Hors-série 01 – Voeux 2022

Une année s’achève, inexorablement comme de coutume, depuis que l’homme mesure la durée de son existence en temps qui s’écoule, même si Lamartine nous rappelle que l’homme n’a point de port, le temps n’a point de rives ; il coule et nous passons !. Est-ce donc un orgueil inconscient qui pousse l’homme, dont selon Angelus Silesius, l’âme a deux yeux : l’un regarde le temps et l’autre se tourne vers l’éternité, à quérir la chimère de l’intemporalité égoïste? Probablement oui, car rien de plus frustrant que de ne pouvoir tout savoir et savourer en même temps si l’on a la conscience de sa propre existence et de confirmer avec Juli Zeh que la pire malédiction de l’homme vient de ce qu’il ne reconnaît qu’à posteriori les instants les plus heureux de son existence.

Se consoler donc, d’une année de plus qui arrive et en faire une durée de temps pour savoir et savourer le maximum qui sera donné, en somme de petits bonheurs, sachant que pour Voltaire comme les richesses de ce monde sont périssables, il n’y a rien de solide que la vertu et le bonheur. Souhaitons à tous un mariage parfait de vertu et de bonheur, pour que le temps d’une année ait un semblant d’éternité propre à chacun, où les grâces à recevoir se chargeraient de contredire Corneille pour qui la vie est un torrent d’éternelles disgrâces.

Vivre un an de grâce 2022, dont le temps ne s’écoulera pas comme un torrent au risque de tout dévaster, mais comme un fleuve tranquille qui charrie de la surprise en bouquets de sourire et rejoindre Joseph Addison arguant que le sourire est à l’humanité ce que les rayons du soleil sont aux fleurs. Ce ne sont que des broutilles bien sûr, mais dispersés le long du chemin de la vie, le bien qu’ils font est inimaginable.

Einstein nous dit, fort à propos, que l’imagination est plus importante que la connaissance. Que le temps d’une année soit donc rempli de rêves pour se construire du savoir de savoureux bonheurs à partager autour de soi. Partager ou donner sans rien attendre en retour et s’ancrer en profondeur dans le bonheur imaginé, car on n’est jamais aussi heureux que dans le bonheur qu’on donne. Donner, c’est recevoir dixit Abbé Pierre.

Que la Terre, « la seule maison que nous n’ayons jamais connue » pour Carl Sagan, demeure un havre paisible où les orgueils inconscients y soient sciés, pour que l’humilité du temps compté fasse savoir raison garder aux charrieurs de petits et grands malheurs qui viendraient répandre des torrents de disgrâce sur nos bouts d’éternité heureuse.

Bonne année 2022 !

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