N° 88 – Librarika est aussi dans le Cloud 1

librarika_logo Nous restons dans le même sillage que le post précédent, c’est-à-dire le domaine des SIGB en ligne. Je présente cette fois-ci un autre logiciel dénommé Librarika qui, à l’image de WaterBear, est aussi un système intégré de gestion de bibliothèque disponible dans le Cloud et qui offre quasiment les mêmes fonctionnalités.

Librarika peut être utilisé par tous les types de bibliothèques : bibliothèques universitaires, scolaires, publiques ou privées (familiale, personnelle, etc.). Le souci de la simplicité et de la convivialité dans la gestion de l’application en mode administrateur (backend) est vraiment pris en compte par les développeurs, ce qui rend ladite gestion accessible à tous indépendamment d’une qualification bibliothéconomique poussée. Il en est de même de la partie utilisateur en référence à l’OPAC intégré au produit. Un OPAC pouvant être fédérateur si l’utilisation de Librarika est faite dans le cadre d’un réseau de bibliothèques même géographiquement dispersées. Les utilisateurs peuvent être inscrits sans limite de nombre et leur gestion se fait de façon intuitive alliant intelligence et facilité.

Côté coûts, Librarika est certes gratuit mais seulement pour une collection de moins de dix mille (10.000) notices. Au-delà de ce chiffre, des frais sont requis en fonction de fourchettes quantitatives de notices supplémentaires voulues et aussi en cas de projet de gestion bibliothéconomique d’Ebooks. C’est un outil parfait donc pour les petites et moyennes bibliothèques pas très riches et qui ne disposent pas de collections gargantuesques.

Librarika donne la possibilité d’établir divers types de rapports de l’activité quotidienne de la bibliothèque : mouvement des documents, statistiques concernant les utilisateurs etc.. ces derniers une fois inscrits peuvent accéder aux informations les concernant, recevoir des notifications et alertes entre autres..

Enfin durant le processus de création des notices et de traitement des données en mode « Smart », certains éléments provenant d’autres sources sont intégrées automatiquement, notamment des métadonnées descriptives, des vignettes de livres tirées du projet Open Library, grâce à son API des photos de couverture des ouvrages qui y sont catalogués, etc..

Pour créer sa bibliothèque il faut d’abord s’’inscrire en remplissant au moins 8 des champs proposés et allant du nom de la bibliothèque au numéro de téléphone personnel ou institutionnel, en passant par une description de l’objet de la bibliothèque etc. Ensuite il vous sera envoyé un email de validation de l’inscription pour activer la création de la bibliothèque et commencer à saisir les données. Le mail de validation comprend un Identifiant (adresse email) et mot de passe temporaire à changer une fois la connexion faite (Onglet : SETTINGS). A ce niveau j’ai eu des problèmes de connexion avec Internet Explorer mais en utilisant Firefox ça a marché. Toutefois je n’ai pas testé la connexion avec les autres navigateurs que sont : Chrome, Safari ou Opera. Une fois que la connexion établie l’écran d’accueil s’affiche avec toutes les fonctionnalités proposées par le logiciel et qui sont presque communs à tous les SIGB :

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Le catalogage se fait de deux manières, soit par une « Saisie intelligente ou Smart Add » ou par saisie manuelle. Pour la saisie intelligente elle se fait en recourant à l’ISBN de l’ouvrage. Cependant concernant ce type de saisie, il sera toujours requis un enrichissement manuel des notices pour les métadonnées qui ne pourront pas être automatiquement aspirées d’autres sources. Au contraire de WaterBear, il n’est pas proposé de champs de saisie en MARC (Unimarc). Ceci, du point de vue du bibliothécaire, peut être une faiblesse, mais du point de vue du profane qui veut créer et mettre en ligne sa bibliothèque, cela peut être pertinent d’avoir des masques de saisie où les champs sont libellés en langage naturel fut-il de… l’anglais, car c’est là aussi une particularité de Librarika qui est exclusivement en Anglais.

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A titre d’illustration, j’ai utilisé la bibliothèque-test spécialisée dans l’écologie et l’environnement que j’ai dénommée « bibliothèque verte » accessible ici. Imaginons toutes les possibilités offertes par ce type de SIGB, déjà en partageant l’adresse URL de son OPAC, on donne à des utilisateurs l’accès à un catalogue bien fait de ressources générales ou spécialisées en fonction de leurs centres d’intérêt. C’est déjà possible avec les sites de partage de livres en ligne (LibraryThing, Babelio,…) ou même les OPAC des SIGB « hors-cloud », sauf que pour les exemples de WaterBear et Librarika, il n’y a rien à installer, l’OPAC est en ligne…et on peut gérer des utilisateurs en même temps qu’un système de prêt de documents avec toutes ses spécificités. Il faudrait juste que les propriétaires garantissent une pérennisation de leur plateforme, mais cela est une toute autre histoire. librarika_logo1

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N° 84 – Les catalogues de données 1

Je poursuis mon parcours dans l’univers des données après le billet précédent portant sur une revue listée et catégorisée des sources de données disponibles sur le Web. Parmi celle-ci, il était fait état de sources à caractère national, donc de données produites au niveau des pays, notamment africains. Une investigation accrue dans ce sens, doublée d’un désir de satisfaire une curiosité professionnelle, m’a amené à m’intéresser à la manière dont les données «africaines» pouvaient être décrites et accessibles, selon un procédé identique  à celui des documents présents dans les catalogues classiques des bibliothèques. J’ai ainsi pu dénicher quelques très belles perles, dont le catalogue des données de l’ANSD (Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie) du Sénégal. Il est produit dans le cadre du programme d’archivage national des données du Sénégal (ANADS) géré par l’ANSD elle-même.
L’archivage des données, arrimé à Internet, fait surtout référence au concept de microdonnée. Ces microdonnées, qui sont des ressources importantes pour les gouvernements, les institutions nationales et les chercheurs du monde académique, surtout ceux en sciences sociales, sont le plus souvent issues d’enquêtes et de recensements. Elles représentent des ressources indispensables et doivent être gérées de façon à encourager leur utilisation et réutilisation. La politique nationale d’archivage des données se décline généralement en 06 activités qui vont de l’acquisition des données à leur dissémination en passant par la conservation, la documentation, le catalogage et l’anonymisation. Parmi celles-ci se trouve une activité essentielle qui est celle de la documentation, qui permet la réexploitation des données d’enquête et donc de nouveaux traitements statistiques. En effet ceux-ci ne sont possibles que si les producteurs d’enquêtes fournissent tous les documents qu’ils ont élaborés durant leur activité de collecte de données (conception d’échantillon, méthodologies, questionnaires, dictionnaires de variables, nomenclatures, etc.). Les Archives de données ont donc élaboré des techniques adaptées pour donner accès à l’information sur les données disponibles, afin de faciliter l’accès aux données elles-mêmes, respectant ainsi les spécifications définies par l’Initiative de Documentation des Données (DDI en anglais) et même celles des métadonnées du Dublin Core.
DDI est un standard technique de documentation basé sur le format XML qui permet de décrire des enquêtes et sondages en sciences humaines et sociales allant de la description du projet à la description détaillée de chaque variable. Pour ce faire, il a été élaboré un dictionnaire de balises de la norme DDI en anglais, traduit également en français.

L’activité de catalogage des données proprement dite, suit des procédures établies pour que les utilisateurs puissent identifier et accéder facilement aux informations recherchées. Ces informations mises à jour continuellement sont relatives au titre, au contenu, au contexte géographique, à l’opportunité, à la disponibilité et l’accessibilité de chaque ressource. Cet accès s’appuie sur un travail d’indexation et la mise à disposition d’un moteur de recherche interne.

De prime abord, tout cela peut paraître confus et peut susciter certaines interrogations légitimes, comme, par exemple, la manière de mise en œuvre pratique. Cependant, en découvrant le catalogue de l’ANSD du Sénégal, j’ai pu vérifier la faisabilité de tout cela en parcourant différentes notices figurant dans ledit catalogue. En poussant mes investigations j’ai pu découvrir que les activités de documentation, de catalogage, de dissémination, entre autres, sont effectivement possibles en grâce à un logiciel Libre dénommé NADA.
NADA qui en est à sa version 4.2, requérant au minimum une version PHP 5.3 ou supérieure et MySQL 5.3 ou supérieure pour une installation sans couacs, est une application Web de catalogage de microdonnées servant de portail aux chercheurs pour parcourir, rechercher, comparer et télécharger des données de recensement pertinents ou des résultats d’enquête. Il a été développé à l’origine pour soutenir la création d’Archives nationales de données d’enquête. L’application est utilisée par un nombre varié et croissant d’organisations nationales, régionales et internationales. D’ailleurs à part le Sénégal d’autres pays africains comme l’Ethiopie et l’Ouganda, par le biais de leur bureau statistique national, ont élaboré des catalogues utilisant ce logiciel. Pour en savoir plus sur son fonctionnement, ses composantes techniques, son téléchargement mais aussi découvrir d’autres outils comme l’éditeur de métadonnées en DDI, vous pouvez toujours visiter le site dédié à NADA.

Avec ce modeste exposé j’espère que vous en savez un peu plus sur ce que pourrait être un DATA LIBRARIAN.

N° 83 – Un petit pas dans l’univers des données Réponse

Le principe de l’Open Data énoncé il y a quelques années déjà, poursuit son processus d’assimilation à l’échelle mondiale et beaucoup d’organisations internationales, de gouvernements nationaux et locaux, de compagnies privées, etc., ont mis à disposition publique les données qu’elles produisent, recueillent, maintiennent et utilisent dans le cadre de leurs activités. Ceci pour être en conformité avec cette philosophie qui veut que ces données soient disponibles pour accès et réutilisation par les citoyens et par les entreprises. Ces données qui ont fini d’être exponentiellement numériques, foisonnent dans les réseaux et autres entrepôts visibles ou « cachés » du Web, nécessitant tout un ensemble de procédés, de techniques et technologies, de normes, etc. pour les gérer en les rendant accessibles et donc utiles. Un impératif de gestion dont ne sauraient se départir les professionnels de l’info-doc, ne serait-ce que par leur activité de médiation entre ces données et les utilisateurs finaux. Ce billet se propose d’être un petit exemple de ce qu’est ce rôle, en fournissant un petit panorama de sources de données disponibles sur le Web. Des sources non exhaustives loin s’en faut, mais qui donnent une idée sur l’ampleur des données actuellement disponibles et qui doivent faire le bonheur de tout analyste engagé ou non dans une activité de recherche ou de production intellectuelle. Cette compilation pour les apprenants et chercheurs de notre institution, surtout ceux qui participent au cours sur l’analyse des données, est une contribution à notre politique interne de maîtrise de l’information (Information Literacy), dont la « maîtrise des données » (Data Literacy) et la « maîtrise statistique » (Statistical Literacy) sont des composantes importantes.

La liste est subdivisée en quatre catégories comprenant ce que j’appelle :

Les Concentrateurs de sources de données, identifiés comme étant des sites fédérant des données issues de diverses sources,

Les Sources de données d’organismes internationaux, grands producteurs de données couvrant tous les pays et toutes les disciplines

Les Sources de données gouvernementales et nationales, c’est-à-dire tout ce qui est produit et utilisé à l’échelle d’un pays par les organismes officiels publics. Il y a une cinquantaine de pays concernés, toutefois j’ai voulu juste m’intéresser aux quelques pays africains qui ont franchi le pas et rejoint le mouvement de l’Open Data.

Les Moteurs de recherche spécialisés, sans qui il serait très difficile de faire une recherche ciblant spécialement les données et se prémunir ainsi d’un « bruit » assourdissant si on utilisait les moteurs de recherche généralistes classiques

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Concentrateurs de données

DataMarket : Plusieurs données gratuites classées thématiquement

Infochimps : Robuste collection de jeux de données classés par catégorie. Cependant le processus de monétisation de leur Big data est en cours

Dataprovider : Exploration de millions de Pages Web et structuration des données brutes récoltées

DataHub : Plateforme gratuite de gestion de données de Open Knowledge Foundation. Des Milliers de jeux de données disponibles

Google Public Data Explorer : Collection de données publiques et leurs sources de Google

Freebase : Agrégateur de données de type communautaire où les membres partagent leurs données et visualisations, etc.

Data Publica: Catalogue français de données ouvertes qui propose en plus un lexique sur les données

Socrata : référentiel de différents types de jeux de données

Knoema: Fournit un atlas mondial de données exposant des profils statistiques et autres données par pays

Public Data Sets/Amazon Web Services : Amazon propose un petit nombre de jeux de données dû à leur taille plusieurs Gigabits et même Térabits

Index Mundi : Profils par pays très détaillés : Statistiques, graphiques, cartes, provenant de sources multiples

Sources de données d’organismes internationaux

Data Portal European Union : Hub de données ouvertes de l’Union Européenne

Eurostat Home : Agence Statistique de la Commission européenne

Open Data for Africa : Données fournies par la Division des statistiques de la Banque Africaine de Développement

Data and maps (EEA) : Données partagées par l’Agence Européenne pour l’environnement

UNdata : Hub de données ouvertes des Nations Unies

IMF Data and Statistics : Sources de données du FMI

Data World Bank : Données de la Banque mondiale

World Bank Projects Evaluations : Evaluation des projets financés par la Banque mondiale

OECD.Stat : Sources de Données de l’OCDE

ESPON Database Portal : Données de l’Observatoire en réseau de l’aménagement du territoire européen

MDG Indicators : Site des Nations Unies des indicateurs des OMD

Afristat : Observatoire Economique et Statistique d’Afrique Subsaharienne

ASTI : Données agricoles sur les pays en développement

WGI Project : Indicateurs sur la gouvernance mondiale (WGI) présente des indicateurs pour 215 économies sur la période 1996-2012 et sur 6 dimensions de la Gouvernance.

Sources de données gouvernementales et nationales

Un certain nombre de pays rendent publiquement accessibles leurs données gouvernementales, une trentaine identifiées dont 4 pays africains qui sont :

Ghana : Portail des Données ouvertes du Ghana

Kenya : Portail des données ouvertes du Kenya

Maroc : données publiques de l’administration marocaine :

Tunisie : Plateforme expérimentale d’ouverture des données publiques tunisiennes

Mais aussi les plages spéciales par pays dans la plateforme OpenData for Africa de la Banque africaine de développement, exemple de l’Afrique du Sud et du Projet de curation des données par pays pour toute l’Afrique.

Moteurs de recherche spécialisés

Quandl : Recherche sur plus de 3 millions de jeux de données financières, économiques et sociales

Zanran : moteur de Données numériques et Statistiques

Et ci-dessous une version sous forme de présentation téléchargeable.

N° 71 – C’est quoi un « Subject Librarian » ? Réponse

Cette question m’est venue à l’esprit il y a un an (en 2011) quand j’ai eu l’opportunité de participer à l’assemblée générale d’EIFL tenue à Minsk (Biélorussie). La session de présentation du logiciel SubjectsPlus, qui permet d’élaborer des guides de recherche sur des ressources en ligne m’avait permis de redécouvrir le concept de Subject Librarian découvert avec intérêt plutôt en 2008. Mais le peu de littérature qui lui est consacré sur la toile francophone, avait fini de plomber mon enthousiasme et ma curiosité d’en savoir un peu plus sur ce que pouvaient être les attributions de ce type « particulier » de bibliothécaire.  Je me suis donc, ces jours-ci, remis en selle en quête de plus de certitude vis-à-vis de cette culture professionnelle née et développée dans les sphères anglo-saxonne et germanique. J’ai voulu tout d’abord trouver un équivalent sémantique dans la langue française avec un maigre espoir de tomber sur une expression qui fait l’unanimité entre la Francophonie française et la Francophonie canadienne, en passant par celles suisse et belge, voire africaine. Que Nenni, pas une expression consacrée, mais des constructions de mots diverses pour définir un état professionnel à plusieurs ramifications. En naviguant donc sur le Web francophone, je suis néanmoins tombé sur un excellent article du professeur Derek Law de l’Université de Strathclyde, datant de novembre 2010 et traduit en français par Bertrand Calenge, qui m’a permis un passage de l’ombre de l’appréhension à la lumière de la compréhension. Dans les notes de cet article hautement instructif, Calenge dit en effet ce qui suit :

Dans la pluralité des métiers de bibliothécaire, le monde anglo-saxon distingue en particulier le « reference librarian », le « subject bibliographer » et le « subject librarian ». Ces appellations diverses recouvrent en fait deux réalités aux frontières mouvantes : l’écoute des demandes d’information des usagers, associée à une manipulation experte des outils de recherche documentaires, notamment informatiques (reference librarian) ; la compétence experte dans une discipline ou un ensemble de disciplines, et bien sûr la gestion des collections correspondantes (subject bibliographer, ainsi nommé parce qu’une de ses fonctions est d’établir des bibliographies hautement spécialisées) ; le « subject librarian » peut être vu comme un hybride de ces deux types de bibliothécaires : spécialisé dans une discipline ou un sujet, il gère la collection et est également personne-ressource pour les utilisateurs. Dans les faits, l’appellation varie selon les établissements (par exemple, mais sans que cela soit une règle absolue, les bibliothèques anciennes, aux collections prestigieuses, parleront souvent de « subject bibliographers », les universités plus récentes signaleront des « subject librarians ») ».

Cela a le mérite d’être clair et de surtout circonscrire l’activité du Subject Librarian au monde des bibliothèques universitaires et de recherche. Outre les tâches classiques dévolues à tout bibliothécaire, il lui assigné un rôle d’accompagnement actif et constant des enseignants, chercheurs, étudiants et autres acteurs du domaine universitaire dans lequel il se meut, avec une maîtrise convenable de l’outillage informatique et de ses services dérivés.

Il lui est demandé plus concrètement : de contribuer à l’amélioration des enseignements académiques en liaison avec les départements universitaires ; de créer, mettre à jour et gérer des ressources d’information, à la fois électroniques et imprimées ; de sélectionner, d’acquérir et de cataloguer des ressources d’information en utilisant des logiciels documentaires ; d’aider les chercheurs en situation de recherche documentaire à utiliser les bases de données, les ressources imprimées et le Web ; d’assurer des séances de formation pour accroître les compétences des étudiants à la maîtrise de l’information ; de traiter les demandes de tout utilisateur et de prodiguer des conseils personnalisés s’il y a lieu ; etc.. Tout cela, bien entendu, ne pouvant se faire efficacement sans une bonne tenue à jour concernant les développements professionnels dans le secteur des bibliothèques, (cela passant par la mise en place de dispositifs de veille) et sans une participation effective à des groupes ou réseaux professionnels plus ou moins formels.

Le poste de Subject Librarian doit surtout être réservé à un spécialiste avéré d’un domaine ou discipline, d’où l’exigence d’une formation de haut niveau pour le préposé à cette tâche. Un cas « idéal » serait d’avoir d’abord une licence dans le domaine concerné, poursuivie d’une formation « Masterisante » dans ce même domaine et entrecoupée par l’obtention d’un diplôme bibliothéconomique. Ce qui signifie que les Subjects Librarians soient des professionnels avec un niveau d’éducation au-dessus de la moyenne, une sorte d’ « élite » bibliothéconomique, ayant une position de premier ordre dans l’architecture fonctionnelle d’une université ou structure assimilée, surtout dans un contexte d’éducation à la maîtrise de l’information et de coopération avec les facultés. Bon là c’est pour l’idéal, mais à défaut de cela, une bonne culture du domaine et un solide bagage bibliothéconomique pourraient bien faire l’affaire, étant entendu que c’est aussi par la pratique que l’on cultive le savoir-faire.

Dans l’entame de billet j’ai fait référence à SubjectPlus un logiciel gratuit qui assurément peut-être un compagnon idéal du Subject Librarian, car lui permettant d’élaborer des guides de recherche pour les ressources électroniques proposées par sa bibliothèque et permettre facilement leur accès aux utilisateurs.

Voici quelques exemples de bibliothèques l’utilisant déjà et deux captures d’écran de notre propre installation locale.

Liste Bases de données

N° 66 – Droits d’auteur et bibliothécaires Réponse

Un cours en ligne complet sur le droit d’auteur pour les bibliothèques, sous forme de Wiki, est disponible en anglais depuis mars 2010, grâce aux volontés combinées du Berkman Center for Internet and Society de la faculté de Droit de Harvard et EIFL.

La version française traduite par EIFL et pour qui j’ai assuré l’édition sur le Wiki dédié (utilisant MediaWiki), est elle aussi dorénavant disponible depuis quelques jours.

Ce cours, outre l’introduction générale, est articulé en 9 modules d’apprentissage, organisés en cinq niveaux différents, riches en contenu, pédagogiquement bien pensés et surtout très bien documentés. Ce cours peut être utilisé comme un cours d’autoformation, un cours traditionnel en classe, ou encore un cours d’apprentissage à distance

  • L’introduction est un exposé sur la théorie générale du droit d’auteur et ses principes fondamentaux, plus précisément une revue des quatre théories que sont celles liées à : l’équité, le bien-être, l’identité individuelle et la culture.
  • Le module 1 titré, Droit d’Auteur et Domaine Public, a pour objectif « d’explorer les concepts de base de la Loi sur le droit d’auteur » et en même temps d’être « introduction générale aux éléments du droit d’auteur d’importance pour les bibliothécaires »
  • Le module 2 titré Cadre international aborde la question du droit d’auteur sous l’angle du droit international et « traite également de son impact sur les pays en développement et l’influence des pays développés dans l’application des lois y relatives ».
  • Le module 3, intitulé, Champ d’application de la loi sur le droit d’auteur, traite des genres de créations et d’activités couverts ou non couverts par le droit d’auteur
  • Le module 4, traite des Droits, Exceptions et Limitations, d’un détenteur de droits d’auteur. Dans ce module, sont abordées les clauses d’exceptions et de limitations conçues pour permettre aux bibliothécaires d’utiliser les œuvres protégées dans le cadre de la réalisation de leurs missions
  • Le module 5, intitulé Gestion des droits, « décrit les règles juridiques qui affectent la capacité des titulaires de droits d’auteur à percevoir des revenus auprès des utilisateurs de leurs œuvres et comment les bibliothécaires peuvent, utiliser ces règles à leur meilleur avantage ou chercher à les modifier ».
  • Le module 6, intitulé Approches Créatives et Alternatives, expose les modèles autres que celui courant pour les droits traditionnels ou, par exemple, les droits associés au droit d’auteur sont affectés à un éditeur qui fait des copies de l’œuvre et les distribuent à titre onéreux. Ce module expose donc les modèles d’accès gratuit et libre sans frais à la charge de l’usager, avec un accent particulier mis sur les licences Creative Commons et le mouvement Open Access entre autres.
  • Le module 7, Application, traite de la violation du droit d’auteur, des questions liées à un éventuel traitement judiciaire survenant quand un détenteur de droit décide de saisir un tribunal quand il s’estime lésé et aussi des « rôles appropriés des bibliothécaires eu égard au droit d’auteur et à  son application ».
  • Le module 8, intitulé Savoirs traditionnels, explore la « complexité et l’évolution rapide des règles juridiques relatives aux savoirs traditionnels (endogènes) et explore ensuite le débat houleux qui demeure quant à la portée de la protection appropriée pour ce « nouveau » sujet ». Y est exposée la situation de nombreux pays par rapport à ces savoirs
  • Le module 9, Activisme, « tente de venir en aide aux bibliothécaires des pays en voie de développement qui cherchent à s’organiser pour influencer la forme des lois sur le droit d’auteur ». Pour ce faire, il examine, avec 4 études de cas « comment des groupes ont envisagé, par le passé, de modifier (ou de résister aux modifications) des systèmes de droit d’auteur » (par exemple le cas Pirate Bay en Suède).

Un glossaire est aussi disponible sur le Wiki en question, fort utile que l’on soit formateur ou « potache ».

Le cours est aussi enrichi par un module pratique en direction des probables formateurs et leurs apprenants. Il s’agit d’une plateforme de discussion en ligne, dénommée Rôtisserie, qui permet une interaction entre différents acteurs d’une classe, travaillant sur un même projet pédagogique. Voir plus d’informations à ce sujet.

Une autre ressource émanant d’EIFL et pouvant intéresser d’aucuns est le Manuel de droit d’auteur et de droits voisins à l’usage des bibliothèques traduit en français.

Enfin et toujours sur le même sujet et pour complément d’information, lire l’excellent article sur le blog S.I. Lex  qui présentait déjà la ressource alors qu’elle n’était disponible qu’en anglais et la Déclaration de principes sur les exceptions et limitations du droit d’auteur pour les bibliothèques et les archives, faite en 2009 par l’IFLA, EIFL et la Library copyright Alliance.

Cliquez sur ce lien pour accéder au cours et contribuer à son amélioration et son enrichissement éventuel. Par exemple, ayant remarqué que l’approche anglo-saxonne y est privilégiée, aussi avons-nous essayé de mettre le maximum de liens en français s’ils existent. Cependant la communauté francophone étant vaste et diverse en nationalités, il serait bien que des textes législatifs nationaux soient proposés par ceux qui en ont connaissance dans leur pays.

N° 34 – Naviguer avec Firefox : un plaisir pour moi bibliothécaire 2

Je voulais depuis longtemps partager avec vous, chers « co-religionnaires » en profession et autres sympathisants, ma passion du navigateur Firefox. Vous savez, ce bijou de la fondation Mozilla, dont je suis si accroc qu’il m’est impensable de vivre le Web sans le panda rouge pour me mener à tous ses ports. Dans la grande famille du libre et gratuit, il est un des outils les mieux entretenus, raison pour laquelle il offre des fonctionnalités couvrant à peu près tous les besoins de tout internaute qui sait l’utiliser. Reposant sur le noyau de base (version native du navigateur) il peut être personnalisé, selon ses propres besoins,  en utilisant une centaine d’extensions. Ce sont quelques-unes de ces extensions que je me propose de vous présenter spécialement celles qui peuvent présenter un intérêt non négligeable pour un chercheur d’information.

Avant toute chose, il faut que vous téléchargiez Firefox pour pouvoir l’utiliser, ensuite l’installation des extensions est un jeu d’enfant, il suffit de les télécharger à leur tour et de redémarrer Firefox pour qu’elles soient prêtes à l’utilisation et vous facilitent la vie sur le Web 🙂

L’essentiel de notre travail (en information-documentation) est la gestion de l’information (recherche, présentation, structuration, etc.), en utilisant les 04 extensions suivantes vous apprécierez un peu plus quelques facettes du processus de la gestion informationnelle.

  • OutWit Hub : avec cet outil vous pouvez trouver, saisir et organiser toutes sortes de données et médias provenant de sources en ligne. Explorez le contenu de pages Web ou des résultats de moteurs de recherche pour extraire des contacts, des liens, des images, des données textuelles (Word ou PDF), des nouvelles d’actualité, etc.. En effet avec cet outil vous pouvez, par exemple, extraire et enregistrer uniquement les documents PDF ou Word se trouvant dans les différents sites et pages Web affichés par un moteur de recherche et faire ainsi l’économie de consulter une longue liste de résultats sur plusieurs pages’ Vous pouvez télécharger OutWit et pour comprendre son utilisation, voir le tutoriel ci-dessous qui explique comment utiliser OutWit Hub.

  • Ubiquity : La première version, encore à l’état de prototype, a été mise en ligne en août 2008. Elle a pour but de réduire les interactions entre l’utilisateur et son navigateur, grâce à une collection de commandes rapides et faciles en langage quasi-naturel (source Wikipedia), voir la suite et la façon dont l’outil s’installe et fonctionne

  • Hyperwords : sans doute l’une des meilleures extensions de Firefox pour ce qui est de la recherche d’informations. Avec Hyperwords vous pouvez choisir n’importe quel mot sur n’importe quelle page Web et faire des choses utiles comme : faire de la recherche sur ce mot, le définir, le traduire, etc.. Après l’avoir installé, il vous suffit de sélectionner (avec votre curseur) un mot sur une page Web en cours pour voir apparaître un menu contextuel avec lequel vous pouvez presque tout faire avec ce mot. Tout simplement magique et l’essayer c’est ne plus s’en passer. A télécharger ici et voir le film suivant  qui présente ses fonctionnalités :

  • Zotero : pour construire des références bibliographiques sans bourse délier (ce qui n’est pas le cas pour Refworks ou Endnote). Voici le logiciel bibliographique libre et facile à utiliser pour vous aider à rassembler, contrôler, et citer vos sources de recherches. Consultez le guide de démarrage rapide pour apprendre à l’apprivoiser, ou encore regarder la démo ci-dessous.

Il existe d’autres extensions utiles à des gestionnaires de l’information, comme Downloadhelper pour captuere et convertir des vidéos et images, Foxlingo pour traduire tous types de documents (pages Web, documents textuels, mots, …) etc. Ils peuvent être découverts à condition de s’intéresser à l’environnement de Firefox et en étant conscient qu’il y a une vie après Internet Explorer, l’ogre de Microsoft.

Une fois que vous avez installé Firefox et lancé le navigateur, amusez-vous à sélectionner n’importe quel mot d’une page Web en cours et cliquez dessus avec le bouton droit de votre souris, vous aurez droit à un menu contextuel où figurent les extensions que vous avez installées, libre à vous de donner le traitement voulu au mot sélectionné selon les fonctionnalités de l’extension choisie. Un vrai outil donc, pour qui veut se faire plaisir.

Bonne navigation.

Creative Commons License

Ce document est mis en ligne sous Licence Creative Commons

N° 05 – Open source : suite et fin Réponse

La semaine dernière je vous ai présenté quelques ressources libres et donné quelques indications sur comment aborder la prise en compte éventuelle de ces ressources. Mon propos d’aujourd’hui se veut être complémentaire, par la présentation d’autres logiciels susceptibles de nous intéresser. Pour les SIGB, deux applications retiennent mon attention, il s’agit de Evergreen et de PMB.

  • Evergreen : il est adopté par un nombre assez important de bibliothèques et dispose d’un staff de développeurs compétents. Il dispose d’un wiki qui lui est dédié où peuvent ête retrouvées beaucoup d’informations relatives à son fonctionnement et développement. Une version démonstration en ligne du catalogue est disponible ici. Il est avec Koha (dont la version 3.0 en anglais est disponible) l’un des logiciels préconisé par eIFL-FOSS.
  • PMB : sans doute le plus connu des deux parce qu’étant déjà utilisé par des bibliothèques sénégalaises. Ce qui est intéressant avec ce logiciel, c’est la prise en charge d’applications Web 2.0 dans sa version 3. En effet ce SIGB qui en est à la version 3.1 (novembre 2007) propose un OPAC social depuis la version 3.0 (possibilité de laisser des avis, tags, des mots-clefs sur les notices et pouvant être gérés par le bibliothécaire dans le module catalogue). En outre un Plugin proposant une interface entre SPIP (CMS libre) et PMB est disponible voir les détails ici. Le conseil que je donne est de faire appel à votre « informaticien-maison » pour vous aider à mieux comprendre les mécanismes de mise en oeuvre de ces fonctionnalités (migration vers une nouvelle version, adoption de plugin, etc.) pour en tirer le meilleur profit au besoin.

Cette association entre PMB et SPIP montre l’importance des outils que sont les CMS, notamment dans la création de sites web dynamiques et l’utilisation que nous pouvons en faire dans un environnement d’information documentaire. Ces CMS peuvent nous aider à améliorer nos sites, mais surtout nous faire prendre conscience que l’ère des sites web statiques et révolue et qu’en fin de compte savoir créer un site web ne se limite plus à uniquement maîtriser Frontpage ou Dreamweaver, mais aussi à pouvoir adjoindre à tout outil de création de site, des CMS pour « contôler » et « entretenir » celui-ci (le site web). Voici donc quelques uns de ces outils libres, liste loin d’être exhaustive.

  • SPIP : projet né en 2001 et traduit en une vingtaine de langues. On dénombre plus de 6000 sites web sous SPIP, une grande communauté d’utilisateurs qui implique une base de connaissances pouvant profiter à tout utilisateur ou futur utilisateur.
  • Joomla : CMS orienté Web 2.0 (inclusion des fonctionnalités suivantes : des flux RSS, des news, une version imprimable des pages, des blogs, des sondages, des recherches) dont la présentation donne des informations très complètes.
  • Drupal : CMS qui permet de créer une grande variété de sites Internet (blogs, sites Internet institutionnels, sites communautaires, sites d’informations, boutiques en ligne). Voir le site Drupalsites pour avoir un aperçu des différentes possibiltés offertes et surtout rejoindre la communauté d’utilisateurs du monde entier.

L’utilisation de tels outils peut être pertinente pour nous et porteuse de valeur ajoutée si elle se couple d’une connaissance de base (même théorique) des technologies informatiques sur lesquelles ils reposent (PHP, MySQL, Apache server, etc.). Des ressources pour se former sont disponibles en ligne, comme le site du CRDP de Bourgogne. Je vous conseille plus particulièrement ce lien pour installer un serveur Web étape par étape.

Pour finir mon propos, il faut savoir que tout ce qui est gratuit n’est pas Libre et tout ce qui est Libre n’est pas gratuit, cette confusion découle de la compréhension du terme « free » qui est utilisé en anglais pour les deux notions. D’où, actuellement, l’apellation consacrée et généralement admise de FOSS (free and open source software) pour désigner les logiciels libres et gratuits. Voir pour plus de précisions ce dernier lien

Semaine prochaine intrusion dans la baie des métadonnées