N° 80 – MyScienceWork, un réseau social pour la Science 2

Une fois n’est pas coutume, je me propose d’être le relais de MyScienceWork, une plateforme d’accès aux articles scientifiques et fonctionnant aussi comme un réseau social. Un exercice qui s’inscrit cependant en droite ligne de ce que ce blog a toujours fait, c’est-à-dire faire l’apologie du Web 2.0 sous toutes ses formes. Il est donc tout à fait naturel d’y intégrer une petite lucarne, reprenant pour l’essentiel un communiqué de presse du réseau et expliquant comment les chercheurs peuvent s’inscrire, consulter plus de 26 millions d’articles gratuitement et améliorer leur visibilité internationale pour trouver de nouveaux contacts et des annonces d’emplois scientifiques.

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MyScienceWork, start-up créée par une ancienne doctorante en biologie, lance une nouvelle version de votre réseau social professionnel dédié à la recherche.

1/ Collaborez, partagez

Rejoignez les 300 000 membres de notre communauté et les 30 000 chercheurs, doctorants et ingénieurs inscrits ces 3 derniers mois. Gagnez en visibilité en partageant vos articles, découvrez de nouvelles publications, engagez des discussions avec d’autres experts du domaine.

2/ Accédez gratuitement à 26 millions de publications scientifiques

La philosophie de MyScienceWork est de renforcer la diffusion des articles en open access. Accédez gratuitement à plus de 26 millions d’articles en accès libre et gratuits issus de Plos ONE, Pubmed, REPEC, HAL et bien d’autres sources.

3/ Renforcez votre réseau professionnel

Déposez votre CV sur un site professionnel dédié aux scientifiques en remplissant votre profil professionnel incluant votre bibliothèque personnelle de publications, les conférences auxquelles vous avez participées etc. MyScienceWork vous propose un grand nombre d’offres d’emploi internationales myscienceworkainsi que des événements scientifiques en rapport avec vos travaux.

4/ Nos avantages face à la concurrence

Multidisciplinaire : MyScienceWork est un réseau social connectant biologistes, médecins, physiciens mais aussi des chercheurs en sciences humaines et sociales, des ingénieurs, des juristes etc
International : Une interface en 7 langues et des articles disponibles en 101 langues ! Une ouverture totale vers l’accès libre aux connaissances scientifiques.
Vulgarisation scientifique : News (français/anglais) est le média de votre actualité scientifique.

Découvrez des portraits de chercheurs, des événements et l’annonce des derniers résultats scientifiques. Contribuez en vulgarisant vos travaux qui seront relus par des journalistes et diffusés sur News. Suivez en continue les actualités du mouvement pour l’Open Access, pour une science accessible à tous, plus collaborative et plus transparente.

Voilà ! Il ne vous reste plus qu’à vous y inscrire comme moi, si vous êtes intéressé 🙂

N° 66 – Droits d’auteur et bibliothécaires Réponse

Un cours en ligne complet sur le droit d’auteur pour les bibliothèques, sous forme de Wiki, est disponible en anglais depuis mars 2010, grâce aux volontés combinées du Berkman Center for Internet and Society de la faculté de Droit de Harvard et EIFL.

La version française traduite par EIFL et pour qui j’ai assuré l’édition sur le Wiki dédié (utilisant MediaWiki), est elle aussi dorénavant disponible depuis quelques jours.

Ce cours, outre l’introduction générale, est articulé en 9 modules d’apprentissage, organisés en cinq niveaux différents, riches en contenu, pédagogiquement bien pensés et surtout très bien documentés. Ce cours peut être utilisé comme un cours d’autoformation, un cours traditionnel en classe, ou encore un cours d’apprentissage à distance

  • L’introduction est un exposé sur la théorie générale du droit d’auteur et ses principes fondamentaux, plus précisément une revue des quatre théories que sont celles liées à : l’équité, le bien-être, l’identité individuelle et la culture.
  • Le module 1 titré, Droit d’Auteur et Domaine Public, a pour objectif « d’explorer les concepts de base de la Loi sur le droit d’auteur » et en même temps d’être « introduction générale aux éléments du droit d’auteur d’importance pour les bibliothécaires »
  • Le module 2 titré Cadre international aborde la question du droit d’auteur sous l’angle du droit international et « traite également de son impact sur les pays en développement et l’influence des pays développés dans l’application des lois y relatives ».
  • Le module 3, intitulé, Champ d’application de la loi sur le droit d’auteur, traite des genres de créations et d’activités couverts ou non couverts par le droit d’auteur
  • Le module 4, traite des Droits, Exceptions et Limitations, d’un détenteur de droits d’auteur. Dans ce module, sont abordées les clauses d’exceptions et de limitations conçues pour permettre aux bibliothécaires d’utiliser les œuvres protégées dans le cadre de la réalisation de leurs missions
  • Le module 5, intitulé Gestion des droits, « décrit les règles juridiques qui affectent la capacité des titulaires de droits d’auteur à percevoir des revenus auprès des utilisateurs de leurs œuvres et comment les bibliothécaires peuvent, utiliser ces règles à leur meilleur avantage ou chercher à les modifier ».
  • Le module 6, intitulé Approches Créatives et Alternatives, expose les modèles autres que celui courant pour les droits traditionnels ou, par exemple, les droits associés au droit d’auteur sont affectés à un éditeur qui fait des copies de l’œuvre et les distribuent à titre onéreux. Ce module expose donc les modèles d’accès gratuit et libre sans frais à la charge de l’usager, avec un accent particulier mis sur les licences Creative Commons et le mouvement Open Access entre autres.
  • Le module 7, Application, traite de la violation du droit d’auteur, des questions liées à un éventuel traitement judiciaire survenant quand un détenteur de droit décide de saisir un tribunal quand il s’estime lésé et aussi des « rôles appropriés des bibliothécaires eu égard au droit d’auteur et à  son application ».
  • Le module 8, intitulé Savoirs traditionnels, explore la « complexité et l’évolution rapide des règles juridiques relatives aux savoirs traditionnels (endogènes) et explore ensuite le débat houleux qui demeure quant à la portée de la protection appropriée pour ce « nouveau » sujet ». Y est exposée la situation de nombreux pays par rapport à ces savoirs
  • Le module 9, Activisme, « tente de venir en aide aux bibliothécaires des pays en voie de développement qui cherchent à s’organiser pour influencer la forme des lois sur le droit d’auteur ». Pour ce faire, il examine, avec 4 études de cas « comment des groupes ont envisagé, par le passé, de modifier (ou de résister aux modifications) des systèmes de droit d’auteur » (par exemple le cas Pirate Bay en Suède).

Un glossaire est aussi disponible sur le Wiki en question, fort utile que l’on soit formateur ou « potache ».

Le cours est aussi enrichi par un module pratique en direction des probables formateurs et leurs apprenants. Il s’agit d’une plateforme de discussion en ligne, dénommée Rôtisserie, qui permet une interaction entre différents acteurs d’une classe, travaillant sur un même projet pédagogique. Voir plus d’informations à ce sujet.

Une autre ressource émanant d’EIFL et pouvant intéresser d’aucuns est le Manuel de droit d’auteur et de droits voisins à l’usage des bibliothèques traduit en français.

Enfin et toujours sur le même sujet et pour complément d’information, lire l’excellent article sur le blog S.I. Lex  qui présentait déjà la ressource alors qu’elle n’était disponible qu’en anglais et la Déclaration de principes sur les exceptions et limitations du droit d’auteur pour les bibliothèques et les archives, faite en 2009 par l’IFLA, EIFL et la Library copyright Alliance.

Cliquez sur ce lien pour accéder au cours et contribuer à son amélioration et son enrichissement éventuel. Par exemple, ayant remarqué que l’approche anglo-saxonne y est privilégiée, aussi avons-nous essayé de mettre le maximum de liens en français s’ils existent. Cependant la communauté francophone étant vaste et diverse en nationalités, il serait bien que des textes législatifs nationaux soient proposés par ceux qui en ont connaissance dans leur pays.

N° 46 – Pour une bibliothéconomie 2.0 plus « professionnelle » 2

Je poursuis mon plaidoyer pour que l’empreinte professionnelle soit de plus en plus marquée sur les plateformes Web 2.0, surtout ceux de partage de ressources Web. Outre le taggage fou qui y est constaté, j’y remarque souvent une autre forme de légèreté liée à la présentation de leurs références. Mon argumentation sera principalement axée sur Delicious, mais elle est tout aussi valable pour tout autre site de partage (type Connotea ou CiteULike).

Les « notices » descriptives de Delicious sont composées de 4 champs visibles (date de création, titre de la ressource, Notes, espace pour les tags). Delicious génère automatiquement le contenu de deux de ces champs : le titre, extrait de la balise <title> du code source de la page ou du site Web et la date, les autres étant renseignés par l’internaute qui propose le signet.  Le constat est que lors du processus de partage de la ressource :

  • nous nous contentons généralement du titre par défaut fourni par Delicious,
  • nous zappons le plus souvent la zone de notes sensée expliquer le contenu de la ressource signalée.
  • nos pratiques d’indexation (tagging) ne portent pas toujours le signe de la rigueur dans le choix des termes et leur transcription, (voir mon post précédent)

Devons–nous vraiment, en tant que professionnels de l’info-doc,  accepter d’être des adeptes de ce culte de l’amateurisme qui ne grandit pas notre rôle de médiateur d’information, d’être phagocytés par la grande masse  des internautes dont les pratiques spontanées contribuent à faire d’une partie du Web un grand capharnaum.

Je ne le pense pas.

L’idée véhiculée ici, est donc de professionnaliser les pratiques 2.0 des bibliothécaires et autres documentalistes sur les sites de partage des ressources web comme Delicious. Avoir le souci d’enrichir (ou embellir) ces notices comme nous le ferions pour une description bibliographique classique.

Comment arriver à accomplir cette exigence de professionnalisme ?

Voici quelques propositions personnelles

  • Choisir toujours, un titre explicite et concis. On peut toutefois se contenter de celui fourni par la plateforme, si celui-ci répond à ce désir de concision. Autrement, en fabriquer un (faut-il cependant le mettre en crochets carrés, pour suivre la logique de la norme ISBD ? 🙂 ). Aussi pourquoi, en suivant cette même logique, ne pas faire figurer dans ce champ titre une mention de responsabilité introduite par la barre oblique (Slash pour digital natives) pour identifier l’individu ou la collectivité créateur de la ressource ? Ceci permettrait d’un point de vue éthique, de mettre en avant leur travail et la compétence qui l’a sous-tendu.
  • Remplir systématiquement, la zone prévue pour la description de la ressource (Notes). Elle permet à l’internaute d’avoir un aperçu sur la nature, le contenu du site avant même de s’y rendre. Généralement toute page d’accueil d’un site propose un résumé de celui-ci et il suffit largement comme source d’information pour ce champ, sinon produire soi-même une brève description (genre analyse documentaire). Depuis quelques temps, j’insiste particulièrement sur cette pratique quand je signale des sites sur les différentes plateformes que j’utilise individuellement ou institutionnellement.
  • Mettre plus de rigueur dans le tagging en utilisant par exemple des taxonomies ou autres thésaurus. Et pour le cas spécial de Delicious, profiter de l’option « Tag Bundles » pour regrouper des mots-clefs sous une étiquette générique, équivalent ni plus ni moins, à créer des descripteurs maîtres comme dans un langage documentaire formel et hiérarchisé.
  • Enfin pourquoi ne pas « Labéliser » les ressources que nous partageons en tant que professionnels. J’aimerai bien faire le distinguo entre des ressources proposées par un professionnel et d’autres par  un internaute lambda. Ma « lubie » est d’imaginer un tag particulier (Doctag, Bibtag ?…) qui serait la marque par laquelle on pourrait savoir que telle ressource a été signalée par un bibliothécaire ou un documentaliste. Un narcissisme professionnel me fait croire que nos choix de ressources sont plus pertinents, parce que nous avons le meilleur profil de veilleur et de sélectionneur pour le Web 🙂 .

J’expérimente ces quelques idées sur mon compte personnel Delicious.

Les services de partage de ressources à orientation scientifique comme CiteULike ou Connotea, plus que Delicious, proposent des possibilités d’enrichissement de leurs notices par les champs de saisie qu’ils proposent, de même que LibraryThing dont le formulaire de saisie n’a rien à envier à un bordereau de SIGB. De tels outils nous permettent de  faire émerger notre expertise professionnelle en matière de description, tout en nous immergeant dans la dynamique participative et collaborative du Web.

La charge de travail occasionnée par un investissement dans l’espace partage des médias sociaux, surtout si on dispose de plusieurs comptes, peut être bien maîtrisée. En effet beaucoup d’extensions intégrables aux divers navigateurs (la palme à Firefox et filiale comme Flock) permettent d’alimenter semi-automatiquement ces plateformes. Si on utilise plusieurs de ces plateformes il est possible de les relier entre elles et réussir la « prouesse » d’être partout et nulle part en même temps : partager une ressource sur un outil principal et par un jeu de liaison (avec la technologie RSS) mettre à jour automatiquement les autres outils auxquels on a souscrits. Cette possibilité que j’appelle « transitivité 2.0 » doit être mise à profit pour tout bibliothécaire (2.0) utilisant plusieurs services.

Le web 2.0 en bibliothèques est loin d’être une corvée, il est aussi une histoire de passion. Passion due au fait que s’investir dedans permet de sortir d’un possible et probable train-train quotidien, de développer un esprit d’initiative, d’innovation et de faire de la bibliothéconomie ou de la documentation d’une autre façon et avec efficacité.

PS : Ce blog a aujourd’hui 2 ans d’existence, à cette occasion j’offre 20 invitations pour Google Wave. Un simple commentaire sur ce billet suffit en  n’oubliant  pas d’y faire figurer une adresse mail valide 😉 .

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N° 38 – Toujours du Web 2.0 3

Notre ancrage dans l’environnement des médias sociaux continue, causé par un heureux hasard qui s’est manifesté en un atelier interactif organisé à Dakar par le CODESRIA, dans le cadre du projet IKM Emergent. En effet en ce début de mois de juin on a encore parlé de Web 2.0 avec un panel composé essentiellement de bibliothécaires ou documentalistes intervenant dans des organisations internationales basées au Sénégal. Ce groupe de  « bibliodocaires » était complété par deux « intrus » dont moi-même, opérant dans la bibliothéconomie universitaire. Le but de cette rencontre animée par deux experts travaillant pour le projet IKM, était de permettre à IKM Emergent, qui s’intéresse à l’émergence de nouvelles manières de penser utilisables dans le monde du développement international, de faire une démonstration de nombre d’outils et techniques d’information, avec une réflexion collective de leur impact sur nos modèles et pratiques d’échange du savoir. En effet IKM Interactive concentre ses efforts sur le rôle de l’information et des outils d’information et plus particulièrement sur la manière dont ils affectent l’échange des connaissances. Ces outils et techniques dont il est question, sont pour la plupart ceux qui sont estampillés « 2.0 ». En effet on a beaucoup parlé de « social bookmarking » (Delicious), de microblogging (Twitter), de collaboration scientifique (Connotea), de flux RSS (Netvibes), de blogging (WordPress), de wikis (PbWorks) etc.. Donc autant de choses qui ne pouvaient qu’attiser mon intérêt et un désir largement assouvi, de partager mes expériences et celles de mon institution en la matière déjà visibles dans les billets N° 36 et N° 37, où tout cela est exposé en détail. Au fait, je profite de l’occasion pour signaler deux autres services que nous utilisons.  Cela concerne Connotea, où nous proposons une sélection d’articles scientifiques et CiteULike utilisé pour signaler des travaux académiques (thèses et mémoires), le tout en texte intégral.

Il a été aussi beaucoup question de Google, dans la séance consacrée aux biais de l’Internet.  Google et ses commandes générales comparées à celles des moteurs de recherche spécialisés,  démonstration du classement de ses pages (sans dévoiler l’algorithme de Larry Page 🙂 ), démonstration et pratique sur les ressources en IST sur Internet (Google Scholar Scirus, Google Books, blogs scientifiques) et enfin  d’une illustration de ces biais à travers l’utilisation de IKM Vines.

Une autre plage importante de l’atelier concernait la « science en ligne et le Sud » avec des démonstrations et discussions sur l’accès à la documentation scientifique avec les projets DOAJ, Agora, Hinari, Oare et Peri, sur le travail avec une bande passante limitée (qui est quelque part notre lot quotidien). Dans la pratique les participants ont aussi eu une idée de ce qu’est le travail collaboratif avec le wiki d’IKM interactive et ont pu voir en démonstration ce qu’est, l’extraction et l’utilisation de documents audiovisuels à partir du Web (iTunes), le géo-mapping, l’intégration des réseaux sociaux et la création de blog et de wikis.

J’en ai profité pour accroître mes connaissances sur Twitter, surtout l’utilisation de Twitterfeed pour signaler automatiquement (sur Twitter) des informations provenant de ses comptes sur d’autres plateformes 2.0. Aussi si vous voulez voir comment ça « gazouille » dans l’ensemble du globe terrestre, cliquez sur ce lien.

Après la séance sur la création d’un blog, M. Olivier Sagna, maître d’œuvre de cet atelier a eu l’ingénieuse idée de créer un blog pour une des revues du CODESRIA. Sur la page d’accueil il propose un accès au sommaire du dernier numéro, une deuxième page est consacrée à la présentation de la revue, avant d’accéder à une autre page qui présente, elle, les archives de la revue en texte intégral (le must pour moi), on peut aussi accéder au catalogue de l’organisme et à la liste de toutes les revues qu’il publie. Le graphisme, quant à lui est très proche du design de la version imprimée, pour vous faire une idée de tout cela, consultez le blog en question et sa version en langue anglaise. On attend vivement la suite pour les 11 autres revues du CODESRIA.

Voilà un moyen astucieux de vulgarisation et montre encore une fois de plus tout ce qu’on peut imaginer et faire avec les médias sociaux. Car tout l’enjeu est là pour nous, s’approprier ces médias gratuits, les adapter à notre contexte, collaborer entre nous et créer du contenu facilement accessible sur le web. Qui a dit que le Web 2.0 était aussi de l’intelligence…collective ?

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N° 37 – Encore du Web 2.0 6

« Notre bibliothèque fait du web 2.0 ».

Tel est le titre du post précédent et les échos, comme celui-ci, reçus d’un peu partout nous confortent dans l’idée d’avoir eu raison de le faire .  Alors insistons pour que nos « entreprises » documentaires s’y essayent, il sera toujours temps d’évaluer les résultats après. Ne perdons pas de vue que nos utilisateurs actuels et futurs contrairement à ceux d’il y a quelques années sont des « Digital natives » (il n’y a qu’à voir le nombre d’étudiants utilisant des ordinateurs portables dans notre campus) et fortement impliqués dans la mouvance des Médias sociaux. Cela implique une nouvelle attitude concernant le marketing de nos systèmes d’information documentaire, marketing qui doit nécessairement passer par l’usage du canal numérique. Alors ne nous privons pas de cette formidable possibilité de créer du contenu sur le Web (sans pouvoir écrire une seule ligne de code) qui nous est offerte par le monde du Web 2.0.

Pour appuyer tout ce prosélytisme en faveur de la « religion » 2.0… qui relie les gens, j’ai animé une petite communication sur le sujet dans notre bibliothèque (qui fait du Web 2.0 🙂 ). Voir la (longue) présentation ci-dessous.

Pour finir, petit jeu de synonymie : Médias sociaux = Web 2.0 et le premier terme est de plus en plus à la mode .

Les navigateurs se mettent aussi dans la socialisation, exemple de Flock un petit bijou à découvrir et télécharger …absolument génial.

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N° 36 – Notre bibliothèque fait du Web 2.0 10

Il était temps de trouver du temps pour renflouer cette embarcation longtemps échouée au quai de la gestion des bibliothèques numériques. Beaucoup d’obligations professionnelles et autres réalités personnelles pas très gaies sont passées par là. Surmontant donc cette apathie assez longue, je veux partager avec le commun des bibliothécaires, les actions de ma bibliothèque orientées vers l’utilisation des services et applications du Web 2.0. Rien de vraiment original dans la démarche, mais toujours le souci de rappeler que, satisfaire le désir de visibilité n’a jamais été aussi facile que maintenant. Alors « biblioprolétaires » de tout bord, sachez que vous avez la possibilité d’exister, de dire qui vous êtes, ce que vous faites, même sans disposer de budgets astronomiques ou de budgets tout court.

Comment ?

Voici notre expérience en 6 points non exhaustifs et susceptibles (voire sûrs) d’être renforcés.

  • Longtemps aphone virtuellement, notre bibliothèque gazouille continuellement maintenant depuis que Twitter, le site de microblogging, lui a offert une branche sur laquelle accrocher un  nid douillet. Mélant sa voix aux millions de tweets quotidiens, elle parle de ses activités, de son fonctionnement, de ses perspectives immédiates en temps réel. Ce nid est accessible en cliquant sur ce lien.
  • Une des missions de la bibliothèque est de fournir des ressources additionnelles externes et fiables. La sélection de signets dont elle dispose devant être accessible, il fallait un outil dédié au partage de signets comme Delicious pour remplir ce rôle. Le souci de collaborer avec d’autres bibliothèques a été primordial dans le choix de souscrire à pareille application, cette collaboration pouvant se manifester par la création de réseaux de partage de favoris. Aussi l’autre intérêt latent est de pouvoir, un tant soit peu, réguler le tagging (indexation spontanée) des ressources signalées dans Delicious, voire former les usagers à la création des tags. Qui de mieux qu’une bibliothèque peut remplir ce rôle vis-à-vis de l’indexation ?  Invitation à découvrir cet espace.
  • La visibilité du fonds documentaire n’est pas en reste, plus particulièrement celui qui est nouvellement acquis (à l’échelle d’une année). Cela a été à l’origine de l’ investissement du site de partage de références bibliographiques qu’est LibraryThing, où elle s’est dotée de rayonnages pour pouvoir exposer ses nouvelles acquisitions de livres. L’exposition à la critique, aux commentaires et aux suggestions des internautes et bibliophiles permet d’apprécier à sa juste valeur la pertinence et la qualité des documents qu’elle propose à ses usagers. Sans compter la possibilité, par le biais des relations, de créer un réseau de bibliothèques échangeant sur les politiques d’acquisition et/ou de développement de collections. Ce catalogue est accessible par la page de profil de la bibliothèque ou mieux encore par mots-clefs.
  • Les bibliothécaires, dans le cadre de l’animation interne produisent des supports de leurs interventions. La bibliothèque a décidé de rendre publics et de partager ces documents. Ce jalon a été franchi avec le site de partage de diaporamas qu’est Slideshare sur lequel on peut accéder à l’espace créé pour la bibliothèque.
  • Longtemps aux abonnés absents concernant la possession d’un site Web ou portail documentaire, la bibliothèque s’est construit un univers virtuel public et privé avec Netvibes. Pour partager comme ressources les flux RSS des sites et pages web jugés pertinents, des informations d’ordre général (météo locale), des notes, un agenda d’activités… ou recueillir sur un « mur » des impressions, critiques et suggestions,… l’alternative Netvibes (en attendant des lendemains qui chantent le doux refrain d’un nom de domaine accessible en ligne) lui permet prendre des raccourcis. D’autant plus que toutes les applications citées précédemment sont intégrées dans l’agrégateur et portail personnalisé qu’est Netvibes. Accéder au portail Netvibes de la bibliothèque.
  • A défaut d’intégrer les réseaux sociaux généralistes comme Facebook et autres, la bibliothèque dispose de son propre réseau social interne créé grâce à Ning. Cet espace permet à ses agents d’échanger sur les sujets concernant la vie de la bibliothèque, d’étaler des états d’âme 🙂 , mais aussi des projets professionnels, etc.. Ce réseau étant privé il n’est joignable que sur invitation.

Voilà donc ces quelques applications utilisées par la Bibliothèque centrale de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis du Sénégal, qui a décidé d’investir pleinement mais sûrement le monde du web 2.0. Elle a pour ambition de s’approprier d’autres services présentant un intérêt certain pour la réalisation du triple objectif de visibilité, de collaboration et de partage qu’elle s’est assignée. L’une des missions essentielles de la bibliothèque étant d’accueillir et d’orienter les usagers, le prochain objectif est de leur proposer une visite guidée en ligne, via un site de partage de vidéos (Youtube). En outre son ambition est d’intégrer les wikis en créant une page dédiée dans Bibliopédia, véritable encyclopédie en ligne sur les sciences de l’information et de faire partie de la Blogosphère des bibliothèques bloggueuses, via des plateformes comme WordPress, Blogger, Drupal, etc..

La gestion quotidienne de tels espaces où les mises à jour sont souvent quotidiennes (Twitter par exemple) nécessite un type d’organisation sans faille. Une solution simple est de responsabiliser un administrateur pour chaque application (en sus de ses occupations professionnelles régulières), chargé de recueillir les informations et d’enrichir les contenus. Une autre solution est de mobiliser une personne à temps plein pour administrer toutes les applications Web 2.0 utilisées par la bibliothèque.

Pour finir, je me suis amusé à concevoir l’organigramme de la bibliothèque sur un site de création de cartes heuristiques estampillé 2.0, si l’envie vous prend je vous invite à le découvrir sur Bubbl.us.


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N° 19 – Métavers & pratiques documentaires Réponse

La navigation continue au sein des univers virtuels à la recherche des îles où sont déclamées les notions qui nous sont familières. Cette quête s’est limitée à Second life seulement et le premier constat est la part infime de structures francophones ayant investi ce milieu. Il va donc falloir se coltiner toute une bonne dose de vocabulaire et syntaxe anglaise. L’endroit le plus « important » pour voir la présence de bibliothèques dans Second life est «Info island» qui fédère une quinzaine d’îles virtuelles regroupant plus de 500 bibliothécaires publics et universitaires. Quoi de plus parlant que l’image ? Je vous invite donc à parcourir cet archipel grâce à la magie « Youtubique ».

Si vous ne vous êtes pas ennuyés et que cette vidéo ait donc aiguisé votre appétit pour plus de découvertes, je vous invite à intégrer le réseau social des bibliothécaires de Second life et voir un exemple de job qui y est mené par une « collègue-avatar » dont voici l’interview en français).

Au cours de mon périple volant dans ce métavers j’ai atterri (presque amerri 🙂 ) sur l’île Riviera, où se trouve la Bibliothèque francophone de Second life (eh oui !) qui n’a rien (selon moi) d’une bibliothèque classique avec rayonnages de bouquins (fussent-ils virtuels) et classification systématique, mais un espace d’échanges. La consultation du blog qui lui est dédié vous en dira davantage. Quoiqu’il en soit on y organise de belles conférences à ce qu’il paraît (la Bibliothèque n’est-elle pas aussi lieu d’animation ?)

Si l’envie vous prend de vous inscrire à Second life et d’y venir vous promener (librarians area), vous rencontrerez peut-être un Tonyben Benoir, n’hésitez pas à lui parler Wolof ou Sereer et à débattre de la profession documentaire de Sunugal, de l’ASBAD (une île virtuelle à créer et à modeler parfaitement, comme on le ferait en rêve, dans Second life ?) et plein d’autres petites choses si affinités… 🙂 .

Ma navigation ne m’a pas fait découvrir des espaces archivistiques dans Second life (cependant je vous propose un slideshow d’archiviste sur la question, avec un titre assez évocateur). Quant aux espaces muséologiques, voir ce Google group sur l’usage de Second life pour les musées (en anglais).

Ressources pour toujours mieux s’imprégner (liste non exhaustive)

Fil RSS de Info Island, présentation Powerpoint sur Second life et Bibliothèques, présentation de la Bibliothèque francophone de Second life

A sous peu, pour un retour aux « affres » du monde réel


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N° 18 – Le règne de l’avatar ? : Second life & compagnie Réponse

Voilà un titre qui peut paraître provocateur, d’autant plus qu’il s’agit pour moi d’insinuer que l’avenir de l’Homo internetus se confondra irrémédiablement avec son clone virtuel (avatar) né de la technologie en 3D. Mais pareille question est-elle aussi saugrenue que cela, quand depuis quelques années, il est possible de se créer une seconde vie où le rêve (longtemps confiné dans les lambris du sommeil paradoxal) se matérialise dans les métavers. Des cosmos virtuels où le corps de chair et d’os se dématérialise en figurines animées sans oxygène pour respirer, mais une succession de codes binaires qui prennent le pas sur tout fluide biologique, témoin de nos insatisfactions d’éternels mortels. Des figurines aussi « mortelles » mais régénérables à souhait pour combler ces insatisfactions du monde réel, créant des environnements imaginaires pour en faire des modèles parfaits tels que l’aurait souhaité leur double fait de nerfs et de sang.

L’un des plus célèbres et plus populaires est Second life, né de l’imagination de Linden Lab en 2003, il offre la possibilité de se payer des « Island » dans cet univers où les tractations financières se font en Linden dollar (L$), sésame nécessaire pour se payer le terrain « île » et les matériaux pour y construire sa tour d’ivoire ou son petit commerce (sur lequel ne cracherait sûrement pas le petit épicier de nos bidonvilles).

Nulle intention pour moi de commenter un quelconque succès ou échec de ces services (métavers) du Web (2.0) d’aujourd’hui, mais seulement entrouvrir des lucarnes pour voir les possibilités qu’ils peuvent offrir, économiquement, culturellement, socialement,…et professionnellement (documentation s’entend). Le format proposé par ces technologies se confond aux MMOG, espaces ludiques longtemps apanage de l’âge adolescent, peut freiner l’ardeur de tout adulte à qui l’on proposerait l’utilisation de l’univers virtuel pour y renaître. Eh bien ! Conseil : il n’est rien qui soit honteux pour un papy à la soixantaine bien entamée de voler d’île en île dans Second life. D’autant plus que les gros bras de la décision planétaire (banques, industries, politiques, informatique comme IBM…) y investissent proposant des espaces de travail, de présentation et/ou de consommation de leurs produits, innovants ou non.

Comme toujours, le hic sera technologique pour la majorité de nos congénères sous-développés (disposer d’un ordinateur assez puissant, d’une connexion Internet et d’une alimentation en énergie continue). Ces préalables remplis, il ne reste plus qu’à télécharger l’application cliente de l’univers souhaité (Second life, mon favori), se créer une nouvelle identité (numérique ?) par l’inscription (nouveau nom et nouvelle apparence : avatar) et atterrir sur l’île d’apprentissage pour se familiariser avec l’univers virtuel, passage obligé vers l’exploration des espaces publics et privés qui le composent. Le reste sera fonction de votre avoir financier, à changer en Linden dollar (pour Second life), qui vous permettra d’acheter votre propre île, de lui donner une identité par un nom et des services offerts.

Il est possible d’y construire des consciences et identités collectives virtuelles, celles-ci pouvant être à vocation corporatiste, religieuse, etc.., rejoignant ainsi les préoccupations réelles et toujours insatisfaites d’une « première vie ». Clin d’œil à tous les polygames secrets qui rêvent déjà de harem virtuel :-).

Le règne de l’avatar est-il envisageable dans l’espace numérique qui lui est dédié ? Difficile d’y répondre, encore faudrait-il qu’on lui construisît un empire et un trône et surtout qu’on lui donnât la force de régenter nos identités numériques (individuelles et collectives). Beaucoup de petits royaumes comme Second life émergent, grandissent, atteignent leur apogée et sont annexés par les uns ou en phagocytent d’autres. Quoiqu’il en soit tous les grands empires sont constitués par l’agrégat de petits royaumes, qu’en sera-t-il alors d’un super univers composé de petits univers virtuels ? Il sera peut-être dirigé par un super potentat-avatar qui ferait la promotion du double numérique au point de fragiliser nos identités réelles. 🙂 Là on entre dans le monde la science-fiction, mais les univers virtuels ne sont-ils pas en quelque sorte de la science-fiction matérialisée. Alors wait and see !

Autres métavers (liste non exhaustive) : Entropia Universe, Habbo Hotel, PlayStation Home, Red Light Center, RuneScape

Prochainement, exploration des îles virtuelles où on parle le langage documentaire


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