N° 41 – Echos de Milan : IFLA 2009 (II) 4

session IL_iflaDéjà 4 jours révolus pour la grande messe des bibliothécaires en Lombardie et beaucoup de communications, c’est-à-dire beaucoup d’idées émises pour améliorer notre vécu entre salles de lecture, magasins et comptoirs de prêt. Au fait j’ai commis un grand péché que d’avoir omis de mentionner le thème du congrès de cette année : « Les Bibliothèques créent le futur : construire sur l’héritage culturel« , un véritable sujet de dissertation pour des apprentis bibliothécaires. Nous sommes donc pleinement entrés dans le vif du sujet et les réunions, communications, conciliabules formels et informels se succèdent en un ballet ininterrompu. J’aurais aimé être partout à la fois et entendre toutes les choses qui se disent dans les différentes salles consacrées aux sessions. Dommage que l’Homme soit dénué de la faculté de dédoublement. Alors ne pouvant être présent que là où c’est possible et « intéressant », je vais ravaler ma frustation de ne pouvoir dire plus que ce que j’ai vu et entendu.

Sur le sujet de l’information literacy (maîtrise de l’information) j’ai suivi la session du lundi qui a vu 8 orateurs exposer avec brio sur le thème. Ce qui a attiré mon attention c’est l’usage de concepts qui m’étaient complètement inconnus et que j’ai découverts. Dans l’ordre on a parlé de Transliteracy (Translittératie), de Media Literacy (Education aux médias), de Visual Literacy et de Cultural Literacy (Alphabétisation culturelle : traduction tirée de cette note de lecture lue sur le site de l’UNESCO). Je ne peux vous en dire plus concernant ces concepts car ne les ayant pas encore suffisamment étudiés et m’étant seulement borné à une recherche sur le Web pour prendre quelques définitions ou commentaires s’ils existent.

Après une quinzaine d’années passée à faire de la description bibliographique, je ne pouvais pas faire l’impasse sur les sessions sur le catalogage dont le sous-titre très évocateur était : « Nouveaux principes, nouvelles règles, nouveaux catalogues ». D’abord beaucoup de nouvelles sur l’ISBD (ce vieux machin qui a causé moult tortures quand il fallait nécessairement alimenter les fichiers manuels par des fiches cartonnées. Vive l’import de notices grâce à l’informatique). Ensuite un exposé sur les nouvelles règles de catalogage pour l’Italie et enfin une incursion dans l’univers bibliographique persan en passant par un très intéressant discours sur le catalogage des « objets culturels » (pour rester dans le thème du congrès).

J’ai aussi suivi une partie de la session sur UNIMARC, notamment les projets en cours pour modifier ce format en vue de le rendre conforme aux desiderata du Web sémantique et les connexions qu’il doit avoir avec les « nouveaux » machins qui vont bientôt être (ou qui sont déjà) le pain quotidien des bibliothécaires…d’un futur très proche (ou déjà là), à savoir : RDA, FRBR, FRAD, Dublin Core, etc.

Comme la lune, un congrès de l’IFLA à aussi une face cachée où le sujet bibliothéconomique devient accessoire. En effet l’AIFBD, après avoir organisé son assemblée générale et vue une inscription massive de nouveaux adhérents, nous a offert une soirée dans un jazz café de Milan où un banquet royal nous a été servi, je vous fais l’économie des détails subsidiaires. De même, le mardi était consacré « social events » avec un dîner gratuit pour tous les participants dans les différents restaurants situés tout autour de la place Duomo et la Galerie Victor Emmanuel II, suivi d’un concert de musique classique gratuit dans la magnifique Cathédrale Duomo et des expositions d’ouvrages rares comme l’ouvrage de Luca Pacioli De divina proportione illustré par Leonardo da Vinci lui-même, etc.

Il est temps de se dire au revoir et d’aller me blottir dans les bras de Morphée et de rêver à une séance du lendemain où l’on parlera de « Bibliothèques et Web 2.0 » tout un programme pour moi.

ARRIVEDERCI !

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N° 40 – Echos de Milan : IFLA 2009 (I) 4

De retour, après un long break de deux mois, dont un dédié aux vacances, où j’ai eu le plaisir de faire des randonnées sur les pistes caillouteuses des Tatras, poussant même le culot jusqu’à gravir l’un de ses sommets les plus hauts et le plus populaire qu’est le  Kasprowy Wierch (1985 mètres) en… téléphérique mais avec une descente à pied, provoquant le plus grand étonnement de petits moutards slaves, rencontrés sur ses pentes vertigineuses et qui ont dû lire où apprendre quelque part que les nègres ne se rencontraient jamais en haute montagne. Bref je promets une page supplémentaire à ce blog pour y conter mes chroniques polonaises avec mention spéciale à la capitale des Tatras qu’est la ville de Zakopane que m’a fait découvrir mon amie (merci Zuza pour ce bonheur montagnard et complétement sportif).

milaniflaMon propos principal à partir de ce billet est de vulgariser toutes les réalités, par moi observées, durant le 75e congrès de l’IFLA qui se tient à Milan, capitale de la Lombardie. Première impression d’un « newcomer », le sentiment d’avoir atteint le graal du bibliothécaire. En effet comment ne pas s’enthousiasmer comme un bambin, quand des décennies de rêves viennent soudainement se transformer en minutes de réveil fantastique lorsque que l’on accroche au cou, le fameux badge floqué de son identité et sa nationalité. Le reste n’est que bonheur lorsqu’on éprouve le sentiment d’être membre d’une grande famille et de découvrir que bibliothécaire n’a jamais rimé avec solitaire, ni ordinaire. Ce bonheur a été possible grâce au concours du Comité français IFLA (CFI) qui m’a fait l’honneur de me coopter parmi ses boursiers de cette année.

En pratique, le premier jour a été un saut dans le grand bain avec la découverte des organes d’action de l’IFLA que sont les comités permanents des sections (standing committees) où les membres vous accueillent à bras ouverts et vous permettent de vous exprimer en vous présentant d’abord et éventuellement en donnant quelques avis sur les « topics » constituant l’agenda du jour. Il faut dire cette deuxième éventualité est la moins évidente à accomplir tant on est intimidé par l’auditoire, composé en général par les « gourous » d’un domaine donné de l’IFLA et dont on a souvent eu l’écho de leurs compétences au cours de son parcours professionnel et que l’on a le privilège de voir en chair et en os, voire discuter avec eux. Rien que pour cela un congrès de l’IFLA mérite d’être vécu.

Mes deux favoris pour ce congrès et auxquels j’ai participé sont les standing committees des sections « Information Literacy » et « Information Technology« . Choix difficile parmi une quarantaine de sections où il fallu nécessairement faire une croix sur des thèmes qui me tenaient à coeur. Là, est l’une de s premières leçons  apprises au cours du congrès et qui est d’être conscient que l’on ne peut pas tout suivre dans une rencontre de ce type et qu’il faut nécessairement bien choisir ses centres d’intérêt et tracer son parcours de congressiste autour de ces derniers. Cette exigence nous a été confirmée par les anciens bousiers, lors de la réunion de tous les boursiers du CFI tenue après les caucus « Afrique, Asie & Océanie et Amérique latine & Caraïbes » et « Francophone ». Le premier caucus que j’appellerais « reste du monde » a surtout eu pour objet de discourir sur l’annulation de la candidature de Brisbane (Australie) au profit de Göteborg (Suède) pour le congrès de 2010. La secrétaire générale de l’IFLA a procédé à une séance d’explication sur cet événement qui a dû être douloureusement ressenti par les collègues de la zone Océanie voire asiatique qui auraient eu un congrès tout près de chez eux. Le deuxième caucus qui a suscité mon intérêt était celui des francophones, où l’objectif de rendre la présence francophone au sein des organes et sections de l’IFLA ont été réaffirmés par le président du CFI et celui l’Association internationale francophone des bibliothécaires et documentalistes (AIFBD). Ces deux structures ont présenté leurs boursiers respectifs pour ce congrès, de même que tous les élus francophones dans les instances de décision de l’IFLA, soit une cinquantaine de collègues ce qui réellement est une performance très fort appréciable dans un environnement très fortement anglo-saxon et où la langue de Shakespeare s’impose à tous.

La deuxième journée a été consacrée à la session officielle d’ouverture, à un lunch offert par l’IFLA à tous les participants et enfin à une session dédiée à tous les « Newcommers » comme moi, en vue de nous expliquer, en résumé, comment réussir une participation à un congrès IFLA.

A bientôt pour la suite de mes aventures milanaises.

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N° 39 – Revues en version blog 1

Dans le post précédent je faisais part de l’initiative prise par M. Olivier Sagna du CODESRIA (et aussi enseignant à l’EBAD) au Sénégal, de mettre en version blog les revues de cette prestigieuse institution dont le but est d’appuyer le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique. Eh bien c’est fait grâce à WordPress ! Onze revues sont désormais « bloguées » avec pour chaque revue une version anglaise et une version française. Chaque blog se compose de 5 pages dont l’accueil où est présenté le sommaire du dernier numéro publié, la présentation qui définit la perspective éditoriale de la revue, la page des archives qui donnent accès au texte intégral des numéros antérieurs, le signalement des titres des autres revues de l’organisation et enfin la page des contacts. Ainsi par le biais de ce média qu’est le blog, les revues du CODESRIA ouvrent la porte aux commentaires des potentiels lecteurs.

Liste des revues avec une brève présentation de chacune d’elles.

  • Afrique et Développement : c’est une revue de sciences sociales consacrée pour l’essentiel aux problèmes de développement et de société. Son objectif fondamental est de créer un forum pour des échanges d’idées entre intellectuels africains partageant des convictions diverses et provenant de différentes disciplines .  Cette revue est également ouverte aux autres chercheurs travaillant sur l’Afrique et à ceux se consacrant à des études comparatives sur le tiers monde.
  • Le Bulletin du CODESRIA : il a pour objectif de stimuler la discussion, les échanges d’informations et d’encourager la coopération entre les chercheurs travaillant sur l’Afrique dans le domaine des sciences sociales et des humanités. Le Bulletin est trimestriel et distribué à titre gracieux aux  universités et instituts de recherche en Afrique. Il est publié en anglais, en français et en portugais.
  • Revue africaine de sociologie : dans cette publication semestrielle, les articles et autres communications scientifiques proviennent d’universitaires d’Afrique et d’ailleurs sur la problématique des analyses sociales ou d’ordre général. La vocation première de la Revue est de servir de support au développement de la pensée sociologique et anthropologique au sein de la communauté des chercheurs africains. Néanmoins, toute contribution pertinente venant de l’extérieur du continent est également prise en compte.
  • Identité, Culture et Politique : un dialogue Afro-asiatique : c’est une publication bi-annuelle du Conseil pour le Développement de le Recherche en Sciences Sociales en Afrique (CODESRIA) de Dakar (Sénégal) et de l’International Centre for Ethnic Studies (ICES) de Colombo (Sri Lanka). Son but est de favoriser la diffusion des connaissances et les échanges d’idées et de réflexions entre les chercheurs et militants africains et asiatiques.
  • Revue africaine des relations internationales : Publication bi-annuelle, elle offre une tribune pour l’analyse des questions contemporaines concernant les affaires internationales africaines, en relation avec les évènements mondiaux qui ont des répercussions sur le continent. La Revue sollicite des contributions, en anglais et en français, aussi bien d’ universitaires africains que d’universitaires d’autres continents travaillant sur l’Afrique.
  • Revue africaine des médias : Principale revue de communication en Afrique, elle sert de forum favorisant la recherche et les débats relatifs à la théorie, la pratique et la politique de communication au niveau du continent. Elle cherche à conscientiser les individus sur l’interaction entre les médias, la communication et le processus sociaux en Afrique, mais également sur la manière dont ceux-ci modèlent et sont modelés par les politiques et pratiques à l’échelle mondiale, régionale et locale. Cette Revue est ouverte aux contributions portant sur tous les aspects de la communication traitant de la condition africaine ou liés à l’Afrique et aux Africains. Elle accueille notamment des articles relevant des sciences de l’information.
  • Revue africaine des livres : Paraissant deux fois l’an en anglais et en français, elle est coéditée par le Forum des sciences sociales (FSS), basé à Addis-Abeba (Éthiopie) et le Centre  de recherche  en anthropologie sociale et culturelle (CRASC), établi à Oran (Algérie). Le premier numéro a été lancé, en décembre 2003, lors de la Grande conférence organisée à Dakar (Sénégal) dans le cadre de la célébration du 30e anniversaire du CODESRIA. Il est à noter que depuis cette date, de nombreuses contributions ont été apportées à la Revue africiane des livres par d’éminents universitaires et des personnes ressources provenant de tout le continent et de la diaspora.
  • Revue de l’enseignement supérieur en Afrique : Elle publie des analyses, de l’information et des approches critiques des défis actuels auxquels l’enseignement supérieur reste confronté à travers le continent tout en mettant un accent particulier sur la recherche et les politiques d’orientation en cours. La Revue de l’enseignement supérieur en Afrique publie des contributions de chercheurs, de professionnels et de décideurs politiques, en anglais et en français.
  • Sélection Afro-Arabe pour les Sciences sociales : Publication annuelle du Centre de recherche arabe du Caire (Egypte) et du Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique (CODESRIA), elle contient une sélection d’articles publiés dans les revues du CODESRIA au cours de l’année ainsi que d’autres publications en provenance du monde arabe. Cette revue est publiée en arabe.
  • Afrika Zamani : Revue annuelle publiée par le CODESRIA pour le compte de l’Association des Historiens Africains (AHA), elle est consacrée à l’histoire de l’Afrique et couvre toutes les périodes. Elle sollicite des articles portant sur l’analyse des processus historiques et la réflexion critique sur les approches méthodologiques et l’historiographie. Les langues de publication de la revue sont l’Anglais, l’Arabe, le Français et le Portugais.

Voilà donc un florilège d’actions concrètes pouvant accroître la visibilité, des publications scientifiques initiés par les africains. Reste à bien vulgariser tout cela, ce qui est l’objet de ce post, pour que cela puisse profiter au plus grand nombre. L’institution a tout à gagner en s’appropriant ce mode de diffusion qu’est le blog, parce que les éventuels feedbacks (commentaires, rétroliens…) lui permettront de mieux évaluer son offre de publications scientifiques.

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N° 38 – Toujours du Web 2.0 3

Notre ancrage dans l’environnement des médias sociaux continue, causé par un heureux hasard qui s’est manifesté en un atelier interactif organisé à Dakar par le CODESRIA, dans le cadre du projet IKM Emergent. En effet en ce début de mois de juin on a encore parlé de Web 2.0 avec un panel composé essentiellement de bibliothécaires ou documentalistes intervenant dans des organisations internationales basées au Sénégal. Ce groupe de  « bibliodocaires » était complété par deux « intrus » dont moi-même, opérant dans la bibliothéconomie universitaire. Le but de cette rencontre animée par deux experts travaillant pour le projet IKM, était de permettre à IKM Emergent, qui s’intéresse à l’émergence de nouvelles manières de penser utilisables dans le monde du développement international, de faire une démonstration de nombre d’outils et techniques d’information, avec une réflexion collective de leur impact sur nos modèles et pratiques d’échange du savoir. En effet IKM Interactive concentre ses efforts sur le rôle de l’information et des outils d’information et plus particulièrement sur la manière dont ils affectent l’échange des connaissances. Ces outils et techniques dont il est question, sont pour la plupart ceux qui sont estampillés « 2.0 ». En effet on a beaucoup parlé de « social bookmarking » (Delicious), de microblogging (Twitter), de collaboration scientifique (Connotea), de flux RSS (Netvibes), de blogging (WordPress), de wikis (PbWorks) etc.. Donc autant de choses qui ne pouvaient qu’attiser mon intérêt et un désir largement assouvi, de partager mes expériences et celles de mon institution en la matière déjà visibles dans les billets N° 36 et N° 37, où tout cela est exposé en détail. Au fait, je profite de l’occasion pour signaler deux autres services que nous utilisons.  Cela concerne Connotea, où nous proposons une sélection d’articles scientifiques et CiteULike utilisé pour signaler des travaux académiques (thèses et mémoires), le tout en texte intégral.

Il a été aussi beaucoup question de Google, dans la séance consacrée aux biais de l’Internet.  Google et ses commandes générales comparées à celles des moteurs de recherche spécialisés,  démonstration du classement de ses pages (sans dévoiler l’algorithme de Larry Page 🙂 ), démonstration et pratique sur les ressources en IST sur Internet (Google Scholar Scirus, Google Books, blogs scientifiques) et enfin  d’une illustration de ces biais à travers l’utilisation de IKM Vines.

Une autre plage importante de l’atelier concernait la « science en ligne et le Sud » avec des démonstrations et discussions sur l’accès à la documentation scientifique avec les projets DOAJ, Agora, Hinari, Oare et Peri, sur le travail avec une bande passante limitée (qui est quelque part notre lot quotidien). Dans la pratique les participants ont aussi eu une idée de ce qu’est le travail collaboratif avec le wiki d’IKM interactive et ont pu voir en démonstration ce qu’est, l’extraction et l’utilisation de documents audiovisuels à partir du Web (iTunes), le géo-mapping, l’intégration des réseaux sociaux et la création de blog et de wikis.

J’en ai profité pour accroître mes connaissances sur Twitter, surtout l’utilisation de Twitterfeed pour signaler automatiquement (sur Twitter) des informations provenant de ses comptes sur d’autres plateformes 2.0. Aussi si vous voulez voir comment ça « gazouille » dans l’ensemble du globe terrestre, cliquez sur ce lien.

Après la séance sur la création d’un blog, M. Olivier Sagna, maître d’œuvre de cet atelier a eu l’ingénieuse idée de créer un blog pour une des revues du CODESRIA. Sur la page d’accueil il propose un accès au sommaire du dernier numéro, une deuxième page est consacrée à la présentation de la revue, avant d’accéder à une autre page qui présente, elle, les archives de la revue en texte intégral (le must pour moi), on peut aussi accéder au catalogue de l’organisme et à la liste de toutes les revues qu’il publie. Le graphisme, quant à lui est très proche du design de la version imprimée, pour vous faire une idée de tout cela, consultez le blog en question et sa version en langue anglaise. On attend vivement la suite pour les 11 autres revues du CODESRIA.

Voilà un moyen astucieux de vulgarisation et montre encore une fois de plus tout ce qu’on peut imaginer et faire avec les médias sociaux. Car tout l’enjeu est là pour nous, s’approprier ces médias gratuits, les adapter à notre contexte, collaborer entre nous et créer du contenu facilement accessible sur le web. Qui a dit que le Web 2.0 était aussi de l’intelligence…collective ?

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N° 37 – Encore du Web 2.0 6

« Notre bibliothèque fait du web 2.0 ».

Tel est le titre du post précédent et les échos, comme celui-ci, reçus d’un peu partout nous confortent dans l’idée d’avoir eu raison de le faire .  Alors insistons pour que nos « entreprises » documentaires s’y essayent, il sera toujours temps d’évaluer les résultats après. Ne perdons pas de vue que nos utilisateurs actuels et futurs contrairement à ceux d’il y a quelques années sont des « Digital natives » (il n’y a qu’à voir le nombre d’étudiants utilisant des ordinateurs portables dans notre campus) et fortement impliqués dans la mouvance des Médias sociaux. Cela implique une nouvelle attitude concernant le marketing de nos systèmes d’information documentaire, marketing qui doit nécessairement passer par l’usage du canal numérique. Alors ne nous privons pas de cette formidable possibilité de créer du contenu sur le Web (sans pouvoir écrire une seule ligne de code) qui nous est offerte par le monde du Web 2.0.

Pour appuyer tout ce prosélytisme en faveur de la « religion » 2.0… qui relie les gens, j’ai animé une petite communication sur le sujet dans notre bibliothèque (qui fait du Web 2.0 🙂 ). Voir la (longue) présentation ci-dessous.

Pour finir, petit jeu de synonymie : Médias sociaux = Web 2.0 et le premier terme est de plus en plus à la mode .

Les navigateurs se mettent aussi dans la socialisation, exemple de Flock un petit bijou à découvrir et télécharger …absolument génial.

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N° 36 – Notre bibliothèque fait du Web 2.0 10

Il était temps de trouver du temps pour renflouer cette embarcation longtemps échouée au quai de la gestion des bibliothèques numériques. Beaucoup d’obligations professionnelles et autres réalités personnelles pas très gaies sont passées par là. Surmontant donc cette apathie assez longue, je veux partager avec le commun des bibliothécaires, les actions de ma bibliothèque orientées vers l’utilisation des services et applications du Web 2.0. Rien de vraiment original dans la démarche, mais toujours le souci de rappeler que, satisfaire le désir de visibilité n’a jamais été aussi facile que maintenant. Alors « biblioprolétaires » de tout bord, sachez que vous avez la possibilité d’exister, de dire qui vous êtes, ce que vous faites, même sans disposer de budgets astronomiques ou de budgets tout court.

Comment ?

Voici notre expérience en 6 points non exhaustifs et susceptibles (voire sûrs) d’être renforcés.

  • Longtemps aphone virtuellement, notre bibliothèque gazouille continuellement maintenant depuis que Twitter, le site de microblogging, lui a offert une branche sur laquelle accrocher un  nid douillet. Mélant sa voix aux millions de tweets quotidiens, elle parle de ses activités, de son fonctionnement, de ses perspectives immédiates en temps réel. Ce nid est accessible en cliquant sur ce lien.
  • Une des missions de la bibliothèque est de fournir des ressources additionnelles externes et fiables. La sélection de signets dont elle dispose devant être accessible, il fallait un outil dédié au partage de signets comme Delicious pour remplir ce rôle. Le souci de collaborer avec d’autres bibliothèques a été primordial dans le choix de souscrire à pareille application, cette collaboration pouvant se manifester par la création de réseaux de partage de favoris. Aussi l’autre intérêt latent est de pouvoir, un tant soit peu, réguler le tagging (indexation spontanée) des ressources signalées dans Delicious, voire former les usagers à la création des tags. Qui de mieux qu’une bibliothèque peut remplir ce rôle vis-à-vis de l’indexation ?  Invitation à découvrir cet espace.
  • La visibilité du fonds documentaire n’est pas en reste, plus particulièrement celui qui est nouvellement acquis (à l’échelle d’une année). Cela a été à l’origine de l’ investissement du site de partage de références bibliographiques qu’est LibraryThing, où elle s’est dotée de rayonnages pour pouvoir exposer ses nouvelles acquisitions de livres. L’exposition à la critique, aux commentaires et aux suggestions des internautes et bibliophiles permet d’apprécier à sa juste valeur la pertinence et la qualité des documents qu’elle propose à ses usagers. Sans compter la possibilité, par le biais des relations, de créer un réseau de bibliothèques échangeant sur les politiques d’acquisition et/ou de développement de collections. Ce catalogue est accessible par la page de profil de la bibliothèque ou mieux encore par mots-clefs.
  • Les bibliothécaires, dans le cadre de l’animation interne produisent des supports de leurs interventions. La bibliothèque a décidé de rendre publics et de partager ces documents. Ce jalon a été franchi avec le site de partage de diaporamas qu’est Slideshare sur lequel on peut accéder à l’espace créé pour la bibliothèque.
  • Longtemps aux abonnés absents concernant la possession d’un site Web ou portail documentaire, la bibliothèque s’est construit un univers virtuel public et privé avec Netvibes. Pour partager comme ressources les flux RSS des sites et pages web jugés pertinents, des informations d’ordre général (météo locale), des notes, un agenda d’activités… ou recueillir sur un « mur » des impressions, critiques et suggestions,… l’alternative Netvibes (en attendant des lendemains qui chantent le doux refrain d’un nom de domaine accessible en ligne) lui permet prendre des raccourcis. D’autant plus que toutes les applications citées précédemment sont intégrées dans l’agrégateur et portail personnalisé qu’est Netvibes. Accéder au portail Netvibes de la bibliothèque.
  • A défaut d’intégrer les réseaux sociaux généralistes comme Facebook et autres, la bibliothèque dispose de son propre réseau social interne créé grâce à Ning. Cet espace permet à ses agents d’échanger sur les sujets concernant la vie de la bibliothèque, d’étaler des états d’âme 🙂 , mais aussi des projets professionnels, etc.. Ce réseau étant privé il n’est joignable que sur invitation.

Voilà donc ces quelques applications utilisées par la Bibliothèque centrale de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis du Sénégal, qui a décidé d’investir pleinement mais sûrement le monde du web 2.0. Elle a pour ambition de s’approprier d’autres services présentant un intérêt certain pour la réalisation du triple objectif de visibilité, de collaboration et de partage qu’elle s’est assignée. L’une des missions essentielles de la bibliothèque étant d’accueillir et d’orienter les usagers, le prochain objectif est de leur proposer une visite guidée en ligne, via un site de partage de vidéos (Youtube). En outre son ambition est d’intégrer les wikis en créant une page dédiée dans Bibliopédia, véritable encyclopédie en ligne sur les sciences de l’information et de faire partie de la Blogosphère des bibliothèques bloggueuses, via des plateformes comme WordPress, Blogger, Drupal, etc..

La gestion quotidienne de tels espaces où les mises à jour sont souvent quotidiennes (Twitter par exemple) nécessite un type d’organisation sans faille. Une solution simple est de responsabiliser un administrateur pour chaque application (en sus de ses occupations professionnelles régulières), chargé de recueillir les informations et d’enrichir les contenus. Une autre solution est de mobiliser une personne à temps plein pour administrer toutes les applications Web 2.0 utilisées par la bibliothèque.

Pour finir, je me suis amusé à concevoir l’organigramme de la bibliothèque sur un site de création de cartes heuristiques estampillé 2.0, si l’envie vous prend je vous invite à le découvrir sur Bubbl.us.


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N° 35 – Greenstone, logiciel de bibliothèques numériques 3

J’ai toujours eu envie d’écrire un billet sur la gestion des documents numériques. L’occasion se présente suite à l’atelier de formation sur l’utilisation du logiciel Greenstone dédié à la création de collections électroniques, organisé conjointement par l’IRD, l’ASBAD, le COBESS (Consortium des bibliothèques de l’enseignement supérieur du Sénégal) et l’EBAD. Animée par M. Pier Luigi Rossi, cette manifestation, tenue les 5 et 6 février 2009 à Dakar, a pu permettre à une trentaine de collègues nationaux de renforcer leurs capacités professionnelles en se familiarisant avec cet outil, à tout point de vue, remarquable. Je trouve un autre leitmotiv à parler de Greenstone, parce que cela me permet d’être toujours dans la logique de promotion des logiciels libres que je trouve salutaires (et je ne dirai jamais assez) pour tous ceux qui ont des budgets modiques et qui ont envie de toujours demeurer dans les wagons des TIC, fussent-ils les « derniers ».

Que dire de cet outil libre et gratuit produit par le New Zealand Digital Library Project à l’Université de Waikato développé distribué par l’UNESCO et l’ONG Human info ?

Beaucoup de choses qui ont trait à ces performances remarquables et… remarqués par ceux qui ont eu  à travailler avec. Une visite du site dédié aux utilisateurs francophones permettra de connaître tout ce qui tourne autour de l’outil plus et mieux que ne pourrai le faire.

Mon propos s’oriente plus vers les enjeux de notre utilisation de Greenstone, en ce sens qu’il peut nous permettre de satisfaire un souhait qui est celui de renforcer la présence de  nos contenus documentaires sur le Web. Cela est d’autant plus possible que l’investissement financier pour un tel projet se trouve amoindri, eu égard à la gratuité de Greenstone. Hormis les frais d’acquisition d’un serveur, d’hébergement de la collection numérique, rien d’onéreux ne viendra alourdir la facture, mis à part peut-être à part les coûts d’électricité (rien d’extraordinaire que nous ne sachions faire 🙂 ). Pensons aussi et surtout, au gigantesque réseau de données numériques national qui peut résulter de l’agrégation de bibliothèques électroniques locales (Universités, Instituts de recherche, institutions de service public, etc.). Peut-être que pourrions-nous nous inspirer du Réseau francophone des bibliothèques nationales numériques.

Je voudrai aussi préciser que Greenstone ne s’occupe pas de numérisation de documents, son rôle est de rassembler des documents déjà numérisés (par scanner) ou natifs (déjà sur support numérique) pour en faire des collections et les diffuser. Ce qui veut dire qu’on peut se passer de numérisation si on peut acquérir les versions électroniques des documents à traiter (par exemple pour une bibliothèque universitaire il est impératif de réclamer les versions électroniques des mémoires et thèses au moment du dépôt des versions en papier, pour éviter à cette bibliothèque de recourir à une éventuelle et coûteuse numérisation ultérieure).

Voici enfin une présentation montrant la démarche de création d’une collection électronique avec Greenstone, réalisée pour les collègues de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis (Sénégal).

Vous pouvez accéder à la version originale de la présentation pour une meilleure lisibilité.

Et plus de liens sur le sujet notamment, le guide d’utilisation et le guide du développeur de Greenstone.

Une petite explication du choix de cette nouvelle image d’entête. Il s’agit de greniers sur pilotis jouxtant l’île de Fadiouth au Sénégal (visible sur Google Earth 🙂), en hommage à toutes les générations de travailleurs de la terre dont la sueur a nourri les plus grands scientifiques.


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N° 34 – Naviguer avec Firefox : un plaisir pour moi bibliothécaire 2

Je voulais depuis longtemps partager avec vous, chers « co-religionnaires » en profession et autres sympathisants, ma passion du navigateur Firefox. Vous savez, ce bijou de la fondation Mozilla, dont je suis si accroc qu’il m’est impensable de vivre le Web sans le panda rouge pour me mener à tous ses ports. Dans la grande famille du libre et gratuit, il est un des outils les mieux entretenus, raison pour laquelle il offre des fonctionnalités couvrant à peu près tous les besoins de tout internaute qui sait l’utiliser. Reposant sur le noyau de base (version native du navigateur) il peut être personnalisé, selon ses propres besoins,  en utilisant une centaine d’extensions. Ce sont quelques-unes de ces extensions que je me propose de vous présenter spécialement celles qui peuvent présenter un intérêt non négligeable pour un chercheur d’information.

Avant toute chose, il faut que vous téléchargiez Firefox pour pouvoir l’utiliser, ensuite l’installation des extensions est un jeu d’enfant, il suffit de les télécharger à leur tour et de redémarrer Firefox pour qu’elles soient prêtes à l’utilisation et vous facilitent la vie sur le Web 🙂

L’essentiel de notre travail (en information-documentation) est la gestion de l’information (recherche, présentation, structuration, etc.), en utilisant les 04 extensions suivantes vous apprécierez un peu plus quelques facettes du processus de la gestion informationnelle.

  • OutWit Hub : avec cet outil vous pouvez trouver, saisir et organiser toutes sortes de données et médias provenant de sources en ligne. Explorez le contenu de pages Web ou des résultats de moteurs de recherche pour extraire des contacts, des liens, des images, des données textuelles (Word ou PDF), des nouvelles d’actualité, etc.. En effet avec cet outil vous pouvez, par exemple, extraire et enregistrer uniquement les documents PDF ou Word se trouvant dans les différents sites et pages Web affichés par un moteur de recherche et faire ainsi l’économie de consulter une longue liste de résultats sur plusieurs pages’ Vous pouvez télécharger OutWit et pour comprendre son utilisation, voir le tutoriel ci-dessous qui explique comment utiliser OutWit Hub.

  • Ubiquity : La première version, encore à l’état de prototype, a été mise en ligne en août 2008. Elle a pour but de réduire les interactions entre l’utilisateur et son navigateur, grâce à une collection de commandes rapides et faciles en langage quasi-naturel (source Wikipedia), voir la suite et la façon dont l’outil s’installe et fonctionne

  • Hyperwords : sans doute l’une des meilleures extensions de Firefox pour ce qui est de la recherche d’informations. Avec Hyperwords vous pouvez choisir n’importe quel mot sur n’importe quelle page Web et faire des choses utiles comme : faire de la recherche sur ce mot, le définir, le traduire, etc.. Après l’avoir installé, il vous suffit de sélectionner (avec votre curseur) un mot sur une page Web en cours pour voir apparaître un menu contextuel avec lequel vous pouvez presque tout faire avec ce mot. Tout simplement magique et l’essayer c’est ne plus s’en passer. A télécharger ici et voir le film suivant  qui présente ses fonctionnalités :

  • Zotero : pour construire des références bibliographiques sans bourse délier (ce qui n’est pas le cas pour Refworks ou Endnote). Voici le logiciel bibliographique libre et facile à utiliser pour vous aider à rassembler, contrôler, et citer vos sources de recherches. Consultez le guide de démarrage rapide pour apprendre à l’apprivoiser, ou encore regarder la démo ci-dessous.

Il existe d’autres extensions utiles à des gestionnaires de l’information, comme Downloadhelper pour captuere et convertir des vidéos et images, Foxlingo pour traduire tous types de documents (pages Web, documents textuels, mots, …) etc. Ils peuvent être découverts à condition de s’intéresser à l’environnement de Firefox et en étant conscient qu’il y a une vie après Internet Explorer, l’ogre de Microsoft.

Une fois que vous avez installé Firefox et lancé le navigateur, amusez-vous à sélectionner n’importe quel mot d’une page Web en cours et cliquez dessus avec le bouton droit de votre souris, vous aurez droit à un menu contextuel où figurent les extensions que vous avez installées, libre à vous de donner le traitement voulu au mot sélectionné selon les fonctionnalités de l’extension choisie. Un vrai outil donc, pour qui veut se faire plaisir.

Bonne navigation.

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N° 33 – Formation de nos praticiens documentaires Réponse

Depuis quelques semaines on débat intensément sur la liste de discussion de la Fondation pour une bibliothèque globale, sous l’instigation d’un collègue qui se plaignait du peu de considération accordée à notre profession quant aux offres de stage proposées par certains organismes ou pays développés.

La majorité des discussions a tourné autour du constat du retard que nous avons par rapport aux développements actuels de nos métiers et de la nécessaire revue de la formation des bibliothécaires, archivistes et documentalistes des pays d’Afrique. Je me propose de transposer ce débat ici, espérant recueillir un maximum d’avis.

Pour bien poser le problème rappelons les constats soulevés par les différents confrères

  • stagnation du niveau des connaissances des professionnels pratiquants
  • insuffisance des structures formelles de formation de niveau académique
  • problèmes de débouchés pour pour les diplômés en sciences de l’information documentaire
  • etc.

Ces problèmes ont assurément des effets induits dont j’énumère quelques-uns ci-dessous.

  • les professionnels non recyclés sont confinés dans des pratiques professionnelles classiques qui sont un frein à tout esprit d’innovation et de changement. Ils restent perçus par les autres comme des garde-documents sans plus.
  • les étudiants qui choisissent ce métier ne se sentent pas prêts à s’insérer dans un monde du travail qui a  cependant besoin d’eux. Ils doivent être assurés sur le fait qu’ils sont incontournables dans la société de l’information actuelle.
  • les programmes des écoles ou départements de sciences de l’information ne suivent pas toujours l’évolution mondiale de nos métiers,  qui s’oriente vers de nouveaux paradigmes.
  • notre relation par rapport à notre matière-première qu’est l’information n’est pas repensée.  Cette dernière devant être bien maîtrisée pour bien gouverner, promouvoir la citoyenneté, mieux vendre et acheter, mieux produire, prendre les bonnes décisions dans l’entreprise, mieux se soigner, mieux se loger, etc.

Il est nécessaire donc, d’avoir des professionnels bien formés et constamment renforcés en capacité, pour s’approprier  cette  maîtrise de l’information au moment où cette dernière est la denrée la plus répandue sur terre. Il apparaîtra alors, par exemple, que :

  • ce sont les archivistes (records managers) qui peuvent dire aux gouvernants que moderniser un Etat ce n’est pas seulement de l’informatiser, mais de bien gérer les documents administratifs pour une meilleure célérité dans la conduite des affaires de la Cité (dossiers de justice, d’état-civil et autres).
  • ce sont les documentalistes (knowledge managers) qui peuvent dire à un chef d’entreprise que la première richesse de sa structure est la somme des expériences, des connaissances internes et externes accumulée par ses employés, que réduire l’espace de stockage des dossiers de l’entreprise par une bonne politique de gestion de ces dossiers, c’est aussi réduire les coûts d’entretien de cet espace et donc accroître la positivité du bilan de fin d’exercice
  • ce sont les bibliothécaires qui peuvent dérouler le fil d’Ariane au bout duquel est accroché l’aiguille à trouver dans la botte de foin qu’est le Web et sa partie « invisible ».

Voilà quelques arguments, parmi tant d’autres, à prendre en compte dans nos processus de formation initiale et continue. Cela revient à dire qu’enseigner ou vivre notre métier aujourd’hui, c’est dépasser nos attitudes et aptitudes traditionnelles, c’est nous muer en »cyborg documentaire », mais c’est surtout abolir nos limites d’action et de pensée pour prévoir l’imprévisible qui est déjà en cours.


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N° 32 – Une bougie 2

Il y a tout juste un an venait au cybermonde, cet espace dans lequel je décidais d’exposer mes impressions sur la profession documentaire. Après 32 billets, 79 de vos commentaires, 110 tags créés et 7900 hits, j’ai vécu tous les états du blogueur et pense ainsi pouvoir en discourir.

Au moment de me lancer dans les tumultes de la « mer de liens » qu’est l’hypertexte, il fallait une sacrée dose de courage. Affronter l’inconnu, s’immiscer dans un milieu où des « mastodontes » et autres « dinosaures » avaient déjà investi le lieu et presque tout écrit sur la profession, prendre le risque de se mettre à nu en confrontant ses connaissances à la critique des collègues (experts ou pas), s’exposer dans un univers sans frontières où chacune des idées exprimées en mots se retrouve dans des archives indexées par les fureteurs du Web, en un mot, dévoiler pleinement savoir et savoir-faire.

Quel but pour tout ça ? Partager, partager, partager. C’était et cela demeure le leitmotiv principal et le Web 2.0, étant créé pour le partage, fournit des outils gratuits pour y parvenir. Alors pourquoi fallait-il s’en priver ?

Il fallait donc partager, mais quoi et avec qui ? Toutes les connaissances acquises sur la profession documentaire et surtout les nouvelles orientations du métier dont la prise en compte n’est pas toujours évidente sous nos chaudes latitudes. Donc je me suis adressé à ceux avec qui je partage un commun état de ressources et moyens d’action (africains du Sénégal plus particulièrement). Le message fondamental est de leur dire que TOUT est accessible maintenant, qu’il n’y a rien qui demeure ésotérique dans notre corporation. Il faut de la volonté, une connaissance des outils (surtout gratuits) pour s’épanouir pleinement dans cette profession et par ricochet, régler beaucoup de problèmes qui nous semblent insurmontables dans nos espaces de travail.

Comment pouvais-je transmettre tout cela, pour que le schéma communicationnel (émetteur-message-récepteur) soit opérant ? Etre le plus didactique possible tout en n’ayant pas la science des pédagogues et là est l’une des choses les plus difficiles de mon expérience de blogueur.

Avoir aussi le temps de concilier moult sollicitations éparses entre boulot, famille, social, etc. et trouver le temps (toujours) pour pondre un billet sur un sujet, qu’il faut au préalable définir comme pertinent pour soi mais surtout pour les autres. Gérer aussi ce que l’on appelle stress du blogueur, qui pour moi se résume à être à l’affût de toute information ou matière, susceptible d’être source pour un billet à publier.

Cependant, beaucoup de satisfactions au bout, comme celui de se sentir utile dans ce monde où la quête de sens vital est une chose largement partagée, mais surtout de sentir son expertise augmenter au fur et à mesure qu’on émet des connaissances et qu’on cherche partout des  éléments pour les illustrer et c’est là, fondamentalement, ma plus-value  de blogueur : apprendre en partageant. L’autre satisfaction et non des moindres, est l’auto-promotion quasi gratuite qu’on en tire et le fait de se faire connaître dans son environnement d’évolution professionnelle sans frontières physiques, se forgeant une identité numérique, dont la possession doit être nécessaire comme l’identité physique qui nous est indispensable dans la vie de tous les jours (il y a beaucoup d’inconvénients à être un « sans-papiers numérique » 🙂 ). Alors camarades régularisons-nous.

Cette embarcation vogue donc depuis un an au gré du vent cybernétique accostant aux ports et quais de marchandises documentaires, souhaitons qu’elle ne se transforme pas en galère , mais qu’elle soit toujours un cargo à remplir de connaissances. Tel est mon voeu avant de souffler sur cette première bougie.  Bougie


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