N° 64 – L’Open Access en bref

S’il est un domaine qui n’a pas fait l’objet d’un traitement particulier dans ce blog, c’est bien celui relatif au libre accès aux publications scientifiques, plus connu sous le vocable anglais « Open Access ». En lieu et place d’une description détaillée du mouvement (le stade de concept ayant été dépassé depuis longtemps) qui est en pleine expansion avec des réalisations concrètes, je propose quelques tutoriels en ligne et autres liens facilitant sa compréhension. Pour les détails un détour par ce lien sera fort utile.

Tutoriels

  • Une vidéo réalisée par SPARC (Scholarly Publishing & Academic Resources Coalition) présentant le mouvement du libre accès à l’Information Scientifique et Technique (IST) et les avantages de cette démarche.
  • Un tutoriel qui présente l’outil en ligne Roméo conçu par Sherpa (Securing a Hybrid Environment for Research Preservation and Access). L’objectif est d’apprendre à interroger cet outil pour connaître et comprendre les politiques des éditeurs scientifiques vis-à-vis du libre accès à l’information scientifique et technique. Accéder au tutoriel

Ces deux tutoriels sont aussi disponibles à partir du site Web de l’Université Bordeaux-Segalen, plus précisément sur l’espace « Autoformation ».

Quelques liens

Pour ce qui concerne plus particulièrement l’Afrique, pour une fois elle n’est pas en reste, même si beaucoup reste encore à faire pour intéresser la globalité du continent à cette question. Pour illustrer cette implication dans le mouvement, je vous propose de découvrir la communication faite par Denise Rosemary Nicholson durant le dernier congrès de l’IFLA à Puerto Rico et intitulée « Open Access: benefits for Africa ». Avec en fin d’article une liste par pays des initiatives de Libre accès en cours (à partir de la page 19). Elle affirme dans cette communication que l’Open Access est la seule voie pour l’Afrique, assertion que je partage pleinement. Ce mouvement permet au continent d’avoir un raccourci vers la production scientifique externe nécessaire à son développement. De plus il se donne les moyens de diffuser, promouvoir et préserver à long terme sa propre production scientifique, ce qu’elle n’a pu vraiment réaliser tout au long de siècles  marqués par une oralité dominante. Voilà où se situe l’enjeu stratégique de l’Open Access et qui doit pousser le monde scientifique africain, les médiateurs de l’IST que nous sommes, à nous investir pleinement dedans pour que, par exemple, le modèle économique en cours concernant l’accès payant à la production scientifique africaine, soit plus empreint du sceau de la justice. En effet, est-il normal que les éditeurs qui publient les travaux de nos chercheurs formés par nos pays avec leurs maigres ressources, fassent payer à ces mêmes pays, l’accès aux résultats de recherches qu’ils ont contribué à mener par l’investissement sur l’éducation de ces « élites » ou même le financement direct de ces recherches ?

Investir dans le Libre accès pour la recherche scientifique africaine, c’est donc quelque part casser ce modèle d’échange inégal qui nous appauvrit plus qu’il ne nous enrichit. Grâce à ce mouvement il est possible de penser et de mettre en place un « Marché commun » de la production scientifique africaine, où les fruits de nos travaux de recherche seront d’abord partagés entre nous, favorisant ainsi le décloisonnement de notre recherche qui reste confinée, le plus souvent, dans les frontières terrestres de nos pays respectifs.

N° 63 – Caraïbibliothéconomies : Puerto Rico II

Comme je l’ai dit dans mon billet précédent, je me suis intéressé à la session organisée par le groupe d’intérêt particulier ATINA le 16 août 2011. Le titre en était : Accès à l’information : parallèles entre l’Afrique et les Antilles. Elle était entre autres consacrée à l’accès à l’information gouvernementale en Afrique et dans les Caraïbes/Antilles, les communications faites ont démontré de grandes similitudes entre les deux aires géographiques. Nous avons aussi eu droit à une présentation de l’accès aux archives coloniales sur l’esclavage en Jamaïque et j’ai aussi beaucoup apprécié la communication faite sur l’Open Access et les différentes initiatives entreprises en Afrique dans ce domaine. Les communications sont accessibles à partir de ce lien.

J’ai aussi, le même jour, suivi avec intérêt la session 149 organisée par la section « Classification et Indexation » et plus particulièrement la communication intitulée « Convergence et interopérabilité : l’apport du Web de données » faite par E. Bermès (accessible ici)

Cette journée s’est clôturée par une soirée culturelle « Cultural Event » dans le jargon de l’IFLA, où 2000 bibliothécaires se sont éclatés au son d’une musique  plus internationale que Porto-ricaine, sûrement pour correspondre à la diversité des nationalités et cultures qui rivalisaient d’ardeur sur la piste de danse au décor grandiose du « Centro de convenciones« .

La journée du Mercredi a déjà annoncé la fin de la grand-messe annuelle de la bibliothéconomie mondiale, avec les tenues des deuxièmes et dernières réunions des comités permanents des sections. Ces dernières sont l’occasion, la plupart du temps, de tirer un bilan du congrès pour chaque section mais aussi de définir les activités et préparer les prochaines manifestations de la section en responsabilisant les uns et les autres sur des projets bien identifiés. Concernant la section « Maîtrise de l’information » je voudrais juste rappeler l’une des conférences satellites de IFLA 2012 en Finlande, qu’elle co-organisera avec le groupe ATINA à Riga en Lettonie. Le thème et l’appel à communications seront très probablement disponibles dès le mois d’octobre 2011. Etant un des organisateurs désignés au niveau de la section, je promets de disséminer toute information relative à cette manifestation, surtout en direction de la communauté professionnelle africaine qui est particulièrement ciblée pour partager des expériences et points de vue sur le thème qui sera définitivement adopté.

La suivante session sur UNIMARC et FRBR était l’occasion pour moi de développer mes connaissances, même si je n’ai pas senti trop de nouveautés révolutionnaires en la matière. J’ai cependant plus particulièrement apprécié les communications : « Les FRBR en UNIMARC : Yes we can! » et « UNIMARC et Linked Data« .

Cette journée s’est achevée par l’Assemblée générale de l’IFLA dont vous pouvait lire l’ordre du jour. Elle a été surtout marquée par le discours de fin de mandat de la sud-africaine Elllen Tise, présidente sortante de l’IFLA. Les signes perceptibles de fin de congrès sont déjà là comme tantôt stipulé, pour preuve la fermeture aussi en cette journée, de l’espace exposition occupée par les éditeurs et autres fournisseurs de produits. En attendant la clôture officielle le jeudi 18 août, l’heure était venue de faire un détour vers Old San Juan, le coeur historique de la capitale de Puerto Rico peu distante, mais bien plus vivante que le Quartier des conventions qui abrite les travaux du Congrès. Je compte bien répéter l’opération mais avec, cette fois-ci, un objectif « emplettes » dans les boutiques de souvenirs. Mais comme le dit l’adage « à chaque jour suffit sa peine » et « demain est un autre jour ».

N° 62 – Caraïbibliothéconomies : Puerto Rico I

La deuxième étape du périple caribéen après Sainte Luce en Martinique, se situe à San Juan, capitale de l’Etat de Puerto Rico qui accueille le 77ème Congrès mondial des bibliothèques et de l’information (WLIC) de l’IFLA. Le thème retenu cette année est : « Les bibliothèques au-delà des bibliothèques : Intégration, innovation et information pour tous« . Le Convention center de Puerto Rico a refusé du monde lors de la cérémonie officielle d’ouverture tenue le 14  août 2011 devant plus de 2000 délégués de 200 nationalités différentes. Tour à tour la Présidente du comité local d’organisation et des notables de la ville de San Juan ont pris la parole pour souhaiter la bienvenue à tous les participants présents avant que la présidente de l’IFLA ne procède à l’ouverture officielle du congrès après son discours d’usage. Il revenait ensuite au Dr. Fernando Picó, SJ, historien portoricain reconnu, humaniste et professeur à l’Université de Puerto Rico, Campus Río Piedras, de prononcer le discours d’ouverture en guise de leçon inaugurale intitulée : « Les textes après leur mort : lorsque le paradis est un site Internet. »

L’autre fait important de cette journée a été l’inauguration de l’exposition dans le grand hall prévu à cet effet. Cette exposition est un de moments importants de chaque congrès, car il concerne l’espace aménagé pour les partenaires, les fournisseurs et autres structures travaillant pour, par ou dans les bibliothèques. On y retrouve pèle-mêle des éditeurs, des bibliothèques et autres services d’information, des prestataires de bureautique et d’informatique, etc.. C’est donc l’occasion de se renseigner sur les nouvelles offres technologiques intéressant les bibliothèques, de négocier des contrats avec les éditeurs surtout concernant les ressources électroniques, etc.. Ce même espace accueille aussi les posters proposés et sélectionnés pour le congrès et qui font l’objet d’un concours dont le but est d’élire le meilleur poster à la fin de celui-ci.

La journée du 15 août a été pour moi l’occasion de suivre la session 94 organisée conjointement par les sections « Maîtrise de l’Information » et « Bibliothèques pour populations multiculturelles » et le groupe d’intérêt particulier sur les problèmes indigènes. Cette session intitulée : « Importance de la maîtrise de l’information pour les besoins des populations multiculturelles, stratégies, programmes et le rôle des bibliothèques » était composée de huit (8) communications qui se sont étalés sur trois tours d’horloge devant un auditoire enthousiaste au vu des débats suscités par la quasi-totalité des présentations. Les communications sont disponibles sur le site du congrès (cliquer sur la session 94). Deux communications traduites en français sont disponibles sur le site de l’AIFBD, ce sont les suivantes en attendant que les autres soient faites par les volontaires qui se sont manifestés pour :

  • « Usted y Su Biblioteca (Vous et votre bibliothèque) : un programme d’aide a la maîtrise de l’information pour adultes en anglais langue seconde » (disponible ici) ;
  • « La maîtrise de l’information dans une société multiculturelle : le rôle des bibliothèques en Bulgarie actuelle«    (disponible ici)

Ces traductions sont faites par des bénévoles volontaires et sont précieuses pour la communauté professionnelle francophone qui peut ainsi avoir une idée des communications qui sont faites lors des congrès de l’IFLA et qui sont majoritairement en langue anglaise. C’est le lieu de lancer un appel à tous ceux qui liront ce billet et qui pensent pouvoir participer à l’effort de traduction de se manifester auprès de l’AIFBD, après avoir repéré une communication qu’ils désirent traduire, sur la page consacrée aux traductions.

Je souligne l’excellente organisation de cette session, avec un choix de communications pertinentes, un timing bien géré. Tout ceci a été orchestré par l’organisatrice désignée au niveau de la section « Maîtrise de l’information », notre collègue Zuza Wiorogorska et tous les autres qui ont aidé à la bonne réussite de ce forum.

Voilà le résumé que j’ai voulu faire pour les trois premiers jours du congrès, trois parce que le mien a débuté plus précisément le Samedi 13 août par les réunions des comités permanents des sections « Maîtrise de l’information » et « Technologies de l’information » dont je suis membre. J’entame cette année, avec la première, un mandat électif de  04 ans comme membre plein et poursuit celui de membre correspondant pour la deuxième section. Ma prochaine session dès le 16 août est consacrée à des questions purement africaines et est organisée par le Groupe d’intérêt particulier « Réseau d’accès à l’information en Afrique » (RAIA) ou Access to Information Network-Africa (ATINA) en anglais. Session d’autant plus importante qu’elle sera suivie par une rencontre de préparation d’un prochain congrès satellite à organiser en 2012, conjointement entre ce groupe et la section « Maîtrise de l’information » où je suis désigné pour être un des organisateurs de cette manifestation, mais ceci est une autre histoire…A suivre ! 🙂

N° 61 – Caraïbibliothéconomies : Martinique

Cela fait une semaine que les Caraïbes sont la capitale de bibliothéconomie mondiale, ce qui explique le choix du titre pour illustrer ce billet-ci, mais aussi tous les autres que j’aurais la possibilité et la joie d’écrire pour relater, comme de coutume, mon vécu de ces événements particuliers pour les bibliothécaires. En avant-première du Congrès mondial de l’information et des bibliothèques de l’IFLA, les bibliodocumentalistes francophones étaient à Sainte-Luce en Martinique pour débattre et échanger sur le thème du développement durable. Ce furent près de 33 pays représentés et une centaine de participants réunis pour communier lors du deuxième congrès de l’Association internationale francophone des bibliothécaires et des documentalistes. Ce congrès satellite de l’IFLA, étape charnière de l’association, a été l’occasion de renouveler son bureau et de proposer un programme riche et varié de communications sur tous les aspects relatifs au Développement durable. Thème ne pouvait être mieux choisi que celui-ci, tant les enjeux sont importants pour notre planète, d’où la pertinence de proposer au monde, la vision des acteurs de l’infodoc concernant cette question. En 9 sessions, deux tables rondes et une conférence inaugurale de très haute facture sur la « Francophonie à géométrie variable » proposée par l’éminent professeur Jean Bernabé de l’Université des Antilles et de la Guyane, des acteurs de la profession ont présenté leurs expériences, leurs visions, leurs réflexions visant toutes à une meilleure gestion des ressources de la planète pour que celle-ci puisse toujours servir aux générations futures. Voici les différents thèmes qui ont été abordés :

  • La place du papier face au développement durable

Cette session a permis de mettre en exergue et avec originalité, des stratégies de communication alternatives à une communication papier en bibliothèques universitaires et leurs effets bénéfiques pour un développement durable.

  • Santé, documentation et information dans le contexte du développement durable

Je voudrais particulièrement mettre l’accent sur la présentation ayant trait au programme TRAMIL et son prolongement documentaire, sous forme de base de données dédiée à l’ethnopharmacologie régionale des Caraïbes et développée par le SCD des Antilles et de la Guyane et dénommée Tramilothèque. Dans cette même session nous avons eu droit à un exposé concernant la base de données ROADIS et sa mise en place pour le développement durable de l’information de la santé dans l’espace CEDEAO.

  • Stratégies informationnelles pour le développement durable

Outre une présentation des bibliothèques dans le développement durable en Algérie, une sur les droits de l’homme a retenu mon attention, en s’attachant à démontrer que le développement durable n’est pas seulement une question d’environnement, mais qu’il a aussi pour socle le respect des droits de l’homme.

  • Les bibliothèques universitaires et le développement durable

J’y ai retenu une importante présentation dont l’objet était l’intégration des ressources électroniques de la bibliothèque dans l’environnement numérique d’apprentissage, avec notamment la mise en œuvre des cours sans papier dans une Haute Ecole de Montréal.

  • Lecture publique et développement durable dans les pays du sud

J’ai particulièrement suivi les exposés sur le développement durable basé sur l’intergénérationnel dans les bibliothèques et sur l’approche originale d’une promotion de la lecture publique en milieu rural en Africain à partir de documents récupérés.

  • La conservation en milieux extrêmes dans le contexte de développement durable

La communication à laquelle j’ai assisté a porté sur les impacts écologiques de Tombouctou et ses bibliothèques

  • Architecture et développement durable

Là aussi une communication a été privilégiée par rapport aux autres et concernait la dimension écologique dans les bibliothèques universitaires de l’Afrique noire francophone avec comme exemple la bibliothèque de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD).

  • Outils numériques et développement durable

Les bibliothèques numériques étant omniprésentes actuellement dans le paysage bibliothéconomique, il était naturel que ce sujet soit débattu avec comme exemple la bibliothèque numérique Manioc et son partenariat avec la BNF. Beau cas de coopération pour le développement durable entre cette dernière et l’université des Antilles et de  la Guyane (UAG). Aussi comment passer sous silence le sujet relatif au Cloud computing et l’autre présentation sur l’informatique durable et les bibliothèques.

  • Comment faire place au développement durable en bibliothèques ?

Cette session a tour à tour vu la présentation sur une initiative de mise en place d’un Centre de Lecture et d’Animation Culturelle (CLAC) à Yaoundé, sur des idées de stratégies de promotion de la culture environnementale pour le développement durable dans les bibliothèques francophones animées par votre serviteur (Article complet et Présentation ppt) et de BiblioVallais Excellence qui est une expérience suisse mettant la qualité au service de la durabilité.

  • Nouveaux outils pour les professionnels francophones

Le programme francophone d’échanges professionnels en bibliothéconomie et sciences de l’information Vice-Versa a été mis sur pied par l’AIFBD et présenté au cours de cette session, qui a vu aussi la présentation du nouveau site du CFIBD.

A ces thèmes  ont été adjointes deux tables-rondes sur les enjeux et perspectives des professionnels de la documentation scolaire et sa « durabilité » en tant que métier dans une société numérique et le développement durable et la documentation francophone avec l’exemple des livres et revues diffusés par CAIRN.

La totalité et les détails des communications sont disponibles sur le site de l’AIFBD.

Me voici donc arrivé à la fin de la narration de la première étape du périple bibliothéconomique caribéen agrémenté de découverte de paysages sublimes que les simples mots ne peuvent décrire. Cap maintenant sur Puerto Rico une autre perle des caraïbes

N° 60 – Invenio 2, Part two

Le temps est venu de reprendre mon activité normale de blogueur, (trop ?) laissé en suspens, absorbé que je suis par des activités non moins reluisantes et parmi lesquelles, la satisfaction de nouveaux challenges professionnels. Mais là n’est pas l’objet de ce post par lequel je veux seulement partager, les choses professionnellement vécues lors d’un récent séjour au pays de Guillaume Tell. En effet pendant trois semaines, sur invitation du CERN, l’occasion nous a été donnée, avec trois autres collègues africains, de parfaire notre connaissance du Logiciel Invenio, mais aussi de partager nos impressions et avis sur cet outil de création de bibliothèque numérique après que nous l’ayons découvert en novembre 2010 à Rabat et pratiqué ensuite dans nos structures respectives. Nul besoin de revenir sur la présentation de l’outil et ses performances remarquables comme je l’avais déjà d’ailleurs fait dans un billet antérieur (voir le 3eme hyperlien de ce texte), mais insister sur les améliorations en matière de développement qui sont entrain d’être faites par la géniale équipe des informaticiens du CERN et dont l’aboutissement est pour bientôt. Ce fut un bonheur d’être au coeur de ce travail en tant que collaborateur, avec notre vision de bibliothécaire pour les uns et de pur informaticien pour les autres, venant en plus d’un contexte africain forcément différent du berceau d’Invenio. Initialement développé pour le domaine de la physique et  plus spécialement celui des hautes énergies l’outil, d’une remarquable souplesse, s’adapte de plus en plus parfaitement à des secteurs qui sont aux antipodes des exigences de la Physique des particules, du moins dans sa composante Open Access (Dépôt institutionnel) et (Auto-archivage). D’aucuns diront peut-être que c’est un outil de plus qui vient rejoindre DSpace, Fedora, E-Prints voire Greenstone, ce qui est d’ailleurs vrai, mais adjoignez-y des modules purement bibliothéconomiques (catalogage MARC 21, exemplarisation des documents pour leur circulation, un OPAC personnalisable, etc.), ajoutez la possibilité de créer et gérer une base de documents multimedia, vous obtenez un véritable couteau Suisse (tiens, tiens) pour accomplir un maximum d’exigences et besoins documentaires.

Voici quelques captures d’écran tirées du catalogue du CERN (CDS), illustrant un tant soit peu tout cela.

OPAC avec Notices de livres abrégées
Notice détaillée
Notice en MARC 21
Gestion de Prêts
Notices de Vidéos

Comme autres exemples prouvant toutes les adaptations que l’on peut faire avec le logiciel, je peux citer INSPIRE la base de données de référence en Physique des hautes énergies et INFOSCIENCE élaborée par l’Ecole Polytechnique  Fédérale de Lausanne et son magnifique Rolex Learning Center qui abrite la Bibliothèque.

Pour terminer rappelons que le logiciel est téléchargeable gratuitement, il n’est déployable que sous Linux et que la 3e école sur les bibliothèques numériques organisée par le CERN et l’UNESCO et axée sur Invenio est prévue en Novembre 2011 à Dakar (après Kigali et Rabat).

Mon séjour Suisse m’a aussi permis de participer à l’atelier OAI7 « CERN Workshop on Innovations in Scholarly Communication » à l’Université de Genève, mais cela est une autre histoire… A suivre !

N° 59 – Les Manifestes de l’IFLA

En m’adonnant ces jours-ci au périlleux exercice de traduction de l’anglais au français, d’une communication présentée lors du congrès 2010 de l’IFLA à Göteborg et qui fait référence à un des manifestes de l’IFLA,  l’inspiration m’est venue de revoir, relire tous ces manifestes, les rappeler à nos bons souvenirs et réaffirmer ainsi la noblesse de notre métier. En effet leur  dénominateur commun n’est-il pas l’objectif d’édifier un monde meilleur où chaque homme, grâce au savoir partagé et acquis, vivrait la plénitude (au sens le plus noble du terme) de sa condition ?

Ces proclamations émanant de l’organisation bibliothéconomique suprême, font référence aux bibliothèques plus particulièrement, mais aussi à ce que j’appellerais les sources d’information ou documentaires connexes, comme Internet et le Web. Un coup d’œil sur la liste les exposant ci-dessous est déjà informatif sur leur nature. Ces professions de foi sont autant de chapelets de principes qui, respectés, font de nous de parfaits bibliothécaires et bibliothèques tout en réalisant l’idéal qui les sous-tend.

  • Le Manifeste sur la bibliothèque publique : celui-ci date de 1994 et a été rédigé en collaboration avec l’UNESCO. Il souligne l’importance de «la capacité des citoyens bien informés d’exercer leurs droits démocratiques et de jouer un rôle actif dans la société»
  • Le Manifeste de la bibliothèque scolaire : adopté en 1999 et rédigé en collaboration avec l’UNESCO. Il affirme l’objectif de « définir et de développer le rôle que les bibliothèques scolaires et les centres de documentation jouent pour permettre aux élèves d’acquérir les outils d’apprentissage et les contenus éducatifs dont ils ont besoin pour survivre, pour développer toutes leurs facultés, pour continuer à apprendre tout au long de leur vie et pour prendre des décisions éclairées »
  • Le Manifeste pour Internet : préparé par IFLA/FAIFE et proclamé en 2002. Il affirme entre autres que « L’accès libre à l’Internet dans les bibliothèques et les services d’information garantit la liberté de l’individu et du groupe, sa prospérité et son développement » et que ces « bibliothèques et sources d’information sont les meilleurs points d’accès à Internet »
  • Manifeste d’Alexandrie sur les bibliothèques, la société de l’information en action : publié en 2005, il réaffirme le principe que «les bibliothèques et services d’information [sont] vitaux pour une société démocratique et une société de l’information ouverte» ; et ajoute que «les bibliothèques sont essentielles pour avoir une population bien informée et une gouvernance transparente».
  • Le Manifeste sur la bibliothèque multiculturelle : approuvé par l’IFLA en 2006. Il se veut  le complément des Manifestes sur la bibliothèque publique, celui sur la bibliothèque scolaire et celui sur Internet. Sous-titrée : « La bibliothèque multiculturelle – une porte d’entrée vers une société culturelle diversifiée en Dialogue ». Il définit très bien que «Diversité culturelle» ou «Multiculturalisme» renvoient tous deux  à la coexistence harmonieuse et l’interaction entre différentes cultures.
  • Le Manifeste pour les bibliothèques numériques : adopté en 2007. Il affirme la nécessité de créer et de favoriser la création de bibliothèques numériques, qui dépassent les frontières géographiques et sociales, pour « combler le fossé numérique et rendre l’héritage culturel et scientifique de l’humanité accessible à tous ». Cet héritage étant « le droit de tout individu et qui aide à l’avancement de la connaissance et de la compréhension de la richesse et de la diversité du monde, non seulement pour la génération actuelle, mais aussi pour les générations futures ».
  • Le Manifeste sur la transparence, la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption : proclamé en 2008. Il affirme que  « les bibliothèques sont des institutions transparentes par essence, dédiées à la mise à disposition, de la manière la plus exacte et la plus impartiale, de l’information à caractère éducatif, scientifique et technique et socialement utiles à tout un chacun. Les outils d’information et d’accès fournis par les bibliothèques et les services d’information contribuent à la bonne gouvernance, en élargissant les connaissances des citoyens et enrichissant ainsi leurs discussions et débats ».

Cette liste aurait pu aussi faire de la place aux autres déclarations du même type comme celle de Glasgow sur Les bibliothèques, les services d’information et la liberté intellectuelle faite par IFLA/FAIFE. On pourrait aussi y adjoindre celles de l’UNESCO comme la Déclaration universelle sur la diversité culturelle et celle sur la Pluralité de l’alphabétisation et ses implications en termes de politiques et programmes qui sont autant de sources d’inspiration pour les manifestes de l’IFLA. Ceci ne ferait que renforcer l’idée que la Bibliothèque, s’inscrivant dans le mouvement mondial de conscience, est un passage obligé pour l’épanouissement intellectuel et social de l’humain. D’ailleurs, est-ce un hasard si là où la démocratie est absente ou commence à s’effondrer, les mesures de censure sont souvent dirigées contre les bibliothèques et les sources d’information ? Ou encore, est-ce un hasard si les parties du globe les moins prospères sont celles qui comptent le moins de bibliothèques et de sources d’information accessibles, s’enfermant dans un cercle vicieux qui fait du savoir un accessoire pourtant indispensable au progrès ?

Alors, faisons plus de bibliothèque pour être plus heureux, là est leitmotiv résumé de tous ces manifestes.

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N° 58 – Et si on inventait le Serment du bibliothécaire

Comme le titre de ce billet l’indique, je me suis mis à imaginer ce qu’aurait pu être un Serment du Bibliothécaire. Pour faire comme médecins et pharmaciens entre autres, qui ont ce texte identitaire que tout nouveau praticien est fier de déclamer solennellement devant ses maîtres. Plus qu’un acte astreignant il s’agit d’un geste symbolique et militant, manifestant un sentiment d’appartenance à une corporation.

M’inspirant donc des serments d’Hippocrate et de Gallien, j’ai composé celui que je pense pouvoir définir, ce que doit être ou faire un bibliothécaire, une fois qu’il a les qualifications requises pour pratiquer la bibliothéconomie.

Alors découvrons ce texte 🙂

Au moment d’être admis à exercer la bibliothéconomie, je promets et je jure d’être fidèle aux lois de l’honneur et de la probité.

Mon premier souci sera d’organiser, de conserver, de préserver, de promouvoir et de diffuser les documents à ma charge, support du Savoir indispensable au progrès humain.

Je respecterai toutes les œuvres produites par les hommes sans aucune discrimination selon leur nature, leur état ou les convictions qu’elles véhiculent, je les traiterai avec le même égard rendant hommage à la créativité, à la liberté de pensée et à la volonté des auteurs. J’interviendrai pour les protéger si elles sont menacées dans leur intégrité, mettant en péril le savoir qu’elles renferment.

Je veillerai aussi à la pleine satisfaction des usagers que je servirai, leur pourvoyant des outils d’accès aux œuvres de l’esprit dont j’aurai la charge, ou leur prodiguant conseils et orientations pour trouver des documents qui ne seront pas dans mon fonds. Je me rendrai toujours disponible pour le service, afin que quiconque franchira la porte d’entrée de ma bibliothèque en ressorte comblé d’aise et riche de nouvelles connaissances.

Je n’exploiterai pas le pouvoir hérité de ma position de détenteur d’information, qui pourrait attiser la soif du gain ou la recherche de la gloire.

Je respecterai les normes établies et en ferai usage tout au long de l’accomplissement de la chaîne documentaire, en évitant tout autant d’entreprendre des actions qui dépasseraient mes compétences. Toutefois je les entretiendrai et les perfectionnerai en m’adaptant aux changements technologiques, m’appropriant les nouveaux outils qui en découleront, pour assurer au mieux les services qui me seront demandés.

Je collaborerai avec tous mes confrères et cultiverai avec la plus grande énergie la solidarité de corps. J’aurai le sens du partage, pour leur faire profiter de mes découvertes, nouvelles connaissances et toute information intéressante pour la profession.

Que les usagers et mes confrères m’accordent leur estime si je suis fidèle à mes promesses ; que je sois couvert d’opprobre et méprisé si j’y manque.

Ceci est ma perception de ce que pourrait être un Serment du bibliothécaire. Pour être en phase avec ce qui se fait en la matière concernant l’appellation, je pourrai bien le nommer « Serment de Callimaque » en hommage au bibliothécaire d’Alexandrie, auteur du premier catalogue raisonné de la littérature grecque les Pinakes.

 

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N° 57 – Découverte d’Invenio, système de gestion de bibliothèque numérique

Du 22 au 26 novembre 2010 j’ai participé à Rabat au Maroc, à la deuxième école sur les bibliothèques numériques organisée conjointement par le CERN et l’UNESCO et avec comme maître d’oeuvre le CNRST du Maroc. Lors de cet atelier, j’ai pu découvrir le logiciel de bibliothèque numérique Invenio développé et utilisé au CERN. Nous étions une trentaine de participants provenant de 05 pays africains : Bénin, Cameroun, Maroc, Sénégal et Tunisie.  Le format de ce cours alliait des exposés théoriques sur les concepts de bibliothèque numérique et d’Open Access, sur les langages Web et formats de métadonnées et des travaux pratiques sur Invenio, à savoir : son installation, son paramétrage et son utilisation.
Invenio est une suite logicielle gratuite qui permet de gérer sa propre bibliothèque numérique ou des documents référencés sur le web. La technologie offerte par le logiciel couvre tous les aspects de la gestion d’une bibliothèque numérique, de l’acquisition du document à sa diffusion en passant par à la classification, l’indexation et la conservation. Invenio est compatible  avec les standards tel que  le protocole de collecte de de métadonnées Open Archives Initiative  (OAI-PMH) et utilise MARC 21 comme format de base des données bibliographiques. La flexibilité et la performance de Invenio en font une solution complète pour la gestion de dépôts de documents de taille modérée ou grande (pouvant aller jusqu’à plusieurs millions d’enregistrements).

Invenio a été initialement développé au CERN pour être le serveur de documents de l’institution, avec la gestion de plus de 1.000.000 notices bibliographiques en Physique des hautes énergies depuis 2002, couvrant articles, livres, revues, photos, vidéos, etc.. Invenio est co-développé grâce une collaboration internationale comprenant des instituts comme le CERN, DESY, EPFL, FNAL, SLAC et est utilisé par une trentaine d’institutions scientifiques du monde entier (voir ici).

Il offre plusieurs fonctionnalités comme : la navigation par collections hiérarchisées ; un puissant moteur de recherche interne ; une flexibilité dans l’utilisation des métadonnées ; la personnalisation possible de l’interface utilisateur et plusieurs formats d’export.
Autant de possibilités offertes par beaucoup d’outils actuels, mais ce qui fait encore plus l’originalité d’Invenio est qu’il remplit les fonctions d’un SIGB classique (comme la gestion des emprunts, des statistiques, etc.) en sus de son option principale qu’est la gestion d’une bibliothèque numérique, voire au-delà, car il est fait aussi d’archive ouverte où l’auto-archivage par l’utilisateur est possible. Nous sommes bien en présence d’un SIGBN (Système intégré de gestion de bibliothèque numérique). Plus besoin avec cet outil d’avoir deux ou trois systèmes distincts, c’est-à-dire un SIGB pour les opérations bibliothéconomiques et documentaires classiques (par exemple, PMB ou Koha), un système de gestion de bibliothèque numérique (exemple, Greenstone) et un système de gestion dépôt institutionnel (exemple, DSpace)
Pour plus de détails voir la documentation en anglais en attendant une probable traduction en français.
Voici donc un autre outil qui vient enrichir la grande famille des systèmes de bibliothèque Open Source mais qui n’est cependant déployable que dans un environnement Linux.

Voici une démo pour découvrir l’outil et se familiariser avec son interface et ensuite si l’envie de le télécharger vous tente, alors foncez. 🙂

Pour les supports du cours de Rabat et les autres ressources associées, les obtenir ici.

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N° 56 – Nouvelles du Southern African Greenstone Support Network

J’aurais dû écrire cet article depuis quelques semaines déjà, car il vient rapporter les actes d’une réunion tenue à la fin de juillet de cette année. En effet du 26 au 28 juillet j’étais au Kenya, à Nairobi plus précisément (mais pas pour un safari :-)). Il s’agissait d’une réunion d’évaluation de la deuxième phase 2009-2010 (finissant ce mois d’Août) du projet SAGSN initialement créé pour promouvoir l’utilisation du Logiciel libre Greenstone en Afrique, avec comme méthodologie, l’implantation de centres nationaux dans les pays concernés. J’ai partagé ces quelques jours avec des collègues du Kenya, Lesotho, Malawi, Nigeria, Tanzanie, Zimbabwe et le coordonnateur du projet. L’ordre du jour se résumait à une présentation de la situation dans les différents centres existant et les perspectives à imaginer pour pérenniser le réseau d’autant plus que la phase 2 est arrivée à terme. Je vous fais l’économie de la présentation des différents centres nationaux, dont il était surtout demandé de faire un état des lieux de l’utilisation de Greenstone dans leur pays : nombre de bibliothèques numériques créées, mode de diffusion des ces collections (en ligne et/ou sur support physique : CD-ROM, DVD), problèmes et autres particularités, etc.. Mon sentiment est que dans l’ensemble, la majorité des centres tournent à plein régime et la problématique de la création de contenus numériques africains est bien compris et pris en compte au sein du réseau.

Mais le point le plus important de cette réunion a été sans nul doute la partie liée à la réflexion sur l’évolution et la pérennisation de notre action. L’apport d’un consultant, très au fait des questions de durabilité de projet, nous a été bénéfique à cette phase de réflexion. Son aide a été plus qu’appréciable au stade de redéfinition de la vision, des objectifs et des missions du réseau. En effet celui-ci initialement confiné à la sous-région Afrique australe s’est étendu à l’Afrique de l’Est (Kenya) et de l’Ouest (Nigeria et Sénégal), il fallait donc revoir le nom du réseau pour prendre en compte cette nouvelle donne géographique et même anticiper sur des extensions possibles et souhaitables vers d’autres parties du continent. L’autre donnée prise en compte dans cette question liée au nom est relative au logiciel Greenstone qui était la pierre angulaire de l’édification du réseau. En effet il est apparu au cours de nos discussions que d’autres systèmes étaient utilisés en Afrique pour la création ou la mise en oeuvre de collections numériques, par exemple DSpace pour les dépôts institutionnels. La conclusion concernant cette question est d’aller au-delà de la promotion du logiciel Greenstone est de sous-entendre dans notre action, la promotion de tout outil pouvant favoriser la création de bibliothèque numérique. En pensant cela nous faisons de notre pierre angulaire, non plus un logiciel à promouvoir, mais bien le concept de « Bibliothèque numérique » ce qui est plus en adéquation avec la nouvelle définition de nos vision, objectifs et missions qui se résument à favoriser la création de contenus numériques en Afrique et à les vulgariser. Cette nouvelle orientation nous permettra de créer des ponts avec les différentes initiatives existantes pour à la fin réaliser un maillage à l’échelle continentale. C’est une voie importante, voire indispensable pour résorber le gap numérique dans sa dimension production de contenus. Après avoir redéfini nos perspectives d’action visant donc à la durabilité de notre existence en tant que réseau, il faut penser au financement de tout cela. Il a été ainsi convenu de cogiter sur un plan stratégique triennal qui prendra en compte toutes les résolutions prises au cours de cette réunion, avec le choix définitif d’une nouvelle dénomination, la définition d’un statut plus légal, etc. et de le soumettre à notre bailleur de fonds traditionnel qu’est eIFL via son programme eIFL-FOSS, sans exclure la possibilité d’intéresser d’autres bailleurs potentiels.

Sur un plan plus personnel, j’étais très heureux de découvrir le Kenya même s’il a fallu traverser l’Afrique d’Ouest en Est. Félicitations et chapeau au comité local d’organisation logé à la (très belle) bibliothèque de l’Université de Nairobi, pour nous avoir mis dans d’excellentes conditions de séjour et de travail. Les mêmes compliments à tous les collègues rencontrés et (enfin) connus là-bas qui ont un haut degré de professionnalisme et de conscience dans leur mission pour l’Afrique en participant à ce réseau très opérationnel. J’ai apprécié l’esprit de franche camaraderie, de collaboration, de solidarité et de partage qui a prévalu lors de notre rencontre, autant de choses qui me confortent dans l’idée que les africains peuvent et doivent oeuvrer ensemble pour accomplir notre idéal commun de développement, qui passe aussi par l’échange de connaissances et d’expériences par le biais des bibliothèques numériques.

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N° 55 – Echos de Göteborg : c’est la fin

Les bonnes choses ont toujours une fin, dans ce troisième billet concernant le 76e Congrès de l’IFLA, je relate les dernières sessions qui m’ont marquées et tire un petit bilan de la manifestation.

Le samedi 14 août s’est tenue l’intéressante session 133 organisée par les sections « Alphabétisation et Lecture » et « Bibliothèques pour populations multiculturelles » et dont le thème était : Les bibliothèques soutiennent la lecture dans une société multiculturelle, multilingue. J’ai été particulièrement intéressé par la communication faite par Maija Berndtson, Directrice de Helsinki City Library en Finlande, qui a exposé l’expérience de sa propre bibliothèque (la Bibliothèque de la Ville d’Helsinki) et son statut multilinguistique depuis 1995. Cette structure qui est en fait un réseau citadin de 35 bibliothèques, a la caractéristique essentielle de donner à des utilisateurs d’origine étrangère la possibilité  d’accéder à un fonds documentaire dans leur langue maternelle (des livres disponibles en 70 langues). Cela permet à ces utilisateurs de préserver une certaine connaissance de leur langue maternelle en plus du finnois. Cette bibliothèque fait aussi office de lien vers le pays d’origine, on peut ainsi y lire un journal de son pays et suivre ce qui s’y passe sur Internet, avec la possibilité également d’y envoyer gratuitement des e-mails à domicile. Nous voici donc devant une application concrète de l’interculturalisme en plus du multiculturalisme. L’autre intérêt de cette communication est l’apologie faite à notre profession de bibliothécaire et qui se résume à cette petite réflexion de l’intervenante : « Knowledge is power, we work with knowledge, we are powerful » tout un symbole. La communication originale est accessible en cliquant sur ce lien, en attendant la traduction que je promets d’ici peu.

L’autre session à laquelle je me suis intéressée est la N° 149 organisée coinjointement par les sections « Technologie de l’information », « Catalogage », « Classification et Indexation » et « Gestion du savoir » et qui avait pour thème : Les bibliothèques et le Web sémantique. Nous avons eu droit à 6 communications sur cette problématique qui intéresse très sérieusement le monde des bibliothèques qui doit s’intégrer à l’environnement du Web, plus particulièrement à son évolution souhaitée à  savoir celui d’être un Web de données. Ce qui est apparu au cours de ces différentes communications, c’est que les bibliothèques sont très outillées pour ce Web sémantique. En effet nos données sont de haute qualité, produites par des humains (langage naturel) et sont persistantes. La condition pour publier des données sur le Web est de disposer d’ontologies, ce que les bibliothèques ont aussi compris, pour preuve celles qu’elles utilisent ou projettent de le faire : RDA Element Set, FOAF, FRBR, SKOS, Dublin Core, etc..

Lors de la session de clôture notre collègue du Burkina Faso et boursière du CFI, Kabou Kambou Kadio, a été distinguée du prix du meilleur poster du congrès, ce qui au-delà de la satisfaction personnelle de l’auteur, est aussi une fierté pour nous autres africains. Un exemple de sérieux, de professionnalisme et de créativité à souligner.

Mon impression est que ce congrès a été très bien organisé. Au point de vue personnel, j’ai apprécié de pouvoir renforcer ma présence au sein des comités permanents des deux sections qui m’intéressent et qui m’ont valu d’être parmi les « convenors » d’une prochaine session conjointe entre la section « Maîtrise de l’information » et le groupe d’intérêt particulier « Access to Information Network-Africa » (ATINA) à tenir pendant le congrès de Helsinki en 2012. Aussi, l’idée mienne de créer un groupe d’intérêt particulier sur les logiciels libres pour les bibliothèques a été bien accueilli par le comité permanent de la section « Technologie de l’information » qui a, d’ores et déjà, amorcé la réflexion sur cette question et dont je ferais part des évolutions dans cet espace.

Information Literacy Section: Standing committee meeting

J’ai apprécié tout aussi d’arborer le ruban des blogueurs officiels de l’IFLA et d’être l’un des nombreux relais de ce qui s’est réellement passé à Göteborg. Justement parmi les bonnes choses vécues à Göteborg, comment ne pas souligner les différentes manifestations festives dont les « IFLA Night Spot », la soirée dansante du Vendredi 13 (c’était une séance  de danse très endiablée 🙂 ), le dîner des boursiers du CFI, l’atmosphère culturellement vivante de la ville, etc. et qui ont été autant de moments d’émotion et souvent de communion entre collègues.

Adjö Göteborg

Hello Puerto Rico

Sweden needs a national library policy

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