J’ai relu le Manifeste IFLA-UNESCO sur la bibliothèque publique dans sa version de 2022, et je l’ai trouvé aussi juste qu’à la première lecture. Il pose l’égalité d’accès, il refuse la censure idéologique et la pression commerciale, il réclame une législation, un financement public, un réseau national. Je ne connais pas de meilleur document à poser sur la table d’un maire qui hésite à ouvrir une bibliothèque dans sa commune. Mais une phrase m’a arrêté, celle qui range les personnes peu alphabétisées parmi les publics auxquels on doit « des services et des documents spécifiques ». Elle est généreuse. Elle est aussi révélatrice, car elle traite comme un cas particulier ce qui, chez nous, est la situation la plus courante. Et quand le cas particulier devient la majorité, ce n’est plus un aménagement qu’il faut, c’est une autre manière de concevoir le métier.
Je voudrais donc prolonger ce texte plutôt que le commenter. Ma thèse tient en peu de mots. La bibliothèque publique en milieu contraint ne peut pas se contenter de distribuer vers le bas un savoir produit ailleurs. Elle doit aussi capter, mettre en forme et faire remonter ce que sa population sait, veut et propose, jusqu’aux niveaux où se décide la planification du développement. Vitrine, oui, mais dans les deux sens.
Le lecteur que le manifeste suppose
Regardons d’abord le terrain tel qu’il est. Le cinquième recensement général de la population, publié par l’ANSD en 2024, établit qu’en 2023 le taux d’alphabétisation des personnes de six ans et plus atteint 59,5 pour cent. Autrement dit, quatre personnes sur dix ne savent lire dans aucune langue, et la proportion se dégrade nettement dès qu’on quitte les villes. Le français reste la langue d’alphabétisation dominante, loin devant les langues nationales codifiées, qui sont pourtant celles dans lesquelles les gens pensent, négocient, se disputent et se transmettent l’essentiel.
Une bibliothèque qui n’offre que des livres en français s’adresse donc, dans le meilleur des cas, à la moitié de sa commune, et le plus souvent à la moitié que l’école a déjà servie. Elle redouble un privilège au lieu de le corriger. On peut passer sa carrière à améliorer les collections, à rafraîchir le mobilier, à installer une salle informatique, et rester structurellement inaccessible à ceux pour qui on prétend qu’on travaille.
Il faut ici dissiper un malentendu que je trouve pénible. Ne pas lire n’est pas ne pas savoir. Le maraîcher qui distingue quinze variétés de semences et sait laquelle résiste à une pluie tardive détient une connaissance experte. La matrone qui connaît les plantes de son terroir, le pêcheur qui lit les courants, le forgeron qui répare une pompe avec ce qu’il a sous la main, tous ces gens sont des producteurs de savoir. Ce qui leur manque, ce n’est pas la connaissance, c’est un dispositif qui la reconnaisse, la conserve et la fasse circuler. La tradition orale a longtemps joué ce rôle, et Amadou Hampâté Bâ nous a rappelé assez fort ce qu’il en coûte de la laisser s’éteindre. Le problème, c’est qu’elle ne monte plus jusqu’aux bureaux où l’on planifie.
De ce constat découlent deux obligations, et non une seule. La première concerne la diffusion, qui doit changer de support. La seconde concerne la collecte, qui doit tout simplement commencer à exister.
Sortir de la tyrannie de l’écrit
Une typologie documentaire diversifiée, cela veut dire des collections où le texte n’est plus le format par défaut mais l’un des formats disponibles. Le son d’abord, parce qu’il est la langue naturelle de nos publics. Une bibliothèque peut constituer un fonds sonore local, capsules de dix minutes en wolof, en pulaar, en sérère, sur le paludisme, le crédit agricole, l’état civil, les droits fonciers, la vaccination des petits ruminants. Enregistrées avec un téléphone correct, montées sommairement, versées dans le catalogue avec un titre, un résumé, une langue et une durée, ces capsules sont des documents à part entière.
L’image ensuite, sous toutes ses formes utiles. La boîte à images que les agents de santé emploient depuis des décennies, le kamishibai pour les tout-petits, le photo-langage pour lancer une discussion d’adultes, la vidéo courte tournée sur place et projetée le soir sur un drap tendu. Le théâtre-forum mérite une mention particulière, parce qu’il ne se contente pas de transmettre un message, il oblige le public à monter sur scène pour proposer une solution, ce qui en fait à la fois un outil de diffusion et un instrument de collecte. Ajoutons l’objet, que nous avons tort de bouder, la maquette d’un système d’irrigation, l’herbier des plantes du terroir, l’échantillon de semences, la carte du territoire annotée par ceux qui l’habitent.
Les canaux de sortie comptent autant que les supports. La radio communautaire reste l’outil le plus puissant dont nous disposons, et il est étonnant que si peu de bibliothèques aient une émission hebdomadaire. Les groupes de messagerie où circulent déjà des notes vocales sont une bibliothèque parallèle que nous laissons aux rumeurs. Un serveur vocal interactif permet à qui possède un téléphone simple d’appeler un numéro et d’écouter une réponse dans sa langue, sans abonnement ni écran. Et pour les zones sans connexion, un serveur hors ligne alimenté par un panneau solaire, du type Ideas Box ou d’une bibliothèque embarquée à la Kiwix, met des dizaines de milliers de ressources à portée d’un village qui n’a pas l’électricité.
Un avertissement professionnel, cependant, car c’est ici que beaucoup d’initiatives se perdent. Tout cela ne devient une collection que si nous le décrivons. Une capsule audio sans notice est une animation, pas un document. Ce qui distingue notre métier de l’action culturelle, c’est la description normalisée, les métadonnées, le Dublin Core ou son équivalent, la cote, la langue, la provenance, les droits attachés. Sans cette discipline, le fonds sonore d’une bibliothèque meurt avec le disque dur du collègue qui l’a constitué. Avec elle, il devient interrogeable, transférable, moissonnable, et il entre dans le patrimoine documentaire national.
La bibliothèque comme oreille
Venons-en au renversement que j’annonçais. La médiation, telle qu’on l’enseigne, va du fonds vers l’usager. Le bibliothécaire est celui qui met la bonne ressource entre les bonnes mains. Cette définition est vraie et elle est incomplète, parce qu’elle ne prévoit aucun retour. Or une commune produit en permanence des questions, des observations, des irritations et des trouvailles, et personne n’a pour mission de les recueillir. Les élus entendent ce qui remonte par les réseaux politiques. Les statisticiens comptent ce qui se compte. Entre les deux, l’immense matière grise du quotidien s’évapore.
Je propose que la bibliothèque devienne la caisse de résonance de cette matière. Elle en a les moyens, et surtout elle en a la position, car elle est l’un des rares équipements publics où l’on entre sans avoir rien à demander à personne, sans dossier, sans intimidation, sans qu’on vous soupçonne de venir quémander.
Les dispositifs existent, il suffit de les assembler. Un registre des questions, tenu à l’accueil, où l’on consigne ce que les gens viennent chercher et surtout ce à quoi on n’a pas su répondre, est déjà un instrument de diagnostic redoutable. C’est le principe de la boutique des sciences transposé à l’échelle communale, une organisation de quartier pose une question réelle et l’institution s’organise pour y répondre. Un studio de témoignage, deux chaises et un micro dans une pièce calme, permet d’enregistrer la mémoire des anciens, les techniques agricoles, l’histoire d’un conflit foncier, les récits de migration. Une cartographie participative réunit des jeunes autour d’un fond de carte pour y porter les points d’eau, les zones inondables, les décharges sauvages, les chemins que le cadastre ignore. Des protocoles simples de science citoyenne permettent de relever la pluviométrie, les prix du marché, la salinité d’un puits, avec un carnet et une constance qui valent bien des enquêtes ponctuelles. Et là où existe un budget participatif, la bibliothèque est l’endroit naturel pour documenter les propositions et en garder la trace d’une année sur l’autre.
Rien de tout cela n’est hors de portée. Ce qui manque n’est pas la technique, c’est la conviction que recueillir fait partie du métier.
Mettre en forme, la compétence que personne d’autre n’a
Un témoignage brut n’est pas de l’information. Trois cents notes vocales sur une carte mémoire, c’est un tas, pas un corpus. Le passage du tas au corpus est précisément ce que nous savons faire et que personne d’autre dans la commune ne sait faire, et c’est là que se joue la crédibilité de tout ce que je propose.
Cela veut dire transcrire, au moins partiellement, traduire quand il le faut, indexer avec un vocabulaire contrôlé pour que quinze manières de dire « manque d’eau » se retrouvent sous une même entrée, anonymiser ce qui doit l’être, dater, géolocaliser, vérifier ce qui est vérifiable et signaler ce qui ne l’est pas. Cela veut dire ensuite agréger et synthétiser, car un décideur ne lira jamais trois cents témoignages, mais il lira quatre pages qui lui disent ce que ces trois cents témoignages ont en commun. L’IA générative, même en format frugal, est d’une aide majeure pour cela, pour peu que le désir d’être un « bibliothécaire augmenté » soit présent à l’esprit.
Le produit final peut prendre une forme très simple. Une note trimestrielle de huit à dix pages, remise à la commune et au service déconcentré compétent, qui présente les préoccupations dominantes du trimestre, les propositions formulées par les habitants, les innovations locales repérées, et les questions restées sans réponse. Un jeu de données ouvert lorsque la matière s’y prête, sous licence claire, Creative Commons ou équivalent, pour que d’autres puissent le réutiliser. Un corpus documenté, versé au patrimoine local, consultable par les chercheurs. Et la mention systématique de la provenance, parce que le consentement de ceux qui ont parlé fait partie de la description au même titre que la date.
Faire remonter jusqu’au sommet
Reste la question qui décide de tout. À qui cela va-t-il, et par quel chemin ?
La chaîne est courte si on la construit. La bibliothèque produit sa note et la verse au plan de développement communal, dont l’élaboration réclame précisément ce type de matière et n’en dispose presque jamais. La commune la transmet à l’échelon départemental et régional. Les services statistiques et les ministères sectoriels y trouvent un complément qualitatif à leurs enquêtes. Et l’ensemble alimente les référentiels de politique publique, en l’occurrence l’agenda Sénégal 2050 et sa stratégie décennale, qui se réclament d’une planification mieux informée et d’une confiance renouvelée dans le génie du peuple. Au-delà, les objectifs de développement durable et l’Agenda 2063 réclament des indicateurs désagrégés que personne ne collecte au niveau du village.
L’argument que j’adresserais à un planificateur est celui-ci. La statistique compte ce qui se compte, et elle le fait bien. Elle sait combien d’enfants sont vaccinés dans un district. Elle ne sait pas pourquoi les mères d’un quartier précis ont cessé de venir au poste de santé après un incident dont personne n’a fait rapport. Elle sait qu’une variété de semence a été distribuée. Elle ne sait pas qu’elle est refusée parce qu’elle cuit mal et que les femmes ont raison sur ce point. Une politique qui ignore ces raisons échoue proprement, avec de bons chiffres et de mauvais résultats. La bibliothèque peut fournir ce que les tableaux ne contiennent pas, c’est-à-dire le motif, l’objection, la nuance et parfois la solution que quelqu’un a déjà trouvée à trente kilomètres de là.
Car il y a aussi cela, et c’est la part la plus enthousiasmante. Le terrain innove sans le savoir. Un système de goutte à goutte bricolé avec des bouteilles, un séchoir solaire fabriqué en trois jours, une caisse d’épargne organisée autrement, une technique de conservation du fourrage. Ces inventions restent locales faute d’un dispositif qui les repère, les documente et les diffuse. Dans le billet précédent, je défendais l’idée d’une bibliothèque universitaire vitrine des découvertes de sa maison. Le même geste vaut ici, à ceci près que le laboratoire s’appelle le quartier et que le chercheur ne sait pas qu’il en est un. La bibliothèque publique peut être la vitrine de ce que la société sait faire, et cette exposition-là intéresse le planificateur autant que le voisin.
Tout cela ne tiendra que si on l’institutionnalise. Une convention avec la commune, une ligne dans le plan de développement, un siège pour le bibliothécaire dans le comité de développement local, une obligation de remise annuelle. Sans ancrage formel, la démarche vivra le temps d’un agent motivé et mourra avec sa mutation.
Ce que le numérique peut, et ce qu’il ne doit pas
Les technologies récentes changent réellement la donne sur un point précis, le franchissement de la barrière de langue et de support. La reconnaissance vocale et la synthèse de parole permettent de faire entendre un texte en wolof et de transformer un témoignage en texte cherchable. La traduction automatique progresse vite pour les langues africaines, et les travaux menés par des communautés comme Masakhane montrent que ce chantier avance par le bas, porté par des chercheurs du continent, et non par la générosité des grandes plateformes. Une bibliothèque qui apprend à utiliser ces outils multiplie sa capacité de traitement dans des proportions qui étaient inimaginables il y a cinq ans.
Deux prudences, tout de même. La première tient à la fiabilité. Un système génératif produit des réponses assurées, y compris quand elles sont fausses, et dans un lieu où l’on vous fait confiance, une erreur bien formulée fait plus de dégâts qu’un silence. L’outil traduit et vocalise, il ne valide pas. La validation reste un acte humain, documenté, traçable…bibliothécaire.
La seconde tient à la propriété. Les corpus que nous allons constituer, récits, langues, savoirs agricoles, généalogies, ont une valeur considérable, y compris marchande, pour qui entraîne des modèles. Les verser sans précaution sur des plateformes étrangères reviendrait à répéter, sous forme de données, une histoire que le continent connaît déjà. La souveraineté numérique n’est pas ici un slogan mais une clause de contrat, une licence choisie, un hébergement identifié, un consentement recueilli. Le manifeste dit d’ailleurs très bien que la préservation des savoirs locaux et autochtones doit se faire selon les souhaits des personnes concernées. C’est une exigence juridique et morale, et il revient au bibliothécaire de la tenir, parce que personne d’autre ne la tiendra.
Et gardons en tête que la solution la plus robuste reste souvent la plus modeste. Un téléphone, une carte mémoire, une batterie solaire et un classeur bien tenu produisent davantage de résultats durables qu’une plateforme financée sur projet et abandonnée à la fin du financement.
Former le public, et se former soi-même
L’éducation aux médias et à l’information devient urgente, et pas pour les raisons qu’on invoque d’ordinaire. La désinformation qui circule chez nous n’est pas surtout écrite, elle est vocale, elle passe par des messages audio en langue locale, portés par une voix qu’on croit reconnaître, et elle échappe entièrement aux dispositifs de vérification qui travaillent sur du texte. Apprendre à interroger la provenance d’une note vocale, à repérer une voix synthétique, à retrouver la source d’une image, voilà un programme de formation concret, qui ne demande pas de savoir lire et qui protège une population entière. Aucune institution n’est mieux placée qu’une bibliothèque pour le porter, et beaucoup l’ont déjà compris.
L’alphabétisation elle-même mérite d’être reprise, non comme une mission scolaire mais comme un partenariat. Les services chargés de l’alphabétisation et des langues nationales, les associations d’éducation des adultes, les écoles voisines, les daaras, ont besoin de lieux, de ressources et de continuité, et une bibliothèque peut fournir les trois.
Reste la formation du bibliothécaire, sans laquelle tout ce billet est un vœu. Ce que je décris exige des compétences qui ne figurent pas dans nos cursus : l’enregistrement et le montage sonore, l’animation d’une assemblée, la conduite d’entretien, l’éthique du consentement, la maîtrise d’un vocabulaire d’indexation, la lecture d’un jeu de données, la connaissance pratique des langues du terroir. Le manifeste réclame une formation professionnelle et continue pour relever les défis actuels, et il a raison, mais il faut dire lesquels. Ceux-là.
Les moyens, et l’objection qui compte
Sur les moyens, je serai bref, parce que le coût réel de ce que je propose est ridicule au regard des budgets d’infrastructure. Un enregistreur ou un bon téléphone, une carte mémoire, un panneau solaire et une batterie, un vidéoprojecteur d’appoint, un serveur hors ligne, un abonnement de données modeste, et le temps de deux agents formés. Ce qui coûte, c’est la permanence, et la permanence relève de la loi et du budget, non de la bonne volonté. Le manifeste le dit sans détour, la bibliothèque publique relève de la responsabilité des autorités locales et nationales et doit être soutenue par une législation spécifique. Tant que la lecture publique restera une variable d’ajustement, chaque mandature recommencera à zéro.
Vient enfin l’objection qui me paraît sérieuse, et je préfère l’affronter. En recueillant la parole des habitants pour la transmettre aux autorités, la bibliothèque ne devient-elle pas un instrument, une antenne d’écoute au service de ceux qui gouvernent, voire un dispositif d’extraction qui prend aux gens leur savoir et ne leur rend rien ? Le risque existe et il n’est pas théorique. Je lui fais porter un nom, l’extractivisme informationnel (on vient prélever chez les gens un savoir qu’ils ont mis des générations à constituer, on le transforme ailleurs en article, en rapport ou en produit, et ils n’en revoient jamais la couleur, analogie à l’extractivisme minier), et le continent africain en a une longue expérience.
J’y vois deux garde-fous. Le premier est la restitution, qui doit être obligatoire et non facultative. Tout corpus recueilli revient à la communauté qui l’a produit, dans sa langue et dans un format qu’elle peut recevoir, séance publique, émission de radio, exposition. Une collecte sans retour est un vol poli. Le second est le refus du filtre. Si la bibliothèque ne transmet que ce qui arrange, elle devient un service de communication et perd en un an la confiance qu’elle a mis vingt ans à bâtir. Le manifeste interdit toute censure idéologique, politique ou religieuse dans les collections et les services, et cette interdiction vaut aussi pour ce qui remonte. Une caisse de résonance qui trie les sons n’est plus une caisse de résonance. C’est un haut-parleur.
C’est là, du reste, que se joue la justice cognitive dont je parle souvent. Elle ne consiste pas à distribuer plus largement le savoir des uns, mais à admettre que le savoir des autres existe, qu’il a une valeur propre et qu’il a le droit de peser sur les décisions qui les concernent.
Le savoir qu’on écoute
Je terminais le billet précédent sur l’image de la vitrine, et sur l’idée que l’université gagnerait à montrer ce qu’elle sait faire. Je termine celui-ci sur une image voisine et symétrique. La bibliothèque publique montre aussi, mais ce qu’elle expose ne vient pas d’un laboratoire, il vient de la rue, du champ, du marché et de la case. Elle a devant elle une population que l’écrit tient à distance et que personne n’écoute avec méthode. Elle possède, seule dans son territoire, les outils pour transformer cette parole en documents, ces documents en information, et cette information en matière utilisable par ceux qui planifient.
Ce n’est pas une mission nouvelle qu’on lui ajoute, c’est la sienne, poussée jusqu’au bout. Le manifeste dit que la bibliothèque publique est une force vive pour l’inclusion et un agent du développement durable. Je crois qu’elle le devient pleinement le jour où elle cesse d’être seulement le lieu où l’on vient chercher, pour devenir aussi le lieu d’où l’on parle et d’où l’on est entendu.




