N° 17 – RDA & FRBR 3

Ce billet a pour objet de donner un aperçu de ce que représente le modèle FRBR dans la « philosophie » des RDA. Pour une meilleure compréhension du discours contenu dans ce post, un rappel des différentes caractéristiques du modèle FRBR s’impose, pour cela voir le billet N° 08 qui lui est consacré dans ce blog. Pour rappel ce modèle est un « cadre conceptuel permettant de comprendre clairement, sous une forme précisément exprimée et dans un langage qui soit parlant pour tout le monde, l’essence même de ce sur quoi la notice bibliographique est censée renseigner « . On retrouve ici l’un des objectifs de la norme RDA qui est de proposer des notices dont les données sont en adéquation avec les besoins de l’utilisateur. En d’autres termes les concepteurs des RDA ne pouvaient faire abstraction des possibilités offertes par les FRBR (modèle de référence à suivre pour le futur ?).

Les catalogueurs ont toujours consciemment ou inconsciemment voulu la simplification des règles de catalogage. Ainsi il fallait élaborer un schéma qui donnerait la possibilité de traiter toutes les ressources actuelles, mais aussi les nouvelles qui apparaitront (retour vers le futur ?) et d’appréhender la nouvelle logique de perception de l’entité ‘oeuvre’. Il apparaît en évidence que les modèles conceptuels d’information bibliographique FRBR et FRAD (Functional Requirements for Authority Data) ont inspiré l’élaboration des RDA qui, par ailleurs, vont encourager l’usage de ces modèles, d’où découlera probablement une interdépendance entre les deux, vu le niveau d’utilisation assez faible des modèles en question et le poids que vont prendre les RDA (en tant que nouveaux AACR) dans la sphère bibliothéconomique. Pour mieux comprendre cette norme, les concepteurs (Joint Steering Committe for Development of RDA) conseillent d’ailleurs de se familiariser d’abord avec la structure et le vocabulaire des FRBR.

Après analyse, on peut remarquer que les RDA intègrent la structure des FRBR :

  1. en reprenant leur terminologie (oeuvre, expression, manifestation et item).
  2. en rendant compte des attributs de leurs entités et des relations qu’elles peuvent avoir entre elles.
  3. en associant chaque élément de donnée (contenu de l’information bibliographique) à ces entités

 Est-ce que RDA va satisfaire les attentes ? Nous verrons à la publication officielle annoncée pour 2009 pour lever certains doutes (?). Quoiqu’il en soit, une réalité est là qui est l’existence de ce modèle (FRBR) et de cette norme future (RDA). Il est absolument nécessaire de maîtriser ce qui est là (formation continue ou académique) pour que nous soyons prêts, éventuellement, à les utiliser le moment venu. Nous ne pouvons pas nous permettre, nous professionnels sénégalais, une non-appropriation de tels savoirs bibliothéconomiques. Anticiper le savoir-faire, à ce que je sache, n’a jamais fait de mal à qui veut être au diapason des évolutions du métier qu’il a choisi. Donnons-nous les moyens de prendre en charge ces outils de description bibliographique, pour qu’au moment de mettre en place une structure bibliographique nationale digne de ce nom (toujours repoussée aux calendes grecques), nous ayions une matière première (synonyme aussi de « produit fini », donc prêt-à-l’emploi, dans le monde numérique) pour garnir la réflexion et agir.

Pour mieux comprendre RDA et le RDA/FRBR « mapping » je conseille la veille sur la page des FAQ (Foire aux questions / Frequently asked questions) du site de RDA JSC. Et encore, toujours pour en savoir plus : RDA to FRBR mapping document en pdf (English version), présentant les relations de concordance entre les deux. Le blog FRBR est aussi intéressant à consulter.


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N° 14 – RSS : agrégateurs en ligne 1

Suite et fin de ce mini dossier sur RSS par une présentation d’autres outils permettant de d’utiliser cette technologie PUSH. Pourquoi le choix des agrégateurs en ligne, parce que tout simplement ils ne nécessitent pas de téléchargement pour être utilisés, ce qui permet à tout un chacun de retrouver ses informations depuis n’importe quel ordinateur connecté à Internet. Dans mon premier post concernant ce dossier (billet n° 12) j’avais indiqué quelques lecteurs RSS hors-ligne (RSSReader et FeedReader,) qu’il fallait télécharger pour pouvoir les utiliser.

Après avoir défini ce qu’est un agrégateur avec les avantages que l’on peut en tirer, je vous proposerai une liste de quelques outils de ce type étant entendu que, leur maîtrise passera nécessairement par une pratique assidue.

Avantages :

  • centralisation de flux RSS d’origines très diverses : donc réduction du temps de consultation
  • proposition de résumés des informations reçues : donc aperçu du contenu des nouveautés apparaissant sur le site et tri possible avant la consultation de ces informations
  • facilité et simplicité dans l’utilisation : le processus d’abonnement et de désabonnement à des flux se fait de manière très rapide sans aucune contrainte technique particulière
  • possibilité de sauvegarder ses abonnements grâce au format OPML : cette capacité a son importance car la principale fragilité d’un agrégateur en ligne, est qu’il dépend de la plateforme mère (qui le produit et l’administre). Si par malheur cette « maison-mère » n’est plus accessible par Internet on risque de perdre tous les fils auxquels on s’est abonné.

Modus operandi :

En général, tous les agrégateurs en ligne ont des modes d’emploi semblables, en voici quelques caractéristiques communes :

  • étape 1 : inscription en donnant des informations personnelles pour obtenir un Login et un mot de passe qui permettront d’accéder à sa page personnelle de n’importe quel point du globe (forêt équatoriale africaine comprise)
  • étape 2 : repérer un onglet, ou bouton, ou un lien… ayant comme intitulé : « ajouter du contenu » ou « ajouter un flux » ou encore pour les anglophones « add… », cliquer dessus pour intégrer dans l’agrégateur, les fils RSS préalablement identifiés et choisis
  • étape 3 : ce fil vient s’afficher dans la page personnelle qu’on est entrain de créer ou d’enrichir avec possibilité d’afficher ce flux partout où on veut sur la page
  • étape 4 : la page est fonctionnelle depuis que l’on a agrégé le premier fil et les nouvelles informations apparaissent dans cet espace au fil (pardon pour la répétition) des mises à jour du « site-mère ».
  • étape 5 : on peut aller en Tasmanie en toute quiétude sans s’encombrer d’un laptop, seulement se souvenir de l’agrégateur utilisé, de son login et de son mot de passe pour avoir accès aux sites qu’on choisi de (sur)veiller.

Pour pratiquer et profiter de cette formidable technologie gratuite (pour combien de temps encore ?) voici une liste jamais exhaustive de quelques « joyaux »

Les cinq premiers sites, en plus des fils RSS, proposent des widgets de bureau qui permettent d’avoir accès à des informations particulières (courrier électronique, actualités, météo,…). Cette possibilité d’agréger une multiplicité de sites Internet dans un espace est offerte par XML. Les flux sont reçus et affichés sans l’aspect graphique des sites dont ils sont issus et les temps de chargement s’en trouvent forcément réduits. Voir cet exemple pour une meilleure compréhension de cela.

Pour nous professionnels de l’information documentaire, l’usage des agrégateurs en ligne trouve sa pertinence dans la possibilité qu’il nous offre de faire une veille documentaire efficace sur différentes sources d’information et fournir une qualité de service appréciée pour nos usagers.

Prochain wharf de mouillage : retour dans les eaux de la description bibliographique avec l’ISBD consolidé


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N° 13 – RSS : usages documentaires Réponse

L’usage des flux RSS dans le monde de l’information-documentation est plus facile à comprendre lorsqu’il est confronté à la mission essentielle qui est la nôtre, c’est-à-dire, la diffusion de l’information sous toutes ses formes. Depuis longtemps nous nous sommes appropriés les technologies informatiques pour donner une « nouvelle » identité à nos métiers, refondant nos manières d’être, d’agir et de SERVIR.

Il y a vingt ans, au moment de mes premiers « atomes crochus » avec l’ordinateur personnel (dans l’embryon de salle informatique d’alors à l’EBAD), m’amusant à créer de petits programmes en BASIC, beaucoup de bibliothécaires n’osaient même pas penser un jour, ranger le sacro- saint catalogue manuel aux oubliettes du château bibliothéconomique. Eh bien c’est fait (et bien fait ?), plus encore le « servir de la documentation » ne se fait plus seulement in Situ (rayons des bibliothèques et dépôts d’archives) mais « urbi et orbi » (pour reprendre une expression chère à un certain milieu). Dans tous les cas, qu’il se situât dans ou hors-les-murs du service d’information documentaire, l’utilisateur demeurait et demeure encore dans le schéma classique de la recherche d’informations (consultation des catalogues, même de l’OPAC à distance). Là nous lui proposons la méthode la plus courante pour accéder à nos trésors, celle du PULL.

Cependant avec les flux RSS la méthode change (radicalement ?) et se mue en PUSH où l’information est « poussée » vers l’utilisateur qui passe ainsi de consommateur actif à consommateur passif. L’enjeu pour nous est alors d’imaginer ce que nous pouvons faire de cette technologie RSS pour accroître la visibilité de nos produits et par ricochet leur valeur ajoutée, mais aussi de nous positionner dans le vaste bazar de l’infosphère virtuelle dont la majeure partie des éléments qui la constituent (masse documentaire) échappent au contrôle de nos structures. Cela ne remet-il pas en cause notre exclusivité en matière de diffusion de l’information-documentation ? Imaginons être à la place des usagers qui doivent certainement se poser la question de l’utilité d’une bibliothèque ou d’un centre de documentation au Sénégal, quand le Web hypertextuel foisonne de documents. Nous avons le devoir de leur répondre que oui, une bibliothèque, un centre d’archives… c’est toujours utile, voire indispensable dans les processus d’acquisition de Savoir. Que nous aussi, savons et pouvons user de RSS et autres technologies « nouvelles » pour les satisfaire et les aider à se retrouver dans le labyrinthe virtuel qu’ils investissent si souvent. 

Des utilisations possibles du RSS (liste non exhaustive) en voilà : veille sur les parutions pour booster la politique d’acquisition (Fils RSS des librairies, des éditeurs, des revues électroniques, des archives ouvertes, etc.) ; alerte sur les nouvelles acquisitions d’une bibliothèque (celles-ci pouvant être personnalisées selon le profil d’un utilisateur) ; informations événementielles ; bulletins de sommaires avec les fils RSS de chaque revue, etc..

Et voici un « florilège » de quelques usages réels pêchés dans les eaux pas troubles des espaces documentaires du Web.

  • Hennepin county library qui propose un large choix de fils RSS 
  • Pubmed : base de données de la National Library of Medicine dont l’interface Hubmed permet à l’usager d’y effectuer des recherches et de souscrire des abonnements aux fils RSS proposant des nouveautés issues des différents termes de recherche utilisés. Adaptée à un OPAC cette technologie permet de générer des flux RSS issus des termes de recherche entrés dans le catalogue.
  • University of Saskatchewan Library : propose la liste de toutes les revues électroniques auxquelles elle s’est abonnée et particulièrement celles qui ont des fils RSS. En s’abonnant aux flux qui l’intéressent, l’usager accède à la table des matières de chaque nouveau numéro reçu.
  • SCD de l’université Jean Moulin Lyon3 : RSS de nouvelles acquisitions
  • University of Warsaw Library : RSS d’actualités

 Le RSS s’est imposé dans les usages au point d’être incontournable pour qui veut s’informer, se documenter. C’est une technologie facile à mettre en place dès lors que l’on possède le « Know-how » de base en XML. Alors « XMLisons » nos espaces professionnels pour être plus performants dans nos missions, en alliant mimétisme technologique et utilitarisme professionnel.

Escale continue pour d’autres méthodes d’appropriation du RSS

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N° 12 – RSS : une introduction Réponse

Parmi les possibilités offertes par XML, figure celle de pouvoir diffuser l’information par le biais des fils RSS. Pour une compréhension très simple, posons-nous des questions et essayons d’y répondre.

  • C’est quoi, un fil RSS ?

Combien de fois, chaque jour, ouvrez-vous par exemple Seneweb (pub gratuite) pour avoir des nouvelles et combien de temps perdez-vous en attendant le chargement de sa page d’accueil pleine d’images, surtout que la plupart de nos réseaux n’ont pas le label « à grande vitesse » ? Eh bien les flux RSS ont été inventés, entre autres, pour rendre l’accès aux sites Web plus simple et plus efficace et permettent aux internautes que nous sommes d’être au courant de toutes les « news » ou nouveautés d’un site. Les fils RSS (pour Really Simple Syndication ou RDF Site Summary) sont donc des flux répertoriant des contenus mis à disposition par des sites Internet. Ils peuvent contenir des titres d’articles, de dépêches,… et permettent d’un simple clic d’afficher le texte correspondant. Ils s’actualisent automatiquement sur l’écran de votre ordinateur sans que vous ayez besoin de vous connecter au site web d’origine.

  • A quoi ça sert ?

Dès qu’une nouvelle information est publiée, votre ordinateur vous l’annonce. Ainsi, plutôt que de devoir vous connecter régulièrement à votre site Internet de (p)référence, vous pouvez consulter à tout moment les derniers titres mis à jour. Dès qu’un titre vous intéresse, il vous suffit de cliquer sur celui-ci, pour accéder directement à l’article correspondant.

  • Comment ça fonctionne ?

Pour pouvoir lire des fils d’information au format RSS, vous avez quelques possibilités :

1 – Télécharger un « lecteur de flux RSS »
Vous devez d’abord télécharger un logiciel spécifique, un « lecteur d’informations » (news reader) qui vous permet ensuite de recevoir les titres issus des sites que vous aurez présélectionnés. Il existe un très grand nombre de ces logiciels, comme RSSReader ou FeedReader, pour PC (gratuits tous les deux), ou RSSOwl (gratuit), pour Mac.

Par exemple pour se tenir au courant des différentes mises à jour intervenant sur ce blog : une fois le programme installé sur votre ordinateur, revenez sur cette page, copiez le lien affiché ci-dessous et collez-le dans votre logiciel de lecture de fils RSS. https://louisar.wordpress.com/feed/

2 – Avec le navigateur Firefox
Téléchargez et installez le navigateur Internet Firefox (pour PC, Mac ou Linux).

Après avoir installé Firefox, affichez la page d’accueil de SENBIBDOC. Une icône orange apparaît en bas à droite de la fenêtre du navigateur ou à droite dans la barre d’adresse. Cliquez dessus. Les articles apparaîtront dorénavant automatiquement dans les Favoris ou la Barre de favoris du navigateur, sans que vous ayez à vous connecter au site.

Voir, pour des cas pratiques, ces pages démonstratives, incluant le navigateur Internet Explorer.

Bonne lecture jusqu’au prochain chargement : RSS, usages documentaires

 

 

 

 

 

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N° 11 – XML : initiation pratique 1

Suite de mon introduction à XML.

Après avoir exposé les usages du langage dans la sphère bibliothéconomique, je vais dans ce billet faire une présentation pratique de ce qu’est XML. Le moyen que j’ai choisi est un slideshow, qui je l’espère permettra de mieux appréhender le sujet. Le but n’étant pas, bien entendu, de former des experts en la matière, je me suis limité à une présentation en surface.

Pour ceux qui sont intéressés par une découverte plus profonde, je vous propose la version intégrale de la présentation.

Dans le même souci de faciliter la compréhension je vous propose ci-dessous le film sur le web 2.0, réalisé par Michael Wesch anthropologue à Kansas State University, où sont exposées les possibilités offertes par XML. Le même film a été suggéré dans un commentaire à la suite de mon billet n° 04.

et ci-après, Web 2.0 traduction, envoyé par Thomas-Berthelon, une tentative de traduction sous-titrée en français pour ceux dont la langue anglaise n’est pas la tasse de thé préférée.

A bientôt pour une autre escale avec une v(t)oile cousue de fil RSS.

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N° 10 – XML et bibliothèques 1

A l’occasion des dix ans d’XML (10 février 2008), je profite de l’événement pour ancrer ma yole au port de cette syntaxe de balisage créée a l’initiative du consortium du Web  qu’est le W3C. Je ne m’appesentirai pas outre mesure sur l’historique de sa création, tant l’information sur la question est abondamment disponible sur l’incontournable Web. Soucions-nous plutôt de son utilisation et de son importance surtout dans l’environnement bibliothéconomique.

XML (Extensible markup language) est un langage de balisage générique dont le but est de permettre la fonctionnalité et l’interopérabilité du Web en permettant a plusieurs systèmes dinformation hétérogènes de communiquer et d’échanger. Autrement dit il repose sur des principes : c’est un langage de balisage extensible ; sa maintenance est assurée par le W3C ; les balises ne sont pas prédéfinies mais libres et précisent le sens ou la structure et non pas la présentation graphique (comme le fait HTML) ; le contenu, la structure et la présentation sont nettement dissociés ; la structure des informations est arborescente. 

Les raisons qui rendent intéressantes son utilisation sont que : c’est un format libre et ouvert ; il est indépendant de toute plateforme informatique ; il est promis à une certaine pérennité (il est répandu dans plusieurs domaines et bénéficie d’une solide structure de maintenance) ; il facilite l’interopérabilité. Pour de plus amples informations voir le dossier que j’avais indiqué sur un billet précédent. 

En bibliothèque son utilisation permet : d’afficher des notices bibliographiques sur le Web (MarcXML, MODS, BiblioML…) ; d’y échanger ces notices (OAI, Dublin Core…) ; d’y éditer des ressources (TEI, EAD…) ; d’y diffuser de l’information (RDF, RSS, Atom…). Pour mieux cerner les possibilités permises par XML, faisons une petite comparaison avec le format Marc que nous connaissons tous. Marc se matérialise sous la forme d’un format de saisie constitué de zones prédifinies et immuables, certaines de ces zones permettent de communiquer avec d’autres systèmes utilisant le même format ce qui permet à plusieurs bibliothèques d’échanger des notices bibliographiques par l’import ou l’export de celles-ci. Mais ces échanges ne concernent pas les usagers de nos bibliothèques qui sont dans l’impossibilité d’accéder aux notices via le Web (pour cela ils doivent préalablement passer par le site de la Bibliothèque pour accéder à son OPAC). Alors qu’avec XML, ces notices bibliographiques deviennent visibles à partir du Web parce qu’étant repérables par les différents outils de recherche qui le sillonnent. En d’autres termes nos OPAC sont mis en surface et accessibles, en principe, à tout internaute. Un autre avantage parmi d’autres est, par exemple, le changement de formats de notices de Marc à XML qui se fait sans perte de données, permettant ainsi une retroconversion « fidèle » de ces dernières… Ce souci de pallier l’incapacité du Marc à permettre les échanges sur le WEB,  sera à l’origine de la création du MarcXML par la Bibliothèque du Congrès en juin 2002. Je vous renvoie au billet N° 06 de ce blog où j’expose, dans la présentation en bas de page, les différentes insuffisances du format Marc face au Web et l’alternative offerte par les formats de métadonnées qui supportent, entre autres, un balisage en XML.

Cette visibilité de nos notices se manifeste aussi par l’utilisation des flux RSS, qui permettent de diffuser de l’information sous forme d’alerte. Un exemple tout simple est de créer un flux RSS de nouvelles acquisitions qui permet à tout utlisateur inscrit à ce flux d’être averti dès qu’il y a de nouvelles notices dans l’OPAC. Nous sommes là en présence d’un vraie application « bibliothèque 2.0 », ce qui montre qu’XML mérite toute notre attention et qu’il serait judicieux de l’intégrer dans nos pratiques présentes et futures.

Prochainement, XML : initiation à la pratique

N° 09 – Modèle OAIS (archivage numérique) Réponse

Notre deuxième cargaison, au port des modèles conceptuels, concerne l’archivage des documents numériques, avec une vue d’ensemble (résumée) du modèle OAIS.  Pour mieux appréhender l’environnement qui entoure ce modèle, il me paraît judicieux de faire un bref rappel des enjeux liés à la préservation des objets numériques.

Nous sommes en présence d’une production exponentielle de documents numériques et cela n’est pas près de s’arrêter bien au contraire. Cette donnée implique un questionnement sur le devenir de toute cette masse documentaire produite, accessible et consultable par le seul biais de la technologie qui est elle-même évolutive. Donc tous les supports, les outils, les protocoles sont susceptibles « d’évoluer », voire de disparaître entraînant de facto, une possible inexploitabilité de tout ce qui a été produit (ou est produit maintenant). Il va sans dire que pareil scenario est inacceptable, voire inimaginable et  des outils ont été pensés et élaborés pour éviter un tel « cataclysme ».

Dans l’espace dédié à la préservation des documents numériques, l’OAIS a été élaboré comme modèle de référence pour un triple but : conserver le document numérique, le rendre accessible à une communauté d’utilisateurs ciblés et surtout en préserver l’intelligibilité (c’est-à-dire le rendre exploitable avec des outils »ouverts » et/ou documentés et non avec des outils propriétaires). Il est devenu Norme ISO 14721 et un résumé est disponible ici.

Concrètement l’OAIS n’est pas recueils de spécifications techniques destinées à être directement implementées, mais un modèle abstrait qui : définit des concepts et une terminologie, décrit les parties prenantes de l’organisation d’un tel système (acteurs, fonctions) et surtout indique un canevas par lequel on peut se poser toutes les questions pertinentes pour mettre en place un système d’archivage électronique. Je passerai sur les détails qui caractérisent le modèle et vous renvoie aux divers liens de ce billet (vive l’hypertexte). Je vais seulement exposer quelques fondamentaux.

  • Dans l’OAIS l’information se présente sous forme de paquets, qui ont des spécificités propres. On en dénombre trois types qui sont liées respectivement, à l’activité menée par les différents acteurs du modèle (production, management, utilisation).
  • L’OAIS définit ausi une organisation fonctionnelle du système d’archivage selon 6 entités qui s’articulent entre-elles. Chacun de ces domaines fonctionnels (Entités) détient des rôles qu’il remplit en communiquant et interagissant avec les autres domaines sous forme de flux de données. 
  • Enfin le modèle ne serait pas complet s’il n’indiquait pas des méthodes pouvant être mises en oeuvre pour garantir la pérennisation de l’information. Il en propose une qui est la Migration (en informatique le terme désigne, le passage d’un état existant d’un système d’information ou d’une application vers une cible définie dans un projet ou un programme, source Wikipedia) et en distingue 4 types : le rafraîchissement, la duplication, le ré-empaquetage et la transformation. Pour plus de détails  sur ces trois points, voir ce lien.

Ce modèle de référence s’est imposé au niveau international et son utilisation au niveau de nos structures documentaires ou sur des projets nationaux envisagés, peut-être le gage de réussite de tout projet d’archivage électronique. Cela nous permettra de « prévenir » et non pas essayer de « guérir » quand il sera peut-être trop tard. (Je ne peux m’empêcher de vous indiquer ce lien, qui montre l’urgence de définir des environnements normatifs de travail afin que chacun sache quelles sont ses prérogatives, ses limites d’action et de compétences. Je n’ai rien contre les gens qui gèrent ce projet, mais je crois qu’il y a des gens plus indiqués pour y intervenir et le prendre en charge, d’autant plus qu’il concerne une Université soucieuse de préserver sa renommée et donc devant être attentive à la professionnalisation des activités qui y ont cours.) 

Avec ce modèle apparaît aussi, et toujours, cette évidence tantôt évoquée dans un de mes billets précédents et qui est la nécessaire intégration des métiers de l’information documentaire et l’informatique. Car dans le cas de figure qu’est l’OAIS, bibliothécaires, archivistes et informaticiens sont embarqués dans le même bateau. L’archivage numérique est aujourd’hui, un carrefour (parmi d’autres) où nos routes se croisent naturellement, nos spécificités s’obligeant à une « fusion » inéluctable. Les bibliothèques numériques ne constituent-elles pas en même temps des dépôts de fichiers informatiques (donc des archives électroniques) ? Si oui, alors ces fonds électroniques peuvent être traitées en utilisant un même modèle (OAIS) dès lors qu’on décide mettre en place un système de préservation pérenne et quelque soit le type d’institution concernée (Bibliothèques ou Centre d’archives).

Pour rappel, le modèle OAIS est le résultat d’un travail du CCSDS (Consultative Committe for Space Data Systems – Organisme international de normalisation des agences spatiales) auquel ont été associés des représentants de bibliothèques et d’archives institutionnelles. Tout un symbole !

Prochaine escale dans l’univers XML

N° 08 – Modèles conceptuels : FRBR Réponse

Aujourd’hui nous accostons au quai des modèles conceptuels créés pour la gestion de l’information. Brièvement présentés les modèles conceptuels sont : des outils de dialogue et d’intercompréhension entre des personnes d’horizons différents (par exemple : spécialistes d’un domaine et informaticiens) ; des outils de dialogue entre réservoirs de données hétérogènes ; des outils d’aide à la conception des systèmes ; des outils de comparaison, d’échange et de stockage de données ; des outils d’intégration au Web sémantique. Ils se situent au-dessus des schémas de métadonnées (voir posts précédents), donnant une vue d’ensemble abstraite de l’information fournie et fixent un idéal à atteindre quant à la gestion de cette information.

Mon propos, pour ce post, consiste en une introduction sur le modèle FRBR (Fundamental Requirements for Bibliographic Records ou en français, spécifications fonctionnelles des notices bibliographiques). C’est un modèle conceptuel développé par l’IFLA entre 1992 et 1998, sur la base de 9 résolutions adoptées en 1990 suite au séminaire de Stockholm sur les notices bibliographiques. Ce cadre conceptuel a pour but d’atteindre une compréhension commune et partagée des finalités des notices bibliographiques. Plus précisément il s’agit, de définir un niveau de catalogage minimal mais efficace pour les agences bibliographiques nationales et de mettre en adéquation les données bibliographiques avec les besoins des utilisateurs.

Ainsi les champs de l’étude sont : 1) les données (ensemble des données constutitives des notices bibliographiques, c’est-à-dire les données associées aux différents champs décrits dans les catalogues de bibliothèque et les bibliographies nationales); 2) les utilisateurs (tous les utilisateurs potentiels des notices : usagers des bibliothèques, personnels des bibliothèques, éditeurs, distributeurs, gestionnaires de droits d’auteur, etc.) ; 3) les besoins de ces utilisateurs (besoins relatifs aux buts recherchés dans le processus de consultation des catalogues : trouver des références en fonction de critères de recherche, identifier une ressource, la sélectionner en fonction de ses modalités d’utilisation et enfin y accéder).

La méthode repose sur une analyse des données bibliographiques selon le modèle Entité-Relation qui définit : un regroupement d’éléments de données en « entités » qui sont organisés en 3 groupes dans le FRBR, une identification des « relations » existant entres ces différentes entités et une identification d' »attributs » susceptibles de les affecter. Pour le détail concernant les entités je vous renvoie à cet article.

Les avantages pour les bibliothécaires se résument à : un catalogage facilité, une oeuvre est cataloguée une fois pour toutes pour toutes ses formes d’expression (traductions notamment), ces expressions elles-mêmes cataloguées une seule fois pour toutes les manifestations liées (éditeur, lieu d’édition, date, etc.), d’où enfin une organisation logique du catalogue. Pour l’utilisateur, la recherche est facilitée, car une seule recherche permet de trouver tous les types de matériel d’une oeuvre sans doublons, toutes les expressions sont affichées en une seule opération et sa navigation dans le catalogue est plus naturelle.

Pour l’intégration du modèle dans sa bibliothèque, il faut choisir un fournisseur de logiciel intégrant le modèle (voir VTLS inc). Désolé je n’ai pas trouvé de SIGB libre intégrant cet outil, néanmoins une consultation du lien précédent vous permettra d’en savoir plus sur le mécanisme de fonctionnement du modèle avec le tutoriel en ligne qui y est proposé.

Les FRBR restent cependant un modèle théorique dont l’application n’est pas aisée. La masse des données structurées en ISBD ou MARC est énorme et l’élaboration de programmes de conversion vers le FRBR est problématique (notamment du fait aussi de la « babelisation » du MARC). Aussi comment ne pas prendre en compte l’ingérence du Web 2.0 dans l’espace bibliothéconomique qui propose toute une nouvelle démarche qui va plus loin dans la prise en compte des besoins des utilisateurs (Opac social, folksonomie, métamoteur à affichage cartographique comme Kartoo …). Toutes ces remarques (parmi tant d’autres) ne constituent-ils pas des facteurs de blocage qui font que le modèle soit toujours confiné à des projets limités aujourd’hui ? 

Pour de plus amples informations sur le sujet voir les liens ci-après, la brochure de Barabara Tillett, le rapport final du groupe de travail de l’IFLA.

Prochaine cargaison : Modèle OAIS

N° 07 – Métadonnées (2) Réponse

Je vous propose pour ce post-ci un résumé sous forme de slides, de mes propos de l’article précédent. J’espère que cette forme de présentation permettra de mieux appréhender l’environnement complexe des métadonnées. Tour à tour j’y propose un compendium des trois types de métadonnées (description, structure et administration), précédé d’un essai de définition du document numérique et de ses formes de présentation. Ce slideshow s’inspire du cours « Métadonnées de préservation » dispensé par Mme Emmanuelle Bermès de la BNF et que j’ai suivi au cours du stage international «Ressources électroniques en bibliothèques» de 2006.

Voir ici

En conclusion, je voudrai rappeler ces quelques considérations concernant les métadonnées et leur gestion dans les structures documentaires. Ainsi elles (métadonnées) impliquent pour nous, acteurs de ces structures :

une évolution des besoins

plus seulement des métadonnées descriptives,

gestion de documents structurés ou à structurer (XML, une petite découverte de la syntaxe de ce langage de balisage me paraît utile, voir pour cela un dossier sur le web assez complet)

 

une évolution des compétences métier

augmentation des compétences techniques

gestion des compétences documentaires dans un environnement nouveau

 

un défi

continuer à remplir les missions de conservation et de communication dans un environnement nouveau

collaborer avec d’autres acteurs que les bibliothèques : Musées, Administration (pour ce dernier cas précis et pour montrer concrètement ce que nous pouvons apporter à la bonne gouvernance et à la modernisation de l’Etat, pensons à proposer l’utilisation des métadonnées pour décrire les ressources web du gouvernement du Sénégal. Une piste de réflexion de plus et à la fin une « utopie » réalisable, l’exemple du gouvernement du Canada le prouve, je vous propose ici les avantages et la pertinence identifiés quant à la mise en place d’une telle chose).

Semaine prochaine : Modèle FRBR : Functional Requirements for Bibliographic Records

N° 06 – Métadonnées (1) Réponse

Que sont les métadonnées ?

La documentation sur la question foisonne sur le web et l’article dans Wikipédia est très complet, je vous y renvoie volontiers. La définition communément admise fait d’une métadonnée, tout simplement, « une donnée sur une autre donnée » et quelque soit le type de support d’information. Même si le terme est apparu dans le cadre de la description de ressources sur Internet dans les années 1990, la définition suggère que les catalogueurs, par exemple, ont toujours créé des métadonnées comme Callimaque de Cyrène (bibliothécaire d’Alexandrie) qui rédigea le premier catalogue raisonné de la littérature grecque les Pinakes au IIIe siècle avant Jésus-Christ. Elles sont organisées et/ou présentées sous forme de schémas publiés par des organismes de standardisation avec des comités de gestion chargés de leur maintenance. On en distingue généralement trois types : les métadonnées de description, conçues en vue de la recherche, du repérage et de l’identification des ressources (titre, auteur, résumé, mots clefs, date de parution…) ; les métadonnées de structure, qui facilitent la navigation et la présentation des ressources électroniques, elles fournissent des informations sur la structure interne des ressources (table des matières, index, chapitre, section, page) ; les métadonnées d’administration qui facilitent la gestion, la validation, l’archivage des ressources, elles incluent des données techniques notamment, la gestion des droits, le contrôle d’accès et les conditions d’utilisation. Ces trois types sont complémentaires et souvent les frontières entre elles ne sont pas visibles dans la pratique. En d’autres termes pour ceux qui se posent la question sur leur utilité, elles permettent de localiser et d’accéder à un document surtout en ligne (les documents imprimés l’étant par le biais des données catalographiques informatisées ou non). En effet les documents en ligne ont été caractérisés, à leur apparition, par une difficulté d’accès à leur contenu par le biais des formats de description classiques (ISBD par exemple), il a fallu attendre l’avènement du Marc et de sa zone 856 pour y accéder via la saisie de l’URL. Face à l’explosion de ces ressources en ligne et l’apparition des moteurs de recherche et autres outils (moissonneurs d’entrepôts d’archives ouvertes, exemple : OAIHarvester2), il fallait structurer ces éléments de description et de localisation pour rendre ces moteurs de recherche (certains, pas tous) plus performants dans la recherche et la récupération desdites ressources. Le souci était aussi de permettre l’interopérabilité c’est-à-dire la capacité d’échanger des données entre systèmes multiples disposant de différentes caractéristiques en terme de matériels, logiciels, structures de données et interfaces, et avec le minimum de perte d’information et fonctionnalités. Les métadonnées participent ainsi à cela en complémentarité avec d’autres processus. Au niveau technique cette interopérabilité se réalise à trois niveaux complémentaires : une description des ressources avec des sémantiques communes issues de différents jeux de métadonnées standardisés (Dublin Core, Marc-XML, BiblioML, EAD pour les archives,…), un cadre d’implémentation de ces descriptions dans des langages structurés standardisés, interprétables par les machines (HTML, XHTML, XML, RDF…) et des protocoles informatiques d’échange de ces données normalisées (HTTP, OAI-PMH, SRU/SRW,…).Dans l’univers des métadonnées descriptives, le jeu de métadonnées plus populaire est sans nul doute le Dublin core passé de standard à norme ISO avec un statut officiel au sein du W3C (Consortium du World Wide Web, instance internationale permanente chargée de l’avenir du Web). Je vous invite à consulter en ligne sur Slideshare, la présentation que j’avais faite sur la question lors d’un atelier du COBESS (vous pouvez récupérer le fichier .ppt).

A huitaine !