N° 70 – ICA-AtoM, logiciel de gestion archivistique 4

Ayant découvert ce logiciel dès ses premières versions il y a 04 ans, je ne m’y suis pas trop intéressé depuis, peut-être parce qu’étant extérieur au corps de métier des archivistes et leurs règles de description spécifiques. Je ne sentais pas trop, en tant que bibliothécaire, la nécessité d’en faire un centre d’intérêt. Ajoutée à cela, une culture informatique très basique qui était un frein à toute initiative d’installation du logiciel (que je trouvais compliquée) et donc de découverte de ses potentialités. Alors qu’est-ce qui a bien pu changer fondamentalement pour que ce billet puisse voir le jour ?

  • Tout d’abord un intérêt professionnel, lorsqu’il m’a fallu trouver un outil capable de gérer un petit fonds d’archives institutionnelles et qui soit typiquement dédié à cela. Il est regrettable de constater la faiblesse de l’offre logicielle archivistique, comparée à celle bibliothéconomique qui foisonne de logiciels aussi bien libres que propriétaires.
  • Ensuite, un désir de partager avec des collègues archivistes ou assimilés, l’existence d’un outil capable d’améliorer le traitement descriptif de leurs fonds d’archives, avec la possibilité de les rendre accessibles en ligne à l’image des OPAC de bibliothèque.

Eh bien, ICA-AtoM, c’est exactement cela et c’est performant en plus.

En effet il permet d’informatiser un fond d’archives en prenant en charge toutes les opérations archivistiques traditionnellement effectuées en mode manuel et cela dans le strict respect des normes définies par le Conseil International des Archives (CIA), qui est partie prenante et partenaire dans son développement en cours. Avec une interface simple d’utilisation, où l’utilisateur final n’éprouve aucune difficulté à prendre l’outil en main, y saisir des données, personnaliser l’application, l’administrer, etc.. Un prérequis est peut-être de maîtriser effectivement, les règles normées  de la description archivistique (Le savoir-faire de base du métier). Cependant rien de vraiment compliqué, même pour un non-archiviste comme moi, étant donné que des infobulles indicatives sont prévues, pour beaucoup de zones et leurs formulaires de saisie respectifs, et renvoient aux normes à utiliser spécifiquement. Ces normes sont généralement accessibles et consultables en ligne (ISDA , ISAAR , ISDF, ISDIAH).

 L’autre bonne chose à souligner est l’intégration possible d’extensions (plugins) relatives aux standards de métadonnées. Cela permet l’interopérabilité d’une application ICA-AtoM avec d’autres applications utilisant des protocoles semblables. Concrètement, cela veut dire qui si un fonds d’archives est informatisé avec ICA-AtoM et que soit activé le plugin du Dublin Core (sfDcPlugin), il devient de ce fait moissonnable par un moissonneur OAI, tout en donnant la possibilité d’importer et exporter des données au format XML. D’autres standards de métadonnées sont également pris en compte comme EAD (format d’encodage des données archivistiques), MODS, mais aussi des standards de métadonnées issues des normes archivistiques du CIA citées supra. Cette possibilité d’interopérabilité offerte par les extensions de métadonnées crée par exemple, une passerelle entre les mondes archivistique et bibliothéconomique, qui peuvent ainsi communiquer en utilisant des protocoles d’échange de données, ce qui est impossible dans un environnement numérique inexistant ou classique.

L’objet de ce billet n’est pas de disserter sur les procédures d’installation et d’utilisation de l’application, je réserve cela à la présentation ci-dessous qui, je l’espère, pourra aider les intéressés à le faire. Néanmoins je voudrais juste dire quelques mots sur l’installation que j’ai faite. C’est une installation en local sous Windows 7 avec  Wampserver pour le serveur Web. A ce niveau je conseille de télécharger la version WampServer2.1e disponible dans Sourceforge. Mon installation initiale sur Wampserver2.2 n’ayant pas marché. La version téléchargée d’ICA-AtoM est la 1.2, la  version 1.3 étant prévue pour septembre prochain. Des ressources supplémentaires (démo en ligne, manuel d’utilisateur, lien de téléchargement,…) peuvent être eues sur le site du logiciel.

Ceci est juste une contribution qui vise à enrichir celles qui concernent l’informatisation des fonds d’archives et avec le souci de toujours inciter les collègues aux moyens limités, à découvrir pour certains, des solutions logicielles libres et les adopter pour mieux améliorer leur offre de services professionnels.

Au fait, vu que ICA-AtoM permet de disposer d’un instrument de recherche public accessible en ligne, quel pourrait être l’appellation consacrée pour faire OPAC à l’instar des bibliothèques, OPAF peut-être, pour Online Public Access Finding Aid ?

N° 69 – Des métiers de l’information documentaire au Sénégal Réponse

Ce présent désir de réflexion me vient de discussions entre collègues sénégalais, la plupart plus jeunes que moi, sur le réseau social Facebook où nous nous retrouvons informellement pour partager sur notre passion professionnelle commune d’archiviste, de bibliothécaire et/ou de documentaliste. S’y retrouvent donc toutes les expressions relatives à la fougue passionnelle envers ce métier, que généralement nous avons choisi, même si parfois il a pu s’imposer à nous. Toujours est-il que seuls les fidèles y demeurent, malgré les galères quotidiennes qui ont pour nom : ambitions castrées, savoir-faire dévalorisés, embauche fermée, etc. Je salue à sa juste valeur et avec gaité de cœur cet (r)éveil de conscience, de la part des jeunes collègues et qui sont les prémices d’une prise en main accrue de l’avenir de nos métiers et donc de nos devenirs personnels. Cette contribution au débat n’est nullement un réquisitoire contre qui ce soit, la motivation n’étant pas de jeter une quelconque pierre à un bouc-émissaire, mais bien de poser les vraies questions et des raisons qui prévalent et prédisposent au maintien d’un statuquo largement inapprécié et de moins en moins supportable. Comme base d’argumentation, je vais faire référence à la définition d’un métier qu’a faite Guy Le Boterf. Selon lui un métier à quatre caractéristiques : un corpus de savoirs et de savoir-faire, un ensemble de règles morales spécifiques, une identité sociale et enfin une perspective d’approfondir par l’expérience la première caractéristique (savoirs et savoir-faire).  Cette définition peut être prise comme grille d’analyse pour chacun d’entre nous, afin de pouvoir nous situer professionnellement et discerner avec clairvoyance, la portée de notre action et son impact dans la valorisation du métier que nous défendons et que nous voulons plus visible.

  • L’acquisition des savoirs et savoir-faire pose fondamentalement la problématique de l’acquisition des connaissances de base du métier. Là, il s’agit plus particulièrement de l’acquisition de connaissances techniques qui font que l’on puisse être opérationnel dès réception du diplôme symbolisant l’aptitude à exercer le métier en question. C’est d’être capable dès sa première démarche de recherche d’emploi, d’exprimer clairement ce que l’on sait faire et ce que l’on peut apporter à un éventuel employeur. D’où la nécessité, en situation d’apprentissage, de faire l’effort continu de bien assimiler les enseignements reçus et de les approfondir pour avoir une compréhension et une maîtrise globale de son métier.
  • L’assujettissement aux règles morales spécifiques est fondamentalement une posture à adopter. C’est par cela que s’affirme l’appartenance au corps du métier, qui ne doit pas inciter à l’individualisme et à la solitude de pratique, mais donner le sentiment de faire partie d’une communauté et d’interagir avec les autres. Dans le cas précis des métiers de l’info-doc, les règles morales se rapportent surtout à notre attitude vis-à-vis de l’information et des usagers à qui nous la destinons. Il nous faut avoir le réflexe d’anticiper les besoins informationnels d’un éventuel usager : trouver et collecter cette information, la traiter et la lui procurer. Le principe éthique et déontologique exprimé par cet exemple rime avec la générosité qui, de ce fait, en plus d’être une règle morale pour nous est aussi une fenêtre ouverte à la sympathie et à la bienveillance des autres. Avons-nous fini de réfléchir à une « Inform-éthique documentaire » ?
  • De l’affirmation identitaire dépend également la reconnaissance des autres, parce qu’elle permet de se définir socialement avant de l’être économiquement. Ne pas avoir peur de dire « je suis bibliothécaire », « je suis archiviste » ou « je suis documentaliste » car ce sont les dénominations exactes de nos métiers. Reconnus et défendus comme tels, ils demeurent utiles à la société d’autant plus que les matériaux qui sont à la base de leur existence, à savoir les documents, sont toujours là et comble de bonheur se sont diversifiés en termes de support, élargissant nos rayons d’action, qui étaient avant circonscrits aux espaces de conservation des imprimés et autres manuscrits. Il faut se réclamer de nos métiers et ne pas se réfugier dans les faux-fuyants sémantiques pour enjoliver des existants déjà intrinsèquement beaux. Se réclamer du titre de professionnel de l’information documentaire, ou de spécialiste en ingénierie documentaire par exemple, est bien en soi, mais le revendiquer exclusivement, c’est s’enfermer dans un flou professionnel qui peut plus desservir que servir. En effet il est plus question de savoir et de savoir-faire que de dénomination ou appellation professionnelle, autant le bibliothécaire qui se réclamera comme tel, sera bien apprécié en pouvant montrant son utilité à la société en tant que promoteur du livre et de la lecture par exemple, autant  l’ingénieur-documentaliste le sera moins, s’il ne peut se prévaloir d’une aptitude à concevoir et à participer à des applications scientifiques complexes pouvant améliorer les techniques et pratiques documentaires.
  • L’approfondissement des savoirs et savoir–faire est ici mis en perspective. Vu sous cet angle, il pourrait rassurer ceux qui malheureusement ne sont pas encore en situation professionnelle active, mais les exclut néanmoins. Cependant ils sont bien du métier parce que répondant aux deux premières caractéristiques et plus particulièrement celle fondamentale de l’acquisition du savoir et du savoir-faire. Cet approfondissement pour les « employés » est en quelque sorte une somme d’expériences acquises et qu’il faut nécessairement cultiver et valoriser pour se bâtir une expertise solide dans le métier. Cette expertise professionnelle, en inspirant le respect, même en dehors des arcanes de la profession, doit être le socle sur lequel s’appuyer en vue d’un leadership fort, pour se faire un porte-voix du métier à l’échelle nationale. Pour ceux qui sont en situation de recherche d’emploi, c’est continuer à apprendre et à étoffer leurs connaissances, entreprendre des chantiers, même à caractère informel, en lien direct avec la médiation de l’information. L’information, cette denrée vitale, dont l’inflation continue, implique le besoin de la maîtriser comme le recommande d’ailleurs l’IFLA.

Le débat sur la situation des bibliothécaires, archivistes et documentalistes au Sénégal est plus que jamais vital, mais l’introspection commence d’abord à notre niveau personnel. En analysant les caractéristiques d’un métier et en l’appliquant à ceux de l’information documentaire, se pose inéluctablement la question de la formation, car nous devons fondamentalement assimiler les bases du métier, assistés en cela par des enseignements adaptés au contexte social, économique et technologique. Nous devons cultiver une morale du métier faite de générosité dans la fourniture de l’information documentaire et de respect dans le traitement et la conservation des supports. Nous devons entrer dans la profession comme on entre en religion (allusion au contexte sénégalais 🙂 ), en ayant foi en elle du moment que nous l’avons aussi choisi comme moyen de vivre (le métier, c’est le travail qu’on fait pour gagner de l’argent). Communier continuellement entre collègues en union d’idées et d’actions, s’entraider, s’enrichir mutuellement et faire corps contre vents et marées. Enfin nous devons avoir l’ambition de devenir des maîtres dans le métier, pour accroître sa reconnaissance et pouvoir mieux le défendre. Cela suppose une soif continue d’apprendre et de se former qui va de pair avec la culture de l’ambition et de l’excellence, qui est elle, le rempart contre le désœuvrement de soi et le mépris des autres.

N° 68 – Réseaux et contenus documentaires africains dans le Web 2

En d’autres temps ce titre aurait sûrement plus étonné, voire suscité une curiosité légitime avec sans doute, en toile de fond, la quasi certitude de voir derrière cette pareille réalisation, l’idée et l’assistance de mains plus expertes provenues d’autres cieux. La réalité actuelle est toujours imprégnée de cet accompagnement émanant de l’extérieur, permettant au monde documentaire africain de prendre en marche le train des réseaux numériques et ses wagons de contenus qu’empruntent depuis quelques années ceux des pays développés ou émergents. Une des caractéristiques essentielles de ces réseaux documentaires numériques est la mutualisation des ressources et plus particulièrement, la collectivisation des catalogues en ligne et autres bibliothèques numériques. Le fait « nouveau » est qu’il n’y a aucun débat à l’heure actuelle, dans nos chaumières associatives professionnelles qui ne fasse l’apologie du réseautage, de la mutualisation des ressources et des pratiques pour profiter des formidables opportunités qu’offre l’infrastructure électronique. Seulement force est de constater qu’entre les bonnes intentions, les fortes résolutions et l’application effective, s’étend le plus souvent une crevasse aussi large que profonde, que beaucoup de téméraires n’arrivent pas à franchir. Le principal argument bloquant est toujours celui des moyens financiers et matériels à mobiliser par nos Etats, mais qui ne sont pas prioritairement destinés aux univers documentaires africains (il faut le rappeler, hélas !). Mais cela doit-il pour autant plomber les initiatives et innovations sachant que les alternatives existent et qu’il suffit souvent d’un peu plus de volonté pour que des projets aboutissent, fonctionnent et se pérennisent ?

Mon coup de coeur, qui est à la base de cet article, me vient de la République Démocratique du Congo (ex Zaïre 🙂 pour les nostalgiques) où j’ai découvert un réseau de bibliothèques apparemment très bien organisé à tel point qu’il a pu mettre en ligne un catalogue collectif d’une douzaine de bibliothèques et centres de documentation membres du réseau. L’option logicielle utilisée par le réseau Mikanda est la solution Open source PMB qui a fait l’objet de billets dans ce blog. Ledit catalogue est accessible en ligne depuis ce lien.

Une autre initiative et réalisation louable est localisée dans le même pays. Le projet BibAfrica se veut être, selon son responsable Filip Kabeya, « une Bibliothèque Africaine pour tous et partout ». Son leitmotiv principal est de faire le marketing des bibliothèques africaines par l’élaboration d’un annuaire, la diffusion de leurs ressources et d’actualités les concernant entre autres.

Toujours dans la même zone géographique s’étend le Réseau documentaire international sur la région des grands lacs africains qui, il faut le souligner, a pu se faire avec le soutien financier de bailleurs extérieurs, au contraire peut-être des deux exemples cités supra. Ce réseau regroupe 06 pays avec une bibliothèque numérique de documents de provenance diverse. Toutefois ce projet semble être en léthargie au vu de la dernière mise à jour du contenu de la base de données qui date de 2007 et la présence de plusieurs liens morts sur le site Web. Néanmoins celui-ci est toujours accessible et si vous avez des difficultés à accéder à certaines de ses parties ou rubriques vous pouvez prendre cet autre chemin.

Le Sénégal dispose d’un portail national d’accès à l’information scientifique et technique, avec un moteur de recherche fédérée permettant de chercher sur des sources d’information nationales et internationales et d’accéder à des données bibliographiques et textuelles. Cette réalisation est le fruit du Projet SIST du gouvernement français. Le projet SIST Sénégal donne aussi accès à une plateforme fédérative de collections numériques universitaires utilisant la solution logicielle gratuite Greenstone. Celle-ci gagnerait sûrement a être étoffée pour prendre en compte toutes les autres bibliothèques numériques existantes et aussi disponibles sur BEEP (Bibliothèques électroniques en partenariat), le site fourni et maintenu par le pôle Documentation de l’IRD dans le but d’héberger des collections émanant d’institutions documentaires africaines.

La situation décrite dans ce billet est loin d’être exhaustive et de refléter la situation générale africaine en matière de réseautage et de diffusion de contenu documentaires dans le Web. Si on y avait ajouté les réalités de l’Afrique anglophone (avec les exemples de l’Afrique du sud, du Nigeria ou encore du Kenya) et du Maghreb, on verrait sûrement que beaucoup de choses se font dans ce cadre et que l’Afrique n’est pas à la périphérie du Web de documents, bien au contraire il en est acteur, même si c’est dans des proportions infimes par rapport aux continents plus développés. Elle aura certes toujours besoin de l’assistance des plus nantis qu’elle, mais son déplacement vers le centre du Web se fera aussi par une prise en charge autogérée et volontariste de la production et de la diffusion de ses contenus sur la toile.

Nous professionnels de l’infodoc africaine, qui sommes imprégnés et comprenons des concepts en vogue comme l’Open Access, maîtrisons de plus en plus les technologies libres disponibles, assistons à une amélioration sensible de l’infrastructure électronique et télécommunicationnelle dans nos pays, devons donc avoir cette volonté pour bâtir des réseaux documentaires fiables et viables où nous pourront échanger nos idées et pratiques, unir nos efforts et bâtir un patrimoine documentaire numérique qui viendra plus enrichir le Web de documents actuel et celui des données en gestation.

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N° 67 – Copyright et bibliothèques (suite) Réponse

Dans le billet précédent je faisais état de la disponibilité du cours en ligne « Droits d’auteur pour bibliothécaires » et essayais d’en faire une description, la plus claire possible, de ses modules. Dans la même veine, je viens partager la présentation que j’en ai aussi faite lors de la 3e Ecole CERN-UNESCO sur les bibliothèques numériques qui vient de se tenir à Dakar, du 21au 26 novembre 2011, où 7 pays africains étaient représentés. Etant donné  l’extrême importance de la gestion des droits numériques, il était pertinent pour les organisateurs, de vulgariser cette ressource dans le cadre de l’Ecole en question.

Voici ci-dessous la présentation

Pour ce qui est de l’évènement proprement dit qui a motivé cette présentation, il est la suite des deux ateliers tenus successivement à Kigali en 2009 et Rabat en 2010 et dont j’ai fait état, pour ce dernier, dans ce blog. Une occasion de plus donc, pour accompagner les projets de bibliothèques numériques africaines en gestation et surtout poursuivre la vulgarisation du logiciel Invenio sur le continent. Pour de plus amples informations sur cet atelier consulter le site qui lui est consacré.

N° 66 – Droits d’auteur et bibliothécaires Réponse

Un cours en ligne complet sur le droit d’auteur pour les bibliothèques, sous forme de Wiki, est disponible en anglais depuis mars 2010, grâce aux volontés combinées du Berkman Center for Internet and Society de la faculté de Droit de Harvard et EIFL.

La version française traduite par EIFL et pour qui j’ai assuré l’édition sur le Wiki dédié (utilisant MediaWiki), est elle aussi dorénavant disponible depuis quelques jours.

Ce cours, outre l’introduction générale, est articulé en 9 modules d’apprentissage, organisés en cinq niveaux différents, riches en contenu, pédagogiquement bien pensés et surtout très bien documentés. Ce cours peut être utilisé comme un cours d’autoformation, un cours traditionnel en classe, ou encore un cours d’apprentissage à distance

  • L’introduction est un exposé sur la théorie générale du droit d’auteur et ses principes fondamentaux, plus précisément une revue des quatre théories que sont celles liées à : l’équité, le bien-être, l’identité individuelle et la culture.
  • Le module 1 titré, Droit d’Auteur et Domaine Public, a pour objectif « d’explorer les concepts de base de la Loi sur le droit d’auteur » et en même temps d’être « introduction générale aux éléments du droit d’auteur d’importance pour les bibliothécaires »
  • Le module 2 titré Cadre international aborde la question du droit d’auteur sous l’angle du droit international et « traite également de son impact sur les pays en développement et l’influence des pays développés dans l’application des lois y relatives ».
  • Le module 3, intitulé, Champ d’application de la loi sur le droit d’auteur, traite des genres de créations et d’activités couverts ou non couverts par le droit d’auteur
  • Le module 4, traite des Droits, Exceptions et Limitations, d’un détenteur de droits d’auteur. Dans ce module, sont abordées les clauses d’exceptions et de limitations conçues pour permettre aux bibliothécaires d’utiliser les œuvres protégées dans le cadre de la réalisation de leurs missions
  • Le module 5, intitulé Gestion des droits, « décrit les règles juridiques qui affectent la capacité des titulaires de droits d’auteur à percevoir des revenus auprès des utilisateurs de leurs œuvres et comment les bibliothécaires peuvent, utiliser ces règles à leur meilleur avantage ou chercher à les modifier ».
  • Le module 6, intitulé Approches Créatives et Alternatives, expose les modèles autres que celui courant pour les droits traditionnels ou, par exemple, les droits associés au droit d’auteur sont affectés à un éditeur qui fait des copies de l’œuvre et les distribuent à titre onéreux. Ce module expose donc les modèles d’accès gratuit et libre sans frais à la charge de l’usager, avec un accent particulier mis sur les licences Creative Commons et le mouvement Open Access entre autres.
  • Le module 7, Application, traite de la violation du droit d’auteur, des questions liées à un éventuel traitement judiciaire survenant quand un détenteur de droit décide de saisir un tribunal quand il s’estime lésé et aussi des « rôles appropriés des bibliothécaires eu égard au droit d’auteur et à  son application ».
  • Le module 8, intitulé Savoirs traditionnels, explore la « complexité et l’évolution rapide des règles juridiques relatives aux savoirs traditionnels (endogènes) et explore ensuite le débat houleux qui demeure quant à la portée de la protection appropriée pour ce « nouveau » sujet ». Y est exposée la situation de nombreux pays par rapport à ces savoirs
  • Le module 9, Activisme, « tente de venir en aide aux bibliothécaires des pays en voie de développement qui cherchent à s’organiser pour influencer la forme des lois sur le droit d’auteur ». Pour ce faire, il examine, avec 4 études de cas « comment des groupes ont envisagé, par le passé, de modifier (ou de résister aux modifications) des systèmes de droit d’auteur » (par exemple le cas Pirate Bay en Suède).

Un glossaire est aussi disponible sur le Wiki en question, fort utile que l’on soit formateur ou « potache ».

Le cours est aussi enrichi par un module pratique en direction des probables formateurs et leurs apprenants. Il s’agit d’une plateforme de discussion en ligne, dénommée Rôtisserie, qui permet une interaction entre différents acteurs d’une classe, travaillant sur un même projet pédagogique. Voir plus d’informations à ce sujet.

Une autre ressource émanant d’EIFL et pouvant intéresser d’aucuns est le Manuel de droit d’auteur et de droits voisins à l’usage des bibliothèques traduit en français.

Enfin et toujours sur le même sujet et pour complément d’information, lire l’excellent article sur le blog S.I. Lex  qui présentait déjà la ressource alors qu’elle n’était disponible qu’en anglais et la Déclaration de principes sur les exceptions et limitations du droit d’auteur pour les bibliothèques et les archives, faite en 2009 par l’IFLA, EIFL et la Library copyright Alliance.

Cliquez sur ce lien pour accéder au cours et contribuer à son amélioration et son enrichissement éventuel. Par exemple, ayant remarqué que l’approche anglo-saxonne y est privilégiée, aussi avons-nous essayé de mettre le maximum de liens en français s’ils existent. Cependant la communauté francophone étant vaste et diverse en nationalités, il serait bien que des textes législatifs nationaux soient proposés par ceux qui en ont connaissance dans leur pays.

N° 65 – Calibre : logiciel de gestion de collection d’e-books 3

Une bibliothèque sans murs en béton, complètement numérique, c’est simple à réaliser de nos jours pour peu qu’on connaisse les solutions logicielles existantes et surtout qu’on puisse les installer et maîtriser leurs fonctionnalités. Il en existe actuellement une belle brochette de perles qui font le bonheur de tous les passionnés en la matière comme moi, mais dont le déploiement (ou l’installation) peut-être un vrai casse-tête et un facteur anesthésiant toute entreprise en ce sens. Eh bien ! voici un autre joyau qui permet de créer une bibliothèque d’e-books.

CALIBRE, c’est son nom, est une solution Open source multilingue qui s’installe facilement sur une machine Windows, Mac ou Linux. Pour mon installation Windows elle s’est faite aisément et j’ai pu aussitôt prendre l’outil en main.

Calibre offre une multitude de fonctions pour gérer, trier, visionner une collection. On peut convertir les formats de fichiers par lots, éditer les métadonnées, récupérer des informations complètes via Internet, synchroniser sa bibliothèque avec les lecteur populaires (Sony PRS, Cybook Gen, Kindle, iPhone, etc).

Une fois l’installation terminée, la langue de travail choisie (parmi une dizaine), on obtient au démarrage une interface en trois colonnes que surplombe un espace de navigation horizontale avec des icônes d’administration de l’application, voir figure ci-dessous.

Page d’accueil d’une collection

Le menu horizontal qui comporte 13 icônes (dans la version 0.8.21 que j’ai installée) avec lesquelles on peut administrer l’outil. Ce menu permet de créer une bibliothèque, d’ajouter/supprimer des livres, de les convertir en format EPUB (par exemple), de les sauvegarder sur un disque, d’éditer et/ou enrichir les métadonnées (manuellement ou par téléchargement), etc..

La colonne de gauche permet de faire des recherches sur les auteurs, éditeurs, types de format, collections, mots-clés (tags), langues de publications et notes. Celle du milieu affiche les livres présents dans la collection avec tous les champs de métadonnées prévues (Titre, Auteurs, Date d’enregistrement, Taille, Note, Tags, Collection, Editeur,  Date d’édition). Enfin la colonne de droite affiche la couverture cliquable de l’e-book et donc permet sa lecture (ça marche avec du PDF aussi 🙂 )

La démo explicative (en anglais) est disponible à partir de ce lien. Après l’avoir visionné et si l’envie d’installer l’application devient une nécessité alors je conseille de la télécharger et d’avoir à portée de clic une bibliothèque électronique où on pourra stocker ses propres livres et les lire selon ses envies.

N° 64 – L’Open Access en bref Réponse

S’il est un domaine qui n’a pas fait l’objet d’un traitement particulier dans ce blog, c’est bien celui relatif au libre accès aux publications scientifiques, plus connu sous le vocable anglais « Open Access ». En lieu et place d’une description détaillée du mouvement (le stade de concept ayant été dépassé depuis longtemps) qui est en pleine expansion avec des réalisations concrètes, je propose quelques tutoriels en ligne et autres liens facilitant sa compréhension. Pour les détails un détour par ce lien sera fort utile.

Tutoriels

  • Une vidéo réalisée par SPARC (Scholarly Publishing & Academic Resources Coalition) présentant le mouvement du libre accès à l’Information Scientifique et Technique (IST) et les avantages de cette démarche.

  • Un tutoriel qui présente l’outil en ligne Roméo conçu par Sherpa (Securing a Hybrid Environment for Research Preservation and Access). L’objectif est d’apprendre à interroger cet outil pour connaître et comprendre les politiques des éditeurs scientifiques vis-à-vis du libre accès à l’information scientifique et technique. Accéder au tutoriel

Ces deux tutoriels sont aussi disponibles à partir du site Web de l’Université Bordeaux-Segalen, plus précisément sur l’espace « Autoformation ».

Quelques liens

Pour ce qui concerne plus particulièrement l’Afrique, pour une fois elle n’est pas en reste, même si beaucoup reste encore à faire pour intéresser la globalité du continent à cette question. Pour illustrer cette implication dans le mouvement, je vous propose de découvrir la communication faite par Denise Rosemary Nicholson durant le dernier congrès de l’IFLA à Puerto Rico et intitulée « Open Access: benefits for Africa ». Avec en fin d’article une liste par pays des initiatives de Libre accès en cours (à partir de la page 19). Elle affirme dans cette communication que l’Open Access est la seule voie pour l’Afrique, assertion que je partage pleinement. Ce mouvement permet au continent d’avoir un raccourci vers la production scientifique externe nécessaire à son développement. De plus il se donne les moyens de diffuser, promouvoir et préserver à long terme sa propre production scientifique, ce qu’elle n’a pu vraiment réaliser tout au long de siècles  marqués par une oralité dominante. Voilà où se situe l’enjeu stratégique de l’Open Access et qui doit pousser le monde scientifique africain, les médiateurs de l’IST que nous sommes, à nous investir pleinement dedans pour que, par exemple, le modèle économique en cours concernant l’accès payant à la production scientifique africaine, soit plus empreint du sceau de la justice. En effet, est-il normal que les éditeurs qui publient les travaux de nos chercheurs formés par nos pays avec leurs maigres ressources, fassent payer à ces mêmes pays, l’accès aux résultats de recherches qu’ils ont contribué à mener par l’investissement sur l’éducation de ces « élites » ou même le financement direct de ces recherches ?

Investir dans le Libre accès pour la recherche scientifique africaine, c’est donc quelque part casser ce modèle d’échange inégal qui nous appauvrit plus qu’il ne nous enrichit. Grâce à ce mouvement il est possible de penser et de mettre en place un « Marché commun » de la production scientifique africaine, où les fruits de nos travaux de recherche seront d’abord partagés entre nous, favorisant ainsi le décloisonnement de notre recherche qui reste confinée, le plus souvent, dans les frontières terrestres de nos pays respectifs.

N° 63 – Caraïbibliothéconomies : Puerto Rico II Réponse

Comme je l’ai dit dans mon billet précédent, je me suis intéressé à la session organisée par le groupe d’intérêt particulier ATINA le 16 août 2011. Le titre en était : Accès à l’information : parallèles entre l’Afrique et les Antilles. Elle était entre autres consacrée à l’accès à l’information gouvernementale en Afrique et dans les Caraïbes/Antilles, les communications faites ont démontré de grandes similitudes entre les deux aires géographiques. Nous avons aussi eu droit à une présentation de l’accès aux archives coloniales sur l’esclavage en Jamaïque et j’ai aussi beaucoup apprécié la communication faite sur l’Open Access et les différentes initiatives entreprises en Afrique dans ce domaine. Les communications sont accessibles à partir de ce lien.

J’ai aussi, le même jour, suivi avec intérêt la session 149 organisée par la section « Classification et Indexation » et plus particulièrement la communication intitulée « Convergence et interopérabilité : l’apport du Web de données » faite par E. Bermès (accessible ici)

Cette journée s’est clôturée par une soirée culturelle « Cultural Event » dans le jargon de l’IFLA, où 2000 bibliothécaires se sont éclatés au son d’une musique  plus internationale que Porto-ricaine, sûrement pour correspondre à la diversité des nationalités et cultures qui rivalisaient d’ardeur sur la piste de danse au décor grandiose du « Centro de convenciones« .

La journée du Mercredi a déjà annoncé la fin de la grand-messe annuelle de la bibliothéconomie mondiale, avec les tenues des deuxièmes et dernières réunions des comités permanents des sections. Ces dernières sont l’occasion, la plupart du temps, de tirer un bilan du congrès pour chaque section mais aussi de définir les activités et préparer les prochaines manifestations de la section en responsabilisant les uns et les autres sur des projets bien identifiés. Concernant la section « Maîtrise de l’information » je voudrais juste rappeler l’une des conférences satellites de IFLA 2012 en Finlande, qu’elle co-organisera avec le groupe ATINA à Riga en Lettonie. Le thème et l’appel à communications seront très probablement disponibles dès le mois d’octobre 2011. Etant un des organisateurs désignés au niveau de la section, je promets de disséminer toute information relative à cette manifestation, surtout en direction de la communauté professionnelle africaine qui est particulièrement ciblée pour partager des expériences et points de vue sur le thème qui sera définitivement adopté.

La suivante session sur UNIMARC et FRBR était l’occasion pour moi de développer mes connaissances, même si je n’ai pas senti trop de nouveautés révolutionnaires en la matière. J’ai cependant plus particulièrement apprécié les communications : « Les FRBR en UNIMARC : Yes we can! » et « UNIMARC et Linked Data« .

Cette journée s’est achevée par l’Assemblée générale de l’IFLA dont vous pouvait lire l’ordre du jour. Elle a été surtout marquée par le discours de fin de mandat de la sud-africaine Elllen Tise, présidente sortante de l’IFLA. Les signes perceptibles de fin de congrès sont déjà là comme tantôt stipulé, pour preuve la fermeture aussi en cette journée, de l’espace exposition occupée par les éditeurs et autres fournisseurs de produits. En attendant la clôture officielle le jeudi 18 août, l’heure était venue de faire un détour vers Old San Juan, le coeur historique de la capitale de Puerto Rico peu distante, mais bien plus vivante que le Quartier des conventions qui abrite les travaux du Congrès. Je compte bien répéter l’opération mais avec, cette fois-ci, un objectif « emplettes » dans les boutiques de souvenirs. Mais comme le dit l’adage « à chaque jour suffit sa peine » et « demain est un autre jour ».

N° 62 – Caraïbibliothéconomies : Puerto Rico I 1

La deuxième étape du périple caribéen après Sainte Luce en Martinique, se situe à San Juan, capitale de l’Etat de Puerto Rico qui accueille le 77ème Congrès mondial des bibliothèques et de l’information (WLIC) de l’IFLA. Le thème retenu cette année est : « Les bibliothèques au-delà des bibliothèques : Intégration, innovation et information pour tous« . Le Convention center de Puerto Rico a refusé du monde lors de la cérémonie officielle d’ouverture tenue le 14  août 2011 devant plus de 2000 délégués de 200 nationalités différentes. Tour à tour la Présidente du comité local d’organisation et des notables de la ville de San Juan ont pris la parole pour souhaiter la bienvenue à tous les participants présents avant que la présidente de l’IFLA ne procède à l’ouverture officielle du congrès après son discours d’usage. Il revenait ensuite au Dr. Fernando Picó, SJ, historien portoricain reconnu, humaniste et professeur à l’Université de Puerto Rico, Campus Río Piedras, de prononcer le discours d’ouverture en guise de leçon inaugurale intitulée : « Les textes après leur mort : lorsque le paradis est un site Internet. »

L’autre fait important de cette journée a été l’inauguration de l’exposition dans le grand hall prévu à cet effet. Cette exposition est un de moments importants de chaque congrès, car il concerne l’espace aménagé pour les partenaires, les fournisseurs et autres structures travaillant pour, par ou dans les bibliothèques. On y retrouve pèle-mêle des éditeurs, des bibliothèques et autres services d’information, des prestataires de bureautique et d’informatique, etc.. C’est donc l’occasion de se renseigner sur les nouvelles offres technologiques intéressant les bibliothèques, de négocier des contrats avec les éditeurs surtout concernant les ressources électroniques, etc.. Ce même espace accueille aussi les posters proposés et sélectionnés pour le congrès et qui font l’objet d’un concours dont le but est d’élire le meilleur poster à la fin de celui-ci.

La journée du 15 août a été pour moi l’occasion de suivre la session 94 organisée conjointement par les sections « Maîtrise de l’Information » et « Bibliothèques pour populations multiculturelles » et le groupe d’intérêt particulier sur les problèmes indigènes. Cette session intitulée : « Importance de la maîtrise de l’information pour les besoins des populations multiculturelles, stratégies, programmes et le rôle des bibliothèques » était composée de huit (8) communications qui se sont étalés sur trois tours d’horloge devant un auditoire enthousiaste au vu des débats suscités par la quasi-totalité des présentations. Les communications sont disponibles sur le site du congrès (cliquer sur la session 94). Deux communications traduites en français sont disponibles sur le site de l’AIFBD, ce sont les suivantes en attendant que les autres soient faites par les volontaires qui se sont manifestés pour :

  • « Usted y Su Biblioteca (Vous et votre bibliothèque) : un programme d’aide a la maîtrise de l’information pour adultes en anglais langue seconde » (disponible ici) ;
  • « La maîtrise de l’information dans une société multiculturelle : le rôle des bibliothèques en Bulgarie actuelle«    (disponible ici)

Ces traductions sont faites par des bénévoles volontaires et sont précieuses pour la communauté professionnelle francophone qui peut ainsi avoir une idée des communications qui sont faites lors des congrès de l’IFLA et qui sont majoritairement en langue anglaise. C’est le lieu de lancer un appel à tous ceux qui liront ce billet et qui pensent pouvoir participer à l’effort de traduction de se manifester auprès de l’AIFBD, après avoir repéré une communication qu’ils désirent traduire, sur la page consacrée aux traductions.

Je souligne l’excellente organisation de cette session, avec un choix de communications pertinentes, un timing bien géré. Tout ceci a été orchestré par l’organisatrice désignée au niveau de la section « Maîtrise de l’information », notre collègue Zuza Wiorogorska et tous les autres qui ont aidé à la bonne réussite de ce forum.

Voilà le résumé que j’ai voulu faire pour les trois premiers jours du congrès, trois parce que le mien a débuté plus précisément le Samedi 13 août par les réunions des comités permanents des sections « Maîtrise de l’information » et « Technologies de l’information » dont je suis membre. J’entame cette année, avec la première, un mandat électif de  04 ans comme membre plein et poursuit celui de membre correspondant pour la deuxième section. Ma prochaine session dès le 16 août est consacrée à des questions purement africaines et est organisée par le Groupe d’intérêt particulier « Réseau d’accès à l’information en Afrique » (RAIA) ou Access to Information Network-Africa (ATINA) en anglais. Session d’autant plus importante qu’elle sera suivie par une rencontre de préparation d’un prochain congrès satellite à organiser en 2012, conjointement entre ce groupe et la section « Maîtrise de l’information » où je suis désigné pour être un des organisateurs de cette manifestation, mais ceci est une autre histoire…A suivre ! 🙂

N° 61 – Caraïbibliothéconomies : Martinique Réponse

Cela fait une semaine que les Caraïbes sont la capitale de bibliothéconomie mondiale, ce qui explique le choix du titre pour illustrer ce billet-ci, mais aussi tous les autres que j’aurais la possibilité et la joie d’écrire pour relater, comme de coutume, mon vécu de ces événements particuliers pour les bibliothécaires. En avant-première du Congrès mondial de l’information et des bibliothèques de l’IFLA, les bibliodocumentalistes francophones étaient à Sainte-Luce en Martinique pour débattre et échanger sur le thème du développement durable. Ce furent près de 33 pays représentés et une centaine de participants réunis pour communier lors du deuxième congrès de l’Association internationale francophone des bibliothécaires et des documentalistes. Ce congrès satellite de l’IFLA, étape charnière de l’association, a été l’occasion de renouveler son bureau et de proposer un programme riche et varié de communications sur tous les aspects relatifs au Développement durable. Thème ne pouvait être mieux choisi que celui-ci, tant les enjeux sont importants pour notre planète, d’où la pertinence de proposer au monde, la vision des acteurs de l’infodoc concernant cette question. En 9 sessions, deux tables rondes et une conférence inaugurale de très haute facture sur la « Francophonie à géométrie variable » proposée par l’éminent professeur Jean Bernabé de l’Université des Antilles et de la Guyane, des acteurs de la profession ont présenté leurs expériences, leurs visions, leurs réflexions visant toutes à une meilleure gestion des ressources de la planète pour que celle-ci puisse toujours servir aux générations futures. Voici les différents thèmes qui ont été abordés :

  • La place du papier face au développement durable

Cette session a permis de mettre en exergue et avec originalité, des stratégies de communication alternatives à une communication papier en bibliothèques universitaires et leurs effets bénéfiques pour un développement durable.

  • Santé, documentation et information dans le contexte du développement durable

Je voudrais particulièrement mettre l’accent sur la présentation ayant trait au programme TRAMIL et son prolongement documentaire, sous forme de base de données dédiée à l’ethnopharmacologie régionale des Caraïbes et développée par le SCD des Antilles et de la Guyane et dénommée Tramilothèque. Dans cette même session nous avons eu droit à un exposé concernant la base de données ROADIS et sa mise en place pour le développement durable de l’information de la santé dans l’espace CEDEAO.

  • Stratégies informationnelles pour le développement durable

Outre une présentation des bibliothèques dans le développement durable en Algérie, une sur les droits de l’homme a retenu mon attention, en s’attachant à démontrer que le développement durable n’est pas seulement une question d’environnement, mais qu’il a aussi pour socle le respect des droits de l’homme.

  • Les bibliothèques universitaires et le développement durable

J’y ai retenu une importante présentation dont l’objet était l’intégration des ressources électroniques de la bibliothèque dans l’environnement numérique d’apprentissage, avec notamment la mise en œuvre des cours sans papier dans une Haute Ecole de Montréal.

  • Lecture publique et développement durable dans les pays du sud

J’ai particulièrement suivi les exposés sur le développement durable basé sur l’intergénérationnel dans les bibliothèques et sur l’approche originale d’une promotion de la lecture publique en milieu rural en Africain à partir de documents récupérés.

  • La conservation en milieux extrêmes dans le contexte de développement durable

La communication à laquelle j’ai assisté a porté sur les impacts écologiques de Tombouctou et ses bibliothèques

  • Architecture et développement durable

Là aussi une communication a été privilégiée par rapport aux autres et concernait la dimension écologique dans les bibliothèques universitaires de l’Afrique noire francophone avec comme exemple la bibliothèque de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD).

  • Outils numériques et développement durable

Les bibliothèques numériques étant omniprésentes actuellement dans le paysage bibliothéconomique, il était naturel que ce sujet soit débattu avec comme exemple la bibliothèque numérique Manioc et son partenariat avec la BNF. Beau cas de coopération pour le développement durable entre cette dernière et l’université des Antilles et de  la Guyane (UAG). Aussi comment passer sous silence le sujet relatif au Cloud computing et l’autre présentation sur l’informatique durable et les bibliothèques.

  • Comment faire place au développement durable en bibliothèques ?

Cette session a tour à tour vu la présentation sur une initiative de mise en place d’un Centre de Lecture et d’Animation Culturelle (CLAC) à Yaoundé, sur des idées de stratégies de promotion de la culture environnementale pour le développement durable dans les bibliothèques francophones animées par votre serviteur (Article complet et Présentation ppt) et de BiblioVallais Excellence qui est une expérience suisse mettant la qualité au service de la durabilité.

  • Nouveaux outils pour les professionnels francophones

Le programme francophone d’échanges professionnels en bibliothéconomie et sciences de l’information Vice-Versa a été mis sur pied par l’AIFBD et présenté au cours de cette session, qui a vu aussi la présentation du nouveau site du CFIBD.

A ces thèmes  ont été adjointes deux tables-rondes sur les enjeux et perspectives des professionnels de la documentation scolaire et sa « durabilité » en tant que métier dans une société numérique et le développement durable et la documentation francophone avec l’exemple des livres et revues diffusés par CAIRN.

La totalité et les détails des communications sont disponibles sur le site de l’AIFBD.

Me voici donc arrivé à la fin de la narration de la première étape du périple bibliothéconomique caribéen agrémenté de découverte de paysages sublimes que les simples mots ne peuvent décrire. Cap maintenant sur Puerto Rico une autre perle des caraïbes