N° 71 – C’est quoi un « Subject Librarian » ? Réponse

Cette question m’est venue à l’esprit il y a un an (en 2011) quand j’ai eu l’opportunité de participer à l’assemblée générale d’EIFL tenue à Minsk (Biélorussie). La session de présentation du logiciel SubjectsPlus, qui permet d’élaborer des guides de recherche sur des ressources en ligne m’avait permis de redécouvrir le concept de Subject Librarian découvert avec intérêt plutôt en 2008. Mais le peu de littérature qui lui est consacré sur la toile francophone, avait fini de plomber mon enthousiasme et ma curiosité d’en savoir un peu plus sur ce que pouvaient être les attributions de ce type « particulier » de bibliothécaire.  Je me suis donc, ces jours-ci, remis en selle en quête de plus de certitude vis-à-vis de cette culture professionnelle née et développée dans les sphères anglo-saxonne et germanique. J’ai voulu tout d’abord trouver un équivalent sémantique dans la langue française avec un maigre espoir de tomber sur une expression qui fait l’unanimité entre la Francophonie française et la Francophonie canadienne, en passant par celles suisse et belge, voire africaine. Que Nenni, pas une expression consacrée, mais des constructions de mots diverses pour définir un état professionnel à plusieurs ramifications. En naviguant donc sur le Web francophone, je suis néanmoins tombé sur un excellent article du professeur Derek Law de l’Université de Strathclyde, datant de novembre 2010 et traduit en français par Bertrand Calenge, qui m’a permis un passage de l’ombre de l’appréhension à la lumière de la compréhension. Dans les notes de cet article hautement instructif, Calenge dit en effet ce qui suit :

Dans la pluralité des métiers de bibliothécaire, le monde anglo-saxon distingue en particulier le « reference librarian », le « subject bibliographer » et le « subject librarian ». Ces appellations diverses recouvrent en fait deux réalités aux frontières mouvantes : l’écoute des demandes d’information des usagers, associée à une manipulation experte des outils de recherche documentaires, notamment informatiques (reference librarian) ; la compétence experte dans une discipline ou un ensemble de disciplines, et bien sûr la gestion des collections correspondantes (subject bibliographer, ainsi nommé parce qu’une de ses fonctions est d’établir des bibliographies hautement spécialisées) ; le « subject librarian » peut être vu comme un hybride de ces deux types de bibliothécaires : spécialisé dans une discipline ou un sujet, il gère la collection et est également personne-ressource pour les utilisateurs. Dans les faits, l’appellation varie selon les établissements (par exemple, mais sans que cela soit une règle absolue, les bibliothèques anciennes, aux collections prestigieuses, parleront souvent de « subject bibliographers », les universités plus récentes signaleront des « subject librarians ») ».

Cela a le mérite d’être clair et de surtout circonscrire l’activité du Subject Librarian au monde des bibliothèques universitaires et de recherche. Outre les tâches classiques dévolues à tout bibliothécaire, il lui assigné un rôle d’accompagnement actif et constant des enseignants, chercheurs, étudiants et autres acteurs du domaine universitaire dans lequel il se meut, avec une maîtrise convenable de l’outillage informatique et de ses services dérivés.

Il lui est demandé plus concrètement : de contribuer à l’amélioration des enseignements académiques en liaison avec les départements universitaires ; de créer, mettre à jour et gérer des ressources d’information, à la fois électroniques et imprimées ; de sélectionner, d’acquérir et de cataloguer des ressources d’information en utilisant des logiciels documentaires ; d’aider les chercheurs en situation de recherche documentaire à utiliser les bases de données, les ressources imprimées et le Web ; d’assurer des séances de formation pour accroître les compétences des étudiants à la maîtrise de l’information ; de traiter les demandes de tout utilisateur et de prodiguer des conseils personnalisés s’il y a lieu ; etc.. Tout cela, bien entendu, ne pouvant se faire efficacement sans une bonne tenue à jour concernant les développements professionnels dans le secteur des bibliothèques, (cela passant par la mise en place de dispositifs de veille) et sans une participation effective à des groupes ou réseaux professionnels plus ou moins formels.

Le poste de Subject Librarian doit surtout être réservé à un spécialiste avéré d’un domaine ou discipline, d’où l’exigence d’une formation de haut niveau pour le préposé à cette tâche. Un cas « idéal » serait d’avoir d’abord une licence dans le domaine concerné, poursuivie d’une formation « Masterisante » dans ce même domaine et entrecoupée par l’obtention d’un diplôme bibliothéconomique. Ce qui signifie que les Subjects Librarians soient des professionnels avec un niveau d’éducation au-dessus de la moyenne, une sorte d’ « élite » bibliothéconomique, ayant une position de premier ordre dans l’architecture fonctionnelle d’une université ou structure assimilée, surtout dans un contexte d’éducation à la maîtrise de l’information et de coopération avec les facultés. Bon là c’est pour l’idéal, mais à défaut de cela, une bonne culture du domaine et un solide bagage bibliothéconomique pourraient bien faire l’affaire, étant entendu que c’est aussi par la pratique que l’on cultive le savoir-faire.

Dans l’entame de billet j’ai fait référence à SubjectPlus un logiciel gratuit qui assurément peut-être un compagnon idéal du Subject Librarian, car lui permettant d’élaborer des guides de recherche pour les ressources électroniques proposées par sa bibliothèque et permettre facilement leur accès aux utilisateurs.

Voici quelques exemples de bibliothèques l’utilisant déjà et deux captures d’écran de notre propre installation locale.

Liste Bases de données

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