N° 60 – Invenio 2, Part two 3

Le temps est venu de reprendre mon activité normale de blogueur, (trop ?) laissé en suspens, absorbé que je suis par des activités non moins reluisantes et parmi lesquelles, la satisfaction de nouveaux challenges professionnels. Mais là n’est pas l’objet de ce post par lequel je veux seulement partager, les choses professionnellement vécues lors d’un récent séjour au pays de Guillaume Tell. En effet pendant trois semaines, sur invitation du CERN, l’occasion nous a été donnée, avec trois autres collègues africains, de parfaire notre connaissance du Logiciel Invenio, mais aussi de partager nos impressions et avis sur cet outil de création de bibliothèque numérique après que nous l’ayons découvert en novembre 2010 à Rabat et pratiqué ensuite dans nos structures respectives. Nul besoin de revenir sur la présentation de l’outil et ses performances remarquables comme je l’avais déjà d’ailleurs fait dans un billet antérieur (voir le 3eme hyperlien de ce texte), mais insister sur les améliorations en matière de développement qui sont entrain d’être faites par la géniale équipe des informaticiens du CERN et dont l’aboutissement est pour bientôt. Ce fut un bonheur d’être au coeur de ce travail en tant que collaborateur, avec notre vision de bibliothécaire pour les uns et de pur informaticien pour les autres, venant en plus d’un contexte africain forcément différent du berceau d’Invenio. Initialement développé pour le domaine de la physique et  plus spécialement celui des hautes énergies l’outil, d’une remarquable souplesse, s’adapte de plus en plus parfaitement à des secteurs qui sont aux antipodes des exigences de la Physique des particules, du moins dans sa composante Open Access (Dépôt institutionnel) et (Auto-archivage). D’aucuns diront peut-être que c’est un outil de plus qui vient rejoindre DSpace, Fedora, E-Prints voire Greenstone, ce qui est d’ailleurs vrai, mais adjoignez-y des modules purement bibliothéconomiques (catalogage MARC 21, exemplarisation des documents pour leur circulation, un OPAC personnalisable, etc.), ajoutez la possibilité de créer et gérer une base de documents multimedia, vous obtenez un véritable couteau Suisse (tiens, tiens) pour accomplir un maximum d’exigences et besoins documentaires.

Voici quelques captures d’écran tirées du catalogue du CERN (CDS), illustrant un tant soit peu tout cela.

OPAC avec Notices de livres abrégées

Notice détaillée

Notice en MARC 21

Gestion de Prêts

Notices de Vidéos

Comme autres exemples prouvant toutes les adaptations que l’on peut faire avec le logiciel, je peux citer INSPIRE la base de données de référence en Physique des hautes énergies et INFOSCIENCE élaborée par l’Ecole Polytechnique  Fédérale de Lausanne et son magnifique Rolex Learning Center qui abrite la Bibliothèque.

Pour terminer rappelons que le logiciel est téléchargeable gratuitement, il n’est déployable que sous Linux et que la 3e école sur les bibliothèques numériques organisée par le CERN et l’UNESCO et axée sur Invenio est prévue en Novembre 2011 à Dakar (après Kigali et Rabat).

Mon séjour Suisse m’a aussi permis de participer à l’atelier OAI7 « CERN Workshop on Innovations in Scholarly Communication » à l’Université de Genève, mais cela est une autre histoire… A suivre !

N° 59 – Les Manifestes de l’IFLA Réponse

En m’adonnant ces jours-ci au périlleux exercice de traduction de l’anglais au français, d’une communication présentée lors du congrès 2010 de l’IFLA à Göteborg et qui fait référence à un des manifestes de l’IFLA,  l’inspiration m’est venue de revoir, relire tous ces manifestes, les rappeler à nos bons souvenirs et réaffirmer ainsi la noblesse de notre métier. En effet leur  dénominateur commun n’est-il pas l’objectif d’édifier un monde meilleur où chaque homme, grâce au savoir partagé et acquis, vivrait la plénitude (au sens le plus noble du terme) de sa condition ?

Ces proclamations émanant de l’organisation bibliothéconomique suprême, font référence aux bibliothèques plus particulièrement, mais aussi à ce que j’appellerais les sources d’information ou documentaires connexes, comme Internet et le Web. Un coup d’œil sur la liste les exposant ci-dessous est déjà informatif sur leur nature. Ces professions de foi sont autant de chapelets de principes qui, respectés, font de nous de parfaits bibliothécaires et bibliothèques tout en réalisant l’idéal qui les sous-tend.

  • Le Manifeste sur la bibliothèque publique : celui-ci date de 1994 et a été rédigé en collaboration avec l’UNESCO. Il souligne l’importance de «la capacité des citoyens bien informés d’exercer leurs droits démocratiques et de jouer un rôle actif dans la société»
  • Le Manifeste de la bibliothèque scolaire : adopté en 1999 et rédigé en collaboration avec l’UNESCO. Il affirme l’objectif de « définir et de développer le rôle que les bibliothèques scolaires et les centres de documentation jouent pour permettre aux élèves d’acquérir les outils d’apprentissage et les contenus éducatifs dont ils ont besoin pour survivre, pour développer toutes leurs facultés, pour continuer à apprendre tout au long de leur vie et pour prendre des décisions éclairées »
  • Le Manifeste pour Internet : préparé par IFLA/FAIFE et proclamé en 2002. Il affirme entre autres que « L’accès libre à l’Internet dans les bibliothèques et les services d’information garantit la liberté de l’individu et du groupe, sa prospérité et son développement » et que ces « bibliothèques et sources d’information sont les meilleurs points d’accès à Internet »
  • Manifeste d’Alexandrie sur les bibliothèques, la société de l’information en action : publié en 2005, il réaffirme le principe que «les bibliothèques et services d’information [sont] vitaux pour une société démocratique et une société de l’information ouverte» ; et ajoute que «les bibliothèques sont essentielles pour avoir une population bien informée et une gouvernance transparente».
  • Le Manifeste sur la bibliothèque multiculturelle : approuvé par l’IFLA en 2006. Il se veut  le complément des Manifestes sur la bibliothèque publique, celui sur la bibliothèque scolaire et celui sur Internet. Sous-titrée : « La bibliothèque multiculturelle – une porte d’entrée vers une société culturelle diversifiée en Dialogue ». Il définit très bien que «Diversité culturelle» ou «Multiculturalisme» renvoient tous deux  à la coexistence harmonieuse et l’interaction entre différentes cultures.
  • Le Manifeste pour les bibliothèques numériques : adopté en 2007. Il affirme la nécessité de créer et de favoriser la création de bibliothèques numériques, qui dépassent les frontières géographiques et sociales, pour « combler le fossé numérique et rendre l’héritage culturel et scientifique de l’humanité accessible à tous ». Cet héritage étant « le droit de tout individu et qui aide à l’avancement de la connaissance et de la compréhension de la richesse et de la diversité du monde, non seulement pour la génération actuelle, mais aussi pour les générations futures ».
  • Le Manifeste sur la transparence, la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption : proclamé en 2008. Il affirme que  « les bibliothèques sont des institutions transparentes par essence, dédiées à la mise à disposition, de la manière la plus exacte et la plus impartiale, de l’information à caractère éducatif, scientifique et technique et socialement utiles à tout un chacun. Les outils d’information et d’accès fournis par les bibliothèques et les services d’information contribuent à la bonne gouvernance, en élargissant les connaissances des citoyens et enrichissant ainsi leurs discussions et débats ».

Cette liste aurait pu aussi faire de la place aux autres déclarations du même type comme celle de Glasgow sur Les bibliothèques, les services d’information et la liberté intellectuelle faite par IFLA/FAIFE. On pourrait aussi y adjoindre celles de l’UNESCO comme la Déclaration universelle sur la diversité culturelle et celle sur la Pluralité de l’alphabétisation et ses implications en termes de politiques et programmes qui sont autant de sources d’inspiration pour les manifestes de l’IFLA. Ceci ne ferait que renforcer l’idée que la Bibliothèque, s’inscrivant dans le mouvement mondial de conscience, est un passage obligé pour l’épanouissement intellectuel et social de l’humain. D’ailleurs, est-ce un hasard si là où la démocratie est absente ou commence à s’effondrer, les mesures de censure sont souvent dirigées contre les bibliothèques et les sources d’information ? Ou encore, est-ce un hasard si les parties du globe les moins prospères sont celles qui comptent le moins de bibliothèques et de sources d’information accessibles, s’enfermant dans un cercle vicieux qui fait du savoir un accessoire pourtant indispensable au progrès ?

Alors, faisons plus de bibliothèque pour être plus heureux, là est leitmotiv résumé de tous ces manifestes.

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N° 58 – Et si on inventait le Serment du bibliothécaire 2

Comme le titre de ce billet l’indique, je me suis mis à imaginer ce qu’aurait pu être un Serment du Bibliothécaire. Pour faire comme médecins et pharmaciens entre autres, qui ont ce texte identitaire que tout nouveau praticien est fier de déclamer solennellement devant ses maîtres. Plus qu’un acte astreignant il s’agit d’un geste symbolique et militant, manifestant un sentiment d’appartenance à une corporation.

M’inspirant donc des serments d’Hippocrate et de Gallien, j’ai composé celui que je pense pouvoir définir, ce que doit être ou faire un bibliothécaire, une fois qu’il a les qualifications requises pour pratiquer la bibliothéconomie.

Alors découvrons ce texte 🙂

Au moment d’être admis à exercer la bibliothéconomie, je promets et je jure d’être fidèle aux lois de l’honneur et de la probité.

Mon premier souci sera d’organiser, de conserver, de préserver, de promouvoir et de diffuser les documents à ma charge, support du Savoir indispensable au progrès humain.

Je respecterai toutes les œuvres produites par les hommes sans aucune discrimination selon leur nature, leur état ou les convictions qu’elles véhiculent, je les traiterai avec le même égard rendant hommage à la créativité, à la liberté de pensée et à la volonté des auteurs. J’interviendrai pour les protéger si elles sont menacées dans leur intégrité, mettant en péril le savoir qu’elles renferment.

Je veillerai aussi à la pleine satisfaction des usagers que je servirai, leur pourvoyant des outils d’accès aux œuvres de l’esprit dont j’aurai la charge, ou leur prodiguant conseils et orientations pour trouver des documents qui ne seront pas dans mon fonds. Je me rendrai toujours disponible pour le service, afin que quiconque franchira la porte d’entrée de ma bibliothèque en ressorte comblé d’aise et riche de nouvelles connaissances.

Je n’exploiterai pas le pouvoir hérité de ma position de détenteur d’information, qui pourrait attiser la soif du gain ou la recherche de la gloire.

Je respecterai les normes établies et en ferai usage tout au long de l’accomplissement de la chaîne documentaire, en évitant tout autant d’entreprendre des actions qui dépasseraient mes compétences. Toutefois je les entretiendrai et les perfectionnerai en m’adaptant aux changements technologiques, m’appropriant les nouveaux outils qui en découleront, pour assurer au mieux les services qui me seront demandés.

Je collaborerai avec tous mes confrères et cultiverai avec la plus grande énergie la solidarité de corps. J’aurai le sens du partage, pour leur faire profiter de mes découvertes, nouvelles connaissances et toute information intéressante pour la profession.

Que les usagers et mes confrères m’accordent leur estime si je suis fidèle à mes promesses ; que je sois couvert d’opprobre et méprisé si j’y manque.

Ceci est ma perception de ce que pourrait être un Serment du bibliothécaire. Pour être en phase avec ce qui se fait en la matière concernant l’appellation, je pourrai bien le nommer « Serment de Callimaque » en hommage au bibliothécaire d’Alexandrie, auteur du premier catalogue raisonné de la littérature grecque les Pinakes.

 

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N° 57 – Découverte d’Invenio, système de gestion de bibliothèque numérique 8

Du 22 au 26 novembre 2010 j’ai participé à Rabat au Maroc, à la deuxième école sur les bibliothèques numériques organisée conjointement par le CERN et l’UNESCO et avec comme maître d’oeuvre le CNRST du Maroc. Lors de cet atelier, j’ai pu découvrir le logiciel de bibliothèque numérique Invenio développé et utilisé au CERN. Nous étions une trentaine de participants provenant de 05 pays africains : Bénin, Cameroun, Maroc, Sénégal et Tunisie.  Le format de ce cours alliait des exposés théoriques sur les concepts de bibliothèque numérique et d’Open Access, sur les langages Web et formats de métadonnées et des travaux pratiques sur Invenio, à savoir : son installation, son paramétrage et son utilisation.
Invenio est une suite logicielle gratuite qui permet de gérer sa propre bibliothèque numérique ou des documents référencés sur le web. La technologie offerte par le logiciel couvre tous les aspects de la gestion d’une bibliothèque numérique, de l’acquisition du document à sa diffusion en passant par à la classification, l’indexation et la conservation. Invenio est compatible  avec les standards tel que  le protocole de collecte de de métadonnées Open Archives Initiative  (OAI-PMH) et utilise MARC 21 comme format de base des données bibliographiques. La flexibilité et la performance de Invenio en font une solution complète pour la gestion de dépôts de documents de taille modérée ou grande (pouvant aller jusqu’à plusieurs millions d’enregistrements).

Invenio a été initialement développé au CERN pour être le serveur de documents de l’institution, avec la gestion de plus de 1.000.000 notices bibliographiques en Physique des hautes énergies depuis 2002, couvrant articles, livres, revues, photos, vidéos, etc.. Invenio est co-développé grâce une collaboration internationale comprenant des instituts comme le CERN, DESY, EPFL, FNAL, SLAC et est utilisé par une trentaine d’institutions scientifiques du monde entier (voir ici).

Il offre plusieurs fonctionnalités comme : la navigation par collections hiérarchisées ; un puissant moteur de recherche interne ; une flexibilité dans l’utilisation des métadonnées ; la personnalisation possible de l’interface utilisateur et plusieurs formats d’export.
Autant de possibilités offertes par beaucoup d’outils actuels, mais ce qui fait encore plus l’originalité d’Invenio est qu’il remplit les fonctions d’un SIGB classique (comme la gestion des emprunts, des statistiques, etc.) en sus de son option principale qu’est la gestion d’une bibliothèque numérique, voire au-delà, car il est fait aussi d’archive ouverte où l’auto-archivage par l’utilisateur est possible. Nous sommes bien en présence d’un SIGBN (Système intégré de gestion de bibliothèque numérique). Plus besoin avec cet outil d’avoir deux ou trois systèmes distincts, c’est-à-dire un SIGB pour les opérations bibliothéconomiques et documentaires classiques (par exemple, PMB ou Koha), un système de gestion de bibliothèque numérique (exemple, Greenstone) et un système de gestion dépôt institutionnel (exemple, DSpace)
Pour plus de détails voir la documentation en anglais en attendant une probable traduction en français.
Voici donc un autre outil qui vient enrichir la grande famille des systèmes de bibliothèque Open Source mais qui n’est cependant déployable que dans un environnement Linux.

Voici une démo pour découvrir l’outil et se familiariser avec son interface et ensuite si l’envie de le télécharger vous tente, alors foncez. 🙂

Pour les supports du cours de Rabat et les autres ressources associées, les obtenir ici.

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N° 56 – Nouvelles du Southern African Greenstone Support Network Réponse

J’aurais dû écrire cet article depuis quelques semaines déjà, car il vient rapporter les actes d’une réunion tenue à la fin de juillet de cette année. En effet du 26 au 28 juillet j’étais au Kenya, à Nairobi plus précisément (mais pas pour un safari :-)). Il s’agissait d’une réunion d’évaluation de la deuxième phase 2009-2010 (finissant ce mois d’Août) du projet SAGSN initialement créé pour promouvoir l’utilisation du Logiciel libre Greenstone en Afrique, avec comme méthodologie, l’implantation de centres nationaux dans les pays concernés. J’ai partagé ces quelques jours avec des collègues du Kenya, Lesotho, Malawi, Nigeria, Tanzanie, Zimbabwe et le coordonnateur du projet. L’ordre du jour se résumait à une présentation de la situation dans les différents centres existant et les perspectives à imaginer pour pérenniser le réseau d’autant plus que la phase 2 est arrivée à terme. Je vous fais l’économie de la présentation des différents centres nationaux, dont il était surtout demandé de faire un état des lieux de l’utilisation de Greenstone dans leur pays : nombre de bibliothèques numériques créées, mode de diffusion des ces collections (en ligne et/ou sur support physique : CD-ROM, DVD), problèmes et autres particularités, etc.. Mon sentiment est que dans l’ensemble, la majorité des centres tournent à plein régime et la problématique de la création de contenus numériques africains est bien compris et pris en compte au sein du réseau.

Mais le point le plus important de cette réunion a été sans nul doute la partie liée à la réflexion sur l’évolution et la pérennisation de notre action. L’apport d’un consultant, très au fait des questions de durabilité de projet, nous a été bénéfique à cette phase de réflexion. Son aide a été plus qu’appréciable au stade de redéfinition de la vision, des objectifs et des missions du réseau. En effet celui-ci initialement confiné à la sous-région Afrique australe s’est étendu à l’Afrique de l’Est (Kenya) et de l’Ouest (Nigeria et Sénégal), il fallait donc revoir le nom du réseau pour prendre en compte cette nouvelle donne géographique et même anticiper sur des extensions possibles et souhaitables vers d’autres parties du continent. L’autre donnée prise en compte dans cette question liée au nom est relative au logiciel Greenstone qui était la pierre angulaire de l’édification du réseau. En effet il est apparu au cours de nos discussions que d’autres systèmes étaient utilisés en Afrique pour la création ou la mise en oeuvre de collections numériques, par exemple DSpace pour les dépôts institutionnels. La conclusion concernant cette question est d’aller au-delà de la promotion du logiciel Greenstone est de sous-entendre dans notre action, la promotion de tout outil pouvant favoriser la création de bibliothèque numérique. En pensant cela nous faisons de notre pierre angulaire, non plus un logiciel à promouvoir, mais bien le concept de « Bibliothèque numérique » ce qui est plus en adéquation avec la nouvelle définition de nos vision, objectifs et missions qui se résument à favoriser la création de contenus numériques en Afrique et à les vulgariser. Cette nouvelle orientation nous permettra de créer des ponts avec les différentes initiatives existantes pour à la fin réaliser un maillage à l’échelle continentale. C’est une voie importante, voire indispensable pour résorber le gap numérique dans sa dimension production de contenus. Après avoir redéfini nos perspectives d’action visant donc à la durabilité de notre existence en tant que réseau, il faut penser au financement de tout cela. Il a été ainsi convenu de cogiter sur un plan stratégique triennal qui prendra en compte toutes les résolutions prises au cours de cette réunion, avec le choix définitif d’une nouvelle dénomination, la définition d’un statut plus légal, etc. et de le soumettre à notre bailleur de fonds traditionnel qu’est eIFL via son programme eIFL-FOSS, sans exclure la possibilité d’intéresser d’autres bailleurs potentiels.

Sur un plan plus personnel, j’étais très heureux de découvrir le Kenya même s’il a fallu traverser l’Afrique d’Ouest en Est. Félicitations et chapeau au comité local d’organisation logé à la (très belle) bibliothèque de l’Université de Nairobi, pour nous avoir mis dans d’excellentes conditions de séjour et de travail. Les mêmes compliments à tous les collègues rencontrés et (enfin) connus là-bas qui ont un haut degré de professionnalisme et de conscience dans leur mission pour l’Afrique en participant à ce réseau très opérationnel. J’ai apprécié l’esprit de franche camaraderie, de collaboration, de solidarité et de partage qui a prévalu lors de notre rencontre, autant de choses qui me confortent dans l’idée que les africains peuvent et doivent oeuvrer ensemble pour accomplir notre idéal commun de développement, qui passe aussi par l’échange de connaissances et d’expériences par le biais des bibliothèques numériques.

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N° 55 – Echos de Göteborg : c’est la fin 1

Les bonnes choses ont toujours une fin, dans ce troisième billet concernant le 76e Congrès de l’IFLA, je relate les dernières sessions qui m’ont marquées et tire un petit bilan de la manifestation.

Le samedi 14 août s’est tenue l’intéressante session 133 organisée par les sections « Alphabétisation et Lecture » et « Bibliothèques pour populations multiculturelles » et dont le thème était : Les bibliothèques soutiennent la lecture dans une société multiculturelle, multilingue. J’ai été particulièrement intéressé par la communication faite par Maija Berndtson, Directrice de Helsinki City Library en Finlande, qui a exposé l’expérience de sa propre bibliothèque (la Bibliothèque de la Ville d’Helsinki) et son statut multilinguistique depuis 1995. Cette structure qui est en fait un réseau citadin de 35 bibliothèques, a la caractéristique essentielle de donner à des utilisateurs d’origine étrangère la possibilité  d’accéder à un fonds documentaire dans leur langue maternelle (des livres disponibles en 70 langues). Cela permet à ces utilisateurs de préserver une certaine connaissance de leur langue maternelle en plus du finnois. Cette bibliothèque fait aussi office de lien vers le pays d’origine, on peut ainsi y lire un journal de son pays et suivre ce qui s’y passe sur Internet, avec la possibilité également d’y envoyer gratuitement des e-mails à domicile. Nous voici donc devant une application concrète de l’interculturalisme en plus du multiculturalisme. L’autre intérêt de cette communication est l’apologie faite à notre profession de bibliothécaire et qui se résume à cette petite réflexion de l’intervenante : « Knowledge is power, we work with knowledge, we are powerful » tout un symbole. La communication originale est accessible en cliquant sur ce lien, en attendant la traduction que je promets d’ici peu.

L’autre session à laquelle je me suis intéressée est la N° 149 organisée coinjointement par les sections « Technologie de l’information », « Catalogage », « Classification et Indexation » et « Gestion du savoir » et qui avait pour thème : Les bibliothèques et le Web sémantique. Nous avons eu droit à 6 communications sur cette problématique qui intéresse très sérieusement le monde des bibliothèques qui doit s’intégrer à l’environnement du Web, plus particulièrement à son évolution souhaitée à  savoir celui d’être un Web de données. Ce qui est apparu au cours de ces différentes communications, c’est que les bibliothèques sont très outillées pour ce Web sémantique. En effet nos données sont de haute qualité, produites par des humains (langage naturel) et sont persistantes. La condition pour publier des données sur le Web est de disposer d’ontologies, ce que les bibliothèques ont aussi compris, pour preuve celles qu’elles utilisent ou projettent de le faire : RDA Element Set, FOAF, FRBR, SKOS, Dublin Core, etc..

Lors de la session de clôture notre collègue du Burkina Faso et boursière du CFI, Kabou Kambou Kadio, a été distinguée du prix du meilleur poster du congrès, ce qui au-delà de la satisfaction personnelle de l’auteur, est aussi une fierté pour nous autres africains. Un exemple de sérieux, de professionnalisme et de créativité à souligner.

Mon impression est que ce congrès a été très bien organisé. Au point de vue personnel, j’ai apprécié de pouvoir renforcer ma présence au sein des comités permanents des deux sections qui m’intéressent et qui m’ont valu d’être parmi les « convenors » d’une prochaine session conjointe entre la section « Maîtrise de l’information » et le groupe d’intérêt particulier « Access to Information Network-Africa » (ATINA) à tenir pendant le congrès de Helsinki en 2012. Aussi, l’idée mienne de créer un groupe d’intérêt particulier sur les logiciels libres pour les bibliothèques a été bien accueilli par le comité permanent de la section « Technologie de l’information » qui a, d’ores et déjà, amorcé la réflexion sur cette question et dont je ferais part des évolutions dans cet espace.

Information Literacy Section: Standing committee meeting

J’ai apprécié tout aussi d’arborer le ruban des blogueurs officiels de l’IFLA et d’être l’un des nombreux relais de ce qui s’est réellement passé à Göteborg. Justement parmi les bonnes choses vécues à Göteborg, comment ne pas souligner les différentes manifestations festives dont les « IFLA Night Spot », la soirée dansante du Vendredi 13 (c’était une séance  de danse très endiablée 🙂 ), le dîner des boursiers du CFI, l’atmosphère culturellement vivante de la ville, etc. et qui ont été autant de moments d’émotion et souvent de communion entre collègues.

Adjö Göteborg

Hello Puerto Rico

Sweden needs a national library policy

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N° 54 – Echos de Göteborg : dans le vif du sujet 1

La note d’espoir quant à un congrès prometteur en terme de succès se confirme avec les deux jours suivants et qui ont été marqués, pour le mercredi 11 août, par la cérémonie officielle d’ouverture du Congrès relayée sur mon compte Twitter (#ifla2010). Le comité local d’organisation suédois a parfaitement réussi le coup de cette grand-messe ou trois sermons de haute facture, nous ont été tour à tour servis par Agneta Olsson, Ellen R. Tise, Jan Eliasson respectivement Présidente du Comité national d’organisation suédois, Présidente de l’IFLA et Ancien Président de la 60ème session de l’Assemblée générale des Nations Unies. Cette session grandiose par le nombre de délégués présents, par les discours pertinents des intervenants a connu une apothéose sous forme de show parodique du mythique groupe suédois « ABBA » et qui a réveillé les ardeurs « seventies et eighties » de certains congressistes.

A la fin de cette cérémonie d’ouverture, les sessions organisées par les sections ont pris le relais et je me suis naturellement intéressé à celle organisée conjointement par les sections « Information Literacy » et « Reference and Information Services » dont le slogan était : « N’attendez pas qu’on vous demande – vers le renseignement de prochaine génération et maîtrise de l’information« . Cinq communications, au contenu à majorité pratique, s’appuyant sur des actions professionnelles vécues, ont hissé cette session à un niveau de débat professionnel très élevé. les textes des communications sont accessibles sur le site des traductions de l’AIFBD.

Un des faits marquants d’un congrès de l’IFLA est l’espace « Exposition », où des exposants (éditeurs, fabricants, institutions, etc., œuvrant dans le secteur des bibliothèques et disciplines connexes) animent des stands et présentent les nouvelles évolutions technologiques intéressant notre secteur d’activité. Cet espace a été officiellement ouvert ce 11 août, ainsi que l’espace « Posters », constitué d’affiches sélectionnées, généralement axés sur des projets et réalisations bibliothéconomiques qui se voient ainsi vulgarisés. Chaque année est désigné un lauréat du meilleur poster.

La journée du 11 août s’est achevée pour moi par la traditionnelle réunion et dîner des boursiers organisés par le Comité Français IFLA (CFI). L’occasion a été saisie pour accueillir les nouveaux boursiers, exposer sur les missions actuelles et futures du CFI entre autres.

Hier jeudi 12 août, la session 86 organisée par les sections  » Social Science Libraries » et « Information Literacy » ont eu toute mon attention. Cette session avait comme slogan : « Faire que cela compte, maîtrise des données en sciences sociales » où 6 communications ont été faites et portant généralement sur l’utilisation et l’analyse des données statistiques dans les bibliothèques.

J’ai suivi aussi une présentation sur le CS Library une solution « Bibliothèque 2.0 » indépendante et Open source. Je projette de faire un billet spécial sur cet outil qui propose des fonctionnalités intéressantes qu’il ne serait pas superflues de découvrir. Pour le moment je signale la page Facebook du produit qui permettra dès à présent d’en savoir un peu plus.

Trois journées de congrès déjà achevées et aucun couac majeur décelé pour le moment. Il faut vraiment souligner ce fait et tirer bas le chapeau à cette magnifique organisation, où la signalisation est parfaite (donc aucun moyen de se perdre dans ce labyrinthe), les volontaires toujours disponibles pour aider, les postes informatiques à profusion et une connexion Wi-Fi gratuite, des espaces-détentes nombreux et tranquilles, des collations et buffets à profusion quand ils sont de mise, etc.. Aussi, suis-je tenté de dire, « Vraiment les suédois savent recevoir« 

N° 53 – Echos de Göteborg : un congrès qui promet 1

C’est sous le soleil (une vraie éclaircie-miracle dans la grisaille froide qui m’a accueilli à Göteborg) qu’a débuté ce 76e Congrès et Assemblée générale de l’IFLA. Autant dire que les organismes tropicaux sont soumis à rude épreuve avec ce changement brusque dans l’échelle des températures. Mais les différents documents reçus et relatifs au programme de ce congrès, prévoient plusieurs occasions de s’échauffer et de se réchauffer, sans compter l’usage intempestif qu’il est prévu de faire du Sauna, cette autre particularité purement scandinave.

Concernant le Congrès proprement dit, une innovation m’a profondément plu avec l’initiative d’officialiser encore plus le « Blogging » effectué au cours de la manifestation. A l’initiative du New Professionals Special  Interest Group qui a créé un espace de blog collectif avec WordPress, avec un pool de 16 rédacteurs, dont l’auteur de cet article. Dans ce même prolongement, tous les biblioblogueurs du congrès ont droit à un ruban spécial distinctif sur leur badge de délégué et enfin la possibilité d’ajouter le logo de « IFLA Blogger » sur leur blog personnel. Quoi de plus pour être heureux suis-je tenté de dire.

En attendant l’ouverture officielle du Congrès ce 11 août, hier  10 août était réservé aux réunions des comités permanents des sections, l’occasion qu’il ne fallait pas manquer pour être au cœur du dispositif d’actions de l’IFLA. C’est l’un des moments importants de tout boursier du CFI et je n’ai pas dérogé à la règle bien au contraire. Et c’est tout naturellement que j’ai participé respectivement aux sessions de mes deux sections favorites : Technologie de l’information (Information Technology) et Maîtrise de l’information (Information Literacy). Ces premières réunions de comités permanents présentent la plupart du temps un ordre du jour identique, mis à part quelques points toujours particuliers à chaque comité.

Ainsi pour la section IT je tiens à souligner la part particulière accordée : à la promotion de l’usage des logiciels libres dans les bibliothèques, à la réflexion sur l’appropriation des concepts Web sémantique et Linked Data et le développement d’applications mobiles dans l’univers bibliothéconomique. Je reviendrai plus en détail au moment de relater les prochaines sessions et les présentations qui seront faites autour de ces questions.

Pour la section IL, il nous a été présenté un compte-rendu de la satellite tenue les 08 et 09 août qui a présenté 39 communications avec 17 pays représentés, un compendium de cette manifestation est disponible sur le blog qui lui est dédié. L’autre grand moment a été la présentation du programme UNESCO/IFAP (PIPT en français) qui a suscité l’intérêt du comité permanent de part la pertinence de sa mission qui rejoint foncièrement la vision de la section. Enfin l’autre fait important a trait à la présentation des communications choisies pour la session 74 organisée conjointement avec la section « Référence et Services d’information » et dont j’ai fait partie du comité d’évaluation des résumés desdites communications. Un compte-rendu de cette session est prévu dans cet espace prochainement.

Cette journée inaugurale, qui a d’ailleurs débuté par une surprise personnelle de taille (qu’aime bien faire une certaine bibliothécaire « scénariste » varsovienne) s’est terminée par la rencontre du Caucus francophone qui regroupe tous les délégués parlant cette langue. Et qui a été l’occasion de nous fournir un certain nombre d’informations importantes, nécessaires pour mieux comprendre ce Congrès 2010 et réussir notre participation.

Mon sentiment après cette journée est que ce Congrès 2010 débute sous de bons auspices et promet un enrichissement professionnel certain et en ajoutant au programme certaines festivités comme le premier IFLA Night Spot d’hier, il y a des raisons d’espérer que l’ennui ne sera pas de la partie.

N° 51 – Quelques bibliothèques numériques sénégalaises Réponse

Depuis plusieurs années est posé le problème de la présence de contenus africains sur le Web. En effet, le constat a été  fait depuis que la toile a fini d’étendre ses ramifications à l’ensemble du globe terrestre, que le berceau de l’humanité est resté le parent pauvre de la production numérique. Et pourtant que de choses à dire, que d’expériences à faire partager, que de préjugés à revoir pour affirmer que cette Afrique n’est pas irrémédiablement exclue du monde de la publication électronique. Le but de ce billet d’exposer quelques réalisations, des bibliothèques numériques visibles et produites dans un petit espace territorial, le plus occidental de cette partie du monde dénommé Sénégal.

  • Collection de la BUCAD : bibliothèque numérique des travaux académiques de l’Université Cheikh Anta Diop Dakar créée et mise à jour par sa bibliothèque centrale
  • Collection de l’EISMV : bibliothèque numérique de l’Ecole Inter-Etats des Sciences et Médecine vétérinaire de Dakar, qui recense les travaux académiques de type thèse ou mémoire soutenus au niveau de cette Ecole démembrement de l’Université Cheikh Anta Diop.
  • Collection de l’IOS : bibliothèque numérique de l’Institut d’Odontolo-Stomatologie de l’Université Cheikh Anta Diop.
  • Collection de l’ISRA : bibliothèque numérique de l’Institut Sénégalais de Recherches Agricoles qui présente les publications de ses chercheurs
  • Collection de l’UGB : bibliothèque numérique des travaux académiques de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis créée et mise à jour par sa bibliothèque centrale
  • Collection du PTCI : bibliothèque numérique qui donne accès mémoires de D.E.A. du Programme de troisième cycle interuniversitaire d’Economie de Dakar.  Ce Programme (PTCI) en Economie est une initiative de la Conférence des Institutions d’Enseignement et de Recherche Economiques et de Gestion en Afrique (CIEREA), Organisation Non Gouvernementale internationale basée à Ouagadougou (Burkina Faso). Ce Programme concerne les Facultés, les Centres de recherches et les Instituts en Sciences Economiques et de Gestion de dix-huit pays francophone au Sud du Sahara. Plus d’informations.

Ces quelques bibliothèques numériques, qui il est vrai sont pour la plupart à l’état « juvénile », sont des sources inestimables d’information pour les communautés d’étudiants et de chercheurs sénégalais, voire au-delà. L’usage des logiciels libres pour les construire, en l’occurrence Greenstone et DSpace, est la preuve que la barrière financière est évitable pour peu qu’on ait la volonté d’agir. Il est vrai que les coûts de réalisation ne sont pas tout à fait nuls, en attestent la formation à effectuer en direction des acteurs et l’hébergement des collections sur des serveurs Web. Autant de choses qui entrent dans les cordes de nos structures, ou à défaut, activer des leviers de partenariat comme c’est le cas avec le concours décisif du Projet SIST,  mais aussi d’eIFL, de l’IRD et du COBESS, qui permettent aujourd’hui  d’accéder à ces collections.

Enfin la plupart de ces ressources son accessibles à partir du portail national de l’information scientifique et technique qui propose en sus, des données bibliographiques des structures universitaires et de recherche nationales et internationales.

Le train est en marche en attendant l’attelage d’autres wagons.

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