentation produite, à travers le monde, par des millions de cerveaux sénégalais et d’autres allogènes sur notre pays, d’identifier et de mailler tous les lieux documentaires du pays et de mettre en place des dispositifs fédérés d’accès à l’information comme le projet SIST en avait l’ambition, par exemple. C’est un impératif de mémoire pour les générations futures aiguillonnées qu’elles seront par des savoirs inspirants. Il ne s’agit nullement d’un combat au sens belliqueux du terme, défaut d’adversaire oblige, mais d’une exigence professionnelle envers nous-mêmes et un rappel de devoir pour un Etat qui se respecte en donnant à ses fils les moyens de se connaître et de renforcer leur identité patriotique. Réclamons une place dans les sphères de décision pour faire entendre une voix de raison, qui résonnera pour rappeler que l’ère de l’information est là, une ère du donner et du recevoir, ou le « donner » est aussi un indicateur du degré de respect dû à un Etat dans le vaste champ des Relations internationales. Descartes le disait si bien : « je pense donc je suis », les sénégalais sont aussi parce qu’ils pensent et cela depuis toujours, mais faudrait-il qu’eux-mêmes en aient conscience et le fassent savoir au monde.

La profession  « Infodoc » est un maillon du système étatique comme tous les autres segments qui siègent par exemple au Conseil économique et social, elle est aussi importante qu’une fonction culturelle dans une ambassade, en plus de pouvoir servir de relais de repérage de tous les brillants esprits de la diaspora qui ne rêvent pour la plupart que de partager leur production scientifique avec la mère-patrie. Ce sont autant d’exemples de pistes à explorer pour rétablir un ordre naturel qu’il est impensable de bouleverser dans des pays développés, c’est-à-dire placer la gestion de l’information et des connaissances au centre de tout processus de décision nationale et en faire un outil de souveraineté, donc identitaire. Une fois ce cap franchi, nous professionnels pourront ainsi démontrer nos aptitudes à relever ce défi ainsi posé, parce qu’en fin de compte tout est question de savoir-faire et de technicité et cela ne nous est pas étranger, bien au contraire.

Cependant pour arriver à des résultats probants en ce sens, il nous faut chasser le démon de la division qui dessert plus qu’elle ne nous sert. L’adage jamais démenti d’une union qui fait la force est toujours de mise et c’est le moment de poser des jalons pour réunir toutes les forces vives de profession « infodoc » du Sénégal, pour mener solidairement ce combat pour la valorisation de nos métiers et par ricochet le développement de notre patrie.