N° 17 – RDA & FRBR 3

Ce billet a pour objet de donner un aperçu de ce que représente le modèle FRBR dans la « philosophie » des RDA. Pour une meilleure compréhension du discours contenu dans ce post, un rappel des différentes caractéristiques du modèle FRBR s’impose, pour cela voir le billet N° 08 qui lui est consacré dans ce blog. Pour rappel ce modèle est un « cadre conceptuel permettant de comprendre clairement, sous une forme précisément exprimée et dans un langage qui soit parlant pour tout le monde, l’essence même de ce sur quoi la notice bibliographique est censée renseigner « . On retrouve ici l’un des objectifs de la norme RDA qui est de proposer des notices dont les données sont en adéquation avec les besoins de l’utilisateur. En d’autres termes les concepteurs des RDA ne pouvaient faire abstraction des possibilités offertes par les FRBR (modèle de référence à suivre pour le futur ?).

Les catalogueurs ont toujours consciemment ou inconsciemment voulu la simplification des règles de catalogage. Ainsi il fallait élaborer un schéma qui donnerait la possibilité de traiter toutes les ressources actuelles, mais aussi les nouvelles qui apparaitront (retour vers le futur ?) et d’appréhender la nouvelle logique de perception de l’entité ‘oeuvre’. Il apparaît en évidence que les modèles conceptuels d’information bibliographique FRBR et FRAD (Functional Requirements for Authority Data) ont inspiré l’élaboration des RDA qui, par ailleurs, vont encourager l’usage de ces modèles, d’où découlera probablement une interdépendance entre les deux, vu le niveau d’utilisation assez faible des modèles en question et le poids que vont prendre les RDA (en tant que nouveaux AACR) dans la sphère bibliothéconomique. Pour mieux comprendre cette norme, les concepteurs (Joint Steering Committe for Development of RDA) conseillent d’ailleurs de se familiariser d’abord avec la structure et le vocabulaire des FRBR.

Après analyse, on peut remarquer que les RDA intègrent la structure des FRBR :

  1. en reprenant leur terminologie (oeuvre, expression, manifestation et item).
  2. en rendant compte des attributs de leurs entités et des relations qu’elles peuvent avoir entre elles.
  3. en associant chaque élément de donnée (contenu de l’information bibliographique) à ces entités

Est-ce que RDA va satisfaire les attentes ? Nous verrons à la publication officielle annoncée pour 2009 pour lever certains doutes (?). Quoiqu’il en soit, une réalité est là qui est l’existence de ce modèle (FRBR) et de cette norme future (RDA). Il est absolument nécessaire de maîtriser ce qui est là (formation continue ou académique) pour que nous soyons prêts, éventuellement, à les utiliser le moment venu. Nous ne pouvons pas nous permettre, nous professionnels sénégalais, une non-appropriation de tels savoirs bibliothéconomiques. Anticiper le savoir-faire, à ce que je sache, n’a jamais fait de mal à qui veut être au diapason des évolutions du métier qu’il a choisi. Donnons-nous les moyens de prendre en charge ces outils de description bibliographique, pour qu’au moment de mettre en place une structure bibliographique nationale digne de ce nom (toujours repoussée aux calendes grecques), nous ayions une matière première (synonyme aussi de « produit fini », donc prêt-à-l’emploi, dans le monde numérique) pour garnir la réflexion et agir.

Pour mieux comprendre RDA et le RDA/FRBR « mapping » je conseille la veille sur la page des FAQ (Foire aux questions / Frequently asked questions) du site de RDA JSC. Et encore, toujours pour en savoir plus : RDA to FRBR mapping document en pdf (English version), présentant les relations de concordance entre les deux. Le blog FRBR est aussi intéressant à consulter.

😉 A Zuza pour ta précieuse collaboration lors de la rédaction de ce billet

Prochainement, navigation vers des eaux plus paisibles avec vent arrière. 🙂


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N° 16 – RDA : quelques considérations générales Réponse

Dans le billet de la semaine dernière, mon intérêt s’est porté sur l’ISBD consolidé publié en août 2007. Parallèlement un autre travail est entrain d’être accompli dans la sphère bibliothéconomique nord-américaine, toujours dans le sillage des nouvelles orientations imaginées pour faire évoluer le catalogage. En terme plus précis, il s’agit de la mise en place d’un nouveau code de catalogage dénommé RDA (Resource Description and Access).

Historique

En 2003, l’organisme de maintenance des AACR (Anglo-American Cataloguing Rules), en l’occurrence le Joint Steering Committee for revision of AACR (JSC) décida de réviser profondément ces règles. La dernière publication officielle (AACR2) est la seconde édition révisée en 2002 et mise à jour en 2003, 2004 et 2005. A sa suite, le draft de la première partie des AACR3 fut publié en décembre 2004. En 2005 le JSC décida de changer l’intitulé des AACR en adoptant celui de RDA, dont le premier draft sera publié en décembre 2005, suivi de la publication d’autres moutures concernant ses différents chapitres en 2006 et 2007. Pour une présentation plus complète (sur les RDA et l’organisation fonctionnelle du JSC) ce site peut vous aider à y voir plus clair. Les travaux sont en cours et la publication définitive est prévue en 2009.

Présentation et objectifs

  • code de catalogage adapté au nouveau contexte des catalogues : publication des règles sous forme électronique, pour décrire tous les types de ressources (électroniques et autres) dans des notices utilisables dans l’environnement numérique (Internet, OPAC web…)
  • approche centrée sur l’utilisateur et l’information dont il a besoin : la « norme » est conçue pour être facilement utilisable et produire des notices dont les données seront appropriées et pertinentes pour l’utilisateur
  • les directives sont basées sur des principes et non sur des règles contraignantes ou restrictives, le but étant de faciliter le processus de description des ressources selon un plan logique.
  • référence aux modèles d’information bibliographique (FRBR et FRAD, je me propose de faire prochainement, un billet sur ce dernier modèle qui concerne les données d’autorité). Ces derniers étant les bases de la construction des directives des RDA. Le prochain post portera sur l’articulation entre les RDA et les FRBR.
  • vocation internationale
  • possibilité d’un contrôle bibliographique plus efficace
  • compatibilité avec des normes de description semblables
  • utilisation préconisée au-delà de la communauté des bibliothèques : compatibilité avec les normes nord-américaines d’archives et de gestion des objets muséographiques

RDA et les métadonnées

RDA est conçu pour être utilisable avec des schémas d’encodage de métadonnées. Les notices bibliographiques créées sous RDA peuvent être stockées et transmises sous format MARC et des formats de métadonnées, tels que le Dublin Core (Dublin Core working group for RDA) ou MODS (slide sur MODS et RDA). Parallèlement un travail de développement d’un profil d’application pour RDA est entrain d’être mené, ainsi que celui d’un vocabulaire d’éléments.

Pour finir

Parler de RDA en l’état actuel (travaux d’élaboration en cours) est un exercice difficile tant le deadline quant à sa finalisation (2009) est encore long. Ce que j’ai voulu faire ressortir dans ce mini-dossier, à compléter lors du prochain post, c’est son importance ultérieure dans la construction du Web sémantique où, nous bibliothécaires et autres acteurs de l’information documentaire, devront avoir le « beau rôle », avec les informations contenues dans nos catalogues et répertoires accessibles sur le Web. Pour permettre aux moteurs de recherche d’accéder à ces données, il faut revoir et continuer à améliorer les formats et structures des catalogues, mais aussi les règles de catalogage, c’est le souci des concepteurs des RDA. Souhaitons qu’ils atteignent les buts escomptés et que les espoirs pour la profession (annonce de l’IFLA) ne soient pas déçus.

Prochainement RDA et modèle FRBR


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N° 15 – Description bibliographique : ISBD consolidé Réponse

S’il est un environnement dans lequel se sont retrouvées des générations de bibliothécaires, c’est bien celui de l’ISBD (International Standard Bibliographic Description) format de description bibliographique dont l’objectif principal est de donner des directives permettant un catalogage descriptif compatible à l’échelle mondiale. Depuis une quarantaine d’années (réunion internationale des experts du catalogage à Copenhague en 1969, parrainée par le Comité de catalogage de l’IFLA) le programme ISBD a élaboré des normes pour décrire des ressources bibliographiques, les a maintenues par de nombreuses révisions et les a traduites en plus de 25 langues. L’ISBD devait être la pierre angulaire du programme de Contrôle bibliographique universel de l’IFLA. La liste des ISBD produits selon les différents types de documents débute en 1971 (voir cette liste ici) et trouve un aboutissement avec la création de ce qu’il est convenu d’appeler l’ISBD consolidé présenté en août 2007 au Congrès de l’IFLA à Durban.

En quoi consiste-t-il ?

Brièvement présenté, il s’agit de la fusion de tous les ISBD spécialisés (voir la liste indiquée supra) en un document unique. Ses principales caractéristiques se résument à :

  • une nouvelle organisation des règles à l’intérieur de chaque zone ou élément : règles générales (qui s’appliquent à tous les types de ressources) et règles spécifiques (ajouts et exceptions)
  • une harmonisation des règles, notamment dans la formulation et surtout dans la conformité avec les FRBR (publiés en 1998), le but n’étant pas cependant d’incorporer les termes utilisés dans le modèle FRBR (Oeuvre, Expression, Manifestation, Item) dans la terminologie de l’ISBD, celle-ci gardant sa spécificité en la matière, mais définissant de façon très précise la liaison conceptuelle existant entre chacun de ses éléments et les termes utilisés dans les FRBR
  • une mise à jour régulière, notamment par l’utilisation de feuillets mobiles pour la publication de la version imprimée

Pour plus de détails consulter la publication de l’IFLA sur la question.

La mise en place de cet ISBD consolidé et des initiatives parallèles qui sont en cours (RDA), entre dans un mouvement tendant à faire évoluer les règles de catalogage (vers un code unique de catalogage) pour que celles-ci obéissent à l’air du temps (technologique notamment). Les IME ICC (IFLA Meeting of Experts on an International Cataloguing Code) tenus entre 2003 et 2007 ont été très utiles pour tout ce travail de « consolidation » et il est apparu, à la suite de ces différentes rencontres , un certain nombre de suggestions à étudier dans l’avenir, de la part des différents continents (excepté l’Afrique ?). Certaines de ces suggestions ont été faites à partir de la reconnaissance de l’existence de langues et écritures différentes (notamment africaines) que le Groupe de révision des ISBD doit nécessairement prendre en compte en vue de son amélioration continue. Encore faut-il que nous (africains) soyons représentés au niveau de cette structure décisionnelle pour la défense de nos « intérêts légitimes »

Prochainement, régate continue au large des eaux de la description bibliographique où l’on fait évoluer les règles de catalogage avec RDA

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